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Le merveilleux dans La Chartreuse de Parme

vendredi 7 novembre 2014

Travail à destination des étudiants de L1 (promotion 2014-2015).

Vous ferez un compte rendu critique (méthodologie vue en cours) de l’article suivant, disponible sur CAIRN à partir de l’ENT :

« Le merveilleux dans La Chartreuse de Parme »
par René Servoise in Revue d’histoire littéraire de la France
1999/6 (no 99).

Quand vous accédez à l’article sur le site de Gallica, l’article va des pages 1191 à 1200.

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  • Le merveilleux dans La Chartreuse de Parme

    L’article critique sur lequel portera cette étude est intitulé Le merveilleux dans La Chartreuse de Parme et a été écrit par René Servoise en 1999. Cet article traite de quatre sujets différents, à savoir la multiplicité des genres du roman éponyme de Stendhal, la polysémie de l’œuvre, sa possible portée éducative et la spécificité de son héros. Cet article cherche à éclairer le lecteur sur les différentes lectures possibles de La Chartreuse de Parme et le génie du roman. L’article est découpé en quatre parties comportant chacune un titre : une première, Invitation stendhalienne ; une deuxième, Stendhal corrige Ronsard ; une troisième, Les enfances de Fabrice ; et une dernière, dont le titre est posé sous forme de question : Un roman d’éducation ? L’auteur a choisi de rédiger cet article sous un angle explicatif et initiatique : en effet, il se consacre à l’étude des sens cachés du roman de Stendhal, à son explication et en propose des clés de lecture et des conseils pour le lecteur de La Chartreuse de Parme.

    L’Invitation stendhalienne décrite par René Servoise s’attache à la richesse du roman dans un premier paragraphe. La Chartreuse de Parme possède une riche intrigue, parsemée d’éléments empruntant à l’Histoire, à la poésie, au picaresque et au genre de l’épopée. Par là, Stendhal touche un éventail très large de lecteurs, qui selon leur goût se passionneront plus volontiers pour un aspect du roman plutôt qu’un autre. Un second paragraphe relève cependant que, si la plupart des lecteurs suit l’enchaînement des aventures de Fabrice et ne voit dans La Chartreuse de Parme qu’un roman aux multiples péripéties, l’œuvre peut être lue au second degré. Ce serait de cette façon commettre une erreur que de se contenter du divertissement évident du roman en laissant de côté ce qu’il y a de plus profond. L’auteur appelle le lecteur à s’élever, à prendre du recul sur ce qu’il lit de prime abord, et à chercher un deuxième sens plus implicite entre les lignes du roman.

    Une deuxième partie, intitulée Stendhal corrige Ronsard, revient tout d’abord sur l’unique épitaphe du roman de Stendhal, au chapitre II, qui semble reprendre dix alexandrins de Ronsard sur le thème de l’astrologie, de l’avenir. René Servoise révèle ensuite que le poème original de Ronsard a été modifié et complété par des vers composés par Stendhal lui-même. Le second paragraphe se concentre sur les allusions très fines et subtiles à l’avenir mêlées à l’intrigue de La Chartreuse de Parme, auxquelles le lecteur attache si peu d’importance qu’elles finissent par se perdre sous les péripéties. L’auteur fait un parallèle de ces prémonitions avec les astres et leur signification, que l’homme ne cherche pas à expliquer. Pourtant, l’étude de ces références à l’avenir permettraient au lecteur de mieux comprendre l’évolution de Fabrice. Cependant, l’auteur reconnaît que ces signes, parsemés dans le roman, sont difficiles à relever et à analyser : en effet, Stendhal cherche davantage à laisser deviner qu’à expliciter clairement, et ces allusions peuvent donner lieu à plusieurs interprétations. Un voile de mystère se pose sur l’avenir de son héros, mystère que l’on pourrait pourtant élucider à l’aide de ces signes, à l’aide de ces prémonitions.

    Les enfances de Fabrice revient sur cette question des signes, présages de l’avenir de Fabrice. Ils entourent le héros comme un étau et rappellent la fatalité du destin, sur lequel Stendhal insiste par ces mystérieuses allusions. Seuls l’abbé Blanès et Fabrice s’y attachent, ce qui en fait des marginaux par rapport aux autres personnages de l’œuvre, qui y sont insensibles. Stendhal se moque tendrement de cette forme de superstition que possède Fabrice : René Servoise met ainsi l’accent sur le côté utopiste de Stendhal, que la foi laisse peut-être croire à un autre monde. Par là, La Chartreuse de Parme revêt une profondeur particulière. L’auteur de l’article parle d’un fil conducteur que constituent ces signes de l’avenir, ces prémonitions, qui replacent le roman dans une unité que la multiplicité des intrigues tend à faire oublier. On relève une convergence du passé, du présent et de l’avenir. Plus loin est de nouveau abordée l’idée des différents degrés de lecture du roman stendhalien : une première lecture de surface, portée sur l’intrigue ; une seconde lecture révèle un roman éducatif, qui à travers son héros enseigne au lecteur une vraie leçon de vie, subtilement glissée entre les pages.

    Un roman d’éducation ? porte alors sur cette idée que La Chartreuse de Parme serait un roman à valeur d’initiation, d’éducation. Après être revenu sur différents ouvrages dont la valeur éducative a été reconnue, René Servoise explique qu’en s’inspirant du Bildungsroman, ou roman de formation, Stendhal se démarque toutefois, en excluant toute leçon de morale ou tout côté trop professoral dans son roman. Les éléments de formation ou d’éducation sont enseignés par des personnages secondaires, qui conseillent Fabrice tout au long de son parcours, ou par de subtiles allusions de Stendhal. L’auteur de l’article réfute le fait que le parcours de Fabrice puisse être spirituel ; il admet en revanche que le héros se soit tourné involontairement vers le chemin de l’amour, amour qui l’élève aussi bien moralement que spirituellement ; mais ce chemin est aussi celui de l’abnégation : Fabrice abandonne peu à peu ses rêves d’enfant, se consacre à son rêve d’adulte porté par le personnage de Clélia, qui le conduit vers la chartreuse de Parme qui, à la dernière page du livre, éclaire finalement le lecteur sur le titre de l’œuvre stendhalienne.

    Pour conclure, tout au long de l’article, René Servoise interroge son sujet. Il réalise beaucoup de citations qui permettent d’illustrer, d’éclairer et de confirmer ses propos. Il distingue le lecteur de La Chartreuse de Parme, désigné par « le lecteur » et le lecteur de l’article. Quelques « vous » ont valeur de généralisation, mais font davantage appel au lecteur de l’article, que René Servoise conseille dans sa lecture de La Chartreuse de Parme. Ce procédé d’écriture confirme que cet article a valeur d’initiation et qu’il propose des pistes de lecture importantes et essentielles pour saisir toute la subtilité et la profondeur d’un monument de la littérature tel que La Chartreuse de Parme de Stendhal. L’article est richement documenté et parsemé de références à la Littérature étrangère, notamment avec l’idée du Bildungsroman. Les intentions de l’auteur ont donc une portée didactique : elles visent à enseigner, à éclairer le lecteur sur ce qu’il n’est pas donné à voir à la première lecture de La Chartreuse de Parme.