A propos de l'auteur

  • Valérie Pérez

    Fondatrice de ce site et auteur de la majorité des articles mis en ligne.
    Professeur agrégée de Lettres Modernes.
    PRAG de Lettres à l’université de La Rochelle.
    Doctorat de philosophie en cours sous la direction de Laurence Cornu.
    Contact : Page FaceBook
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Techniques du commentaire de texte.

C’était une nuit d’hiver au ciel brouillé, d’un noir de suie qu’une bise soufflant de l’ouest, rendait très froide. Paris allumé s’était endormi, il n’y avait plus là que la vie des becs de gaz, des taches rondes qui scintillaient, qui se rapetissaient pour n’être, au loin, qu’une poussière d’étoiles fixes. D’abord, les quais se déroulaient, avec leur double rang de perles lumineuses, dont la réverbération éclairait d’une lueur les façades des premiers plans, à gauche, les maisons du quai du Louvre, à droite, les deux ailes de l’Institut, masses confuses de bâtiments et de bâtisses qui se perdaient ensuite en un redoublement d’ombre, piqué des étincelles lointaines. Puis entre ces cordons fuyant à perte de vue, les ponts jetaient des barres de lumières, de plus en plus minces, faites chacune d’une traînée de paillettes, par groupes et comme suspendues. Et là, dans la Seine éclatait la splendeur nocturne de l’eau vivante des villes, chaque bec de gaz reflétait sa flamme, un noyau qui s’allongeait en une queue de comète. Les plus proches, se confondaient, incendiaient le courant de larges éventails de braise, réguliers et symétriques ; les plus reculés, sous les ponts, n’étaient que des petites touches de feu immobiles. Mais les grandes queues embrasées vivaient, remuantes à mesure qu’elles s’étalaient, noir et or, d’un continuel frissonnement d’écailles où l’on sentait la coulée infinie de l’eau. Toute la Seine en était allumée comme d’une fête intérieure, d’une féerie mystérieuse et profonde, faisant passer des valses derrière les vitres rougeoyantes du fleuve. En haut, au-dessus de cet incendie, au-dessus des quais étoilés, il y avait dans le ciel sans astres une rouge nuée, l’exhalaison chaude et phosphorescente qui, chaque nuit, met au sommeil de la ville une crête de volcan.

E.Zola, L’œuvre.

I/ Les caractéristiques de la description

- Le cadre spatio-temporel :

Quel rôle joue, dans le texte, les mots en caractères gras ?

Relever les expressions qui indiquent le temps et celles qui indiquent le lieu.

- La composition du tableau

Comment cette description est-elle construite - à compléter  :

-  Ce qui est montré au premier plan : les quais
-  Ce qui est montré au second plan :
-  Ce qui est montré en arrière plan :
-  Autres perspectives :

II Le détail du texte :

- A/ Les images :

Dites à quel terme se rapporte chaque expression. S’agit-il d’une métaphore ou d’une comparaison ? Expliquer le choix de l’écrivain.

Exemple : « d’un noir de suie » : se rapporte à « ciel ». Le comparé : le ciel. Le comparant : la suie. L’idée commune : la couleur noire. Il s’agit d’une comparaison : la noirceur du ciel est comparée à celle de la suie. C’est la couleur qui est ainsi mise en valeur. C’est un ciel de pleine nuit, sans luminosité. La comparaison avec la suie suggère une noirceur totale. La comparaison permet de montrer l’ambiance dans laquelle se trouve le personnage.

Faites le même type d’analyse pour les expressions suivantes :

• « la vie des becs de gaz » • « avec leur double rang de perles lumineuses » • « les ponts jetaient des barres de lumières » • « l’eau vivante » • « les vitres rougeoyantes du fleuve » • « une crête de volcan »

- B/ Les champs lexicaux

Un champ lexical est un ensemble de mots se rapportant à un même thème. A quel champ lexical appartiennent les expressions et les mots suivants : Paris allumé, des becs de gaz, scintillaient, étoiles, perles lumineuses, réverbération ? Relever tous les autres mots relevant du même champ lexical. Quelle gradation observez-vous ? Comment peut-on l’analyser ? A quel thème du texte peut-on l’opposer ?

- C/ Compréhension plus fine

Expliquez l’emploi de l’adjectif « confuses » dans l’expression : « masses confuses de bâtiments ».

Expliquez l’emploi du substantif « splendeur » dans l’expression : « la splendeur nocturne ».

Citez trois couleurs que vous utiliseriez si vous deviez réaliser un tableau à partir de ce texte. Justifiez votre choix à l’aide de citations.

Cette ambiance nocturne vous semble-t-elle rassurante ou impressionnante ? Justifiez votre choix à l’aide de citations.

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