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Montaigne et la peinture de soi

décembre 2002

Montaigne et la peinture de soi

Question de préparation : à l’aide de quelques exemples précis, expliquez l’image que Montaigne donne de lui-même.

Le discours sur soi parcourt l ’ensemble des Essais. Voir son Avis au Lecteur : « Ainsi, lecteur, je suis moy-mesmes la matiere de mon livre : ce n’est pas raison que tu employes ton loisir en un subject si frivole et si vain. » De quoi veut-il parler ? comme il le dit en III, II, d’une « vie basse et sans lustre ».
Objectif : montrer que le dernier chapitre des Essais obéit parfaitement à cet objectif : Voir Starobinski : « le dernier essai (…) énumère minutieusement les « conditions corporelles », les goûts et les menus gestes dont se compose l’ordinaire d’une vie « particulière ». L’écriture vivante qui tentera de transporter sur le papier l’inflexion de la parole (« Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre » ) reçoit de la mort sa nécessité. Le passage par la pensée de la mort, au lieu au lieu de déboucher sur l’au-delà, nous a reconduits vers le détail le plus intime et apparemment le plus futile d’un train de vie personnel, inscrit dans la trame des jours mortels. »

Montrer comment Montaigne donne de lui-même une image vivante, et comment l’écriture de l’essai se conforme au projet de se peindre. Ainsi, on fera relever quelques passages dans lesquels il conte les aspects triviaux de son existence. On étudiera aussi comment l’auteur passe des vérités générales, des citations latines à l’écriture personnelle : exemple p. 1113 : « Nature est un doux guide, mais non pas plus doux que prudent. Intrandum est in rerum naturam et penitus quid ea postulet pervidendum . Je queste partout sa piste … ».

La quête de soi : c’est à la fois se connaître et jouir de tout son être : voir Starobinski « tout redevient solide et précieux à mesure que l’on rentre en soi-même et que l’on se replie dans la forteresse intérieure. C’est la santé retrouvée : l’être se découvre allègre et dispos, rendu à sa vigueur native. » Ces aspects sont particulièrement mis en valeur dans ce dernier essai : p. 1103 « L’extreme fruict de ma santé c’est la volupté.
On fera étudier aux élèves dans un passage précis les valeurs du présent de l’énonciation, comme étant le présent du temps de l’écriture (Voir aussi les emplois de « nous » dans lesquels il s’inclut). Mais en même temps, l’auteur se plaît à raconter des impressions, des sentiments, des anecdotes du passé. Esthétique du portrait et de l’autoportrait.

Conclusion : La réflexion sur l’expérience s’accompagne d’une réflexion sur l’échec. Il multiplie les exemples qui montrent des expériences ayant justement échoué. Aux « exemples estrangers », aux témoignages imprimés (p. 1081) Montaigne oppose son expérience personnelle comme étant tout aussi valable.