A propos de l'auteur

  • Valérie Pérez

    Fondatrice de ce site et auteur de la majorité des articles mis en ligne.
    Professeur agrégée de Lettres Modernes.
    PRAG de Lettres à l’université de La Rochelle.
    Doctorat de philosophie en cours sous la direction de Laurence Cornu.
    Contact : Page FaceBook

Aux éditions Août 2003.

Les amateurs des romans d’Amélie Nothomb ne seront pas déçus. Son dernier roman décline les thèmes chers à la romancière : le double, la beauté, les questions d’identité, l’amour sous toutes ses formes, l’adolescence, la fascination qui entoure les mystères de l’humain.

Il y a du Tartuffe dans ce nouveau personnage fascinant répondant au nom énigmatique de Christa. L’hypocrisie religieuse en moins, l’éclat de la vie en plus. Comme souvent dans les romans d’Amélie, deux êtres s’affrontent. A la piquante Christa, s’oppose Blanche, jeune fille effacée, sans éclat apparent. L’une s’introduit dans la vie de l’autre, allant presque jusqu’à l’usurpation de son identité. Elle lui vole son intimité, sa chambre, sa famille, ses plaisirs. Christa devient finalement Antéchrista … Mais il ne faut pas dévoiler ici toutes les clés du roman !

L’affrontement est aussi présent dans des conversations avec soi-même auxquelles se livre Blanche pendant ses nuits d’insomnie. Tout commence avec la fascination qu’une personne forte exerce sur un être faible. Jusqu’où peut aller une telle fascination, un tel culte de l’autre ? Ce sont des interrogations que les adolescentes soulèvent parfois (amitiés exclusives, fanatisme pour telle ou telle célébrité). Elles sont traitées dans le roman avec une franchise finalement rassurante. Les jeunes filles vont adorer, et les adultes retrouveront peut-être une part de leur adolescence. On lit ainsi cette phrase très belle : « j’eusse adoré trouver le mode d’emploi de mon adolescence. » Comment renaître après une adolescence dominée par le mal-être ? Le roman, d’une certaine manière, répond à cette question.

Et comme souvent dans les romans d’Amélie, on trouve un magnifique éloge de la lecture, de ces phrases que l’on a envie de graver dans sa bibliothèque. Voilà qui conclura cet article : « La lecture n’est pas un plaisir de substitution. » (p. 64)

Répondre à cet article