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	<title>SERIES LITTERAIRES</title>
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		<title>Extrait du roman &quot;Les orphelins&quot; d'Hadrien Laroche</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hermine Barret-Latour</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>p.40, &#233;dition&quot;J'ai lu&quot; 2005 &lt;br /&gt;L'hiver est rude. L'enfant passe ses jours &#224; compter les vaches, les sapins et m&#234;me les flocons de neige qui tombent devant l'ouverture du grenier o&#249; il a &#233;lu domicile. Au loin, dans le brouillard, on aper&#231;oit la rudesse d'&#233;tendues immacul&#233;es, un vent glac&#233; souffle sous une lumi&#232;re blanche. Le soleil est masqu&#233; par une couche &#233;paisse de nuages ; c'est un halo lumineux. Sous la charpente magnifique du toit de la grange, assis dos contre une poutre sentant bon le bois, la (...)


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; L'hiver est rude. L'enfant passe ses jours &#224; compter les vaches, les sapins et m&#234;me les flocons de neige qui tombent devant l'ouverture du grenier o&#249; il a &#233;lu domicile. Au loin, dans le brouillard, on aper&#231;oit la rudesse d'&#233;tendues immacul&#233;es, un vent glac&#233; souffle sous une lumi&#232;re blanche. Le soleil est masqu&#233; par une couche &#233;paisse de nuages ; c'est un halo lumineux. Sous la charpente magnifique du toit de la grange, assis dos contre une poutre sentant bon le bois, la paille et le feu, l'enfant use d'un petit couteau pour tailler des entrailles, faire des trous, mordre et finalement torturer sans but la poutre centenaire log&#233;e dans son oeil. A la mani&#232;re du bonneteur, sur le banc comme sur le plat d'une caisse en carton dans la rue, H. n&#233; Bloch m&#233;lange les clich&#233;s. Puis &#224; la fa&#231;on du joueur debout dans le froid, qui va se faire avoir, mais mise quand m&#234;me gros, il s'en saisit d'un qu'il retourne. Un coup de pied fait valser la caisse et le monde disparu.
Je sais par sa soeur que dans le noir des toilettes du meubl&#233; qu'il occupe sur le m&#234;me palier que celui o&#249; vit sa m&#232;re, chaque nuit il tire des photos de gens, portraits d'hommes, sc&#232;nes d'humanit&#233;, en vrac.&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Entretien avec Hadrien Laroche </title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/Nouvel-article,1101</link>
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		<dc:date>2013-05-05T16:49:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Augiron</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>Suite &#224; notre lecture des oeuvres d'Hadrien Laroche, nous nous sommes permises de lui poser quelques questions, voici ses r&#233;ponses... &lt;br /&gt;- L'un des personnages des Orphelins, H n&#233; Berg, est semble-t-il en r&#233;alit&#233; inspir&#233; de votre lointain parent genevois, un banquier, Edouard Stern. Peut-on supposer que H n&#233; Bloch et H n&#233;e Bouttetruie sont &#233;galement des personnages &#224; clef ? Et dans ce cas, pouvez vous nous les d&#233;voiler ? &lt;br /&gt;HL : C'est vrai, le jour de l'annonce de la mort d'Edouard Stern, un jeudi matin (...)


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Suite &#224; notre lecture des oeuvres d'Hadrien Laroche, nous nous sommes permises de lui poser quelques questions, voici ses r&#233;ponses...&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1396 spip_documents spip_documents_center' &gt;
&lt;img src='http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L443xH443/Laroche-5fdb9.jpg' width='443' height='443' alt=&quot;&quot; style='height:443px;width:443px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- L'un des personnages des Orphelins, H n&#233; Berg, est semble-t-il en r&#233;alit&#233; inspir&#233; de votre lointain parent genevois, un banquier, Edouard Stern. Peut-on supposer que H n&#233; Bloch et H n&#233;e Bouttetruie sont &#233;galement des personnages &#224; clef ? Et dans ce cas, pouvez vous nous les d&#233;voiler ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : C'est vrai, le jour de l'annonce de la mort d'Edouard Stern, un jeudi matin [le 3 mars 2005], j'ai appel&#233; abasourdi mon &#233;diteur pour lui dire &#171; H. n&#233; Berg a &#233;t&#233; assassin&#233; ! &#187; Lui-m&#234;me est tomb&#233; des nues. Attention toutefois : contrairement &#224; ce que j'ai moi-m&#234;me pu penser, sous le choc, ce n'est pas H. n&#233; Berg qui a &#233;t&#233; assassin&#233; mais bien Edouard Stern. &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt; sont une fiction, une construction dans laquelle le personnage de H. n&#233; Berg incarne l'orphelin volontaire, philosophique. Il est un &#233;l&#233;ment de ce portrait de l'homme orphelin de son humanit&#233;, concept et exp&#233;rience objet de tout mon travail, fictions et essais. Mes &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Orphelins&lt;/i&gt; ne sont les orphelins de personne : d'aucun nom, d'aucune patrie, d'aucune langue m&#234;me. Donc bien &#233;videmment d'aucune famille. &#171; Ce que l'auteur a cr&#233;&#233; n'appartient ni &#224; son papa, ni &#224; sa maman, ni &#224; sa nation, ni &#224; l'humanit&#233;, cela n'appartient qu'&#224; lui-m&#234;me &#187; dit Milan Kundera. Je vais plus loin. Etre fils de son &#339;uvre signifie autre chose : l'&#339;uvre n'appartient aucunement &#224; l'auteur, pas plus qu'un enfant appartient &#224; son p&#232;re ou la m&#232;re &#224; son enfant. Il ne s'agit donc pas d'un roman &#224; cl&#233;s, ni d'une autofiction. En aucun cas. Je parlerai plut&#244;t d'un projet esth&#233;tique &#224; base de v&#233;cu. Le v&#233;cu ou la famille sont des pr&#233;textes. Le texte est autre chose. Mes romans ne se contentent pas de reprendre et de r&#233;&#233;laborer des &#233;l&#233;ments personnels. Ils se r&#233;f&#232;rent aussi &#224; d'autres auteurs, &#224; d'autres textes et les font entrer dans un jeu de correspondance, d'&#233;chos et de rimes. De ce point de vue, mes souvenirs sont de plus en plus faux, mes traumatismes, d'occasion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Pouvez-vous nous donner la signification des initiales HB, autre que la volont&#233; d'unifier symboliquement les trois nouvelles ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : HB ? Dans la version anglaise des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Orphelins&lt;/i&gt;, &#224; para&#238;tre cet automne chez Dalkey Archive Press, j'ai donn&#233; leur nom aux personnages. Soit H&#233;rondine n&#233;e Berg ; H&#233;lianthe n&#233;e Bouttetruie et Henry n&#233; Berg...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Cette utilisation de l'initiale est-elle une r&#233;f&#233;rence volontaire &#224; l'&#233;criture kafka&#239;enne, marque de la d&#233;personnalisation et de l'inanit&#233; de l'individualit&#233; perdue dans le d&#233;dale de l'absurde ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : Ah, le nom ! Le nom est pour moi associ&#233; &#224; la dette. A l'h&#233;ritage et &#224; la transmission. Ce qui est dr&#244;le c'est de pouvoir jouer avec les noms et avec son nom. Avec la dette de son nom par le moyen de la litt&#233;rature et des lettres. L'&#233;criture pour moi c'est peut-&#234;tre cela : le jeu avec les noms non pour r&#233;gler la dette infinie du nom &#8211; le mien aussi &#8211; jouer avec ma propre hantise. Je me demande si ma principale raison d'&#233;crire ne serait pas d'&#233;crire mon nom au propre ? Dans les traditions Aborig&#232;nes, il s'agit de mettre la main sur des richesses &#8211; un collier de coquillages par exemple &#8211; lui-m&#234;me porteur du nom et de le diss&#233;miner, de le faire passer de mains en mains, le plus loin possible, ainsi d'exercer un certain pouvoir partout o&#249; ce nom est pass&#233;. L'&#233;crivain aussi est diss&#233;min&#233;, pr&#233;sent l&#224; o&#249; son nom est attach&#233; &#224; des objets en circulation, &#224; un livre. Objet qui n'a ni temps, ni lieu propre et qui parcourt le temps et l'espace comme le tonnerre. Toutefois, mon propos est &#233;galement d'insister sur la dimension d'effacement du nom. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt;, H. n&#233; Berg d&#233;truit la machine &#224; signature de son p&#232;re ; dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt; (que je vous invite &#224; aller voir) Henry Berg accomplit ce que ses p&#232;res ont souhait&#233; r&#233;aliser depuis la Nuit des temps : effacer la signature. Je dois saisir ce double mouvement qui m'anime, cette aporie &#8211; propager mon nom le plus loin possible &amp; effacer ma signature.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Vous avez une mani&#232;re non conventionnelle d'&#233;crire ces trois r&#233;cits ; quelle a &#233;t&#233; la r&#233;flexion qui vous a fait aboutir &#224; ce processus d'&#233;criture ? (les inversions notamment, ou par exemple &quot;Le descendant a descendu l'escalier avec une rage terrible&quot;)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt; est construit sous la forme de trois contes. H. n&#233;e Bloch incarne l'orphelin historique (celle qui a perdu son p&#232;re durant la deuxi&#232;me guerre mondiale) : le r&#233;cit de cette histoire est lin&#233;aire, il suit un jour de cette femme dans sa cuisine. La seconde histoire est celle de H. n&#233;e Bouttetruie qui incarne l'orphelin pathologique : afflig&#233;e d'une maladie dite orpheline la jeune femme rumine dans le chalet en ruine dont son p&#232;re a dessin&#233; les plans : cette histoire avance, comme la maladie, par m&#233;tastases, bout de r&#233;cits qui prolif&#232;rent, flash. A la diff&#233;rence des deux premi&#232;res histoires, la derni&#232;re est une r&#234;verie, un songe. Le narrateur ne rencontre pas H. n&#233; Berg mais se prom&#232;ne sur un chemin de montagne en songeant &#224; ce membre lointain de sa famille lointaine. C'est donc la partie du livre la plus &#233;loign&#233;e d'une r&#233;alit&#233; et, en m&#234;me temps, la plus sensible, parce que la plus int&#233;rieure. Adorno disait de Proust qu'il &#171; &#233;tait un homme sans peau qui portait en r&#234;ve son manteau de fourrure &#187; ; un &#233;corch&#233; vif. Ici, chaque r&#233;cit est &#233;crit organiquement, &#224; m&#234;me la peau du personnage (quand &#224; l'exemple que vous citez, &#171; le descendant a descendu l'escalier... &#187; il s'agit d'un effet comique, j'y reviens plus loin).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- Pensez- vous r&#233;ellement que l'on retrouve les m&#234;mes marqueurs psychologiques d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, &#224; l'instar des exemples que vous offrez dans Les Orphelins ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : &#171; Ce qui reste de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233; n'est pas ce qu'ils ont dit ni ce qu'ils ont fait mais tout ce que la vie en eux &#224; chercher &#224; dire et &#224; faire et qui n'a pas &#233;t&#233; dit ni fait par nos anc&#234;tres&#8221; ai-je &#233;crit dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt;. C'est mon dernier mot sur la transmission ! Les parents donnent aux enfants ce qu'ils n'ont pas. Donc, on h&#233;rite de ce qu'on ne sait pas, on ne peut pas conna&#238;tre son h&#233;ritage. Beaucoup de choses se transmettent, traversent les fronti&#232;res entre les g&#233;n&#233;rations, mais pr&#233;cis&#233;ment pas ce qu'on croit, pas ce qu'on sait, ni ce qu'on veut, mais tout le reste. Chacun des personnages des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Orphelins&lt;/i&gt; a un rapport &#233;trange &#224; la m&#233;moire. Dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt;, il y a clairement un conflit des m&#233;moires. Quant au narrateur de mes livres, il est un peu dans la situation du romancier : il h&#233;site entre transmettre les faits, tous les faits, dire la v&#233;rit&#233;, fr&#244;ler la d&#233;nonciation ou la d&#233;lation ou bien laisser tomber, passer &#224; autre chose, l&#226;cher l'affaire. Oublier. Sa situation est un peu d&#233;sesp&#233;r&#233;e, je dois le dire. Elle est repr&#233;sent&#233;e par l'image du jeu de M&#233;mo dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt;. Pour lui, il s'agit d'une partie de M&#233;mo dans laquelle les cartes &#8211; les faits de sa vie &#8211; sont chaque fois rebattues dans son dos. Tous mes personnages poss&#232;dent une m&#233;moire d&#233;saccord&#233;e. Pour ces raisons aussi, je n'ai pas en vue, par exemple dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt;, ni ailleurs, la comm&#233;moration. Au c&#339;ur de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt; est rappel&#233;e la f&#234;te juive du Pessah : dans cette f&#234;te, il n'est pas question de comm&#233;morer la sortie d'Egypte des anc&#234;tres mais de faire soi-m&#234;me l'exp&#233;rience de la sortie de la maison d'esclavage. Ecrire : faire un bond hors de la maison de servitude. Il s'agit de refaire cette exp&#233;rience et de conter cette histoire, histoire qui, je le rappelle, s'adresse d'abord aux enfants. De ce point de vue, la m&#233;moire dont il est question ici produit du nouveau. Elle devient un instrument pour changer le monde, modifier le cours des &#233;v&#233;nements et non une simple facult&#233; qui enregistrerait passivement les &#233;v&#233;nements pass&#233;s. C'est la question de la spoliation de la m&#233;moire... Ou du traumatisme que j'essaie d'aborder aujourd'hui. Quand je travaillais sur &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt;, le traumatisme n'&#233;tait pas dans mon vocabulaire ou presque. C'est un peu comme pour &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt;, ce mot ne s'est vraiment impos&#233; &#224; moi qu'avec l'&#233;criture de ce livre. La question est complexe, la question des r&#233;cits qui nous pr&#233;c&#232;dent et qui sont tranch&#233;s par le traumatisme. Ce n'est pas le post-m&#233;moire, je ne sais pas trop ce que cela veut dire, mais c'est une relation tr&#232;s ambivalente &#224; la m&#233;moire, d'autant plus ambivalente qu'il s'agit d'une m&#233;moire affect&#233;e par un traumatisme. Le traumatisme est pr&#233;cis&#233;ment ce qui est hors logos, ce qui &#233;chappe au langage. &#8220;Violence par excellence sans avertissement ni a priori, sans apologie possible, sans logos &#187; &#233;crit L&#233;vinas du traumatisme. Le traumatisme comme quelque chose hors langage mais inscrit dans la chair. Le sujet, ou ce qu'il est reste, en a une m&#233;moire corporelle, une m&#233;moire organique, une sensation. Elle s'est inscrite dans le corps. Retrouver cette sensation, et cette sensation de la privation de toute sensation, et le dire, dire cette exp&#233;rience, voil&#224; qui est difficile, voire impossible, et que j'essaye de faire dans mon travail aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- La fin du troisi&#232;me r&#233;cit des Orphelins est-elle un suicide ? Que doit-on comprendre de ce geste, est-ce une renonciation, un d&#233;saveu de l'Homme ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : Suicide ? Non. La fin des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Orphelins&lt;/i&gt; est extr&#234;mement joyeuse ! (J'en profite pour vous dire que mes livres sont comiques, du moins &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt; et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restititution&lt;/i&gt; poss&#232;dent des &#233;l&#233;ments comiques : de situation, de geste, de r&#233;p&#233;tition (le descendant...), de langage, etc. Entendez le rire qui accompagne chaque moment tragique !) Le mouvement des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Orphelins&lt;/i&gt; est donn&#233; dans la phrase initiale : &#171; Et moi je m'en vais. Je pars. Sans me retourner. &#187; Il s'agit d'essayer de se d&#233;barrasser des anc&#234;tres juch&#233;s sur nos &#233;paules. J'ai fait une exp&#233;rience semblable &#224; celle de mon personnage. Lui m&#234;me a &#233;chou&#233; et finalement me trouver avec ce jeune assassin&#233; sur les &#233;paules &#8211; mon cousin, Edouard Stern &#8211; v&#233;rifie par l'absurde qu'on ne peut faire autrement qu'&#233;chouer. Je prouve ainsi que l'on ne se d&#233;barrasse pas de ses anc&#234;tres, de la m&#234;me fa&#231;on que Berg n'y est pas arriv&#233;. Sauf que de cet &#233;chec, il demeure un livre (et non pas un meurtre ni un suicide). Le livre est l&#224;. Je ne sais pas si c'est une victoire ou une r&#233;ussite. Mais il est l&#224;. Maintenant l'affirmation du livre vient en contradiction avec le contenu du livre. S'il y a une le&#231;on des &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Orphelins&lt;/i&gt;, elle est la suivante : il y a n&#233;cessit&#233; &#224; devenir fils, ou fille ; on ne peut &#233;chapper &#224; cela. On peut devenir fils de son p&#232;re ou de sa m&#232;re, s'il le faut. Ou fils de sa vie : ce n'est pas donn&#233;. Ou bien, on peut devenir fils de ses &#339;uvres, peut-&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;- La complexit&#233; et les d&#233;chirures de vos personnages font penser qu'ils sont en quelque sorte les sujets d'une &#233;tude psychanalytique ; vous &#234;tes vous appuy&#233; sur des probl&#233;matiques ou techniques de la psychologie ?&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;HL : Je n'ai aucun go&#251;t pour la psychologie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Restitution, l'oeuvre de la m&#233;moire. </title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/La-Restitution-l-oeuvre-de-la</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pauline Moinet</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>La Restitution est un roman d'Hadrien Laroche, &#233;crivain fran&#231;ais, et paru en &#194;out 2009 aux &#233;ditions Flammarion. Cette oeuvre est la derni&#232;re d'un triptyque compos&#233; de : Les Orphelins (2005, &#233;d. Flammarion, Les H&#233;r&#233;tiques (2006, &#233;d. Flammarion) et La Restitution. &lt;br /&gt;Dans ce livre, le prologue (intitul&#233; &quot;prologue sarmate&quot;) ouvre le r&#233;cit afin de nous mettre dans l'ambiance de l'histoire. Cette oeuvre est fractionn&#233;e en &quot;journ&#233;es&quot;dont le protagoniste, Henri Berg, nous les d&#233;crit par le biais d'un point de vue (...)


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&lt;a href="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-" rel="directory"&gt;Hadrien Laroche&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt; est un roman d'Hadrien Laroche, &#233;crivain fran&#231;ais, et paru en &#194;out 2009 aux &#233;ditions Flammarion. Cette oeuvre est la derni&#232;re d'un triptyque compos&#233; de : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt; (2005, &#233;d. Flammarion, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les H&#233;r&#233;tiques&lt;/i&gt; (2006, &#233;d. Flammarion) et &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce livre, le prologue (intitul&#233; &quot;prologue sarmate&quot;) ouvre le r&#233;cit afin de nous mettre dans l'ambiance de l'histoire. Cette oeuvre est fractionn&#233;e en &quot;journ&#233;es&quot;dont le protagoniste, Henri Berg, nous les d&#233;crit par le biais d'un point de vue interne, et par l'utilisation du &quot;je&quot;. Trois journ&#233;es se passent et sont nomm&#233;es chacune d'entre elles : la premi&#232;re s'intitule &quot;Spoliation&quot;, la seconde &quot;Servitude&quot;, et la derni&#232;re &quot;Signature&quot;. Enfin, le r&#233;cit se termine par un &#233;pilogue nomm&#233; &quot;l'isthme&quot;. Les titres de ces journ&#233;es ne sont pas choisis au hasard, et forment des &#233;tapes &#224; passer pour l'auteur, dans ce r&#233;cit.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour comprendre en partie le titre de l'oeuvre, d&#233;finissons ce terme de &quot;Restitution&quot;. Dans un sens historique, ce terme renvoie aux spoliations des juifs, durant la p&#233;riode de l'Holocauste (1939-1945). Aujourd'hui, la question de la restitution au sens m&#233;moriel constitue l'unique reste juridique, mat&#233;riel et &#233;conomique et appelle &#224; l'interrogation de la Shoah. Mais le personnage de Berg d&#233;clarera lui-m&#234;me : &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;la restitution du pass&#233; est d&#233;licate, voire impossible&quot;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Les portraits des personnages principaux sont &#233;tablis de fa&#231;on l&#233;g&#232;re, mais sont essentiels dans le r&#233;cit. Le premier est celui de Letitia, la r&#233;ceptionniste de la pension dans laquelle l'auteur va s&#233;journer, ce dernier va &#233;galement rappeler quelque &#233;l&#233;ment familiaux &#224; propos de ce personnage, &#224; savoir que &quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;son grand-p&#232;re tenait un magasin de fourrures&lt;/i&gt;&quot; et que &quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sa grand-m&#232;re &#233;tait modiste&lt;/i&gt;&quot;. Cette jeune femme est un peu la bonne &#224; tout faire de la pension puisqu'elle s'occupe et &#233;duque les enfants, elle va aussi faire les courses etc, mais c'est surtout le seul vrai personnage f&#233;minin dans ce r&#233;cit. Il est essentiel de voir que chaque &#233;l&#233;ments des portraits des autres personnages est aussi pour le narrateur, un moyen d'&#233;voquer le peu de souvenirs des liens qu'il lui reste, puisque avec l'&#233;vocation du grand-p&#232;re de Letitia, il dira que son grand-p&#232;re &#224; lui &quot;&#233;tait collabo'&quot;. &lt;br /&gt;Le second portrait est celui de son meilleur ami Herbert Morgenstern qui consacre sa vie &#224; tenter d'accepter le drame v&#233;cu par son p&#232;re lors de la Shoah ; ce qui am&#232;nera le narrateur &#224; &#233;voquer la spoliation des juifs, comme celle des &#339;uvres d'arts, sujet principal de ce r&#233;cit tout autant que la qu&#234;te identitaire &#224; travers les souvenirs, la restitution.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La perte des biens mat&#233;riels du narrateur va &#234;tre essentielle dans le r&#233;cit, elle ne sera donc pas le r&#233;sultat d'un pur hasard. Nous avons la sensation que le fait de perdre quelque chose est un moyen de restituer ses souvenirs. Chaque objet tend &#224; une signification particuli&#232;re dans le r&#233;cit ; l'oubli du porte-feuille sera la plus &#233;quivoque puisque &#224; la fin, le narrateur va se rendre compte qu'il fallait perdre ses papiers pour se retrouver. L'imper qu'il va acheter dans un d&#233;p&#244;t-vente est la cause de la perte de ses papiers du fait que les poches soient trou&#233;es. Cependant, ces derni&#232;res pourraient faire r&#233;f&#233;rence aux souvenirs qui manquent dans sa m&#233;moire, mais il ne va jamais recoudre ces poches et cela pourrait illustrer un moyen de tout faire pour se rappeler, pour restituer cette m&#233;moire, retrouver ses souvenirs &#233;pars &#231;&#224; et l&#224;, et ne pas reproduire la m&#234;me erreur que son p&#232;re qui &#233;tait de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;mourir de ne pas savoir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;vocation du sujet des &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Signatures&lt;/strong&gt; dans ce r&#233;cit est tout aussi importante. Le p&#232;re de Berg a vendu son nom, cela lui apparaissait important afin de se retrouver &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;en vendant son nom, H.Berg cherchait &#224; co&#239;ncider avec soi-m&#234;me&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&quot;. Vendre son nom serait un moyen de se d&#233;tacher des liens de toute sorte pour &#233;chapper &#224; cette spoliation. L'histoire de son p&#232;re est essentielle pour r&#233;pondre &#224; la question qui demeure &quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;la m&#233;moire peut-elle &#234;tre spoli&#233;e ou non ?&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&quot; La m&#233;moire semble la seule chose qui reste aux personnes qui ont v&#233;cu cette p&#233;riode de spoliation nazie, et la restitution servirait &#224; retranscrire ces souvenirs demeurant importants afin de se retrouver mais surtout de t&#233;moigner. Cependant, le protagoniste va nous d&#233;montrer que la m&#233;moire peut effectivement &#234;tre vol&#233;e &quot;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;on a vol&#233; la m&#233;moire de mon p&#232;re comme je fus pill&#233; de la mienne&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&quot;. Le narrateur semble restituer le peu de souvenirs qu'il lui reste, et cette figure paternelle para&#238;t importante dans le r&#233;cit, mais l'ambigu&#239;t&#233; demeure puisqu'il va s'interroger sur la v&#233;ritable identit&#233; biologique de son p&#232;re et qu'il sera tout aussi heureux de se sentir d&#233;poss&#233;d&#233; de ses origines, comme s'il allait enfin pouvoir rena&#238;tre de ses cendres, tel un ph&#339;nix. Remarquons que la figure de la m&#232;re est vue comme n&#233;faste pour le narrateur puisqu'il &#233;voquera lui-m&#234;me que &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;sa m&#232;re l'a forc&#233; &#224; boulevers&#233; ses souvenirs, et qu'elle a introduit le chaos dans son cr&#226;ne&lt;/i&gt;. Et finalement la seule figure f&#233;minine qui pourrait &#234;tre vue comme bienveillante pour lui serait Letitia, mais cette derni&#232;re partira &#224; la fin sans m&#234;me un au revoir, le laissant seul face &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce livre, les objets et la m&#233;moire passent de main en main, se perdent et se restituent par le biais de l'&#233;criture. La disparition des liens familiaux est le sujet de l'enqu&#234;te du narrateur.
&lt;br /&gt;En d&#233;finitive, ce roman est v&#233;ritablement le roman de la m&#233;moire et de l'identit&#233; &#224; travers des r&#233;flexions &#224; la fois philosophiques et personnelles du narrateur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hadrien Laroche : Les orphelins. </title>
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		<dc:creator>L&#233;na Lartigue</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>Que penser du roman Les orphelins, &#233;crit par Adrien Laroche en 2005 ? Cette &#339;uvre fut son tout premier roman. Depuis son entr&#233;e &#224; l'&#233;cole normale sup&#233;rieure en 1985, Laroche s'int&#233;resse &#224; l'histoire des hommes. Sa th&#232;se de doctorat de philosophie porte sur le dernier livre de Genet, il y &#233;crit sa vision pessimiste des hommes. Par la suite, il a publi&#233; un essai intitul&#233; Le Dernier Genet. S'int&#233;ressant &#224; l'exp&#233;rience humaine, son travail romanesque est donc forc&#233;ment empreint du concept de l'homme seul dans (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Que penser du roman &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les orphelins&lt;/i&gt;, &#233;crit par Adrien Laroche en 2005 ? Cette &#339;uvre fut son tout premier roman. Depuis son entr&#233;e &#224; l'&#233;cole normale sup&#233;rieure en 1985, Laroche s'int&#233;resse &#224; l'histoire des hommes. Sa th&#232;se de doctorat de philosophie porte sur le dernier livre de Genet, il y &#233;crit sa vision pessimiste des hommes. Par la suite, il a publi&#233; un essai intitul&#233;&lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/Le-dernier-Genet-Histoire-inf&#226;mes/dp/2081240572&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le Dernier Genet&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. S'int&#233;ressant &#224; l'exp&#233;rience humaine, son travail romanesque est donc forc&#233;ment empreint du concept de l'homme seul dans une humanit&#233; toute enti&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le premier chapitre est intitul&#233; &#171; H.n&#233;e Bloch &#187;. L'auteur pique la curiosit&#233; du lecteur en utilisant d&#232;s les premiers mots la lettre H en majuscule. Le lecteur comprend d&#232;s lors que Laroche raconte l'histoire de cette femme. Puis appara&#238;t &#171; H. n&#233;e Bouttetruie &#187; et &#171; H. n&#233; Berg &#187;. Ces trois destins s'entrem&#234;lent dans ce roman. Pourquoi la lettre H ? A quoi correspond-elle ? Peut &#234;tre que ce H se fait symbole de l'Histoire. Trois H, bien distincts, mais qui s'unissent sur un point : ils sont des oubli&#233;s de l'Histoire, l'Histoire d'un peuple, d'un pays. C'est cette Histoire d'apr&#232;s-guerre qui sert d'histoire &#224; la fiction romanesque de Laroche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;H. n&#233;e Bloch est une femme originaire d'Europe centrale, mari&#233;e &#224; un &#233;b&#233;niste. Elle vit dans un HLM et ne sort que pour aller au march&#233;. Le narrateur habite chez elle. Ils se sont rencontr&#233;s dans un train. L'image du train est tr&#232;s significative : symboliquement, le train pr&#233;vient d'un changement total des conditions d'existence. Il y a gr&#226;ce &#224; lui un abandon de la routine, des habitudes, pour entrer dans une nouvelle vie. La recontre dans le train n'est pas anodine car elle devient un passage oblig&#233; pour l'&#233;tape de r&#233;adaptation. Pour le narrateur comme pour H. n&#233;e Bloch, cette rencontre est un renouvellement de leurs modes de fonctionnement, de leurs conceptions et de leurs modes de pens&#233;es. Le train signifie le passage d'un champ de conscience &#224; un autre. Le train a permis aux personnages qui sont pourtant &quot;orphelins&quot;de r&#233;aliser la notion de groupe social. Le train est une image tr&#232;s positive, qui permet aux personnages d'oublier leur solitude. Le narrateur fouille dans le pass&#233; d'H. n&#233;e Bloch : il y d&#233;couvre qu'elle fut une enfant juive cach&#233;e pendant la seconde guerre mondiale, alors que son p&#232;re &#233;tait dans un camp. Le narrateur rencontre dans son p&#233;riple H. n&#233;e Bouttetruie qui travaille sur la m&#233;moire de la guerre ; pour ensuite arriver jusqu'&#224; H. n&#233; Berg, seule personne pour qui il &#233;prouve du respect. H. n&#233; Berg est un adolescent qui, par vengeance, a reni&#233; ses parents.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce roman permet de rendre compte de la solitude pr&#233;sente dans une humanit&#233; toute enti&#232;re. M&#234;me dans une soci&#233;t&#233;, l'homme reste seul. Vieille femme rong&#233;e par son pass&#233;, jeune femme malade et mari&#233;e, ou adolescent rempli de haine &#224; l'&#233;gard de ses parents, tout homme est &#224; chaque fois orphelin. Orphelin &#224; sa mani&#232;re, Laroche pr&#233;sente ici une conception pessimiste &#8211;mais toutefois r&#233;aliste- sur la condition humaine. Pourquoi sommes-nous tous un peu orphelin ? Nous apprenons &#224; y r&#233;pondre &#224; travers le regard d'un narrateur &#171; t&#233;moin &#187;. Il permet une certaine objectivit&#233;, m&#234;me si le narrateur est int&#233;rieur au r&#233;cit. Il rend compte de ses observations avec pr&#233;cision comme &#224; la premi&#232;re page du roman, &#171; Le jet d'eau qui coulait depuis le pommeau de la douche contre son corps de dame nature &#187;. Le narrateur est un t&#233;moin mais n'est pas pour autant externe. Il connait les pens&#233;es de H. n&#233;e Bloch &#171; avec sa m&#232;re en t&#234;te &#187;. Cet homme d&#233;sesp&#233;r&#233; &#224; qui les trois H offrent l'hospitalit&#233;. La lettre H peut repr&#233;senter l'Homme commun, le lecteur, l'auteur, le narrateur etc&#8230; L'identit&#233; est perdue dans cette appellation car tous ont la m&#234;me : il y a l&#224; l'id&#233;e d'orphelin, de perte de rep&#232;re et d'identit&#233;. Le narrateur, voyeur de ces vies orphelines sert de lien avec le lecteur. Les portraits, aussi angoissants que comiques, parviennent &#224; capturer l'id&#233;e de l'&#233;poque de l'apr&#232;s-guerre. A travers la pr&#233;cision du d&#233;tail, des th&#232;mes existenciels sur la condition humaine, Laroche parvient &#224; raconter la difficult&#233; du pass&#233;. C'est dans un style radical qu'Hadrien Laroche &#233;crit un roman &#224; l'&#233;motion palpable. Apte &#224; &#233;crire les m&#233;moires engourdies et les pens&#233;es difficilement saisissables de ses personnages, Laroche met en place des morceaux de vie repr&#233;sentant trois figures de filiation bris&#233;e. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;criture, Laroche essaie de reconstruire le d&#233;sordre des pens&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Laroche s'est r&#233;v&#233;l&#233; peut &#234;tre plus &#171; soci&#233;taire &#187; que litt&#233;raire &#224; la mort du banquier Edouard Stern. Il a alors prononc&#233; &#171; H. n&#233; Berg a &#233;t&#233; assassin&#233; ! &#187;, soulignant alors le lien entre la mort de Stern et le personnage final des Orphelins. Son livre se r&#233;v&#233;la alors empreint d'une politique. Laroche avoue s'&#234;tre inspir&#233; de la vie de Stern pour cr&#233;er son personnage, ainsi que de sa propre vie. Tout comme son mod&#232;le, H. n&#233; Berg est issu d'une famille de banquiers de Gen&#232;ve, il a grandi avec des parents qu'ils jugeaient mauvais avant de les d&#233;sh&#233;riter. Mais les similitudes s'arr&#234;tent l&#224;. L'&#233;chec de Stern n'est pas de mourir, mais plut&#244;t d'&#234;tre incapable d'&#233;chapper au mod&#232;le paternel. H. n&#233; Berg est un orphelin &#171; volontaire &#187;, alors que H. n&#233;e Bloch est une orpheline &#171; historique &#187;, et H. n&#233;e Bouttetruie est, elle, atteinte d'une maladie &#171; orpheline &#187; , orpheline &#171; d'avenir &#187;, donc. Tous sont des embl&#232;mes de l'homme moderne, condamn&#233; &#224; errer, &#224; vivre sans but, faute d'avoir des rep&#232;res. S'effor&#231;ant &#224; croire que &#171; du plus fort de la destruction peut surgir un &#234;tre vivant &#187;, le narrateur est partout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'&#233;criture de Laroche est cisel&#233;e et r&#233;pond &#224; des questions simples et essentielles de la vie humaine, li&#233;es &#224; l'h&#233;ritage, &#224; la transmission, &#224; la solitude, &#224; la maladie du corps, mais aussi de l'&#226;me. Extirpant ses personnages de l'humanit&#233;, de la soci&#233;t&#233;, Laroche fait de tous les hommes des orphelins, orphelins car fils de l'humanit&#233;. Il dresse un portrait de mauvaise m&#232;re &#224; l'humanit&#233;. Son &#233;criture me rappelle celle de Lolita Pille dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Hell&lt;/i&gt; : &#171; L'humanit&#233; souffre, et je souffre avec elle. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Orphelins d'Hadrien Laroche</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Guenebault</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>Trois personnages au destin bris&#233; qui ont en commun la m&#234;me f&#234;lure, voil&#224; ce que nous narre Hadrien Laroche. Le poids du pass&#233; revient tel un leitmotiv avec H n&#233;e Bloch qui ne parvient pas &#224; faire table rase de sa vie pass&#233;e. Elle a vu son p&#232;re succomber dans les camps de concentration durant la guerre. Cette femme devenue m&#232;re ne s'est jamais remise de cette disparition et n'a jamais eu la force de faire son deuil. H n&#233;e Bouttetruie, atteinte d'une maladie orpheline, s'est r&#233;sign&#233;e et est partie (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Trois personnages au destin bris&#233; qui ont en commun la m&#234;me f&#234;lure, voil&#224; ce que nous narre Hadrien Laroche. Le poids du pass&#233; revient tel un leitmotiv avec H n&#233;e Bloch qui ne parvient pas &#224; faire table rase de sa vie pass&#233;e. Elle a vu son p&#232;re succomber dans les camps de concentration durant la guerre. Cette femme devenue m&#232;re ne s'est jamais remise de cette disparition et n'a jamais eu la force de faire son deuil. H n&#233;e Bouttetruie, atteinte d'une maladie orpheline, s'est r&#233;sign&#233;e et est partie loin de chez elle avec son mari pour vivre dans un &#171; taudis &#187;. Enfin, H n&#233; Berg a d&#233;cid&#233; de couper tous les liens familiaux qui l'unissaient &#224; ses parents. Sous divers aspects, tous sont orphelins. A travers les yeux du narrateur nous rendons visite &#224; ces trois personnages qui, par leurs histoires, se ressemblent. Tous tentent de surmonter leur peine et leurs d&#233;sillusions. L'auteur s'attache &#224; s&#233;parer distinctement ces trois portraits sous forme de trois petites nouvelles, en utilisant un &#171; je &#187; qu'il veut neutre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce livre aussi touchant qu'ironique et s&#233;v&#232;re ne m'a pas totalement s&#233;duit. Il m'a fallu du temps pour comprendre o&#249; Hadrien Laroche voulait en venir. Dans une oeuvre courte mais intense, l'&#233;crivain nous perd parfois au d&#233;tour de longues descriptions psychologiques. Il faut reconnaitre que tout le g&#233;nie d'Hadrien Laroche s'illustre au travers de nombreuses m&#233;thaphores, comparaisons et symboliques, cependant il donne l'impression d'un merveilleux fouillis ! Pour lire ce livre et ne pas d&#233;crocher en cours de route, l'auteur ne doit pas nous l&#226;cher la main une seule seconde. Hadrien Laroche s'est-il perdu dans sa volont&#233; de m&#234;ler Histoire et psychologie (ces fractures identitaires qui les rongent depuis l'enfance) ? Au fil des pages qui se tournent, on prend conscience que ce roman n'est pas &#224; la port&#233;e de tous. Il faut aller au del&#224; de l'arbitraire des mots qui sont pos&#233;s sur le papier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	<item>
		<title>Comment r&#233;ussir la dissertation au CAPES de Lettres Modernes ?</title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/Comment-reussir-la-dissertation-au</link>
		<guid isPermaLink="true">http://serieslitteraires.org/site/Comment-reussir-la-dissertation-au</guid>
		<dc:date>2013-05-03T12:25:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lisa Lucas</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Comment-preparer-le-CAPES-de-">Comment pr&#233;parer le CAPES de Lettres modernes ?</category>


		<description>Pour r&#233;diger cet article je me suis appuy&#233;e sur les Rapports de Jury, de la session 2009 &#224; 2013, disponibles sur http://www.education.gouv.fr/cid4927/sujets-des-epreuves-d-admissibilite-et-rapports-des-jurys.html &lt;br /&gt;Pour r&#233;ussir le CAPES de lettres modernes, que faut-il ? &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; de la confiance en soi &lt;br /&gt;Il faut prendre son temps pour analyser convenablement le sujet. Ne pas aller trop vite. Il faut donc commencer par analyser ce qui est dit, replacer le sujet dans son contexte, et en d&#233;gager les id&#233;es (...)


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&lt;a href="http://serieslitteraires.org/site/-Comment-preparer-le-CAPES-de-" rel="directory"&gt;Comment pr&#233;parer le CAPES de Lettres modernes ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/IMG/arton1109.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;700&quot; height=&quot;460&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Pour r&#233;diger cet article je me suis appuy&#233;e sur les Rapports de Jury, de la session 2009 &#224; 2013, disponibles sur http://www.education.gouv.fr/cid4927/sujets-des-epreuves-d-admissibilite-et-rapports-des-jurys.html&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;Pour r&#233;ussir le CAPES de lettres modernes, que faut-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- de la confiance en soi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il faut prendre son temps pour analyser convenablement le sujet. Ne pas aller trop vite. Il faut donc commencer par analyser ce qui est dit, replacer le sujet dans son contexte, et en d&#233;gager les id&#233;es principales.
&lt;br /&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire de conna&#238;tre l'oeuvre de laquelle est tir&#233;e la citation, il suffit de se poser les bonnes questions. Seulement la citation n&#233;cessite la mise en relation avec d'autres ouevres, d'autres citations, de fa&#231;on pertinente :
&quot;la biblioth&#232;que d'un candidat doit &#234;tre extensible, ouverte, constante, faites de livres lus, &#224; lire ou &#224; relire&quot;. (Rapport de Jury 2010)
&lt;br /&gt;Une pr&#233;paration en b&#233;ton au concours est donc n&#233;cessaire pour r&#233;ussir &#224; synth&#233;tiser ses id&#233;es, et les citations apprises.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- de la m&#233;thode&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Elle fait partie de la pr&#233;paration pr&#233;alable, le candidat doit conna&#238;tre sur le bout des doigts la m&#233;thodologie de la dissertation pour ne pas perdre de temps en doutes et h&#233;sitations. De plus le jury consid&#232;re comme obligatoire la ma&#238;trise de la m&#233;thodologie et p&#233;nalise les travaux mal construits. &lt;br /&gt;La m&#233;thodologie de la composition n&#233;cessite de : &gt; comprendre le sujet et savoir l'analyser &gt; probl&#233;matiser, argumenter et composer &gt; ma&#238;triser les r&#232;gles rh&#233;toriques de la &quot;composition&quot; &gt; illustrer son propos par des exemples judicieux &gt; s'exprimer clairement et correctement
&quot;Tout &#233;tudiant faisant preuve de m&#233;thode, de bon sens mais surtout d'un rapport aux livres, personnel, universitaire, critique, constant et vital, ne peut que r&#233;ussir cette &#233;preuve&quot;.
(tir&#233; du Rapport de jury 2010 pr&#233;sent&#233; par Mathilde Cortey-Lemaire)
&lt;br /&gt;Le plan doit globalement ressembler au plan id&#233;al : 3-3-3. Mais le responsable du Rapport de Jury 2009, Fr&#233;d&#233;ric Nau fait 3 grandes parties, 3 sous-parties, et chaque 3&#232;me sous-partie ne propose que 2 id&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;strong class=&quot;spip&quot;&gt;- de l'&#233;l&#233;gance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le jury aime &#224; lire une copie bien r&#233;dig&#233;e, avec style. &quot;Le jury appr&#233;cie l'humour&quot; (Rapport de Jury 2010). Une touche d'humour est la bienvenue si elle est bien amen&#233;e. &lt;br /&gt;Soigner (&#233;videmment) son orthographe sa syntaxe et sa grammaire, il s'agit du CAPES de fran&#231;ais tout de m&#234;me.
&lt;br /&gt;Le jury attend de la r&#233;flexion, du savoir et de la culture, et la correction de l'expression et de la pr&#233;sentation.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Remarques compl&#233;mentaires&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; le niveau de langue n'a pas besoin de fr&#244;ler les sommets de la locution, il suffit de s'exprimer dans un fran&#231;ais clair et pr&#233;cis, adapt&#233; au contexte d'expression.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; les correcteurs ont toujours &#233;norm&#233;ment de culture g&#233;n&#233;rale, je me demande si &#224; 21 ans les candidats peuvent en avoir autant que leurs a&#238;n&#233;s. J'esp&#232;re qu'ils prennent en compte que leur niveau de culture ne peut pas &#234;tre le m&#234;me que celui des candidats. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Dans les corrections propos&#233;es, le responsable se permet des notes de bas de page, il est impossible que le candidat puisse en faire sur une feuille papier. Les parenth&#232;ses seront donc de mise !
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; La taille des citations propos&#233;es par le Jury me semble un peu extravagante, elles me semblent tr&#232;s longues. Ne serait-il pas plus judicieux de garder seulement l'essentiel de la citation pour plus de clart&#233; et de l&#233;g&#232;ret&#233; ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; Les Rapports de Jury construisent leur composition de mani&#232;res diff&#233;rentes. les introductions sont de tailles variables, le d&#233;veloppement ne saute pas de lignes &#224; des endroits pr&#233;cis, on trouve des alin&#233;as soit &#224; chaque changement d'id&#233;e, soit &#224; chaque changement de citation d'auteur, soit &#224; chaque changement de sous-parties&#8230; &lt;br /&gt;Alors quelle m&#233;thodologie appliquer ?
Pour la m&#233;thode de mise en page, je conseillerai de sauter une ligne entre chaque grande partie, et de faire des alin&#233;as &#224; chaque sous-partie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>La Restitution d'Hadrien LAROCHE</title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/La-Restitution-d-Hadrien-LAROCHE</link>
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		<dc:date>2013-05-03T10:35:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;raldine Bouilly</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>Dans le cadre de notre cours d'&#233;criture num&#233;rique il nous a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; trois romans de l'auteur Hadrien LAROCHE. Nous devions en choisir un ou les trois pour les plus courageuses, les lire et en faire une critique. Mais comment choisir un livre d'un auteur que l'on ne conna&#238;t pas ? C'est alors que surviennent pleins de questions dans notre esprit : Qui est-il ? De quoi parle ses ouvrages ? Car le choix de lire un livre plut&#244;t qu'un autre est une d&#233;cision personnelle fond&#233;e sur des crit&#232;res propre &#224; (...)

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le cadre de notre cours d'&#233;criture num&#233;rique il nous a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; trois romans de l'auteur Hadrien LAROCHE. Nous devions en choisir un ou les trois pour les plus courageuses, les lire et en faire une critique. Mais comment choisir un livre d'un auteur que l'on ne conna&#238;t pas ? C'est alors que surviennent pleins de questions dans notre esprit : Qui est-il ? De quoi parle ses ouvrages ? Car le choix de lire un livre plut&#244;t qu'un autre est une d&#233;cision personnelle fond&#233;e sur des crit&#232;res propre &#224; la personne. Dans le cadre de notre stage en librairie nous avons pu observer le d&#233;roulement d'un achat de livre. Certains arrivent avec une id&#233;e tr&#232;s pr&#233;cise, choisissent l'objet dans l'&#233;tag&#232;re sans m&#234;me le regarder et s'en vont alors que d'autres, sans id&#233;es pr&#233;cises prennent le temps, touchent les livres, les observent. Par ailleurs, nous savons aussi que le titre d'une &#339;uvre joue un r&#244;le essentiel dans la relation auteur, livre, lecteur. C'est ce qui c'est pass&#233; pour nous avec les trois titres propos&#233;s : &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins ; Les H&#233;r&#233;tiques ; La Restitution&lt;/i&gt;. Tous les trois sont concis mais les titres sont tellement forts et porteurs de sens qu'ils ont pour effet de nous intriguer. Notre attention s'est alors port&#233; assez vite sur le roman &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt;, publi&#233; en 2009 et le dernier n&#233; de ce triptyque litt&#233;raire. Ce titre est celui qui intrigue le plus notre esprit : Quel est cette restitution ? de quoi et &#224; qui ? Pourquoi Hadrien LAROCHE s'int&#233;resse-t-il &#224; ce th&#232;me pour &#233;crire une fiction ? C'est ce que nous allons essayer de voir en vous proposant notre lecture critique de son &#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout d'abord, ce roman est une complexe composition entre fiction, histoire et r&#233;flexion philosophique. Hadrien LAROCHE s'attache &#224; nous faire d&#233;couvrir, l'univers de la Spoliation des juifs par le troisi&#232;me Reich et par cons&#233;quent la Restitution. Le personnage principal est Henri Berg, un jeune diplomate fran&#231;ais, qui s'int&#233;resse &#224; ce sujet de part sa suppos&#233;e filiation juive. Ce pan de l'Histoire va permettre &#224; l'auteur d'aller vers la notion de filiation, et d'analyser les probl&#232;mes identitaires que cette spoliation a engendr&#233;s. Comme le dit Hadrien Laroche dans son interview par Sylvain Bourmeau pour le site &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xa0ife_hadrien-laroche-restitution-mediapa_news#.UYOQP46GPJw&quot; class=&quot;spip_out&quot;&gt;Mediapart&lt;/a&gt; &#171; l'objet du livre est de restituer cette relation particuli&#232;re de filiation entre ces personnages, p&#232;re et fils et qui ne sont pas fils et p&#232;re l'un de l'autre. &#187; Effectivement, l'histoire d&#233;bute lorsque Henri d&#233;barque &#224; Vilnius en Lituanie pour une conf&#233;rence, un an apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de l'homme qu'il pensait &#234;tre son p&#232;re. Le narrateur va alors au fil de son histoire nous expliquer son rapport au p&#232;re, qui ne l'est pas, et les cons&#233;quences de cette nouvelle sur sa propre m&#233;moire, sur sa propre identit&#233;. Cette qu&#234;te identitaire n'est pas isol&#233;e dans l'histoire mais elle s'articule parfaitement avec le passif des deux autres personnages : Letitia, la jeune h&#244;tesse de l'auberge Mona Lisa et Herbert Morgenstern, ami du narrateur et collectionneur d'art. Au fur et &#224; mesure que l'on avance dans l'histoire nous d&#233;couvrons trois &#234;tres victimes de spoliation, rattach&#233;s par un pr&#233;sent lui m&#234;me spoli&#233; et repr&#233;sent&#233; par le trafic d'enfant de l'auberge o&#249; loge Henri. Nous avons &#224; faire &#224; trois spoliations comme celle d'Herbert dite historique, qui recherche le piano de son d&#233;funt p&#232;re, tu&#233; par les allemands en 1940. Letitia, elle, repr&#233;sente la spoliation &#233;conomique, &#233;tant en &#233;tat de servitude dans la maison Mona Lisa. Elle travaille pour payer sa dette &#224; ses ma&#238;tres qui ont pris possession de ses papiers et donc de sa libert&#233;. Puis il y a la spoliation spirituelle qu'&#224; l'impression de vivre Henri, qui est tout de suite mise en sc&#232;ne dans le r&#233;cit par m&#233;taphore, avec la perte de ses papiers d'identit&#233;. Leurs histoires sont rattach&#233;es au pass&#233; avec leurs souvenirs mais les souvenirs sont-ils vraiment des faits historiques, attest&#233;s ou de simples repr&#233;sentations de l'esprit ?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Tout le r&#233;cit de notre fiction est d'ailleurs bouscul&#233; par plusieurs analepses, o&#249; Henri revient sur des moments de sa vie personnelle ou sur des souvenirs de discussions pass&#233;es. Le lecteur comprend alors par bribes l'histoire de ses Hommes fictifs ou historiques. Au fur et &#224; mesure, le lecteur est pris entre plusieurs temps : le pr&#233;sent de la narration, le pass&#233; personnel des protagonistes et le pass&#233; historique. Ces trois dimensions s'accordent au rythme des trois vies racont&#233;es par Henry sur trois journ&#233;es. Le narrateur va entreprendre de restituer au lecteur son pass&#233;, celui de ses amis mais aussi le pass&#233; historique avec de grandes explications sur le fonctionnement de la spoliation nazi. Ces aller-retour entre le pr&#233;sent de narration et le pass&#233; personnel ou historique permettent au narrateur de revenir sur des moments forts pr&#233;cis de sa propre histoire comme par exemple le jour o&#249; il a appris que son p&#232;re n'&#233;tait pas son p&#232;re page 73 : &#171; L'an pass&#233;, trois jours apr&#232;s le service donn&#233; &#224; la m&#233;moire de mon p&#232;re, Henry Berg, alors qu'elle avait plong&#233; la main dans son cabas pour y trouver son portefeuille payer ses rognons, devant la caisse ma m&#232;re m'a dit : &#171; Est-ce'tu sais vr'ment qui est t'p&#232;re ? &#187;. &#187; La sc&#232;ne se d&#233;roule dans une boucherie : lieu qui restera dans le roman, un endroit particulier renvoyant &#224; toutes les angoisses d'Henri puisque le r&#233;cit de cette annonce est pr&#233;c&#233;d&#233; par la vision par la vitre du tram, d'une boucherie. Les objets et lieux ont un impact sur les personnages, ce qui est aussi illustr&#233; par la personne d'Herbert. Il est d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; la recherche du piano de son p&#232;re spoli&#233; par les Allemands. On comprend alors que les objets spoli&#233;s, m&#234;me malgr&#233; leurs disparitions ont toujours une influence sur le pr&#233;sent. Ces objets prennent alors la valeur de symboles pour ceux qui les recherchent &#224; la limite de l'obsession comme pour Herbert. Cependant, il n'y a pas que les objets pass&#233;s qui ont une importance dans notre ouvrage, car la spoliation identitaire est toujours vivante, elle est seulement devenue secr&#232;te, cach&#233;e. Ce concept est repr&#233;sent&#233; par la pension Mona Lisa qui est &#171; le th&#233;&#226;tre d'un trafic qui a pour objet les enfants &#187;p71. Les hommes qui jusqu'alors sont &#224; la recherche d'objets disparus deviennent eux-m&#234;mes de simples objets de transaction, de tractation &#233;conomique : &#171; Hommes eux-m&#234;mes parfois devenues objets &#187;p47.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce questionnement sur la servitude de l'homme, de sa place dans le monde se met en place en filigrane dans notre &#339;uvre. Les r&#233;flexions sont entrecoup&#233;es dans le r&#233;cit et le lecteur ne peut commencer &#224; comprendre la port&#233;e de chaque parole, de chaque &#233;v&#233;nement seulement en continuant la lecture. Le lecteur lui m&#234;me se retrouve dans une situation de spoliation par l'auteur qui ne lui donne pas toutes les cl&#233;s. Nous nous retrouvons alors dans le m&#234;me &#233;tat d'esprit que les personnages principaux, en qu&#234;te d'informations. Cependant, comme le dit Hadrien Laroche dans l'interview pour Mediapart &quot; la le&#231;on dans &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt; n'est surtout pas de restitution (...) il s'agit plut&#244;t d'ouvrir des pistes&quot;. Effectivement &#224; la fin de l'oeuvre, le lecteur s'est ouvert sur une nouvelle dimension historique ou philosophique, mais dans tous les cas on ressort diff&#233;rent de cette lecture prenante jusqu'au bout.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Pour conclure, la d&#233;couverte de ce roman fut une tr&#232;s bonne surprise pleine d'informations et de r&#233;flexions qui permettent de mieux comprendre cette part de L'Histoire qui a transform&#233; l'Humanit&#233; et par filiation notre propre conception.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>Les H&#233;r&#233;tiques, histoire d'une vie</title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/Les-Heretiques-histoire-d-une-vie</link>
		<guid isPermaLink="true">http://serieslitteraires.org/site/Les-Heretiques-histoire-d-une-vie</guid>
		<dc:date>2013-05-03T10:10:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cl&#233;mence M&#233;raville</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>Les H&#233;r&#233;tiques est un roman de l'auteur fran&#231;ais Hadrien Laroche, paru en 2006 chez Flammarion. &lt;br /&gt;Hans, le narrateur, se rem&#233;more la vie tumultueuse et h&#233;r&#233;tique de son ami d'enfance Hektor Berg, &#233;voquant ainsi dans ses souvenirs, les enjeux de la famille, de l'amiti&#233; ou encore de la mort... &lt;br /&gt;&quot;Mon enfance est toxique, je dois me d&#233;barrasser d'elle au plus vite, m'avait dit Hek. Pour moi ce furent ses derniers mots. J'entends encore son rire.&quot; Avec cette citation en quatri&#232;me de couverture, Hadrien (...)


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les H&#233;r&#233;tiques&lt;/i&gt; est un roman de l'auteur fran&#231;ais Hadrien Laroche, paru en 2006 chez Flammarion.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Hans, le narrateur, se rem&#233;more la vie tumultueuse et h&#233;r&#233;tique de son ami d'enfance Hektor Berg, &#233;voquant ainsi dans ses souvenirs, les enjeux de la famille, de l'amiti&#233; ou encore de la mort...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mon enfance est toxique, je dois me d&#233;barrasser d'elle au plus vite, m'avait dit Hek. Pour moi ce furent ses derniers mots. J'entends encore son rire.&lt;/i&gt;&quot; Avec cette citation en quatri&#232;me de couverture, Hadrien Laroche semble se rattacher au th&#232;me de l'enfance pour conduire son r&#233;cit, mais il va bien plus loin dans son &#233;criture et am&#232;ne les deux personnages principaux &#224; une profonde r&#233;flexion sur eux-m&#234;mes et le monde qui les entoure. C'est avant tout l'h&#233;r&#233;sie qui va conduire le parcours de Hek, Henri jr (son fr&#232;re adoptif) et Marguerite (sa s&#339;ur adoptive).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Le roman d'Hadrien Laroche appara&#238;t comme l'histoire d'une amiti&#233;, celle qui lie le narrateur &#224; Hek, mais ce dernier a grandi dans une famille qui n'est pas la sienne, et ses rep&#232;res affectifs et culturels sont flous. Sa famille adoptive semble alors lui avoir vol&#233; son enfance, ses marques, et m&#234;me son identit&#233; para&#238;t lui &#233;chapper, le fuir. &quot;&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Or c'est de toutes fa&#231;ons que tu es recouvert de p&#233;ch&#233;s semblables ; &#224; force de se brosser les dents chaque matin avec un fr&#232;re qui n'&#233;tait pas son fr&#232;re ; de prendre le bain avec une s&#339;ur qui n'&#233;tait pas la sienne (ce n'&#233;tait pas le plus d&#233;sagr&#233;able il me l'a dit)&lt;/i&gt;&quot;. Hek, tout au long du r&#233;cit, est en qu&#234;te de rep&#232;res auxquels s'attacher, esp&#233;rer. Au dessus de ces incertitudes, Hadrien Laroche laisse alors planer la sensation et l'id&#233;e de la mort comme fil conducteur et tension continuelle dans le r&#233;cit. La plume de l'auteur joue admirablement avec l'h&#233;r&#233;sie des personnages, cherchant enfin une mani&#232;re de s'&#233;tablir paisiblement et de pouvoir affronter la vie.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Petit &#224; petit, il a alors construit sa personnalit&#233;, mais l'&#233;criture de l'auteur nous fait ressentir sa position d'&#233;ternel exil&#233; sur cette terre. A travers une &#233;criture m&#233;lancolique, dure et profonde, les personnages s'expriment sur l'humanit&#233; et la vie en passant par de nombreuses &#233;tapes comme la d&#233;couverte de la sexualit&#233; avec l'homosexualit&#233; masculine, ou encore l'inceste. Puis, alors qu'il se sait condamn&#233; par la maladie, Hek se lance dans la v&#233;ritable recherche de ses origines. Cette qu&#234;te, m&#234;me si elle ne lui apporte pas les r&#233;ponses esp&#233;r&#233;es, lui permet de se laisser guider vers ses derni&#232;res heures... L'identit&#233; devient alors un soulagement, une d&#233;livrance.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La vie et la mort d'Hek, narr&#233;es par son meilleur ami, montrent alors des personnages poursuivis par leur h&#233;r&#233;sie, plein de questionnements et de m&#233;ditations dans un roman tr&#232;s envo&#251;tant sur le secret de ses origines et peut-&#234;tre sur son secret amoureux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Lorsque Hek meurt, Hans se retrouve alors seul face &#224; ses souvenirs et &#224; la mort, ce qui permet &#224; Hadrien Laroche d'interroger subrepticement son lecteur sur des notions philosophiques telles que le destin, l'existence et leur fragilit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<enclosure url="http://serieslitteraires.org/site/IMG/jpg/Les-heretiques.jpg" length="35418" type="image/jpeg" />
		

	</item>



	<item>
		<title>Les H&#233;r&#233;tiques, ou la revanche d'un orphelin</title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/Les-Heretiques-ou-la-revanche-d-un</link>
		<guid isPermaLink="true">http://serieslitteraires.org/site/Les-Heretiques-ou-la-revanche-d-un</guid>
		<dc:date>2013-05-03T10:05:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marine Roux</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>&#171; -Ma vie aura &#233;t&#233; une tentative de penser l'h&#233;r&#233;sie des origines et le fait que le besoin de croyance est bien difficile &#224; d&#233;truire &#224; la racine &#187;, voici l'une des ultimes phrases lanc&#233;e par le protagoniste, Hektor, avant sa mort et qui, nous semble t-il, r&#233;sume &#224; elle seule ce roman d'Hadrien Laroche. &lt;br /&gt;&#171; - Ma vie aura &#233;t&#233; une tentative de penser l'h&#233;r&#233;sie des origines et le fait que le besoin de croyance est bien difficile &#224; d&#233;truire &#224; la racine &#187;, voici l'une des ultimes phrases lanc&#233;e par le protagoniste, (...)


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&lt;a href="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-" rel="directory"&gt;Hadrien Laroche&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; -Ma vie aura &#233;t&#233; une tentative de penser l'h&#233;r&#233;sie des origines et le fait que le besoin de croyance est bien difficile &#224; d&#233;truire &#224; la racine &#187;, voici l'une des ultimes phrases lanc&#233;e par le protagoniste, Hektor, avant sa mort et qui, nous semble t-il, r&#233;sume &#224; elle seule ce roman d'Hadrien Laroche.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; - &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Ma vie aura &#233;t&#233; une tentative de penser l'h&#233;r&#233;sie des origines et le fait que le besoin de croyance est bien difficile &#224; d&#233;truire &#224; la racine&lt;/i&gt; &#187;, voici l'une des ultimes phrases lanc&#233;e par le protagoniste, Hektor, avant sa mort et qui, nous semble t-il, r&#233;sume &#224; elle seule ce roman d'Hadrien Laroche.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Errance plus que qu&#234;te, ce r&#233;cit met en sc&#232;ne une amiti&#233; entre le dit Hektor et le narrateur, presque anonyme, qui traverse les &#226;ges au fil de promenades, laissant penser &#224; l'entreprise de Jean Jacques Rousseau. Hek se d&#233;lasse dans cette r&#234;verie solitaire d&#232;s sa plus tendre enfance &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Isol&#233; chez lui, r&#234;veur sur le chemin, s&#233;rieux en classe, Hek &#233;tait seul&lt;/i&gt; &#187; peut-on lire en guise de pr&#233;sentation de l'adolescent. Cette solitude s'accro&#238;t tandis que les apparences s'effondrent. De famille, il n'y en a point. N'en subsiste qu'un simulacre que les enfants, aussi bien Hek que Marguerite, s'efforcent de fuir. Cela par d&#233;go&#251;t du p&#232;re, ce baliseur de chemins de montagne, cet aveugle au monde seulement int&#233;ress&#233; par son propre labyrinthe de signes, ou bien par d&#233;go&#251;t de cette femme s'effor&#231;ant d'endosser le r&#244;le de m&#232;re, en vain. Devant ce miroir familial bris&#233;, c'est sans rep&#232;res qu'Hek tente de se construire une identit&#233;, lui, cet adopt&#233;, &#233;prouvant chaque matin sa diff&#233;rence &#171; ...&lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Au moment de croiser son image dans le miroir [...] on peut s'&#233;tonner de la non-ressemblance entre eux de ses parents, davantage de ressembler si peu &#224; sa m&#232;re, encore moins &#224; son p&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. La foi en la plus fondamentale appartenance communautaire vacille de ce fait, renforc&#233;e par la question de la sexualit&#233;, cette d&#233;viance du sch&#233;ma traditionnel. Avec le rejet pour seule r&#233;ponse, Hek acquiert cette &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;virginit&#233;&lt;/i&gt; &#187; impos&#233;e, mais tente tout de m&#234;me de se r&#233;aliser par le biais de l'esprit. L'art &#233;tend donc son empire et c'est en tant qu'architecte que la r&#233;flexion du jeune homme essaiera de trouver les r&#233;ponses &#224; ses questions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;D'o&#249; viens-je ? Nulle part et partout &#224; la fois. Le nomadisme habite cet h&#233;r&#233;tique qui ne trouve en quelque endroit du monde aucun lieu &#224; son image, o&#249; il puisse se sentir chez lui &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;J'ai v&#233;cu &#224; l'&#233;tranger dans la maison de mes parents&lt;/i&gt; &#187; ni m&#234;me d'objet &#224; sa mesure quand il parle d'une table de travail id&#233;ale &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Dans le monde cette table n'a pas &#233;t&#233; construite. Dois-je l'inventer ?&lt;/i&gt; &#187;. Seule certitude, cette obsession d&#233;velopp&#233;e pour l'origine, l'enfantement, dont la toile de tente rose t&#233;moigne avant d'&#234;tre lac&#233;r&#233;e &#224; l'arme blanche. Tuant son pass&#233;, ses souvenirs corrosifs l'emp&#234;chant de s'affirmer, Hek d&#233;clarera &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Mon enfance est toxique, je dois me d&#233;barrasser d'elle au plus vite&lt;/i&gt; &#187;. Et se d&#233;barrasser de l'enfance, de ce symbole, c'est aussi se d&#233;barrasser de l'appartenance, de la croyance en quelque chose. C'est refuser le sch&#233;ma simple, le d&#233;construire. Hek l'aura pressenti, l'ongle fich&#233; dans une nappe, &#224; tracer ses premiers croquis qui t&#233;moigneront de ses &#233;lans de b&#226;tisseur, eux aussi vains.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais pour b&#226;tir quoi ? Une illusion ? Non, l'illusion est morte, et l'exemplaire &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Des souffrances du jeune Werther&lt;/i&gt; g&#238;t toujours dans le frigidaire de la marque Frigidaire. L'&#226;me aussi g&#238;t, voire, se tord en tous sens dans ce corps trop &#233;troit &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;[&#8230;] j'ai trop d'id&#233;es, mon cr&#226;ne est insuffisant&lt;/i&gt; &#187;. Si la folie ne le prend pas comme elle s'est empress&#233;e de le faire avec Henry Jr, son fr&#232;re de nom, c'est pour mieux laisser la maladie s'emparer de ce corps d&#233;sabus&#233;. Hek se sait condamn&#233;, et parvient &#224; transformer cette mal&#233;diction en un chemin salvateur. La mort est une naissance dans son cas comme en t&#233;moigne son ami Hans &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt; Cette nouvelle naissance, la mort de ce qu'il avait &#233;t&#233;, me fis penser que je ne pourrai suivre mon ami dans cette vie, ou cette voie nouvelle&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans ce roman, Hadrien Laroche montre qu'un &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;chien&lt;/i&gt; &#187;, un exil&#233; constant, peut se b&#226;tir une origine, &#224; l'image du pr&#233;nom d'Hektor grav&#233; dans la pierre tombale des Berg, sa famille de c&#339;ur. Cette appartenance se noue &#224; l'envers des sch&#233;mas traditionnels, et c'est en cela que l'h&#233;r&#233;sie triomphe d'une hypoth&#233;tique destin&#233;e. Men&#233; d'une plume riche, forte et concise &#224; la fois, ce roman s'inscrit en beaut&#233; dans la trilogie &#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;l'homme orphelin de son humanit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Hadrien Laroche, La Restitution : entre asservissement et survie de la m&#233;moire</title>
		<link>http://serieslitteraires.org/site/Hadrien-Laroche-La-Restitution</link>
		<guid isPermaLink="true">http://serieslitteraires.org/site/Hadrien-Laroche-La-Restitution</guid>
		<dc:date>2013-05-03T09:45:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathalie Grossin</dc:creator>

<category domain="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-">Hadrien Laroche</category>


		<description>Entre fiction et r&#233;flexion sur le pillage, la confiscation et la restitution de la m&#233;moire, ce roman &#233;tonne, intrigue et conduit le lecteur &#224; une prise de conscience de l'importance du pass&#233;. &lt;br /&gt;Hadrien Laroche est un &#233;crivain fran&#231;ais du XXI&#232;me si&#232;cle. Il commence &#224; &#233;crire une trilogie romanesque en 2005 sur le concept et l'exp&#233;rience de &#171; l'homme orphelin de son humanit&#233; &#187;. Le premier roman s'intitule Les Orphelins et para&#238;t en 2005. Le second a pour titre Les h&#233;r&#233;tiques et est publi&#233; en 2007. L'ultime (...)


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&lt;a href="http://serieslitteraires.org/site/-Hadrien-Laroche-" rel="directory"&gt;Hadrien Laroche&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://serieslitteraires.org/site/IMG/arton1104.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width=&quot;430&quot; height=&quot;669&quot; class=&quot;spip_logos&quot; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Entre fiction et r&#233;flexion sur le pillage, la confiscation et la restitution de la m&#233;moire, ce roman &#233;tonne, intrigue et conduit le lecteur &#224; une prise de conscience de l'importance du pass&#233;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1398 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:520px;' &gt;
&lt;img src='http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L520xH520/Hadrien_20Laroche-3da86.jpg' width='520' height='520' alt=&quot;&quot; style='height:520px;width:520px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;Hadrien Laroche est un &#233;crivain fran&#231;ais du XXI&#232;me si&#232;cle. Il commence &#224; &#233;crire une trilogie romanesque en 2005 sur le concept et l'exp&#233;rience de &#171; l'homme orphelin de son humanit&#233; &#187;. Le premier roman s'intitule &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les Orphelins&lt;/i&gt; et para&#238;t en 2005. Le second a pour titre &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Les h&#233;r&#233;tiques&lt;/i&gt; et est publi&#233; en 2007. L'ultime &#339;uvre de cette trilogie, &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt; est &#233;dit&#233;e en 2009.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'intrigue de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La Restitution&lt;/i&gt; se d&#233;roule &#224; Vilnius, la capitale de la Lituanie, dans les ann&#233;es 2000, entre le 1er et le 3 mars, durant une conf&#233;rence sur la spoliation des biens juifs durant la seconde guerre mondiale. Henry Berg, un Fran&#231;ais, vient assister &#224; ce congr&#232;s sur la trafic illicite et la restitution d'&#339;uvres d'art et doit en r&#233;aliser un rapport international. Il y retrouve son ami Herbert Morgenstern, un collectionneur d'art dont la famille a &#233;t&#233; pill&#233;e pendant la guerre. Dans l'auberge dans laquelle il loge, il rencontre une jeune fille juive, Letitia, contrainte de travailler dans cette pension qui est en r&#233;alit&#233; le lieu d'un trafic d'enfants, et ce pour payer la dette de sa famille. Ces trois personnages voient leur destin se croiser en tant qu'endett&#233;s assujettis &#224; leur pass&#233;, &#224; qui rien n'a &#233;t&#233; transmis. Ce troisi&#232;me roman d'Hadrien Laroche entrem&#234;le avec g&#233;nie ces trois histoires d'identit&#233;s en miettes.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il en r&#233;sulte une &#339;uvre romanesque d&#233;concertante, qui plonge le lecteur dans la cruelle r&#233;alit&#233; de l'enfer v&#233;cu par le peuple juif durant la seconde guerre mondiale. Contrairement aux nombreuses &#339;uvres t&#233;moignant des tortures physiques inflig&#233;es aux juifs, il met en lumi&#232;re l'impact psychologique de la logique g&#233;nocidaire allemande, d&#233;sirant exterminer la race juive jusque dans ses moindres souvenirs. Ces derniers se sont vus priv&#233;s de leur histoire, de leur m&#233;moire, de leur identit&#233; &#224; travers la spoliation de leurs biens, la disparition de leurs archives, afin d'effacer jusqu'&#224; l'id&#233;e de leur existence. A travers sa plume, l'&#233;crivain am&#232;ne le lecteur &#224; une v&#233;rit&#233; insoup&#231;onn&#233;e et ce avec une ing&#233;niosit&#233; &#233;patante. Il use de m&#233;taphores, de symboles oh combien subtils qui font de ce roman un chef d'&#339;uvre qui n'est toutefois pas &#224; la port&#233;e de tous.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ses personnages sont orphelins de leur humanit&#233; mais d'une fa&#231;on diff&#233;rente. Henry Berg vient d'apprendre que son p&#232;re, qui est mort, n'est pas son p&#232;re biologique, il se retrouve donc orphelin et sans identit&#233;. L'auteur va retranscrire cela avec brio notamment &#224; travers l'histoire de l'imper fendu port&#233; par le fran&#231;ais. Ce dernier va perdre ses papiers et donc son identit&#233; lorsqu'il se v&#234;tira de cet imper. En ce qui concerne Herbert, surnomm&#233; Herb, il cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#224; ce que les biens de ses parents juifs lui soient restitu&#233;s afin de se r&#233;approprier son histoire. Quant &#224; Letitia, elle prend soin des enfants de la pension afin d'&#233;ponger les dettes de ses parents. Elle paye le fait que ses parents soient juifs. &lt;span class='spip_document_1397 spip_documents spip_documents_right' style='float:right; width:520px;' &gt;
&lt;img src='http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L520xH390/spolies-567bd.jpg' width='520' height='390' alt=&quot;&quot; style='height:390px;width:520px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;_ Ils payent tous les trois la dette infinie de leur nom, de leurs anc&#234;tres. Ils sont tous les trois spoli&#233;s de leur m&#233;moire et comme l'affirme Hadrien Laroche : &#171; &#202;tre spoli&#233; de sa m&#233;moire c'est &#234;tre priv&#233; d'une part de son humanit&#233;. &#187;. &#202;tre spolier de ses biens, de sa m&#233;moire conduit &#224; la servitude, &#224; une ignorance de son identit&#233;. &lt;br /&gt;D'autre part, Hadrien Laroche, d&#233;veloppe sa conception de &#171; l'homme orphelin de son humanit&#233; &#187; aussi &#224; travers le th&#232;me du corps r&#233;current dans ce livre et ce notamment &#224; travers l'&#233;vocation des peintures de Rembrandt et de C&#233;zanne. La toile de Rembrandt par exemple, repr&#233;sente un b&#339;uf &#233;cartel&#233;, tortur&#233; rappelant la crucifixion du christ. Celui-ci &#233;tant juif, l'auteur se sert de ce tableau pour d&#233;noncer l'inhumanit&#233; des nazis, qui ont asservi les juifs en les traitant comme des biens. A travers cela et le trafics d'enfants, il expose le fait que les corps sont devenus des choses, les humains deviennent du b&#233;tail. Comme il dit : &#171; Les hommes deviennent des b&#234;tes puis une cr&#233;ature orpheline. L'homme a vendu son NOM d'homme. &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span class='spip_document_1399 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:436px;' &gt;
&lt;img src='http://serieslitteraires.org/site/local/cache-vignettes/L436xH666/rembrandt_boeuf_ecorche_gr-702c5.jpg' width='436' height='666' alt=&quot;&quot; style='height:666px;width:436px;' class='' /&gt;&lt;/span&gt;L'auteur se sert donc de la fiction pour exposer l'inhumanit&#233; de la race humaine. Il ins&#232;re des &#233;l&#233;ments r&#233;els dans son r&#233;cit : Vilnius, lieu de l'intrigue, a &#233;t&#233; en r&#233;alit&#233; le lieu de massacres de juifs, le rapport de la Mission Matt&#233;oli, qu'Henry Berg doit r&#233;diger, existe r&#233;ellement et date de 2000. D'autre part, ses personnages masculins portent des pr&#233;noms commen&#231;ant par la lettre H ce qui pourrait &#234;tre un &#233;cho &#224; lui-m&#234;me puisqu'il s'appelle Hadrien. Il leur donne aussi des noms connus comme Mallarm&#233;, ambassadeur fran&#231;ais, qui peut rappeler St&#233;phane Mallarm&#233;, un po&#232;te fran&#231;ais du XIX&#232;me si&#232;cle, qui &#233;tait orphelin. Il fait en effet de nombreuses r&#233;f&#233;rences &#224; des artistes et &#224; l'art dans son &#339;uvre. La pension porte le nom de Mona Lisa, ce qui est une allusion au tableau de &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;la Joconde&lt;/i&gt;, et surtout le jambon de montagne pendu &#224; un crochet dans la boucherie rappelle la toile de Rembrandt &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;Le b&#339;uf &#233;corch&#233;&lt;/i&gt; peinte en 1655. Elle repr&#233;sente un b&#339;uf crucifi&#233; ce qui rappelle la crucifixion du christ qui &#233;tait juif et symbolise le retour du fils prodigue. Cela permet &#224; l'auteur d'illustrer habilement le deuxi&#232;me sens, esth&#233;tique du terme restitution. Si son sens premier, historique, d&#233;signe les spoliations des juifs pendant l'Holocauste, son deuxi&#232;me sens, d'un point de vue esth&#233;tique, fait r&#233;f&#233;rence &#224; la v&#233;rit&#233; transmise, restitu&#233;e &#224; travers les &#339;uvres d'art et l'&#233;criture. Il s'agit pour l'auteur de rendre vie au pass&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ainsi, dans ce roman sur l'identit&#233;, la m&#233;moire, la filiation, servi par une prose simple mais puissante et foisonnante de symboles, de double sens, Hadrien Laroche traite avec talent et intelligence de la restitution des biens spoli&#233;s aux juifs. Il intrigue le lecteur jusqu'&#224; ses derniers mots et conf&#232;re &#224; l'&#233;criture un r&#244;le essentiel dans la restitution de la m&#233;moire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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