La psychologie cognitive et les processus d’apprentissage

Introduction

Publié le : 19-04-2026 par : Valérie Pérez

Dans le cadre d’un apprentissage réussi, on rencontre des composantes de trois ordres au moins : cognitive, motivationnelle et métacognitive.
Pour apprendre, il faut en effet gérer un certain nombre de paramètres :
Certains concernent les stratégies d’apprentissage à proprement parler, à savoir les stratégies cognitives c’est-à-dire celles qui concernent le traitement de l’information.
D’autres, concernent le contexte d’apprentissage, le fait d’être capable d’agir sur la situation pour rendre l’apprentissage le plus efficace possible -> contrôler et gérer l’environnement d’apprentissage ; cela renvoie au comportement, à la capacité (ou non) d’éviter ce qui fait obstacle à la réalisation de l’activité. Cela renvoie également au fait d’éviter les distractions. Il s’agit de tout faire, de tout mettre en œuvre pour que rien ne vienne entraver la réalisation de la tâche.

Qu’est-ce que la cognition :

Ce terme renvoie à tout ce qui permet de traiter l’information, et qu’on avait coutume de désigner dans le passé par les termes de pensée et d’intelligence. Aujourd’hui, quand on parle de cognition, on désigne nos capacités de compréhension, de mémorisation et d’analyse. La cognition est un domaine qui permet d’aborder tout ce qui concerne l’apprentissage : « la perception, la mémoire, le raisonnement, la résolution de problèmes, la prise de décision ou encore la compréhension et la production du langage ». Ainsi, le système cognitif est un système qui traite les informations en provenance de l’environnement et qui permet de se représenter le monde. Il plonge ses racines dans nos interactions sensori-motrices avec le monde. Grâce à notre système cognitif, nos actions, nos prises de parole peuvent être adaptées à notre environnement et à nos interactions sociales. Et en même temps, notre cognition, notre système cognitif se développe grâce à nos interactions avec l’environnement.
Nos activités cognitives émergent de l’activation systématique de systèmes neuronaux typiquement associés à des mécanismes perceptivo-moteurs (la lecture d’un verbe d’action (courir, prendre, etc.) induit l’activation des aires motrices).

Parmi les activités cognitives que nous faisons citons par exemple :

  • l’attention sélective (inhibition)
  • l’attention volontaire
  • avoir une attention soutenue
  • automatiser l’exécution d’une tâche simple
  • automatiser de nouvelles habiletés
  • garder des items en mémoire à court terme
    -exécuter un geste psychomoteur = Un geste (un mouvement qui a une intention s’appelle un geste) s’exécute dans une situation et pour quelqu’un. Un geste se caractérise par une double adresse, de coordination et de destination. Un comportement, à adresser à quelqu’un, est vu, visible et ainsi partageable.
  • alterner rapidement des tâches (= switching). Exemple : dans une étude de Kramer et al. (1999), les chercheurs demandent aux participants tantôt de compter le nombre de chiffres présentés à l’écran d’un ordinateur (e.g., « 555 » la réponse est 3), tantôt de donner l’identité du chiffre (e.g., « 555 » la réponse est 5). Le paradigme de switching inter-tâches montre qu’il faut du temps pour interrompre une tâche en cours (compter les chiffres) et engager une nouvelle tâche (nommer le chiffre).
    utiliser des stratégies mnémotechniques (évoquer des éléments dans l’ordre (chronologique, croissant, etc. = organisation hiérarchique de la mémoire ; se former une image mentale reliant différents items à retenir entre eux.
  • créer des images mentales
  • créer des associations en mémoire
  • etc.

Deux particularités essentielles du cerveau lui permettent de prendre en charge le fonctionnement cognitif : sa plasticité et sa connectivité. La plasticité = les propriétés des réseaux neuronaux se modifient sans cesse par l’expérience. Cette plasticité est une propriété de l’ensemble du cerveau, et elle n’est pas limitée à une période précoce de développement. La connectivité des réseaux neuronaux c’est l’organisation des liens entre neurones et elle se modifie par l’expérience.
La cognition implique des systèmes neuronaux qui se modifient sans cesse en fonction des expériences sensori-motrices de l’individu.

Ce qui facilite la plasticité neuronale :

  • ne jamais cesser d’apprendre, régulièrement, toute sa vie, des choses nouvelles, dans des disciplines nouvelles, de façons nouvelles.
  • se méfier de la pollution sonore
  • ne pas se décourager devant la lenteur de la rééducation, qui avance par paliers (en cas de maladie, d’AVC, etc.)
  • comprendre que les médicaments neurochimiques peuvent aider, mais ne remplacent pas l’exercice ;
  • éviter la tension, le diabète, le cholestérol ou le tabac, qui sont les ennemis de la plasticité neuronale ;
  • aimer les aliments antioxydants (fruits, légumes, poisson),
  • l’activité physique, le calme, la gentillesse, le rire et l’empathie.



Illustration : Denis Diderot (1713-1784), écrivain
1767
Van Loo, Louis-Michel
France,
Musée du Louvre - Département des Peintures