La psychologie cognitive et les processus d’apprentissage

La métacognition dans la salle de classe

Publié le : 21-04-2026 par : Valérie Pérez

La métacognition est une forme de distanciation qui consiste à expliciter la manière de réaliser une tâche (Vianin, 2016, p. 57) Elle est donc essentielle pour réussir dans les apprentissages, surtout lorsqu’ils sont complexes. Il est en effet nécessaire de se rendre compte si la stratégie que nous utilisons est efficace ou non.
La métacognition est un processus mental qui porte sur une ou plusieurs activités cognitives en train d’être effectuées, elle prend la forme d’opérations mentales exercées sur d’autre opérations mentales (Bernadette Noël définit la métacognition comme « des opérations mentales exercées sur des opérations mentales » (in Revue française de pédagogie, numéro 112 (1995), p.50 cité dans De la métacognition à l’apprentissage autorégulé, p. 30). Ces opérations mentales exercées sur d’autres consistent par exemple :

  • à expliciter c’est-à-dire à détailler,
  • à analyser, c’est-à-dire à établir des relations entre des éléments,
  • à conceptualiser, c’est-à-dire à trouver des règles générales qui peuvent s’appliquer dans différents contextes.

Le terme de « métacognition » renvoie donc à la connaissance qu’un sujet a de sa propre cognition (Pierre Vianin, L’aide stratégique aux élèves en difficulté scolaire, Bruxelles, de Boeck, 2016).
Nous avons donc des connaissances métacognitives, qu’on peut définir comme le fait de savoir qu’on sait… ou qu’on ne sait pas.

En contexte d’enseignement, la métacognition s’exprime par des verbes : expliciter, conceptualiser, analyser, et d’autres verbes avec des compléments d’objet bien spécifiques : déterminer le but, préparer l’action, planifier et élaborer un plan d’action, programmer les étapes et les procédures en vue d’atteindre le but fixé, contrôler, surveiller et vérifier l’action en cours (afin de comprendre où on en est pour réguler et ajuster notre action).
À chaque fois qu’il est question de métacognition cela comprend la connaissance de sa propre cognition et des aspects de la régulation de celle-ci. La métacognition n’est pas un processus spontané, mais elle est un processus qui émane de l’histoire de l’individu avec les apprentissages. Travailler en métacognition se fait dans le but d’agir sur les conditions d’apprentissage. Les difficultés d’ordre métacognitives sont souvent corrélées avec une absence de motivation et d’estime de soi : ces élèves n’ont pas confiance en eux-mêmes. Face à une tâche à réaliser, ils s’avouent très vite vaincus. Or l’objectif général du travail sur la métacognition est de faire en sorte que les efforts soient efficaces.

Comment procéder : les grandes orientations d’un travail sur la métacognition

  • Aider l’élève à prendre conscience qu’il sait des choses car l’incapacité à utiliser des connaissances et des compétences, l’incapacité à les transférer est une déficience de type métacognitif.
    lui rendre explicite ce qu’il a construit lors de la séance qui précédait. Et dans la mesure du possible, il faut toujours construire les savoirs de l’élève à partir de ce qu’il sait déjà. Savoir se rapporter à ce que l’on sait déjà pour faire du nouveau est une compétence métacognitive. Ne pas faire de séance où tout soit à découvrir. Lui faire prendre conscience qu’il sait déjà quelque chose, consiste à le mettre dans une situation telle qu’il puisse utiliser concrètement une connaissance dans une tâche d’apprentissage.
  • Amener l’élève à estimer ce qu’il est capable de faire, sachant qu’il peut très bien se tromper. Par exemple, devant un certain nombre d’items à retenir, demander à l’élève d’estimer ce qu’il est capable de retenir par cœur dans un intervalle précis : par exemple, au bout d’une heure, au bout d’une semaine, au bout d’un mois, au bout d’une année scolaire, etc.
  • Amener l’élève à prendre conscience de ce qu’il a besoin de connaître : évaluer, prendre la mesure, identifier ce qu’il va falloir rechercher et connaître pour accomplir telle ou telle tâche.
    montrer à l’élève les stratégies pertinentes car cela aidera à le motiver, car il aura conscience que sa réussite dépend de lui et cela l’aidera à devenir véritablement autonome (voir Bernadette Noël, De la métacognition à L’apprentissage autorégulé, page 34)



Illustration : L’école de Robert Doisneau.