
Bernadette Noël définit la métacognition comme « des opérations mentales exercées sur des opérations mentales » (in Revue française de pédagogie, numéro 112 (1995), p.50 cité dans De la métacognition à l’apprentissage autorégulé, p. 30). Ces opérations mentales consistent par exemple :
- à expliciter c’est-à-dire à détailler, à analyser, c’est-à-dire à établir des relations entre des éléments, à conceptualiser, c’est-à-dire à trouver des règles générales qui peuvent s’appliquer dans différents contextes.
La métacognition s’exprime par des verbes : expliciter, conceptualiser, analyser, des verbes avec des compléments d’objet : déterminer le but, préparer l’action, planifier et élaborer un plan d’action, programmer les étapes et les procédures en vue d’atteindre le but fixé, contrôler, surveiller et vérifier l’action en cours afin de comprendre où on en est ; réguler et ajuster sont les mécanismes d’aboutissement des précédents.
À chaque fois qu’il est question de métacognition cela comprend la connaissance de sa propre cognition et des aspects de la régulation de celle-ci. La métacognition n’est pas un processus spontané, mais elle est un processus qui émane de l’histoire de l’individu avec les apprentissages. Travailler en métacognition se fait dans le but d’agir sur les conditions d’apprentissage.
Quelques pistes :
- Aider l’élève à prendre conscience qu’il sait des choses car l’incapacité à utiliser des connaissances et des compétences, l’incapacité à les transférer est une déficience de type métacognitif.
- Lui rendre explicite ce qu’il a construit lors de la séance qui précédait. Et dans la mesure du possible, il faut toujours construire les savoirs de l’enfant à partir de ce qu’il sait déjà. Savoir se rapporter à ce que l’on sait déjà pour faire du nouveau est une compétence métacognitive.
- Ne pas faire de séance où tout soit à découvrir. Lui faire prendre conscience qu’il sait déjà quelque chose, consiste à le mettre dans une situation telle qu’il puisse utiliser concrètement une connaissance dans une tâche d’apprentissage.
- Amener l’élève à estimer ce qu’il est capable de faire, sachant qu’il peut très bien se tromper. Par exemple, devant un certain nombre d’items à retenir, demander à l’élève d’estimer ce qu’il est capable de retenir par cœur dans un intervalle précis : par exemple, au bout d’une heure, au bout d’une semaine, au bout d’un mois, au bout d’une année scolaire, etc.
- L’amener à prendre conscience de ce qu’il a besoin de connaître : évaluer, prendre la mesure, identifier ce qu’il va falloir rechercher et connaître pour accomplir telle ou telle tâche.
- Montrer à l’élève les stratégies pertinentes car cela aidera à le motiver, car il aura conscience que sa réussite dépend de lui et cela l’aidera à devenir véritablement autonome.
[Tableau de William Wood].