Navigation rapide

Accueil > Licence de Lettres > Rencontres musicales > 12 Years a slave

12 Years a slave

vendredi 25 avril 2014

"C’est l’Histoire de l’Amérique et l’esclavage en fait partie." Steve McQueen

Influencé par des ancêtres esclaves aux Caraïbes, Steve McQueen, réalisateur britannique, tenait à évoquer l’un des pans les plus sombres de l’Histoire de l’Amérique, à savoir l’esclavage. Inspiré par les Mémoires de Solomon Northup, il souhaitait réaliser un long métrage sortant de l’ordinaire. Pari réussi puisque 12 Years a slave obtint le Golden Globes du meilleur film dramatique.

UN PEU D’HISTOIRE ?

Tandis que le Nord et le Sud débattaient sur l’abolition ou l’étendue de l’esclavage, les kidnapping d’individus noirs pour les ramener dans des états esclavagistes se multipliaient.

SYNOPSIS

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northup, jeune homme noir originaire de l’État de New York, est enlevé et vendu comme esclave. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité.
Douze ans plus tard, il va croiser un abolitionniste canadien et cette rencontre va changer sa vie…

Ne détournez pas les yeux devant une réalité honteuse !

Steve McQueen a choisi de nous exposer sa vision de l’esclavage, sans avoir peur de la longueur. En effet, le réalisateur n’hésite pas à faire durer un plan éternellement, et ce dans un but bien précis, celui de rendre le spectateur complice des actes affreux dont il est le premier témoin. Steve McQueen, ici, nous interpelle nous, spectateurs : « Soyez témoins ! ». Il s’agit de laisser le temps aux spectateurs de partager l’émotion du héros. Et quelle émotion ! 12 Years a slave est une véritable exposition de la souffrance physique. Le protagoniste se bat pour retrouver son statut d’homme libre : « I was a free man, I’m not a slave ! ».

De par l’opposition manifeste entre sublimes paysages de Louisiane et tant de cruauté, Steve McQueen nous entraine dans ce paroxysme de brutalité et de déshumanisation du travail. La scène qui marque le plus les esprits est évidemment celle où Solomon (Chiwetel Ejiofor) est pendu à un arbre pendant une durée qui semble sans fin et où nous ne pouvons que retenir notre souffle en priant pour que le héros s’en sorte vivant. 12 Years a slave est un véritable combat titanesque pour la liberté « I don’t wanna survive, I wanna live ! ». Steve McQueen souhaite nous faire réaliser que des choses horribles peuvent avoir lieu dans les endroits les plus paradisiaques.

Ce long métrage aborde donc des questions profondes par le biais d’un héros empli de modestie et de droiture. Tous savent qu’il n’est pas comme les autres et tentent d’abolir cette différence en le maltraitant et le décourageant. Mais Solomon n’abandonnera jamais.
12 Years a slave, c’est aussi l’apparition de l’acteur culte de Steve McQueen, à savoir Michael Fassender (Edwins Edds), incarnant un alcoolique malade, d’une violence et d’un sadisme à toute épreuve.

Une sorte de conte de fée très sombre de plus de deux heures donc, mais n’ayez crainte, vous ne verrez pas le temps passer et sortirez humanisé de cette aventure où votre destin sera mêlé à celui du héros. Vous sursauterez probablement devant les chaires meurtries de Patsey, et pleurerez de soulagement lorsque Solomon serra sa famille dans ses bras, séquence émotion, puisqu’il en faut bien une…

Galerie