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Accords du participe passé

dimanche 26 janvier 2003

Accord du participe passé avec les auxiliaires être et avoir

Le participe passé employé avec l’auxiliaire être.

Quand le participe passé est employé avec l’auxiliaire être, il s’accorde toujours en genre et en nombre avec le sujet. Ce peut être le cas quand le verbe est conjugué à un temps composé, ou à la voix passive.

Exemple : Marianne est sortie de sa chambre pour répondre au téléphone.

Le participe passé employé avec l’auxiliaire avoir.

Quand le participe passé est employé avec l’auxiliaire avoir, il y a trois possibilités :

  • le verbe n’a pas de COD : le participe passé est invariable. Exemple : tout l’après-midi, le chat a dormi ; tout l’après-midi, les chats ont dormi.
  • le verbe a un COD, mais placé après le participe passé : dans ce cas, le participe passé est invariable. Exemple : Sophie a mangé un morceau de chocolat.
  • le verbe a un COD, mais placé avant le participe passé : dans ce cas, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD placé avant lui. Exemple : ces personnes, je les ai déjà rencontrées.

    En résumé :

    Quand l’auxiliaire est être, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.

    Quand l’auxiliaire est avoir, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le COD placé avant lui ; sinon, il reste invariable.

    Le participe passé sans auxiliaire.

    Exercices d’application.

    1. Dans le texte suivant, relevez les sept participes passés, et précisez à chaque fois à quels mots ils se rapportent.

    « Je trouvai un lieu vaste, bien voûté, et dont le pavé était parsemé de safran. Plusieurs flambeaux d’or massif, avec des bougies allumées qui rendaient l’odeur d’aloès et d’ambre gris, y servaient de lumière, et cette illumination était encore augmentée par des lampes d’or et d’argent, remplies d’une huile composée de diverses sortes d’odeurs. Parmi un assez grand nombre d’objets qui attirèrent mon attention, j’aperçus un cheval noir, le plus beau et le mieux fait qu’on puisse voir au monde ».

    Les Mille et Une Nuits.

    2. Accordez correctement les participes passés entre parenthèses.

  • ( Harassé ) par cette compétition ( passionnée ), ils s’étendirent sur l’herbe.
  • Le jeune homme, ( attristé ) par cette lettre ( désabusé ), paraissait ( abattu ) lorsque retentirent à la porte plusieurs coups vigoureusement ( frappé ).
  • ( Alourdi ) par la neige ( tombé ) la nuit ( passé ), les branches touchaient le sol ( blanchi ).
  • ( Effrayé ) par les cris ( désespéré ) des prisonnières ( enchaîné ), la jeune fille voulut s’enfuir par une porte ( dérobé ) qu’un gardien avait négligemment laissée ( ouvert ).
  • Vivement ( intéressé ) par la conversation ( engagé ) depuis quelques instants entre deux hommes ( attablé ) près de lui et ( vêtu ) à la manière quelque peu ( démodé ) des provinciaux fraîchement ( arrivé ) à la capitale, le jeune journaliste sortit un calepin déjà tout ( griffonné ) et se mit à prendre des notes d’une écriture ( serré ).
  • La maison ( déserté ) résonnait des cris ( poussé ) par les fillettes ( déchaîné ).
  • ( Ecrasé ) sous le poids ( exagéré ) de leurs cartables trop ( rempli ), les petits garçons marchaient un peu de travers, ( déséquilibré ) par leurs charges, de sorte qu’on les aurait pris de loin pour trois gaillards ( enivré ) par un séjour trop ( prolongé ) au comptoir de la brasserie locale.
  • Une fois les maisons ( coloré ) ( vidé ) de leurs habitants, la ville, pour ainsi dire ( abandonné ), paraissait ( conçu ) par l’esprit ( inspiré ) d’un créateur de dessins ( animé ).
  • ( Encouragé ) par les acclamations ( passionné ) de leurs supporters ( enflammé ), mais quelque peu ( effrayé ) par la valeureuse réputation de leurs adversaires ( désigné ) - réputation très largement ( répandu ) et qui ne semblait pas ( usurpé ), les joueurs s’avancèrent sur le terrain et s’alignèrent, ( intimidé ), devant la tribune d’honneur.

    Le participe passé sans auxiliaire.

    Exemple :

    « Illuminée sous le soleil couchant, la mer paraissait éclairée par les flammes des cierges portés par la foule réunie devant les portes fermées d’un palais endeuillé. »

    Lorsqu’il n’est pas accompagné de l’auxiliaire être ou avoir, le participe passé se comporte comme un adjectif qualificatif.

    Il peut donc être :

  • épithète : « des cierges portés », « la foule réunie », « les portes fermées », « un palais endeuillé ».
  • attribut du sujet : la mer ( sujet ) paraissait éclairée ( attribut du sujet ).
  • attribut du complément d’objet direct ( C.O.D. ). Par exemple : je vous ( COD ) croyais partis ( attribut du COD ).
  • apposé ou épithète détachée : « Illuminée... , la mer ... ».

    Dans tous les cas, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte.

    Remarque : même utilisé comme adjectif qualificatif, le participe passé conserve certaines caractéristiques du verbe. Il peut notamment recevoir des compléments du verbe, comme dans les exemples suivants : « des cierges portés par la foule ( complément d’agent ) », « la foule réunie devant les portes ( complément circonstanciel de lieu ).

    En résumé :

    Le participe passé sans auxiliaire s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte :

  • les arbres courbés ( courbés, épithète d’arbres ) ;
  • les arbres paraissaient courbés ( courbés, attribut du sujet arbres ) ;
  • je trouve ces arbres courbés ( courbés, attribut du COD arbres ) ;
  • courbés par le vent, ces arbres sont prêts à tomber ( courbés, apposé à arbres ).

    Le participe passé des verbes pronominaux

    Exemple : « Les deux amies ne s’étaient pas vues depuis plusieurs années. Elles s’étaient souvent envoyé des cartes, souvent parlé au téléphone. Enfin, elles se sont fixé un rendez-vous. »

    Bien que se conjuguant toujours avec l’auxiliaire ETRE, certains verbes pronominaux peuvent avoir un complément d’objet direct ( C.O.D. ) : « elles ne s’étaient pas vues » signifie : « chacune n’avait pas vu l’autre ( COD ) » ; de même, « elle s’est lavée » signifie « elle a lavé elle - même ( COD ) ».

    Dans ce cas, le pronom réfléchi est COD et se trouve devant le participe passé ; on accorde donc le participe passé avec ce COD ( comme si l’auxiliaire était AVOIR ) : « Les deux amies ne s’étaient pas vues ».

    Mais le pronom réfléchi n’est pas toujours COD ! « Elles s’étaient souvent parlé au téléphone » signifie : « elles avaient souvent parlé l’une à l’autre » ( complément d’objet indirect - C.O.I. ) ; « elles se sont fixé un rendez-vous » exprime l’idée que « chacune a fixé un rendez-vous à l’autre ( C.O.S. ) ». Si le pronom réfléchi est COI ou COS, il n’est pas COD : donc le participe passé reste invariable.

    Il se peut aussi, parfois, que le pronom réfléchi ne puisse être analysé, soit parce que le verbe est toujours pronominal et qu’il ne se construit pas autrement, soit parce qu’il prend sous sa forme pronominale un sens très différent de celui qu’il a habituellement. Dans ce cas, on accorde le participe passé avec le sujet. Par exemple : Elles se sont enfuies ( le verbe enfuir n’existe pas tout seul ). Elle s’est aperçue de ... ( le verbe apercevoir existe seul, dans le sens de voir, découvrir, repérer, discerner, distinguer... ; mais le verbe pronominal s’apercevoir signifie : prendre conscience de, se rendre compte que, réaliser que... ).

    En résumé :

  • Si le pronom réfléchi est complément d’objet direct ( COD ), ou s’il n’est pas possible de l’analyser, le participe passé s’accorde avec le sujet.
  • Si le pronom réfléchi est complément d’objet indirect ( COI ), ou bien complément d’objet second ( COS ), le participe passé reste invariable.
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