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Al-Huda Galère de l’espoir de Michel Chapalain

juin 2003

Al-Huda Galère de l’espoir de Michel Chapalain aux

Ce livre est un magnifique roman d’aventures pour les jeunes (et les moins jeunes !) à lire dès la classe de Quatrième. L’écriture nous entraîne avec bonheur dans le rythme rapide et exaltant des aventures d’un jeune garçon attachant. Il s’agit du premier roman de Michel Chapelain, jeune auteur breton dont c’est le premier roman. A étudier en classe ou à offrir à ses enfants, pour un grand plaisir de lecture.

quelques pistes pour une séquence :

  • Entrer dans le récit
  • P. 13-14

    Dès la première page (l’incipit), le lecteur est plongé dans un monde qui lui est étranger : celui de la Méditerranée, à Alger, au XVIème siècle. Le héros est un jeune garçon orphelin qui a une certaine habitude de l’aventure. La première page nous livre une présentation du lieu et du personnage principal. La description est déjà entrée dans l’action romanesque.

    Voici trois pistes d’étude pour élaborer un commentaire de ce texte.

  • Analyse du cadre spatio-temporel

    C’est ce cadre qui permet au lecteur d’entrer dans l’histoire et de laisser son imagination se guider par les mots. Il prépare l’action en donnant les informations essentielles à la compréhension de ce qui va suivre.
    Relever dans les trois premiers paragraphes les indications temporelles et géographiques.
    Quels éléments évoquent la chaleur ? Analyse des adjectifs des deuxième et troisième paragraphes. Quel est le temps dominant ? (Analyse de l’imparfait descriptif)

    Le réveil d’Alger : le réveil de la ville, des habitants et de la nature ne font qu’un. Le personnage se fond lui aussi dans cet équilibre. Le début de la journée correspond au début du roman. Justifier le titre du chapitre « L’enfant des rues d’Alger ».

    Montrez que les détails vestimentaires s’accordent avec le lieu et l’époque. Quel mot est en italique et pour quelle raison ?

  • La présentation du héros

    Montrer que, dès les premières phrases, le jeune garçon est un enfant à part. Pourquoi Abdul n’était-il pas un enfant comme les autres ? Quelles relations entretient-il avec les adultes de la société ?

    Quelle image de la société et de l’école apparaît à la page 14 ? Toutes les conditions sont réunies pour faire d’Abdul un vrai héros d’aventure. Quels traits de son caractère apparaissent dès l’incipit ? Etudier en particulier le thème de la solitude.

  • La place de la religion

    C’est aussi le sujet de l’histoire. L’aventure d’Abdul commencera avec une opposition à la religion de son pays. Ce thème est annoncé dès le début, lorsque le narrateur dépeint les passages éclair d’Abdul à l’école.

  • Le narrateur et le point de vue
  • Le roman est écrit à la troisième personne. Le narrateur est omniscient, il sait tout de son personnage. Ce point de vue lui permet d’être tantôt objectif, tantôt de nous faire découvrir les pensées de son personnage.

    On pourra comparer deux extraits pour mettre en lumière cette notion de point de vue. Lorsque le narrateur observe son personnage et le décrit, on dit qu’il est un narrateur externe.

    Voici un exemple p. 77 : « Le soir suivant il quitta le bord à la tombée de la nuit. Il emportait autour de sa taille un profond sac de corde qui servait à ranger de l’étoupe. Il se faufila jusqu’à la porte de Médéa pour sortir de la ville avant la fermeture. Il devait être à pied d’œuvre au lever du soleil. »

    Le point de vue externe est le plus souvent lié à la description des actions du héros. L’imparfait et le passé simple alternent pour montrer les agissements du personnage. Dans un tel extrait (en choisir un plus long pour le cours), on demandera aux élèves de relever les verbes au passé simple pour mettre en valeur la progression du héros, l’enchaînement de ses actions.

    Lorsque le narrateur pénètre dans l’intériorité de son personnage, dans sa conscience, on parle de point de vue interne. Le lecteur est alors à même d’entrer lui aussi dans la peau du personnage. On trouve de très nombreux exemples de point de vue interne dans Al-Huda Galère de l’espoir. En voici un petit exemple :

    P. 76 : « Abdul sortit à reculons, plus troublé qu’il ne voulait le laisser paraître. Le vieux avait prononcé plus de paroles en une seule minute que pendant toute une année. En sortant, Abdul marmonnait tout haut. Il aurait voulu poser des questions. Il avait besoin de l’avis de l’ancien. Comment son père pouvait-il être vivant ? Il ne lui avait rien laissé, pas même un nom de famille, seulement ce … médaillon qu’il touchait de sa main sous sa chemise. Sa mère nourricière ne savait rien. »

    Les élèves repèreront aisément les pensées du héros dans cet extrait. Il conviendra alors de leur demander quel mot ou quelle expression annonce ces pensées rapportées. Il s’agit ici du verbe « marmonnait tout haut. » le lecteur est alors invité à écouter Abdul, qui ne s’exprime ni en un discours direct ni en indirect. On fera relever les marques du discours qui relèvent du discours direct (exclamation, points de suspension, modalité interrogative, etc.) et celles qui relèvent de l’indirect, pour aborder le discours indirect libre.

    Bien souvent, les deux points de vue ne sont pas aussi tranchés. Le narrateur passant avec aisance de l’un à l’autre. C’est fréquemment le cas dans Al-Huda Galère de l’espoir.

    Exercice de réécriture

    Réécrire l’incipit du roman en employant la première du singulier depuis « Abdul n’était pas un enfant comme les autres. » (p.13) jusqu’à « puisque personne ne venait lui demander des contes sur l’assiduité ou le travail d’Abdul ? » (p. 14)

  • l’étude de la description
  • Observer

    P. 100 : « La première chose que vit le garçon ce matin-là fut la mer plate comme un miroir. Pas un souffle de vent dans la baie. Au loin vers le Nord, l’horizon était souligné de rose. Quelle belle journée pour partir ! Il fallait juste un peu de vent au large. Le bateau était mouillé loin de la côte et aucun écho de la ville ne leur parvenait. Sur le pont, le matou s’étirait de toute la longueur de son corps félin. »

    La lecture suivie de l’œuvre permettra d’interroger les élèves sur la fonction de cette description : qui regarde la mer et pourquoi ? Quelles actions se préparent ? Quel verbe introduit la description ? Ce verbe permet de balayer un paysage du regard et de souligner les impressions de celui qui regarde. On pourra comparer cet extrait avec un autre (p. 125 par exemple, description annonçant un grand moment de tension).

    On analysera la métaphore « la mer plate comme un miroir », sorte de calme avant la tempête, suggérant à la fois l’action à venir et l’état d’esprit du héros. Au calme de la mer, répond celui de la ville. La plénitude est totale. Le chat de l’équipage ajoute au pittoresque de la scène. Il est lui aussi dans une attitude de paix. La description répond parfaitement à sa fonction de pause dans le récit. On fera lire la suite du texte : la contemplation de la mer amène le héros à plonger dans ses pensées

    Composer

    On peut ensuite demander aux élèves de composer une description commençant par le verbe « regarder ». On attendra la présence d’une phrase d’introduction motivant cette description, le choix d’un point de vue (préciser qui voit le paysage décrit), et un vocabulaire riche et précis. L’emploi de comparaison, comme dans l’extrait, sera le bienvenu.

    Prolongement

    De nombreux passages descriptifs pourront être choisis par l’enseignant. On demandera alors aux élèves de préciser qui décrit, pourquoi (rôle de la description dans le récit), et d’identifier le champ lexical dominant : quel est l’effet produit par cette description ?.
    Qu’est-ce qui justifie, dans le texte, la présence d’une description (découverte d’un nouveau lieu, personnage, etc.) ? Comment est-elle organiser ? Qui voit ?