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Alain Gerbault, l’homme pressé

Eléments de biographie

lundi 7 mars 2005

Alain Gerbault (1893-1941) est un homme dont l’existence brillante et exaltante se place sous les signes du courage et de l’ Aventure. Aventure avec un grand A car cela était encore possible au début du siècle dernier.
Cet article se propose de donner un aperçu de sa vie et de son œuvre et de donner envie au lecteur d’en savoir plus en lisant un de ses ouvrages.

Issu d’une famille bretonne aisée, A Gerbault devient ingénieur des Ponts lorsque la guerre de 14-18 interrompt brutalement cette existence calme et bourgeoise ; Il devient pilote de chasse et héros de guerre. Pilote débutant en 14, il devient vite un as et chaque vol constitue un exploit personnel puisqu’il abattra plus de 20 avions ennemis. Ces sensations fortes sont elles à l’origine de sa future vie de navigateur et de sa soif d’aventures qui le conduiront a effectuer son tour du monde en solitaire sur un petit cotre nommé ’Firecrest’ ? Probablement oui, car il affirme lorsque la paix s’installe à nouveau sur l’Europe : ’Jamais je ne pourrai avoir une existence sédentaire après avoir connu les émotions inoubliables de la chasse’.

Dans l’entre-deux guerre, A. Gerbault vit à Nice et devient champion de tennis , il mène alors une existence oisive de sports et de plaisir . Mais en 1921, il décide brusquement de changer de vie et décide de devenir navigateur. Il achète donc un petit cotre , le ’Firecrest’ et deux ans plus tard en 1923, il s’embarque seul pour effectuer sa première traversée de l’Atlantique. Gagné le virus du grand large , il poursuit son équipée à travers le Pacifique , s’attarde longuement en Polynésie et revient en France en 1929 après un Tour du Monde en solitaire qui fera de lui une véritable star de l’Epoque. Il part de Cannes et rejoint New York en plus de 100 jours. Performance bien modeste comparée aux records actuels détenus par les meilleurs équipages en trimaran …

Les performances maritimes d’A Gerbault resteront d’ailleurs toujours peu convaincantes mais ce qui compte n’est pas cela, mais bien plutôt ses longs périples , cette existence libres et sa fascination pour l’archipel Polynésien qu’il s’acharnera à vouloir aider et à se protéger des agressions du Monde moderne.
Au cours de son odyssée polynésienne, A. G. papillonne d’île en île, toujours accueilli comme un prince. Le caractère solitaire de cette navigation est atténué par de nombreuses escales où A Gerbault renoue le contact avec la vie sociale - elle n’a donc rien de comparable avec les courses de "formule 1" auxquelles nous assistons aujourd’hui qui permettent de boucler un tour du monde en moins de 3 mois. . Sur chacune des îles polynésiennes pour lesquelles il s’est pris de passion, il s’emploie au développement des îliens en promouvant le sport notamment le football par la construction de stades.

Ses principaux ouvrages :
-  Seul à travers l’Atlantique
-  A la poursuite du soleil
-  Sur la route du Retour
-  Iles de Beauté

Sont à la fois des journaux de bord ou le navigateur nous livre ses aventures maritimes souvent riches en évènements, parfois en déboires et en accidents : le ’Firecrest’ s’échoue sur l’ile d’Uvea après avoir essut=yé une forte tempête dans le lagon des iles Wallis. Mais l’effort et l’extrême détermination du marin sont toujours présents et c’est avec une certaine philosophie qu’il sourit de ces ennuis qu’il finit toujours par surmonter.

Les séjours dans ses îles pas toujours paradisiaques sont également relatés, mais sans trop d’orientation ethnographique, ce qui laisse place à un récit vivant peuplé d’étonnantes et riches rencontres.
Gerbault est persuadé d’une certaine forme de supériorité des indigènes sur les peuples européens qui dit il ne savent pas profiter simplement de l’existence et dont les vices corrompent peut à peu les iliens. Cette orientation Rousseauiste est peut être discutable, mais en tout cas la fidélité de cet aventurier à ces idées et surtout sa capacité à réaliser ses rêves méritent le respect.

Les ouvrages ci-dessus, véritables ’Invitation au voyage’, constituent le cœur de son œuvre littéraire et retrace la période la plus glorieuse de son existence d’aventurier.

En effet, fa fin de la vie d’AG est un peu triste puisqu’il décède à 48 ans pendant la guerre après avoir erré dans le Pacifique ayant peu à peu perdu ses relations et ses points de chute. Lors de son long périple des années 20, il avait abandonné progressivement la civilisation et ses tentatives pour revivre en Europe se soldèrent par des échecs.

Messages

  • Très intéressant article. Capitaine au Long Cours, j’ai fait 3 tours du monde dans le même sens que lui àbord d’un cargo. J’étais Lieutenant àl’époque et durant mes intermibables quarts de nuit dans cet immense espace vide, après avoir pensé àma famille j’ai souvent pensé àlui.
    J’ai même jeté plusieurs bouteilles àla mer avec la position de départ. Hélas je n’ai eu jusqu’àprésent aucune nouvelles.
    En tous les cas encore bravo pour votre article.

    Voir en ligne : Décoration de Michel MORIN PRESIDENT DES CLC

  • Une petite précision : Alain Gerbault a écrit un ultime livre qui est un cri d’alarme, un cri de désespoir sur la situation de ses amis polynésiens dans les années 30. "L’évangile du soleil" devait s’appeler "Sous la civilisation blanche sans merci". Heureusement leur situation est tout autre actuellement ; on peut regretter que le tourisme envahisse progressivement ces lieux du pacifique sud tant aimé par Gauguin et Brel. A lire et relire.