Accueil > Collège & lycée > Le Français en Seconde > Théatre : Le Jeu de la Feuillée > Arras dans le Jeu de la Feuillée

Arras dans le Jeu de la Feuillée

2003

Au XIIIe siècle, Arras était une ville très importante tant sur le plan économique que culturel, en particulier dans la seconde moitié du siècle. Elle tire sa prospérité du commerce du drap et de l’argent, malgré les condamnations de l’Eglise. Arras produisait des étoffes et des tapisseries célèbres dans toute l’Europe.

Le pouvoir est entre les mains d’une riche oligarchie marchande qui se réduit à quelques familles. Certains noms de ces familles figurent dans le Jeu de la Feuillée : Les Pouchins, les Wagon, les Lion sont de grands négociants qui règnent sur la ville. Beaucoup d’entre eux étaient « clercs », c’est-à-dire qu’ils appartenaient à l’Eglise, même à des ordres mineurs. Adam veut être clerc, mais au sens étroit de ce terme : clerc d’école, instruit, étudiant. Il y a dans la pièce un jeu sur mot : les bourgeois d’Arras étaient clercs, mais sans la moindre préoccupation intellectuelle ! Être clercs leur procurait des privilèges, mais cela pouvait être gênant pour certaines activités considérées comme incompatibles avec la clergie. Ainsi par exemple, on ne pouvait pas être clerc et tavernier ; un clerc veuf n’avait pas le droit de se remarier ; un clerc célibataire ne pouvait pas épouser une veuve. Un veuf se remariant était considéré comme bigame. Cette question agitait beaucoup Arras au XIIIème siècle. Les Papes fulminaient contre les clercs bigames.

Arras est donc au centre de la pièce : la pièce se joue dans cette ville, les personnages en sont les habitants, et ils parlent entre eux d’autres habitants d’Arras qui sont dans le public. Il y a un reflet évident entre la salle et la scène qui se traduit, dans la mise en scène de Jacques Rebotier, par l’éclairage de la salle à certains moments.