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Classe découverte de Laurent Audouin

2007

Publié par Bayard Editions Jeunesse en 2007.

Etude proposée par Maryline Grzesiak, professeur des écoles (PE2) à l’IUFM.

Synopsis

- Un récit de voyage.

Mathilde, élève de CE1, raconte sa première classe découverte à la montagne.
Dans cette fiction, l’auteur a choisi Mathilde comme narratrice. Le point de vue adopté est exclusivement celui de Mathilde, la subjectivité du narrateur est explicite.
Le récit est structuré : les randonnées dans la montagne sont encadrées par les récits de la vie au gîte, eux-mêmes enchâssés entre les phases de départ et de retour.
Les indications des jours et des heures rythment la narration.

- Une œuvre originale :

La mise en page est particulièrement originale : l’illustration est légendée par des phrases rapportées au style direct ou des commentaires. Le texte est, quant à lui, habité par des dessins, légendés à l’instar de la page d’illustration, et par des extraits de carnet de voyage ainsi que des photographies d’objets (étiquette de valise, carte de France, chips, panneau routier, pichet, rond de serviette, végétaux, tube de crème). Chaque ligne du texte est centrée sur la page.

La seconde originalité de cet album réside dans la variété des graphies : lettres d’imprimerie avec des mots en lettres capitales et écriture manuscrite dont certaines parties sont soulignées de rouge. Ces indications sont telles des didascalies, elles guident le lecteur.

- Un album riche :

Narration,description et discours rapportés avec une variété de modes de discours (style direct et indirect libre), alternent.
Les temps et les modes des verbes sont variés : indicatifs (présent, futur, passé composé) mais aussi conditionnel (présent et passé), subjonctif (présent) et impératif (présent).

Pour renforcer la structure du texte, l’auteur joue avec les adverbes et locutions adverbiales de temps : « aujourd’hui », « pour l’instant », « hier », « demain » et « plus tard ».

Il joue également avec des figures de style comme les comparaisons.

Les anecdotes nombreuses obligent à une lecture à plusieurs niveaux.

- Un album attrayant pour les élèves :

Le ton est très vivant, la syntaxe est parfois celle de la langue orale. Le récit est réaliste, ses accents sont authentiques. Tout concourt ainsi à produire un effet de réel : l’écriture libre, le vocabulaire, les personnages campés, les situations ordinaires, les nombreux détails importants pour les enfants qui appartiennent à leur univers familier. Le jeune lecteur sourit (le petit frère et son doudou, les repas, les animaux rencontrés), il frémit (le vomi, le coup de soleil, la pluie, la blessure avec le sang). Le lecteur peut facilement s’identifier aux personnages. Toutes les phases de la vie en collectivité trouvent leur place. Les élèves attendent avec impatience la suite des péripéties !

Pistes pédagogiques :

  • Ecrire la légende d’une illustration en CE1

    - 1e séance : dans le coin bibliothèque (30 min)
    Lors de l’étude de la première de couverture (lecture du titre, explication par les enfants « C’est quand on part »), l’enseignant reformule les hypothèses des élèves. Par l’observation de l’illustration, les enfants devinent qu’il s’agit de montagne, mais un élève émet l’hypothèse qu’ils vont faire du ski.

    Puis le maître lit la première moitié de l’album (l’album comprend 52 pages). Dans cette partie, il s’agit du départ, du trajet et de l’installation au gîte. Dans la seconde partie de l’ouvrage, Mathilde nous conte les randonnées dans la montagne, la vie au gîte et le départ.

    L’enseignant lit puis montre l’illustration. Ainsi les enfants s’imprègnent du style original de Laurent Audouin avant de rechercher les éléments qui les ont marqués (comme le doudou du petit frère) dans le dessin dans le dessin. Lorsque la compréhension d’un mot gêne le groupe, l’enseignant demande si l’un d’eux peut expliquer le sens du mot. Un élève anglo-saxon explique le mot « gîte », l’enseignant reformule. Pour « polochon », même avec les illustrations, l’enseignant finit par délivrer la signification du mot. Pour « primo », « secundo », même avec le contexte, les élèves ont également besoin de l’aide de l’enseignant.

    - 2e séance : dans le coin bibliothèque (45 min)
    L’enseignant réactive les souvenirs des élèves : Quel est le prénom de la petite fille qui raconte ? A quoi la reconnaît-on sur les illustrations ? L’un d’eux se souvient du prénom.

    Pour la seconde partie de l’ouvrage, l’enseignant montre d’abord l’image et demande aux élèves d’imaginer la suite du récit. Les enfants émettent des hypothèses. Puis le maître lit le texte de l’auteur pour vérifier les propositions des élèves.

    Page 16, il s’agit de la cantine, une situation que les enfants connaissent presque tous et qui est récente (l’atelier lecture ayant lieu en début d’après-midi). L’enseignant a caché la légende de l’auteur et demande aux élèves de la retrouver. Les enfants reconnaissent la cantine.

    Deux propositions :

    au style direct : « C’est des crêpes ! Moi ! Moi ! J’en veux ! »
    et au style indirect : qu’ils lèvent le doigt s’ils en veulent.

    - 3e séance : dans le coin bibliothèque puis en classe (45 min)
    Demander aux enfants de mettre dans l’ordre les étapes du récit et de situer la découverte du dortoir.

    L’enseignant cache le texte de la page 18 puis relit le texte correspondant (page 19). La classe identifie Olivia sur le dessin et définit son caractère. Ensuite, le maître montre longuement l’illustration de la page 18 aux élèves en leur demandant de regarder tous les indices. Les enfants décrivent la scène et imaginent la légende de cette page (Qui parle ? Où sont les enfants ? Que peut dire Olivia ?).
    Les élèves dictent leurs phrases à l’adulte qui écrit au tableau. Puis chaque élève choisit la phrase qui semble le mieux convenir à l’illustration (après argumentation) et l’écrit sur son cahier de brouillon puis sur le cahier du jour.

    Exemples de production d’élèves de la moins guidée à la plus guidée :

    « Aujourd’hui, je suis la première au dortoir ! »
    « C’est moi la première, tralalalala ! »
    « C’est moi la reine de la montagne, tralalalala ! »
    « Je suis arrivée la première. »
    « J’ai déjà vu les lits. »
    « Il est cool le dortoir. »
    « Je sens que je vais dormir. »
    « Y a des lits superposés. »

    Enfin, l’enseignant révèle la phrase de l’auteur aux élèves impatients.

  • Autres pistes

    Pour approfondir la compréhension :

    Définir les types de personnages comme la maman qui donne beaucoup de conseils, le petit frère qui admire sa grande sœur ou encore les enfants qui chahutent.

    Définir les grandes étapes du séjour et placer les évènements dans l’ordre chronologique (Cycle 3).

    Conjugaison : L’enseignant peut travailler sur la variété des temps : essentiellement présent, futur, passé composé.

    Pour produire des écrits :

    Ecrire le texte d’une page du carnet d’Olivia pour une page de texte qui n’en a pas.

    Etudier les caractéristiques de ce récit et inventer le récit d’un séjour de classe découverte à la mer ou produire le récit du voyage de la classe.

    Inventer une randonnée supplémentaire.

    Inventer la suite (Cycle 3) : Lire la première partie du récit, étudier le style de l’auteur et inventer une suite avant de découvrir celle de l’auteur.

    Faire le résumé (Cycle 3).

    Ecrire le récit du point de vue du petit frère (Cycle 3).

  • Transversalité

    Découvrir le monde : Dans le cadre « de l’espace familier aux espaces lointains » (Cycle 2), localiser les lieux géographiques (montagnes, cols), définir leurs caractéristiques d’après le récit (dénivellation).

    Découvrir le monde : Dans le cadre « le temps qui passe » (Cycle 2), réaliser la frise chronologique en utilisant les jours et les heures pour placer les principaux épisodes.

    Arts visuels :
    Ecrire sur des objets (ardoise, galets).

    Travailler sur les couleurs et ce qu’elles évoquent (pour la montagne, l’auteur et l’illustratrice ont choisi de l’ocre, du vert, du marron et du bleu).

    Quatrième de couverture :

    Les Pyrénées ! C’est là-bas que je pars, avec mon école, en classe découverte. C’est mon premier voyage sans mes parents ! La bonne nouvelle, c’est que je vais bien m’amuser avec mes copines, pendant une semaine ! La mauvaise nouvelle, c’est que Pierre, mon pot-de-colle de frère nous accompagne ! Pff…
    Mathilde reprend son journal de bord et te fait partager son drôle de séjour à la montagne… Un grand bol d’air… et de rires !

    Avec la complicité de Fanny Joly pour les textes !

    En bref, Classe découverte est un album original et d’une grande richesse à découvrir absolument.

  • Messages

    • bonjour,je suis laurent Audouin, /illustrateur. je viens de découvrir avec surprise et grande émotion et admiration le travail que vous avez effectué sur mon album "classe découverte". je trouve votre travail très attractif et intéressant ; j’y découvre une continuité au travail que j’ai voulu réalisé ! Je suis ravai que cet album vous ai plu...et pour tout vous dire, il a été réalisé de façon extrèmement sincère, puisque j’ai accompagné durant une semaine une école en classe àla montagne et que tout ce que vous avez pu lire s’est réellement passé. merci encore, amitiés, au plaisir de vous lire, laurent audouin

      • au fait, juste pour info, l’album précédent (puisque classe découverte s’inscrit dans une série ou mathilde et Pierre grandissent d’un an d’un épisode àl’autre) s’appelle "vacances àEtretat"(bayard) et la suite que je prépare actuellement (pour une sortie fin 2008 s’appellera "classe àParis" et raconte les moments vécus par les enfants lors de leur voyage de fin d’année.