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Et si on inventait des nombres ?

Par Gianni Rodari, traduit de l’italien par Elisabeth Duval. Illustré par Alessandro Sanna.

2007

Analyse proposée par Arnaud BRION.

L’histoire :

Une conversation entre un adulte et une enfant. Ils vont inventer des chiffres, jouer avec les mots et jongler avec l’imaginaire.
Grâce au travail remarquable d’Elisabeth Duval, le passage de l’italien au français ne dénature à aucun moment la poésie virvoltante de Rodari. Quant aux illustrations, le trait ample et aérien d’Alessandro Sanna laisse beaucoup de liberté au texte : ici la poésie se fait couleur.
Le ton est donné d’entrée, c’est drôle avant tout, émouvant parfois… quand l’enfant interroge l’adulte sur le poids d’une larme.
On qualifie souvent Gianni Rodari de « pédagogue de la créativité ». Dans Grammaire de l’imagination : introduction à l’art d’inventer des histoires, il donne des pistes à toutes les personnes qui s’intéressent aux processus de l’imagination.
On a l’impression, à la lecture de Et si on inventait des nombres ? que l’imaginaire dans lequel nous plonge Rodari est infini et toujours nouveau. On découvrira autant de choses nouvelles dans sa poésie qu’on procédera à des relectures du texte. Chaque relecture se transforme en nouvelle découverte tant les mots, magiquement agencés par Rodari, sont source de plaisir intense pour le lecteur. On a plaisir à relire le texte pour soi, on a plaisir à offrir la lecture de ce texte à son entourage. Les mots de Rodari savent se faire mélodie au creux de notre oreille, ces petites mélodies qui donnent envie de sourire à tout le monde et qui nous font passer une bonne journée.

Exploitation pédagogique : L’objectif est de faire sentir la dimension poétique du texte.

Le texte prend toute sa dimension lorsqu’il est oralisé, l’enseignant peut, à loisir, jouer sur les liaisons et théâtraliser sa lecture.
L’album ne doit pas poser de problème de compréhension à des élèves de CE1. L’identification des deux protagonistes ainsi que la situation d’énonciation est facilitée par les illustrations. Pourtant l’utilisation de pseudo-mots par licence poétique peut dérouter les jeunes lecteurs.

Quelques activités à envisager :

- L’enseignant propose aux enfants l’extrait suivant :
« -Alors inventons d’autres chiffres pour la terminer.
Toi d’abord :
Indien, devinette, tricycle, caramel, cinglé, sirène, setter irlandais, huître, nèfle, c’est étroit ».
La consigne est de relever tous les nombres qu’ils entendent dans l’extrait. On s’attend à ce qu’ils relèvent le « un » de « indien », le « deux » de devinette, mais ils passeront certainement à côté du « sept et trois » de « c’est étroit ».
L’enseignant propose la lecture suivante :
« Un dix un, deux vinette, tri six cle, quatre ramel, cinq lé, six rène, sept er irlandais, huit re, neuf le, sept et trois » pour faire sentir aux enfants comment le poète joue avec la langue écrite.

- Pour continuer à jouer avec la langue, on peut envisager un travail sur les pseudo-mots.
L’enseignant écrit au tableau « trimilliard », « fourmilliard », « multibilliard », « quatrillion ».
La consigne est de repérer les mots qu’ils connaissent dans ces pseudo-mots.
On s’attend à ce qu’ils repèrent « milliard » dans « trimilliard ».
« fourmilliard » sera découpé en « four » et « milliard », certainement moins facilement en « fourmi » et « lliard ».
On s’attend à ce que les élèves repèrent « quatre » dans « quatrillion ».
Après cette première phase de découpage des mots, on annonce aux enfants, qu’eux aussi, ils vont inventer leurs propres mots.
Pour cela, on va utiliser quelques objets du quotidien présents dans les illustrations de l’album : un verre, une pomme, une bouteille, une cafetière, une chaussure.
Les enfants sont répartis par groupe autour d’un objet et doivent trouver des mots pour décrire leur objet. On s’attend à ce que les élèves utilisent des adjectifs qualificatifs.
Penser à demander comment on pourrait découper les mots. Le découpage proposé par les élèves sera certainement syllabique, ainsi « chaussure » sera découpé en « chau-ssure ».
Au tableau on écrit sous chaque mot découpé les qualificatifs trouvés par chaque groupe d’évèles.
Pour chaussure, les élèves pourront avoir trouvé « molle, rouge, vieille, grande... »
On leur propose d’assembler leur pseudo-mots de la manière suivante :
« chau-ssure » et « rouge » par exemple pourra donner « chaurougessure ».
On pensera à indiquer aux élèves qu’ils peuvent insérer l’adjectif au début, à la fin ou dans le mot.
Le travail de recherche des pseudo-mots s’effectue en groupe. Tous les pseudo-mots inventés seront ensuite écrits au tableau.

- On pourra enfin proposer aux élèves de créer leur propre dictionnaire. Cette activité sera menée parallèlement à l’étude de l’utilisation du dictionnaire. On mobilisera ainsi la connaissance de l’ordre alphabétique chez des élèves de CE1.
Pour chaque mot inventé, les élèves essayent de proposer une définition poétique.
Après avoir étudié la mise en page d’un dictionnaire, les élèves réalisent leur dictionnaire en utilisant un logiciel de traitement de texte.

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