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Etude du Prologue d’Oedipe Roi de SOPHOCLE

mercredi 5 mars 2003

Sophocle : Œdipe Roi

Les références renvoient à l’édition du Livre de Poche.

Etude du prologue

Questions de préparations :

1)Comment l’atmosphère qui règne dans la ville est-elle suggérée ?
2)Que symbolise-t-elle ?
3)Œdipe et sa fonction de Roi : Comment sa fonction apparaît-elle ?
4)A quoi servent les récits rétrospectifs ?
5)Quel rôle joue Créon dans cette scène ?

Notes pour un commentaire :

L’entrée en scène :

Œdipe roi de Corinthe s’adresse à ses sujets sur un ton paternel : « Mes enfants » dit-il à deux reprises. Sa première réplique est fortement ancrée dans la situation d’énonciation : temps, lieu, références aux différents interlocuteurs : on soulignera la théâtralité de ce passage. Par exemple, il désigne ses interlocuteurs en insistant sur leur attitude suppliante : « figés devant moi, avec des rameaux suppliants pour couronner votre geste, tandis que la ville est pleine de fumée d’encens, pleine de litanies et de supplications. » : La prise de parole d’Œdipe se justifie par une situation exceptionnelle : la peste qui accable la cité. Il souligne ce caractère exceptionnel : « Voyez : je viens en personne, moi, dont la gloire et le nom sont dans toutes les bouches, Œdipe ! »

Le caractère dramatique de l’événement - dramatique au sens théâtral, qui engage l’action de la pièce- est à analyser :

- Il entraîne la venue d’Œdipe et des autres personnages sur la scène : le prêtre, les suppliants, Créon.

- La peste fait l’objet de périphrases diverses et de métaphores, elle est au centre du discours ; exemples : « la rafale d’un ouragan », « ce roulis sanglant », « la mort », « une peste atroce qui fait de Thèbes un désert »,

Présentation du personnage d’Œdipe :

Il se décrit lui-même comme puissant et paternel-père de la cité. Cette idée est confirmée dans les paroles du Prêtre :

- « nous nous agenouillons devant ton foyer » : accentuer la grandeur d’Œdipe ne rendra sa chute que plus terrible et plus marquante encore pour le spectateur.

- « nous voyons en toi un homme qui n’a pas son égal ici-bas dans les passes difficiles de la vie, et pour désarmer les puissances surnaturelles. » : cette phrase ouvre le récit que fera le Prêtre des prodiges accompli par Œdipe pour sauver le cité. Cette longue réplique remplit les fonctions de ce que le théâtre du XVIIème siècle appelle la scène d’exposition. Elle donne les informations nécessaires à la compréhension de la pièce. Mais surtout, elle chante les louanges d’un personnage glorieux voué à la plus grance déchéance.

- « Eh bien, aujourd’hui encore, Œdipe, ô toi qui impose à tous le visage de ta supériorité, regarde, nous nous tournons vers toi, nous te supplions tous de nous trouver un recours. (…) Ô toi dont les vertus sont sans égales ici-bas, va, redresse la cité ! Va, ne t’endors pas ! (…) Relève la cité, assure à jamais son avenir ! » On remarquera que la tirade du prêtre utilise tous les ressorts de la rhétorique pour convaincre son interlocuteur, en même temps qu’il réaffirme sa fonction de roi : interrogations rhétorique, prise à partie, interjections, rappel des événements antérieurs, projection dans le futur, modalité jussive-les impératifs, louanges, …

La notion de mal

Elle est introduite par Œdipe, dans une phrase qui n’est pas sans ironie tragique, puisqu’il est lui-même porteur de ce mal : « Oui, le mal est sur vous tous, je le sais : et ce mal me fait mal plus qu’à nul d’entre vous. »

Un remède ?

Il viendra du Dieu Apollon. Il justifie l’entrée en scène de Créon.