Accueil > Collège & lycée > Le français en Première > Convaincre, persuader, délibérer > La rhétorique > Extrait du livre premier de la Rhétorique d’Aristote

Extrait du livre premier de la Rhétorique d’Aristote

novembre 2002

Extrait du livre premier de la Rhétorique d’Aristote

L’édition de référence est celle du Livre de Poche. Traduction de Patricia Vanhemelryck.

La méthode en matière de rhétorique repose évidemment sur les preuves. La preuve est une démonstration - car si nous admettons une preuve, c’est surtout lorsque nous supposons qu’il y a eu démonstration-. D’autre part, la démonstration oratoire c’est l’enthymème, qui est en résumé, la preuve par excellence ; or l’enthymème est une sorte de syllogisme, et il appartient tout aussi bien à la dialectique, prise dans son ensemble ou dans quelqu’une de ses parties, d’examiner tout ce qui se rattache au syllogisme. Il ressort de tout cela que celui qui pourra le mieux approfondir l’origine de la construction du syllogisme sera le plus capable de faire des enthymèmes, surtout s’il sait, de plus, sur quels objets portent les enthymèmes et en quoi ils duffèrent des syllogismes logiques.

En effet, la considération du vrai et celle du vraisemblable dépend d’une seule et même faculté et, en même temps, les hommes sont naturellement aptes à recevoir une notion suffisante de la vérité ; la plupart du temps ils réussissent à la saisir.

Aussi, à l’homme en état de discerner sûrement le plausible, il appartient également de reconnaître la vérité.

Ainsi donc donc, on vient de voir que les autres rhéteurs traitent de la matière sans avoir égard à la cause et tendent plutôt à dévier vers le genre judiciaire.