Accueil > Petits Lecteurs > Collection "Les petits Gautier" > Fleur d’Eau de Marcelino TRUONG

Fleur d’Eau de Marcelino TRUONG

2007

Publié aux éditions Gautier Languereau en 2007.

Étude proposée par Melle Marie-Pierre LANDIER

Présentation de l’album :

Fleur d’Eau ! Ce titre évoque la nature et la douceur. Fleur d’Eau raconte la vie d’une jeune fille, Reflet de Lune et de son compagnon qui ne parviennent pas à avoir d’enfant. En manque d’affection, ils s’attachent à un mainate nommé Glouglou.
Ce personnage est rendu sympathique par sa fraicheur. Il y a en effet un contraste frappant entre l’attitude de l’oiseau qui s’apparente à un enfant et le sérieux des autres personnages à son égard. Glouglou joue le rôle de l’enfant tant désiré par la famille vietnamienne.
Dans cet album, on retrouve toutes les facettes du conte traditionnel oriental avec, tout d’abord, des personnages aux prénoms fortement connotés dans l’imaginaire occidental et rappelant l’importance de la Nature pour ces civilisations : Reflet de Lune, Océan, Mme Prune, Fleur d’Eau, La Dame Céleste.

De plus, l’idée du conte est renforcée par la structure du texte et notamment la fin heureuse de l’histoire :
« Et à compter de ce jour, Fleur d’Eau, grand-mère Prune, Reflet de Lune, Océan et Glouglou vécurent heureux au milieu des lampions et des lanternes. »
Finalement le désir d’enfant est assouvi.

On y retrouve aussi l’universel antagonisme entre les gentils et les méchants lorsque l’oiseau est volé ; ce qui permet de donner des repères aux jeunes lecteurs et facilite la compréhension de la structure du conte.

Par ailluers, c’est un livre qui comporte un vocabulaire riche, mais utilise aussi un registre de langue plus lâche lorsque c’est l’oiseau qui parle : « Sac de Nouille, Grosse Patate !! ».
Cela amuse beaucoup les élèves ! Et rend la lecture vivante.

Si le texte parait aussi parfois dense et difficile à saisir pour des enfants de cycle 2 au niveau du lexique employé (celui du champs lexical de l’Asie avec des termes comme palanche, jonque, pagode, sampan...), les illustrations, cependant, en facilitent la compréhension. Ainsi, les élèves s’appuyeront sur les images de l’album et en retireront des indices favorisant la découverte de mots nouveaux. Il y a d’ailleurs un souci du détail omniprésent avec une palette de couleurs vives à chaque page. Ces illustrations font penser à des tableaux et occupent toute la page. Les écrits se fondent dans les images. la mise en page est très poétique.

On pourra retenir que Fleur d’Eau est une hymne à l’amour et cela transparaît dans l’esthétique de l’ouvrage.

PISTES PEDAGOGIQUES

Fleur d’Eau est un album que l’on peut proposer à des élèves de cycle 2. En ce qui me concerne, j’ai testé ce livre avec des CP en début d’année scolaire. L’objectif final était de réaliser une production d’écrit en dictée à l’adulte.

Pour entrer dans l’album, on peut dans un premier temps faire observer la page de couverture et demander aux élèves ce qu’ils voient. A ce moment, les élèves sont capables de formuler des hypothèses sur l’origine, le pays de l’héroïne de l’histoire.

Ce travail se fait en classe entière. C’est un moment de discussion. S’ils ne devinent pas, au lieu de donner la réponse, on peut montrer la première double illustration. Il y a des indices tels que les toits des maisons, les chapeaux chinois…
Dès cette première approche, on peut déjà glisser des termes spécifiques au pays asiatique : palanche, jonque, sampan, pagode…
Ma première séance s’est déroulée en deux temps : au départ, je n’ai montré que les illustrations puis l’après-midi, j’ai demandé aux élèves : « à votre avis, de quoi parle cette histoire ? ».
J’ai ensuite fait une lecture globale de l’œuvre.
Il faudra bien sûr travailler la compréhension de l’histoire tout au long de la séquence (dont la finalité est la production d’un écrit).
Avant de commencer une véritable dictée à l’adulte, faire un travail préalable sur les illustrations de l’histoire.
Cela nécessite d’agrandir en format A3 certaines ilustrations de l’histoire représentant les moments forts du récit (ou alors travaillé en petits groupes, ou mieux, avoir plusieurs exemplaires de Fleur d’eau dans la classe) : situation initiale, présentation des personnages, élément perturbateur, situation finale.
Ces agrandissement, je les expose devant les enfants et je leur demande de trouver la première image : par quoi commence l’histoire ?
On donnera pour chaque illustration un titre en le justifiant.

Ce travail sera repris en individuel avec pour consigne de remettre les étiquettes-illustration dans l’ordre de l’histoire.

Une autre possibilité avec cet album serait de faire travailler les enfants sur le non-dit de l’histoire. Ainsi, on pourrait demander aux élèves d’imaginer ce qui a pu se passer entre le moment où Glouglou s’est fait enlever et le temps où Reflet de Lune le retrouve chez le marchand. Cette étape se ferait sous forme de dictée à l’adulte avec un relevé des idées des enfants au tableau.

On peut également faire un travail sur les illustrations : il y a différentes tailles et certaines sont encadrées. Pourquoi ? Quels épisodes de l’histoire mettent-elles en valeur ?

Afin de renforcer la compréhension, il serait intéressant d’effectuer une lecture en réseau sur le thème de l’Asie.

Quatrième de couverture

Il y avait autrefois, en pays d’Annam, la modeste échoppe d’une famille d’artisans qui confectionnaient depuis toujours des lampions multicolores. Océan, son épouse Reflet de Lune et la mère de celle-ci, Mme Prune, vivaient en bonne harmonie.
Mais il y avait tout de même un nuage dans leur ciel : Reflet de Lune et Océan restaient sans enfants…

Les thèmes traités : espoir d’enfant. Viêt-Nam