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François Villon

2004

François de Montcorbier, ou des Loges, est né à Paris en 1431, dans une famille pauvre. Très tôt orphelin de père, il fut présenté à Guillaume de Villon, chapelain à l’église Saint-Benoît le Bétourné, qui se chargea de sa première éducation et lui donna son nom : le poète survit sous ce pseudonyme. Inscrit vers 1444 à la faculté des arts, il fut reçu, en mars 1449, bachelier ; au cours de l’année 1452, il devint successivement licencié et maître ès arts. Il reçut donc la formation de tous les étudiants de son temps ; il pouvait, en outre, prétendre à un bénéfice ecclésiastique, dont il n’eut en fait que l’expectative. Mais l’université a été pour lui l’occasion de mauvaises rencontres qui l’entraînèrent dans un cycle de violences dont il sortit brisé et déchu.

Avec ses camarades de faculté, il se livre d’abord à des plaisanteries anodines, hantant tavernes et maisons closes, travaillant par intermittence, écrivant son roman picaresque du Pet-au-Diable. Le 15 juin 1453, il se prend de querelle avec un prêtre, Philippe Sermoise, qu’il tue : il s’enfuit, mais obtient des lettres de pardon qui lui permettent de rentrer à Paris et de commettre, avec des complices, au collège de Navarre, le soir de Noël 1456, un vol avec escalade, effraction et usage de fausses clés. Il n’est dénoncé qu’en mai 1457, mais il s’est déjà éloigné après avoir composé, dans les derniers jours de 1456 Le Lais.

Ces méfaits perpétrés, Villon erre sur les chemins de France de 1456 à 1461. Tantôt il court les routes, affilié à une bande de malfaiteurs, les compagnons de la Coquille, dont il apprend la langue, comme en témoignent les ballades en argot, tantôt il croupit dans un cachot enferré, au pain et à l’eau, attendant la mort ; ainsi à Meug-sur-Loire, pendant l’été de 1461. Louis XI le délivre le 20 octobre 1461. Caché dans la banlieue de Paris, il met au point, à la fin de 1461, et dans les premiers mois de 1462, son œuvre majeure : Le Testament, insérant des pièces déjà vieillies de plusieurs années, en composant d’autres et les reliant entre elles.

Revenu au quartier latin, il se retrouvera en prison en novembre 1462 pour un vol d’abord, pour une rixe ensuite dont il n’avait été que le spectateur ; néanmoins, pour cette faute vénielle, il fut condamné à être pendu. Le parlement cassa, en janvier 1463, cette trop dure sentence, mais le bannit pour 10 ans de Paris. Dès lors il disparaît dans la nuit ; on ne connaît ni le lieu ni la date de sa mort.

Jean Dufournet, in Histoire littéraire de la France T. I p.291-92