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George Clooney part en vadrouille !

vendredi 25 avril 2014

The Monuments men, nouveau film de George Clooney, évoque le trafic des œuvres d’art organisé par les nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. Inspiré de faits réels à travers le livre du même nom, écrit par Robert M Edsel, Monuments Men est le cinquième film de l’acteur-réalisateur. Ce film relate l’aventure de six passionnés et professionnels de l’art au milieu du champ de bataille, envoyés à travers l’Europe pour sauver monuments et œuvres d’art, parfois au péril de leur vie. Clooney avait donc de la matière pour montrer les Américains au service du patrimoine artistique mondial. Un sujet nouveau, bien que déjà adapté au cinéma il y a quelques dizaines années dans Le Train de John Frankenheimer. Cependant, Clooney rate son tir et manque terriblement sa cible.

Pour un film tiré de faits réels, il est bien dédramatisé, voire trop. Peut-être que ce produit du 7ème art fait part de la vision américaine de la guerre, passant certains éléments à la légère. Les nombreuses victimes, les villes dévastées sont considérées comme moins importantes que les tableaux des grands maîtres. Alors que la Seconde Guerre Mondiale est encore un événement traumatisant en Europe, George Clooney nous amène à la réflexion de la valeur des œuvres d’art face à la valeur des vies humaines. L’histoire est-elle plus importante que la population ? C’est en tout cas sur ce sujet que le réalisateur va maladroitement cogiter, en façonnant un film à la gloire de l’armée américaine volant au secours de l’Europe, sous un aspect balourd.

Y a-t-il un réalisateur pour sauver Hollywood ?

Bien évidemment, il faut parler du casting. Car des grands noms du cinéma hollywoodien, il y en a ! Mais répondent-ils à nos attentes ? Pas vraiment. Le film porte effectivement bien son nom, les monuments vivants du cinéma sont là, accompagnés de la dernière recrue, faisant maintenant partie de la grande famille d’Hollywood : Jean Dujardin.
Un casting incroyable pour un résultat… pitoyable. Clooney, à peu près dans son rôle, ne se détache pas de son look « What else ? », en bon hipster à lunette lorsqu’il explique son projet à Roosevelt. Matt Damon, quant à lui, endosse volontier l’uniforme du parfait américain rejetant les avances d’une française dévergondée. Toutes les mêmes ! Et que dire de Jean Dujardin… Encore dans le rôle d’Hubert Bonisseur De La Bath, ne pouvant s’empêcher de faire des blagues, et faisant tourner son personnage à la parodie lors de la scène de sa mort, laissant un médaillon offert par sa femme à John Goodman. Les trois seniors du film, Bill Murray, John Goodman et Bob Baladan s’en sortent mieux. L’expérience parle.

Niveau mise en scène, le scénario est surfait, idéalisé et bien trop enjolivé : des rencontres cocasses et presque des moments de complicité avec l’ennemi paraissent notamment tout à fait naturelles. Le film est caractérisé par une mauvaise gestion du temps avec des scènes à n’en plus finir (une perte de temps incroyable lors des trajets en vélo) opposées à des casse-têtes impossibles résolus en moins d’une minute (le fait de pouvoir subitement dynamiter la dernière mine avant l’arrivée des russes) ; des clichés pimpants (la française de petite vertu), des scènes vues et revues (la soirée enneigée de Noël en musique) et une ellipse finale ridiculement inattendue qui conclue le film. Tout ce cher cocktail historique sur un fond musical non sans rappeler la 7ème Compagnie ou La Grande Vadrouille

En clair, un sujet très intéressant mais mal exploité par George Clooney qui transforme une des pires tragédie du XIXème siècle en un récit d’aventuriers amical et bêta.