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Hansel et Gretel

2004

Hansel et Gretel de Grimm - Illustrations de Monique Félix publié chez

(Cilquez sur le logo ci-dessus pour accéder au site Grasset-Jeunesse).

La collection Monsieur chat chez Grasset-Jeunesse propose de renouer avec les contes traditionnels, avec des albums très attrayants. Cette collection est particulièrement adaptée à la classe en raison de son format : on peut aisément montrer toutes les illustrations aux élèves. Mais aussi en raison de sa conception : le texte est mis en valeur dans des encadrés jaune pâle. Quant aux illustrations, elles sont magnifiques et renouent avec l’esprit de celles d’autrefois tout en étant résolument moderne (choix des couleurs, point de vue, etc.) Nous présenterons également dans cette rubrique Le Petit soldat de plomb dans la même collection. .

Le schéma narratif :

Les grands principes de la narration, tels que le schéma narratif, le héros, le cadre spatio-temporel, peuvent être étudiés avec précision dans le cadre de la lecture d’un conte traditionnel. Le récit s’y définit alors comme la transformation d’une situation - initiale - en une autre situation - finale. Dans Hansel et Gretel, la situation initiale est composée de deux éléments : la pauvreté d’une famille et la cruauté d’une mère, le premier servant de prétexte au second. Le récit aura pour vocation d’anéantir la pauvreté et la mauvaise mère. Le passage vers une vie meilleure sera fait d’épreuves : solitude, recherches de solutions pour retrouver son chemin (les cailloux, les miettes de pain), confrontation à un 1er milieu hostile (la forêt), à un 2ème (la maison de la sorcière), la cruauté de la mère se retrouve chez la sorcière (la sorcière meurt, la mère aussi : elle ne sont finalement qu’un seul et même personnage).

Chacune des étapes devra être reformulée :

La situation initiale : Une famille est confrontée à la famine.

Complication : La mère convainc le père d’abandonner les enfants dans la forêt.

Dynamique : Les enfants retrouvent une 1ère fois leur chemin. La 2ème fois ils trouvent une maison à manger.

Complication : la maison en sucreries est un piège : une sorcière y habite et retient les enfants prisonniers.

Résolution : la petite fille parvient à enfermer la sorcière dans un four, elle libère son frère. Ensemble, ils prennent les richesses de la sorcière et s’enfuient.

Situation finale : Ils retrouvent leur maison, la pauvreté est vaincue, la mère est morte. On comparera la première et la dernière illustration : la première montre une famille de quatre personnes à l’attitude désolée. La mère est à l’arrière-plan, le père et les enfants sont ensemble : elle est déjà exclue de la famille par son manque d’amour filial. La dernière illustration montre en gros plan le père serrant contre lui ses enfants : le décor n’apparaît pas, seule compte l’expression de la joie des retrouvailles.

Activité pour la classe :

Cette activité est destinée à des élèves de fin CP ou de CE1. En grande section de maternelle on pourrait remplacer les phrases par des images.

Mets les phrases suivantes dans l’ordre :

  • Ils étaient tellement fatigués que leurs jambes ne voulaient plus les porter. Alors ils se laissèrent tomber au pied d’un arbre et s’y endormirent.
  • Mais Hansel n’avait ni regardé ni vu son petit chat ; il avait seulement tiré chaque fois un petit caillou blanc de sa poche pour le jeter sur le chemin.
  • De leurs soucis, dès lors, ils ne surent plus rien ; et ils vécurent ensemble en perpétuelle joie.
  • Alors elle empoigna Hansel de ses mains sèches et le porta dans une petite remise où elle l’enferma derrière une porte grillée : il pouvait bien crier tant qu’il voulait, cela ne servait à rien. »
  • Tout près d’une grande forêt vivaient un pauvre bûcheron, sa femme et leurs deux enfants : un garçon qui s’appelait Hansel, et une fillette qui se nommait Gretel.
  • Alors Gretel la poussa un grand coup pour la faire basculer dedans, ferma la porte de fer et bloqua le gros verrou. Houla ! quels hurlements affreux elle se mit à pousser là-dedans !
  • Demain matin, de très bonne heure, nous emmènerons les enfants dans la forêt, là où elle est la plus épaisse. Ils ne retrouveront plus le chemin et nous en serons débarrassés.

    Les personnages :

    Dans Hansel et Gretel, il y a cinq personnages. Deux enfants, deux adultes et une sorcière. (Même si les personnages de la mère et de la sorcière se confondent). On abordera la notion de personnage principal : pourquoi le titre du conte est-il Hansel et Gretel ? Quel rôle jouent les autres personnages par rapport aux deux petits enfants ? On montrera qu’ils gravitent autour d’eux, en leur étant soit favorables soit défavorables.

    Voici un jeu à proposer aux élèves. On divise la classe en deux ou trois groupes. Chaque groupe décrit un personnage à faire deviner aux autres.

    A l’aide des éléments fournis par les différents groupes, on constituera les fiches d’identité des personnages

    Les lieux :

    On fera mentionner les différents lieux dans leur ordre d’apparition. On cherchera comment ils sont caractérisés et à quels éléments du conte ils renvoient. Ainsi, la maison familiale est au début du conte un lieu hostile où règnent la pauvreté et le manque d’amour. Les enfants la quittent par obligation, car telle est la volonté de la mère. Des cailloux puis des miettes de pain représentent le lien fragile qui les unie au foyer. A la fin de l’histoire, la maison trouve un équilibre : la mère et la pauvreté s’en sont allées.

    La forêt est d’abord hostile, mais Hansel est malin : des petits cailloux blancs lui permettent de se repérer. Par contre, lorsque la seconde fois il répand des miettes, les oiseaux, habitants de la forêt l’empêchent de rentrer chez lui en faisant disparaître les miettes. La sorcière, autre habitante de la forêt, fait de ce lieu un danger pour les enfants. Sa maison est trompeuse : elle attire les enfants par la gourmandise. A la mort de la sorcière, les choses rentrent dans l’ordre : il n’y a plus d’oiseaux mangeurs de miettes, mais un gentil canard blanc qui les aide à traverser la rivière ! Puis, peu à peu, la forêt redevient familière, les enfants reconnaissent les lieux. L’étude des lieux dans Hansel et Gretel ne devra pas se limiter à leur caractérisation : ils n’ont de signification que par rapport aux différentes étapes du récit et aux personnages qui les peuplent. Le conte n’est jamais que la traversée de ces lieux qui sont autant d’épreuves pour atteindre le bonheur.

    Le theme de la peur :

    On l’abordera d’abord par l’intermédiaire des illustrations.

  • Le contexte familial : la 2ème illustration :

    La petite fille est au premier plan : que ressent-elle ? A quoi le voit-on ? On fera décrire tout ce qui exprime la peur : le regard, l’expression de la bouche, les mains jointes serrant un drap. Le contexte : l’arrière-plan explicite l’attitude de Gretel : son frère sort en cachette, de nuit, on aperçoit les parents qui dorment tranquillement bien qu’ils soient à l’origine de l’inquiétude des enfants. On étudiera aussi les jeux d’ombre mettant en valeur les personnages dans l’obscurité.

  • Un lieu inquiétant : la forêt.

    On fera comparer ce qui est dit de la forêt avec les illustrations de l’album. C’est un lieu inquiétant car c’est là que la mère veut abandonner les enfants : « nous emmènerons les enfants dans la forêt, là où elle est la plus épaisse. » Voir ci-dessus ce qui est dit des lieux. On ajoutera ici le thème de la nuit : l’obscurité inquiétante, la lune amie, les arbres.

  • La sorcière.

    L’étude des personnages aura servi à la caractériser et à montrer son rôle dans le conte. C’est l’étude des illustrations de la sorcière qui sera vue ici. La 1ère montre un regard inhumain derrière la porte de la maison ; la 2ème un visage inquiétant ; la 3ème l’ombre malfaisante de son corps, la 4ème montre son pouvoir maléfique sur les enfants ; à la 5ème, elle n’est plus que la fumée d’un corps qui brûle. C’est toujours son « regard rouge » qui est mis en valeur. L’image s’éloigne d’ailleurs du texte pour la couleur du regard.

  • Le triomphe des enfants. C’est un peu la morale de l’histoire, qu’on ne livrera pas aux enfants mais qu’on leur laissera formuler. Ils sont petits et malins, le monde et les adultes sont méchants, mais l’on finit quand même par s’en sortir !