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Je ne suis pas amoureuse d’Anne CASANOVA

dimanche 13 avril 2003

Je ne suis pas amoureuse d’Anne CASANOVA - son premier roman.
Flammarion, février 2003.

Ce livre raconte la longue introspection de son auteur pour survivre à une rupture et renaître à la vie. Ou plutôt naître tout court.
En effet, l’auteur affirme qu’elle est enfin parvenue à être soi, après avoir réalisé qu’elle avait épousé un pauvre type ... Et le roman, ou plutôt "l’autofiction" - aux dire de l’auteur dans une émission littéraire sur Paris Première - , l’autofiction, donc, prend des allures de règlement de compte, autant envers l’ex-mari, que les hommes en général, ses parents, et bien sûr elle-même.
Du mari, il ne reste que la haine : "Je déteste l’idée d’une chaussette qui traîne, je déteste l’idée de tes cheveux laissés dans la baignoire, je déteste l’idée de ta crasse, je déteste tes mégots glacés abandonnés dans le cendrier. Je déteste tes assiettes sales dans l’évier. Je déteste tes cendres sur la moquette. Je déteste tes trous sur le canapé. Je déteste jusqu’à tes minuscules images collées partout pour laisser croire que tu es un artiste. Je déteste ton haleine chargée d’alcool, de bile, de tabac. Je déteste tes interminables allées et venues aux toilettes. Je déteste ta cigarette et ton café au réveil." etc. (p.208-209).
Ce livre passe de la déconstruction - d’un couple, de soi, des idées - à la reconstruction - d’autres couples mais furtifs et vains, d’un autre soi, mais qui se perd dans la chair, et d’autres idées, auxquelles la narratrice tente de croire, d’autres idées qu’elle cherche, surtout une certaine idée de l’amour.
Anne Casanova a cru, l’espace du deuil de son couple, trouver sa vraie personnalité dans le sexe. Pourtant, à aucun moment, le corps ne surgit réellement au delà des mots, malgré le langage parfois cru, malgré le récit de quelques aventures sexuelles. Non. C’est bien de langage qu’il s’agit : mettre des mots sur le corps, la souffrance, l’amour. Mettre des mots, nommer : c’est (presque) une thérapie.

Extrait : p.45

Amoureuse : il y a "amour", et il y a "heureuse". J’ai eu l’amour, est-ce que j’ai été heureuse ? Les premières heures de la séduction offrent tout ça.
Jusqu’à ce que le désir s’émousse, souvent, plus vite qu’on ne croit.
Mais avant il y a tout ça : cette attente impatiente de l’autre, cette envie de le revoir, de le toucher, de connaître les moindres traits de son visage tout en se surprenant, à chaque fois en le revoyant, de les avoir oubliés.
Il y a ce désir de confronter son corps, son désir au sien. Celui d’accrocher la moindre de ses attentions. Celui de rendre l’âme à chaque instant.
Il y a tout ça mais il y a aussi autre chose. Le sentiment d’avoir trouvé la partie de soi qui manquait. la certitude de pouvoir mourir pour cette part de soi-même si présente et si volatile. La fait de pouvoir tuer aussi pour cet autre qui est soi. Le fait de ne jamais avoir peur parce qu’il est là. La terrible et ravissante sensation que, s’il venait à partir, le monde s’écroulerait...
Non, je ne suis plus amoureuse de Matthieu.
Non, le monde ne s’est pas écroulé parce qu’il a préféré partir.

Quatrième de couverture :

Le bâillon que je me suis imposé est tombé le jour où j’ai dit à Matthieu que je partais, que je ne l’aimais plus, que je voulais enfin être libre.
Libre d’être déchaînée, cinglante, méchante, violente, câline, douce, érotique, sexuelle, vénéneuse, capricieuse, versatile, cinglée, libre même d’être conne.
Libre de me regarder dans la glace et de me trouver belle.
Libre de me regarder dans la glace et de me trouver laide.
Libre d’écouter mes disques à tue-tête.
Libre d’essayer toute ma garde-robe, des nuits entières.
Libre de faire le grand écart.
Libre d’être tout à moi et à moi seule.
Libre d’être seule. Seule. Enfin.

Messages

  • je suis entrain de le lire à la page 66 et je le trouve vraiment super beau très réaliste et magnifique comme autofiction . je l’ai adoré surtt parceque je partage pour le moment les mêmes emotions que annne casanova. je viens aussi de finir mon premier livre du même genre ou je presente une sorte de lutte précoce puisque je n’ai que 17 ans , une lutte contre soi , les hommes , et tout les revers de la medaille socialiste , je cherche un editeur et j’esper en trouver un . bonne chance chère casanova je vous adore .