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Jean-Jacques Rousseau

novembre 2002

Rousseau, Troisième lettre à M. de Malesherbes

L’écriture de la lettre est motivée par un double éloignement : en 1762, Rousseau, retiré à Montmorency, est coupé de la société des hommes. Il ressent également l’éloignement de l’un d’entre eux, Monsieur de Malesherbes.
Il s’agit ici de la troisième lettre que le philosophe lui adresse.

Cette lettre est à la fois un plaidoyer pour le bonheur - ce qui en fait un texte argumentatif - et un texte à caractère autobiographique : l’auteur justifie sa conduite pour la postérité.

I/ Une réponse aux accusations de ses détracteurs

  • A ceux qui l’accusent d’être misanthrope, Jean-Jacques Rousseau répond par une vie idéale (« siècle d’or ») peuplée d’être selon son cœur. Il répond aussi par la nature et l’imagination, cette faculté créatrice de bonheur. La contemplation de la nature fait exercer son imagination : « Mon imagination ne laissait pas longtemps déserte la terre ainsi parée. » C’est cela qu’il veut partager dans cette lettre. Rousseau s’est créé un monde loin des valeurs mondaines de son époque. Ce thème figurait déjà dans ses œuvres antérieures (La Nouvelle Héloïse, Les Confessions).
  • Rousseau raconte une de ses journées en donnant à sa description des accents lyriques : le début du texte se caractérise par l’exaltation : une vie faite de délices ; modalité exclamative ; inspiration ; élan vers la nature- , et la fin par une méditation religieuse.
  • Le retour à la réalité : il figure au centre du texte : Rousseau ne saurait le nier. Le versant plus sombre cette rêverie épistolaire est annoncée par l’adverbe « cependant » qui signale un retour au réel : « Cependant, au milieu de tout cela, je l’avoue, le néant de mes chimères venait quelquefois la contrister tout à coup. (…)Je trouvais en moi un vide inexplicable que rien n’aurait pu remplir, un certain élancement du cœur vers une autre sorte de jouissance dont je n’avais pas d’idée et dont pourtant je sentais le besoin. » Certes Rousseau exalte son bonheur solitaire, mais dans un même mouvement, il le défend dans une lettre structurée et réfléchie.

    II/La lettre est le miroir de l’âme

  • C’est à Monsieur de Malesherbes que Rousseau s’adresse dans une ferme intention : celle de réhabiliter son image auprès de la postérité (une lettre ouverte ?) , et peut-être aussi de se justifier, une fois de plus, aux yeux de ses contemporains.
  • L’intention de se peindre : la lettre est l’occasion de s’épancher, elle a les accents de la sincérité. Forme d’écriture idéale pour J.J. Rousseau ? La lettre acquiert avec Rousseau le statut de l’autoportrait -> l’expression personnelle s’amplifie en effet au XVIIIème siècle.
  • L’expression de l’émotion : gradation du vocabulaire : de l’émotion à la jouissance ; rythme des phrases ; prose poétique ; le monde des sensations.