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L’Afrique Petit Chaka de Marie Sellier et Marion Lesage

2003

Aux éditions Réunion des Musées Nationaux

Niveau des activités : CE1-CE2
Ce livre peut néanmoins être abordé de la grande section de maternelle au Cours moyen, à condition d’en modifier les approches.

Perspectives pédaggiques générales :

Les livres d’Art destinés à la jeunesse permettent un travail pluridisciplinaire.

Le livre présenté ici, L’Afrique petit Chaka … de Marie Sellier et Marion Lesage aux éditions Réunion des Musées Nationaux, sera l’occasion d’activités de lecture, d’écriture, d’initiation à l’art et de pratiques d’art plastique. Le conte, associé aux illustrations ( dessins à l’aquarelle) et à la reproduction sous forme de photographies d’œuvres d’art africain, fait entrer les enfants dans la découverte d’une autre civilisation, d’un autre univers culturel et social.

L’Afrique petit Chaka serait judicieusement mis en valeur dans la mise en place de lectures en réseau sur le thème de l’Afrique dans les écoles.


Le livre documentaire :

Les Instructions Officielles insistent sur l’importance de développer chez l’enfant sa capacité à « comprendre des informations explicites d’un texte littéraire ou documentaire. »

Le questionnaire proposé ci-dessous permet d’aider l’élève à se repérer dans le livre et de vérifier ses compétences transversales. Il doit être capable de retrouver les phrases (car le livre n’est pas trop long), et de chercher les définitions dans un dictionnaire. Tous ces mots appartiennent au champ lexical de la culture africaine : elles ont trait au mode de vie.

Rechercher des informations dans un dictionnaire

Les phrases suivantes sont extraites de L’Afrique petit Chaka …. Retrouve-les dans le livre, puis cherche la définition des mots en MAJUSCULES dans un dictionnaire. Classe-les ensuite dans un tableau : animaux, nourriture, instruments de musique, ustensile,…

Papa Dembo est grand comme le BAOBAB
et plus savant que le MARABOUT.

Lui, fils de roi et le TAM-TAM fou
de l’amour dans le cœur.

Kadidja-ma-mère, petit Chaka,
n’est pas restée longtemps
mince comme une LIANE.

Oh ! le vacarme dans la CASE,
pire qu’une troupe
de MACAQUES en folie !

« Le soir, à la veillée, il s’asseyait
sous les étoiles avec sa KORA.

Il n’avait pas d’os dans sa langue
pour l’empêcher de tourner !
un vrai GRIOT !

Si des galettes de MIL disparaissaient,
Si une CALEBASSE de lait s’évaporait,
On savait bien dans le village
Que Dembo et Lawali-le-vif étaient passé par là !

Oh ! comme elle filait sur l’eau notre PIROGUE !

Toutes les occasions étaient bonnes pour faire
un festin de roi : la première pousse de MIL,
le début des récoltes, l’arrivée de la pluie …


Lecture littéraire : la figure maternelle

Les deux héros de l’histoire sont des personnages masculins, mais la figure maternelle est, dès le début, une figure dominante dans le conte. Elle est nommée par cette périphrase : Kadidja-ma-mère.

On fera remarquer aux élèves l’utilisation des tirets : le prénom est étroitement associé à la fonction maternelle. C’est ce rôle de mère qui est mis en valeur dans le personnage féminin. Cette notion de maternité et de fécondité parcourt tout le livre. Il y a d’abord l’Afrique, terre natale de Papa Dembo, avec laquelle il établit un lien de parenté : « L’Afrique est noire comme ma peau. » Il y a ensuite, dès l’évocation de la mère, la présence d’une riche iconographie sur ce thème : peinture à l’aquarelle représentant une femme à moitié nue ; sur la page opposée, une œuvre d’art, photographie d’une statuette de côte d’Ivoire : « femme portant enfant ». Ce qui caractérise la femme, dans le texte comme sur l’image, c’est la beauté :

« elle, pauvre mais belle comme un ciel
de printemps après la pluie. »

On fera remarquer aux élèves l’absence de verbe : cette caractérisation nominale du pronom « elle » met en valeur l’idée de beauté qui la définit. La comparaison (procédé d’écriture récurrent dans cette œuvre est également à expliciter : le printemps symbolise le renouveau, le réveil de la nature féconde. La pluie, en Afrique, est un symbole de joie et d’espoir.

Les pages suivantes sont également fortement marquées par une iconographie maternelle. L’ouvrage observe habilement cette alternance entre statuette photographiée et peinture. La statuette montre une mère entourée d’enfants. La nudité du corps est à expliquer du point de vue d’une civilisation dans laquelle le vêtement n’a pas la même signification qu’en occident. La peinture de la page 8 montre une femme vêtue, mais l’on devine à ses formes qu’elle attend un enfant. Elle porte un objet sur sa tête : autre trait de la civilisation africaine, autre coutume. Alors que nous transportons des objets à bout de bras, les Africains les transportent sur la tête, avec un grand sens de l’équilibre qui intriguera les enfants. Ils peuvent à leur tour, essayer de marcher avec un livre sur la tête !


Productions d’écrits :

Imaginer une histoire avec des mots du texte

Activité basée sur l’extrait suivant :

« Le soir, à la veillée, il s’asseyait
sous les étoiles avec sa kora
et il racontait des histoires
Jusqu’à ce que nos oreilles
ne puissent plus entendre. »

En classe, les élèves imaginent une histoire racontée par le père de Papa Dembo. Ils doivent utiliser des mots du livre tels que « boubou », « pluie », « grand fleuve » etc.

On peut écrire cette histoire en dictée à l’adulte.

Le professeur note l’histoire sous la dictée des élèves. Cette histoire sera ensuite dactylographiée et distribuée avec pour consigne la réalisation de quelques illustrations à l’aide de couleurs chaudes, à la manière du livre.


Pastiches

L’écriture de pastiche est recommandée par les Instructions Officielles. Vous en trouverez un exemple plus haut.


Ecrire un portrait

Papa Dembo évoque son ami Lawali-le-vif page 12. Il raconte les bêtises qu’ils faisaient ensemble. Les élèves doivent imiter cet extrait en rédigeant le court portrait d’un camarade, accompagné d’une anecdote réelle ou imaginée. On imposera deux consignes d’écriture : inventer un prénom composé à la manière de « Lawali-le-vif », et faire au moins une comparaison sur le modèle de celle du texte.


Arts visuels :

Peindre

1/ Dessiner un village africain à partir de la description de papa Dembo :

« Mon village, petit Chaka :
de l’argile et de la paille !
Un vingtaine de case, pas plus,
qui font la ronde autour de l’arbre
à palabres, le grand baobab
sous lequel se discutent
toutes affaires importantes. »

On pourra montrer à la classe, si besoin est, la photographie ou le dessin d’une case. Il est également possible de faire un dessin collectif : chaque enfant se voit ainsi attribuer une partie du tableau à réaliser : case, habitant, arbre, soleil, végétation au sol, etc.

2/ Dessiner un masque africain sur ce modèle :

Modeler

Le modèle du masque peut également être l’occasion de réaliser des masques en terre et de les peindre ensuite.

Cela permet de préciser la symbolique du masque, qui est la manifestation la plus évidente de l’art africain. Il n’a pas seulement une fonction artistique : il est utilisé aux cours de rites religieux et de célébrations diverses. Celui qui le porte est alors doté de pouvoirs magiques que les élèves pourront imaginer. Leurs factures et les matériaux utilisés sont si variés que l’on peut utiliser cette diversité pour réaliser de nombreux masques sur toutes sortes de supports, avec toutes les couleurs possibles, et donner à son masque les pouvoirs que l’on souhaite.

Pour réaliser des objets, on peut également se servir de cette phrase du conte : « Pour passer le temps, je fabriquais dans la glaise des petits bonshommes de terre. » Les enfants s’approprieront la culture africaine et l’histoire de ce conte en répétant les activités du héros.

Synthèse

A la fin du livre se trouve une carte de l’Afrique entourée des photographies des différentes œuvres présentées dans le conte. On demandera à la classe de les repérer dans le livre et de rappeler brièvement à quel épisode du conte ils renvoient.


La vie quotidienne dans un village africain :

Cette étude permet d’analyser la structure du conte. On fera remarquer aux élèves que le déroulement de l’histoire ne suit pas un ordre chronologique, mais qu’il se présente comme une succession de tableaux (au sens propre comme au figuré) de la vie d’un petit garçon en Afrique. Le récit de chaque événement est annoncé à la fin de la page précédente par des points de suspension, qui figurent déjà dans le titre. Ils marquent l’entrée dans le récit, dans le conte, le passage du présent (le moment du dialogue entre le grand-père et son petit-fils) au passé (les souvenirs de Papa Dembo). Et c’est une question de petit Chaka qui lance à chaque fois le récit.

-  Les veillées : on demande aux élèves de raconter en quoi elles consistent. Le maître demande la signification de la phrase « il racontait des histoires jusqu’à ce que nos oreilles ne puissent plus entendre. » Cela permet de vérifier leur compréhension de l’implicite : lorsque les oreilles ne peuvent plus entendre, c’est qu’on dort ! On rapprochera ces veillées avec les rituels du soir que connaissent bien des enfants : celui de la lecture faite par un parent avant de s’endormir.

-  L’amitié : qui étaient les amis de Papa Dembo lorsqu’il était petit ? Que faisaient-ils ensemble ? Des bêtises ! Là encore, voici un thème qui permet aux enfants de s’identifier, d’approcher cette culture qui paraît d’abord si différente de la nôtre.

-  La vie au village. Le centre, c’est l’arbre géant, le baobab. C’est là que se prennent les grandes décisions. On pourra alors demander quel lieu en ville, fait chez nous office de baobab. C’est ici l’occasion de parler, même brièvement, de la mairie et de son rôle dans la cité.

-  L’enfant et les bêtes : Papa Dembo avait des chèvres, c’est lui qui s’occupait de les amener au point d’eau. Les enfants des communes rurales pourront s’exprimer sur leur vie à la ferme. Les petits citadins auront peut-être l’occasion de parler de leurs vacances à la campagne. Toute occasion d ’améliorer le langage oral des élèves est à saisir !

-  La pêche : ce thème permet d’aborder à la fois les pratiques alimentaires de l’Afrique (d’autres exemples figurent dans le livre) mais aussi des points de géographie : qu’est-ce que la brousse ? On s’appuiera sur une autre page du conte dans laquelle Papa Dembo fait une description de la brousse, en évoquant les animaux qui y vivent.

-  L’arrivée de la pluie : c’est une donnée très importante pour la connaissance de ce pays. Sa rareté fait de l’eau un élément précieux. C’est ici l’occasion de sensibiliser les élève à l’écologie.

-  Les croyances : elles sont étroitement liées aux pratiques artistiques de la fabrication des masques. Ceux-ci symbolisent des esprits que l’on craint ou que l’on vénère. On peut demander aux élèves de décrire les masques des pages 12, 26, 28 et 33. Ils peuvent ensuite imaginer ce qu’ils représentent (Pour plus de détails sur la signification des masques voir plus haut ).


De la lecture à l’écriture littéraire :

Dans cette œuvre, les images ne sont pas uniquement visuelles : elles sont aussi inscrites dans le texte même. Si les élèves comprennent aisément la signification d’image au sens visuel de ce terme, il n’en va pas de même pour les images littéraires, autrement dit les comparaisons et les métaphores. Il sera utile au cours de cette étude de valoriser l’esprit imaginatif des enfants, en travaillant sur le pouvoir d’évocation des images (dessins et photographie) et des mots.

Comparaisons

On s’appuiera sur l’extrait suivant :

_ L’Afrique, petit Chaka ?
L’Afrique est noire comme ma peau,
elle est rouge comme la terre,
elle est blanche comme la lumière de midi,
elle est bleue comme l’ombre du soir,
elle jaune comme le grand fleuve,
elle est verte comme la feuille du palmier.

Le procédé d’écriture de la comparaison est récurrent dans l’œuvre. On peut faire apprendre ce passage par cœur aux élèves, du fait de sa structure et de son caractère poétique. Il peut également être l’occasion de réécritures. Ainsi, on peut proposer aux élèves de comparer l’Afrique à bien d’autres choses comme des matières ou des odeurs par exemple. Cela permet aussi de travailler la syntaxe en faisant écrire des phrases sur le modèle de « L’Afrique est ... comme ... ».

Ce travail peut être poursuivi à partir des personnages : « Papa Dembo est ... comme ... » ; « Petit Chaka est ... comme ... », ou encore du livre lui-même : « Ce conte est ... comme ... » ; « Les illustrations sont ... comme ... » ; « Les masques sont ... comme ... », etc.

Métaphores et métonymies

On relira cette phrase aux élèves :

« la brousse est pleine de bruits :
elle babille, elle bourdonne, elle rugit ».

En leur demandant qui babille, bourdonne et rugit, on sensibilisera les élèves au langage poétique, qui s’accomplit ici dans les figures de style. Pour être plus précis, il s’agit ici d’une synecdoque : la brousse désigne certes le lieu, mais aussi ses habitants. On pourra faire créer d’autres phrases sur ce modèle comme par exemple « la classe est pleine de bruits, elle chuchote, parle, et rit. »

On peut aussi exploiter cet autre exemple :

« Lui, fils de roi et le tam-tam fou
de l’amour dans le cœur. »

Le tam-tam évoquant les battements du cœur.


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