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L’enfant qui parlait aux animaux de Roald Dahl

lundi 26 septembre 2011

L’enfant qui parlait aux animaux de Roald Dahl, Folio Junior

L’enfant qui parlait aux animaux de Roald Dalh

Publié chez Gallimard Dans la collection Folio Junior (2008).

L’enfant qui parlait aux animaux figure dans un recueil qui porte le nom de cette nouvelle. On y trouve deux autres textes : L’auto-stoppeur et Le trésor de Mildenhall.

Le narrateur de cette nouvelle est un homme en vacances en Jamaïques. Dès son arrivée sur l’île, on lui conte des choses inquiétantes et l’île semble baignée tout autant de soleil que de superstitions.
Un matin, une agitation auprès d’un pêcheur attire son attention. Arrivé sur la plage, il découvre qu’une tortue géante a été pêchée pour en récupérer la carapace. Alors que les badeaux s’extasie sur cette perspective ciminelle, un enfant accourt pour porter secours à l’animal captif.
Y parviendra-t-il ?

Cette nouvelle captivante et si bien écrite plaira aux lecteurs de tous âges. Elle nous confirme également, s’il en était besoin, que Roald Dahl est assurément un auteur incontournable des années école et collège.

Les professeurs trouveront ci-dessous des idées pour construire une séquence à destination du cycle 3 de l’école élémentaire ou des classes de Sixièmes.

Aide à la préparation de la séquence

Les éléments que l’on peut aborder dans la séquence  :

* Le narrateur et la question du point de vue : quels extraits analyser ? Quelles questions poser ? Repérer les extraits où il faudra centrer l’attention des élèves sur le narrateur.

* La « couleur locale » (terme d’analyse littéraire) : l’histoire se passe dans les Caraïbes. Qu’apporte ce lieu à l’histoire ? Comment en tenir compte dans la séquence ? -> Passages descriptifs, types de personnage ; ambiance mystérieuse, dès le début (voir page 8) : les superstitions ; + le récit de la mort d’un certain Mr Wasserman, et enfin le thème même de cette histoire : l’enfant disparaît avec la tortue (semble-t-il) ;
* Les personnages : l’enfant : analyse du titre + découverte de ce personnage. Les jeux d’opposition entre personnages : les Jamaïquains/ les touristes/le directeur de l’hôtel/ les pêcheurs. La tortue : voir son portrait page 12 (et à d’autres pages) ;
* faire jouer certains dialogues (après avoir travaillé la compréhension) par les élèves. En effet, certains passages se prêtent particulièrement bien à une mise en scène. Vous devez en déterminer un ou deux.
* La compréhension : repérer les mots de vocabulaire à expliquer + les allusions à l’Histoire page 18 ;
* Production d’écrit : raconter une scène en adoptant le point de vue de la tortue ; s’inspirer notamment de l’illustration de la page 17, où il semble que c’est la tortue qui voit la scène.
* Travailler l’argumentation : 1) repérer des arguments : à quoi voit-on que le narrateur est du côté de la tortue ? Voir par exemple page 17-18 : la « majesté » de l’animal s’oppose à la cruauté des hommes -> page 20 « là où l’attendaient de longs couteaux » ; 2) Travail sur les arguments de l’enfant : ce sont d’abord des accusations à l’impératif. 3) Faire chercher à l’oral des arguments en faveur de la défense de l’animal pour compléter la révolte de l’enfant page 21. Chercher ensuite les arguments que les pêcheurs pourraient lui opposer.
* Etude de la langue : les impératifs, …
* Relecture : Page 7 « Des amis m’avaient raconté que c’était un endroit merveilleux où je paresserai toute la journée » : ce ne fut pas le cas !
* Interprétation littéraire : l’enfant est-il vraiment parti avec la tortue ?

1ère séance : découverte du texte, lecture par l’enseignant pour permettre à tous les élèves d’entrer dans le texte. Lecture du début jusqu’à la page 11 « Mais je ne vis jamais la suite (…)une extraordinaire agitation. »
Travail de la compréhension : centrer sur l’ambiance mystérieuse. Demander aux élèves de résumer ce qu’ils ont compris et noter au tableau les informations importantes en les classant : personnage, lieu, anecdote, …

Puis demander aux enfants si le narrateur est rassuré d’être là-bas, pour les amener à dire qu’il s’y passe des choses mystérieuses.

Travail en individuel : recopier les expressions qui suggèrent qu’il se passe des choses étranges sur cette île.
Temps collectif : synthèse de ce que les enfants ont relevé.

Lecture individuelle à la maison : page 11 à 20

2ème séance : page 11 à 20.

Dans cette séance, on pourrait travailler sur la notion de narrateur : c’est lui qui voit la scène et la décrit. On y trouve de nombreuses marques de subjectivité allant jusqu’au jugement de valeur : « Les hommes portaient ces épouvantables bermudas qui descendent jusqu’aux genoux (…) Les femmes avaient meilleur goût ».
lorsque le narrateur découvre la tortue, l’occidental qu’il est marque bien sa surprise : « mais quelle tortue ! Elle était gigantesque, un vrai mammouth. Je n’aurais jamais pensé qu’une tortue pût être aussi énorme. »

L’étonnement du touriste est aussi celui du lecteur : Roald Dahl veut que son lecteur est une idée au plus juste de la taille de l’animal marin. Car son gigantisme rend encore plus merveilleux sa rencontre avec l’enfant.

Il s’agira donc, dans cette séance, d’insister sur le caractère extraordinaire de l’animal et de le relier à l’ambiance mystérieuse qui règne depuis le début.
Les réactions des badeaux et les autres descriptions viendront appuyer tout cela, tout comme les réactions des pêcheurs qui mettent en garde les curieux, et le prix élevé qui est suggéré pour l’achat de la tortue. Mais à travers ce marchantage, c’est toute la bêtise humaine que Roald Dahl met sous les yeux de son lecteur, du moins la bêtise du monde des adultes.

En classe, on travaillera essentiellement à l’oral, pour inciter les élèves à repérer les réactions des différents personnages. On discutera de leur motivation, pour mieux mettre en valeur, à la séance suivante, la réaction de « l’enfant qui parlait aux animaux ».

Les dialogues pourront être lus à haute voix par l’enseignant pour dramatiser la scène. Les enfants pourront ensuite jouer la scène.

3ème séance : l’arrivée du garçon à partir de la page 20 : des murmures pour l’animal mais des cris pour les humains. L’arrivée de l’enfant vient bouleverser la capture de la tortue par les adultes, mais elle ne surprend pas le jeune lecteur qui l’attendanit depuis la lecture du titre du conte.
C’est dans cette séance que nous commencerons à aborder l’argumentation inhérente à ce récit. En effet, un enfant se ligue pour défendre un animal menacé, mais les moyens qu’il utilise relève du surnaturel. Il commence par interpeler les pêcheurs et les accuse avec véhémence : « Libérez-là ! hurlait l’enfant.C’est horrible ce que vous faites ! S’il vous plaît, libérez-là ! »

Ce sera le moment de faire chercher des arguments en faveur de la libération de la tortue. On pourra aussi faire imaginer la réaction des pêcheurs : recherches des arguments qu’ils pourraient opposer au petit garçon.