
Notes de lecture à partir de L’image de Jacques Aumont, Nathan, 2011.
Ce livre est une synthèse originale des savoirs contemporains sur l’image, moyen d’expression et de communication, mais aussi, manifestation de la pensée.
Les grands problèmes que pose l’image sont exposés autour de six approches successives : l’image est un phénomène perceptif (physiologie de la perception), mais aussi l’objet d’un regard de la part d’un sujet spectateur (psychologie) ; elle établit un rapport avec ce spectateur par l’intermédiaire d’un médium et d’un dispositif spécifique (sociologie, médiologie) ; elle peut être utilisée à plusieurs fins et a des valeurs variables (anthropologie) ; son importance sociale a connu de grands moments de mutation (histoire) ; enfin, elle a des pouvoirs propres, qui la distinguent du langage et des autres manifestations symboliques humaines (esthétique).
Toutes les images – faites à la main ou produites automatiquement, immobiles ou mouvantes – sont prises en considération dans cette enquête qui s’est efforcée de n’oublier aucune théorie, aucune approche, et qui prend en compte les développements les plus récents.
Jacques AUMONT est professeur émérite à l’université Sorbonne Nouvelle Paris-3, directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École nationale supérieure des Beaux-arts. Il a publié une vingtaine d’ouvrages sur le cinéma, la peinture et les images en général, dont les derniers en date sont Moderne ? comment le cinéma est devenu le plus singulier des arts (2007), Matière d’image, Redux (2009), L’Attrait de la lumière (2010).
Vos commentaires
# Le 29 janvier 2013 à 14:30, par Manon Peyrache En réponse à : Focalisation dans le récit filmique : par l’image
Deux manières d’appréhender le point de vue dans le récit filmique :
La place de la caméra contribue à identifier le narrateur.
La focalisation zéro est constituée en général de plans larges. Dans les scènes de bataille par exemple, le spectateur voit tout, il domine le spectacle, il est omniscient.
La focalisation externe est centrée sur un personnage. La caméra le suit comme on suivrait réellement quelqu’un : On voit ce qu’il voit et entend ce qu’il entend, mais on ne sait rien sur ses pensées, celles des autres personnages ou ce qui se déroule hors-champ.
La focalisation interne suit un ou plusieurs personnages, on voit les mêmes choses qu’avec la focalisation externe, mais d’autres informations peuvent être ajoutées : on en sait plus que le personnage suivi. Ces éléments nouveaux peuvent être ajoutés de différentes manières :
Ces procédés, lorsqu’ils sont alternés, permettent d’ajouter du suspense à l’histoire : la vision d’un personnage nous fait comprendre ses questionnements, les plans plus larges nous permettent de découvrir des détails dont les personnages n’ont pas conscience…
# Le 29 janvier 2013 à 14:36, par Victor SEGALEN En réponse à : L’image
Points de vue, perspectives narratives, focalisations... Qui voit ?
Selon Gérard Genette, trois réponses peuvent être apportées à cette question.
Premièrement, le narrateur peut être omniscient : il en dit plus que n’en savent les personnages. On dit que ces récits sont non focalisés.
Il a aussi la possibilité de ne communiquer que ce qu’il voit. ( récit "à point de vue" ou "vision avec"). Ces récits peuvent être à focalisation interne, fixe (on ne quitte pas le point de vue d’un personnage), variable (on passe d’un personnage à un autre), ou multiple (les événements sont racontés plusieurs fois selon les points de vue de personnages différents).
Enfin, il peut également adopter un statut behavioriste : le narrateur en dit moins que n’en sait le personnage. Ces récits sont à focalisation externe, les perso et événements étant pensés de l’extérieur.
De plus, comme l’indique Gérard Genette la focalisation interne fixe possède des degrés de réalisation divers : en s’appuyant sur le personnage de Fabrice dans La Chartreuse de Parme, la focalisation sur ce personnage est interne mais non rigoureuse puisqu’il est désigné de l’extérieur : il s’agit d’un récit à la 3ème personne.
# Le 29 janvier 2013 à 14:36 En réponse à : L’image
Dans un film comme dans un livre ou toute autre narration, le point de vue peut être dirigé sur un ensemble de personnages, sur un seul personnage ou bien encore sur un seul personnage puis un autre, puis un autre. De quelle façon ? Par l’image bien entendu, mais aussi par le son. La caméra est placée de manière à évoquer un point de vue plutôt qu’un autre, et le micro enregistre un discours plutôt qu’un autre.
L’un des grands réalisateurs qui s’est servi de la focalisation interne sous ses diverses formes reste incontestablement Hitchcock, notamment dans « Psychose ». Il se sert du point de vue du personnage féminin pour créer le suspense. La jeune femme « voit » à travers la caméra des objets divers et effrayants, et le ton est donné.
# Le 29 janvier 2013 à 14:38, par Marie Beden En réponse à : L’image et la caméra
Image et caméra
La place de la caméra est primordiale dans la narration d’un film. Le mouvement de caméra sert le contenu et est différent selon le point de vue que le réalisateur veut faire passer. On peut citer les procédés suivants :
Plans généraux, vue d’ensemble. Le spectateur voit, devine plus de choses que les protagonistes. Très utilisée pour les batailles notamment.
La caméra suit le personnage. Le spectateur n’a d’autres informations que celles montrées à l’écran. Celui-ci ne peut donc faire que des suppositions sur la suite des évènements.
La caméra suit un personnage. Mais des informations supplémentaires sont parfois introduites de plusieurs manières :
=> Par un commentaire Off. Un personnage prend la narration à sa charge. Un décalage temporel entre les paroles et les images se créé.
=> Par la substitution de la caméra à l’acteur, ce qui projette une vision subjective des évènements.
=> Par d’autres procédés comme les travellings, les surimpressions.
# Le 29 janvier 2013 à 14:38, par frederic et jessica En réponse à : Focalisation dans le récit filmique
C’est l’image et le son qui détermine le point de vue dans le récit filmique.
La place de la caméra justifie les plans suivants :
# Le 29 janvier 2013 à 14:38, par Ondine Gobert En réponse à : Les différents types de récit ou "focalisations"
10. Point de vue, perspectives narratives, focalisations.
Gérard Genette reprend et développe les travaux de Jean Pouillon et Tzetan Todorov.
Lors de l’étude de la perspective narrative (travail faisant partie d’une analyse filmique) Gérard Genette souligne la nécessité de distinguer qui voit de qui parle.
Il faut aussi différencier les modes (choix de ce qui est raconté, perspectives ou focalisations) et les voix (énonciation narrative dans ses manifestations). Il rappel aussi qu’il ne faut pas confondre narrateur et auteur ainsi que destinataire du récit et lecteur.
10.1 La Focalisation : répondre à la question : qui voit ?
Selon Genette, trois réponses, trois types de récit, sont possibles :
1) Le récit non-focalisé : un narrateur omniscient en qui plus que n’en savant les personnages.
2) la focalisation interne (fixe ou variable) : un narrateur qui ne dit que ce que voit tel personnage.
Focalisation interne fixe : on ne quitte pas le point de vue d’un personnage.
Focalisation interne variable : on passe d’un personnage à l’autre.
Focalisation interne multiple : les mêmes événements sont racontés plusieurs fois par différents personnages.
3) la focalisation externe : un narrateur qui en dit moins que ce qu’en sait un tel personnage.
Gérard Genette précise cependant qu’il peut y avoir des changements de focalisation dans un même épisode / film.
Dans les parties suivantes, les problématiques suivantes seront le fils conducteur :
"Comment les divers types de focalisation sont-il "lisible" dans le récit écrit et le film ? À quelle(s) fonction(s) correspond le choix d’une focalisation(ou de multiple focalisations, ou de la variation de focalisations) ?"
# Le 29 janvier 2013 à 14:38, par Justin Guilbert En réponse à : L’interprétation de l’image.
L’image est porteuse de sens, mais pour que le message passe, elle doit être lue et donc traduite par son destinataire.
Pour s’aider à traduire une image deux « sciences » peuvent nous outiller.
La sémiologie
Celle-ci tente de faire des distinguos entre différents niveaux de codes inférés à l’image ; codes universels, codes déterminés par le contexte social etc. L’analyse de ces codes doit toujours prendre en compte les sujets et leurs contextes historiques. En fonction l’analyse devra être plus profonde ou non.
L’iconologie
L’iconologie s’attache à analyser les différents niveaux de sens d’une même représentation, d’un même geste etc. On distingue trois principaux niveaux de sens :
Elle se contente de regarder purement la signification factuelle et expressive (description au 1er degré).
Ex : Un homme retire son chapeau.
Signification factuelle : un chapeau est un vêtement, l’homme bouge son bras etc.
Signification expressive : l’homme bouge son bras lentement/rapidement/violemment.
Elle attribue au geste/à la représentation, une signification en fonction d’une référence culturelle.
Ex : Retirer son chapeau dans certaine société est un geste de politesse.
On cherche le sens sous-jacent au geste à la représentation qui pourrait être synonyme de sens.
# Le 29 janvier 2013 à 14:41, par Clément Boissy En réponse à : Image et sens : Le perçu et le nommé
Le problème se pose dans les différences d’interprétation entre les informations transmissent par le langage et l’image. Ce problème soulève nombre de débats dans la sémiologie :
Comment mettre en évidences les différences fondamentales entre la « signification par des images et la signification par des mots » ? Selon Worth (1975) la majeure différence entre l’interprétation de ces deux moyens de communication réside dans le fait que les aspects syntaxiques de la grammaire verbale (c’est-à-dire le langage parlé) ne s’adaptent pas à l’image. Celle-ci ne peut être, ni dans le vrai, ni dans le faux et ne peut exprimer d’ « énoncés ».
Comment mettre en évidence les similitudes (ou interrelation nécessaire) ? Il faut qu’il y ai une relation entre la « dimension visible de l’image et (la) dimension intelligible » ce qui nous renvoi à la notion de « codes de nomination iconiques ». Selon de récents travaux (Michel Colin), il est possible de rallier les mécanismes de la maîtrise de l’image à ceux du langage.
# Le 29 janvier 2013 à 14:42, par Benoît Lamasse En réponse à : Les points de vue : la focalisation dans le récit filmique
Le point de vue est défini par 2 foyers : l’image et le son.
La place de la caméra définit la focalisation. On distingue 3 types de focalisation :
caméra domine les personnages et en voit plus qu’eux.
1) Par un commentaire : un commentaire « Off » est prononcé par un personnage filmé. Cette voix intérieure permet d’établir une focalisation interne du personnage grâce au son. Cela crée un décalage entre le son (voix intérieure) et l’image (personnage suivi filmé de l’extérieur).
2) Par des moments de focalisation interne : la caméra se place du point de vue du personnage qui est suivi. Elle livre ainsi une vision subjective.
3) Par des procédés plus complexes : plusieurs autres techniques plus poussées permettent de réaliser une focalisation interne comme la surimpression, les images mentales ou encore les travellings subjectifs. La variation de ces différents procédés dans une même séquence peut apporter de nombreuses informations en variant les points de vue.
# Le 29 janvier 2013 à 14:46, par Romain Ouvrard En réponse à : Expression directe du monde ou rapport entre image et mots ?
En somme il existe deux écoles sémiologiques dont les points de vue diffèrent. Celle de Jacques Aumont pour qui mots et images sont sensiblement liés.
Ainsi que l’école de Munier, elle, considère que l’image se suffit à elle-même. Cette particularité la rendrait dangereuse.
En d’autres termes, soit l’image a besoin d’être interprétée par le langage, soit elle est une nouvelle forme de langage, une expression directe du monde.
Or l’image si elle a du sens, doit être lue par son spectateur. Il en extrait les symboles, les analyses, pour comprendre l’image.
# Le 29 janvier 2013 à 14:47, par Priscillia En réponse à : Les différents points de vue du narrateur
En littérature comme au cinéma, trois différents points de vue sont utilisés afin de guider le lecteur dans l’histoire.
Ce point de vue offre différents types de focalisations : fixe, variable ou multiple.
La focalisation interne fixe limite la perception de l’histoire à un personnage tandis que la focalisation variable permet de suivre des faits différents et inhérents à chacun des protagonistes. Finalement, plus longue à mettre en place mais certainement plus riche et plus forte, la focalisation multiple permet au lecteur de voir les mêmes évènements perçus par différents personnages.
# Le 29 janvier 2013 à 15:41, par Gilles Savaris En réponse à : Rapport entre l’image et les mots.
Tout ce qui est imagé pose la question du lien entre la représentation graphique et la signification réelle de celle-ci.
Il faut avoir les codes du langage afin de comprendre chaque image, puisqu’elle contient forcément une action, un lieu, un objet à décoder avec le langage.
Aussi, il convient d’admettre qu’une image n’est rien sans son signifiant textuel.
Évidemment, 99 % de la population a les outils afin de comprendre et analyser la majeure partie des choses basiques qu’elle voit. Seules quelques subtilités ou raretés sont plus difficiles à assimiler. Je pense notamment aux références historiques, mythologiques, culturelles qui peuvent échapper à chacun d’entre nous.
En l’occurrence, dans la série américaine que nous visionnons, A la Maison Blanche, la culture et le milieu différent dans lesquels évoluent les personnages sont un possible mur à la bonne compréhension du spectateur lambda, qui n’est pas forcément américain ou féru de politique.
Lorsqu’une personne lit, elle s’imagine l’action au travers des mots et de ce qu’ils signifient. Quelque chose d’imagé permet au spectateur de ne pas avoir à réaliser ce travail interne, ce qui lui laisse le temps de prêter un maximum d’attention au reste de l’image et des paroles.
# Le 29 janvier 2013 à 16:20, par Clothilde En réponse à : L’image
L’interprétation de l’image
Le sens donné aux images dépend du contexte dans lequel elles ont été créées. Plus elles sont éloignées du destinataire plus elles nécessitent de l’interprétation. C’est pourquoi, le sens de l’image dépend de son destinataire.
En sémiologie
Le rapport à l’image du destinataire mobilise divers codes, quasi universels qui s’attachent à la perception, à l’analogie, au contexte social etc.
Donc ses interprétations peuvent être différentes, dépendantes du sujet, de sa situation historique…
En effet, en publicité, les destinateurs s’attachent à multiplier les stratégies de lecture de l’image, en surchargeant les images de codes culturels, offrant ainsi une compréhension la plus large possible.
En iconologie
On lit les images dans un certain ordre, car dans chaque geste se trouve plusieurs niveaux de sens :
# Le 29 janvier 2013 à 17:31, par Jannis En réponse à : Focalisation et interpréation
Pour comprendre comment l’image véhicule les informations, une approche possible est d’étudier sa construction. Notez par ailleurs que le montage dans son ensemble et l’étude de son fil narratif relève d’une dimension plus globale, qui n’est pas abordée ici. Aussi, la signification des images et des sons d’un film comporte différents niveaux, et relève de la sémiologie et de l’iconologie. Ainsi, les pistes développées plus bas visent avant tout à conférer une base à l’analyse technique de l’image et du son.
Donc regardons de plus près la construction de l’image, à savoir, comment elle est située dans l’espace-temps. Par exemple, une image peut être faite d’un gros plan en contre plongée le temps d’un discours relatera notamment l’émotion et la conviction de l’orateur filmé. Une prise de vue qui prendra tout son sens une fois accompagnée du son. En l’occurrence, le discours lui-même ou une voix off qui le commente. Image et son sont donc complémentaires dans la construction du récit filmique. Description des différents assemblages de l’image et du son par la notion de focalisation :
Ces différentes focalisations placent ainsi le spectateur dans une situation donnée, un environnement spatio-temporel. Environnement au sein duquel il interprétera différemment ce qu’il voit et entend selon son origine culturelle. C’est donc ici que débute l’analyse des trois niveaux de signification : la signification primaire ou naturelle ; la signification secondaire ou conventionnelle ; la signification intrinsèque ou essentielle. Ce cheminement qui permet d’établir cette classification part des réactions que le spectateur retrouve chez lui, puis par celles de son environnement social et enfin celles du personnage filmé. Celles-ci prenant du sens aux yeux du spectateur lorsqu’il les intègre à l’histoire et au comportement du personnage filmé.