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Album

La Reine ChouChou d’ Alex Sanders

2007

Editions Gallimard jeunesse - Collection Giboulées.

Présentation de l’éditeur :

La Reine ChouChou c’est la reine des coiffures… Au Château Chignon, c’est chaque jour des heures passées autour de royales chevelures, pour rendre les souveraines plus belles que jamais. La Reine GuiliGuili se fait tresser des nattes, la Reine Jolie Jolie fait boucler ses beaux cheveux.
La Reine ChouChou est de loin la préférée des rois, avec ses coiffures follement excentriques…
La Reine ChipieChipie et la Reine Jolie Jolie, folles de jalousie, vont voler au Roi CraCra de vilains petits poux, pour discrètement les déposer dans la douce chevelure de Dame ChouChou…

Analyse de l’oeuvre proposée par Gwenaëlle Perry, professeur des écoles stagiaires (PE2) à l’IUFM du Pacifique.

Cet album peut être lu à l’école maternelle comme à l’école élémentaire, et pourquoi pas au moment de l’épiphanie, car c’est une histoire de rois et de reines, et quelques allusions sont faites à la galette et aux pâtisseries.

  • Résumé :

    Le texte commence par une présentation du personnage, l’héroïne de l’histoire (titre éponyme) et de son environnement, le château. Cette reine est remarquable pour son goût pour les coiffures extravagantes, et son château est en fait le salon de la région, où tous les souverains viennent se faire coiffer. Elle n’apparaît qu’en page 2, sous les traits d’une girafe ! Les autres personnages sont des animaux variés, dont les noms rappellent en général le caractère.
    La reine, pour la beauté de ses coiffures, est adulée de tous et rend jalouses ses rivales, qui imaginent un stratagème pour la ridiculiser : lui transmettre des poux. Malheureusement, tel est pris qui croyait prendre : elles en attrapent elles-mêmes, alors que la reine ChouChou parvient à s’en débarrasser grâce au « prince charmant » qu’elle rencontre : le roi PoiluPoilu, à qui elle offre une magnifique perruque pour le remercier.

    Au niveau des illustrations, plusieurs éléments du texte sont repris : château à pois comme la girafe, toits en chignons, couronnes. + commentaire perso.

    Les personnages :

    -  Le fait que les personnages apparaissent sous les traits d’animaux intéresse les enfants (rapprochement avec certains dessins animés qui leur sont familiers). Il y a distinction entre les personnages « gentils » (girafes) et les « méchants » (lions), chaque animal est choisi en fonction de ses caractéristiques (singe poilu, girafe gracieuse, lion féroce, lapin « zinzin » et cochon gourmand). On peut par exemple exploiter cela en demandant aux enfants d’associer divers animaux à des caractères : ils donnent des exemples, on écrit en dictée à l’adulte (renard → rusé) et ils doivent ensuite choisir quelques personnages listés pour inventer une brève histoire. On peut également reprendre ce travail sur les personnages en motricité, où chaque enfant peut mimer son animal. D’autres lectures d’histoires d’animaux doivent avoir été faites avant, que les enfants aient un minimum de références.

    -  Les animaux ont des noms doubles : ChouChou, PoiluPoilu, ZinZin, JolieJolie, GuiliGuili, MiamMiam, ChipieChipie, MiniMini, Cracra, en rapport avec leur caractère. Dans le prolongement du choix d’animaux, on peut demander aux enfants de leur inventer des noms sur ce modèle. Cela peut aussi être réexploité en phonologie, lorsqu’on répète une syllabe. La majuscule est réitérée, ce qui donne une certaine importance sociale aux personnages (ce sont tous des nobles). Ainsi, on les repère facilement dans le texte. Cela peut aussi permettre de poser la distinction entre noms propres et noms communs, et de faire remarquer l’importance de cette majuscule (en précisant bien sûr que la réitération est exceptionnelle et du bon vouloir de l’auteur, en aucun cas une généralité).

    Les références culturelles et linguistiques :

    Ce texte comporte de nombreuses références à l’univers des rois et des reines : le château, les couronnes, le blason, les coiffeurs serviteurs, la hiérarchie, la soie, le velours, le bal, les complots et jalousies de cour. Certains éléments peuvent rappeler les contes de fée que l’on peut relire à cette occasion pour se replonger dans cet univers et faire effectuer des comparaisons.

    Il y a aussi de nombreuses références à l’art culinaire : de nombreux termes sont employés : le chou (pâtisserie) repris dans le nom de l’héroïne, coiffure « pièce montée », coupe « Tutti Frutti », « dévorer des yeux ». Certaines illustrations font également penser à des gâteaux (le château). On peut l’exploiter en répertoriant d’autres noms de gâteaux ou pâtisseries et en essayant d’imaginer une coiffure, ou des noms de coiffures imagés (choucroute, haut de forme, melon). On peut également lire le texte sans montrer l’image et faire dessiner (imaginer ce que c’est). Ceci peut être vrai aussi pour les animaux : lire le texte sans montrer les images et demander de choisir l’animal approprié.

    Des allusions sont présentes, difficilement accessibles aux enfants : « Château chignon » (Château Chinon), « mille et une » (mille et une nuits), « le lac des cygnes » (ballet), que l’on doit expliquer car elles renforcent la thématique.

    Des Jeux de mots en rapport avec les cheveux sont également présents : « cheveu sur la langue », « dresser les cheveux sur la tête », « royale tignasse », « comme un cheveu sur la soupe », « s’arracher les cheveux ». On peut également travailler là-dessus en demandant aux enfants quelles expressions imagées ils connaissent, sans être trop exigeant s’il s’agit de grandes sections.

    Le registre de langue employé est également adapté aux situations, ce qui peut être remarqué par les enfants, il faudra en tout cas le leur faire remarquer…langage châtié au début, plus familier à la fin, lorsque les actions sont moins nobles.

    -  Zozotement dans les paroles de la reine, qui a un « s’veu » sur la langue ;

    -  Grognements dans les propos du roi PoiluPoilu, individu primaire, et langue moins châtiée et raffinée lorsque ce personnage intervient ;

    -  Langue adaptée à l’action ou au contexte (raffiné ou non).

    La trame de l’histoire :

    C’est un conte, avec situation initiale, élément perturbateur, quête et retour à la situation initiale. On y retrouve le héros, des opposants (2 reines jalouses), des adjuvants (les copines et les rois).
    Ce conte peut être rapproché d’autres contes du même type (de fées ou des 1001 nuits) et être travaillé en réseau.