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La nouvelle

vendredi 15 mars 2013

Les nougats

La démarche en classe pour la Nouvelle :

La démarche pédagogique consiste à la lecture de plusieurs histoires qui vont porter sur des débats d’interprétations. L’enseignant peut faire alterner ces lectures entre les élèves et lui-même, favoriser des discussions (mise en débats sur les différentes interprétations), ainsi que mettre en voix et en situation d’écriture. Cette activité peut favoriser le passage du réel dans l’imaginaire, découvrir la nouvelle, apprécier la lecture, commencer à développer l’esprit critique des enfants.
Dans cette séquence de La Nouvelle, l’enseignant va privilégier la compréhension de la nouvelle, la rédaction, les différents registres de langue et la conjugaison. Ces différentes études vont être mises en avant dans plusieurs nouvelles qui seront étudiées. La nouvelle est en lien avec plusieurs points précis du programme officiel comme lire à haute voix avec fluidité, repérer dans un texte des informations explicites en s’appuyant en particulier sur le titre, l’organisation et le vocabulaire mais également les différents termes désignant un personnage. De plus, est mis en avant le repérage des éléments spatio-temporels et la compréhension du texte par la restitution à l’oral ou à l’écrit de l’essentiel du texte.

Livre « "Projet lecteur" » (de 8 à 12 ans) à la page 58, chapitre La nouvelle.

Présentation de la nouvelle :

Il s’agit d’un texte à la première personne. "Je" désigne un enfant, le personnage principal qui raconte ses aventures. De ce fait, le lecteur s’identifie à lui, se met à sa place et partage ainsi ses angoisses et ses émotions au fil du récit : l’excitation des vacances, la joie d’aller contre les recommandations des parents, la fierté d’avoir réussi un plan, la panique, le sentiment d’abandon et les pleurs, le réconfort et le soulagement.

On ne sait rien de l’enfant, ni son nom, ni son âge ni son physique.

On ne sait rien de la famille en général, ni le nom des parents, il est juste noté "papa et maman".

Il n’y a donc que cinq personnages qui rentrent en compte dans cette nouvelle : l’enfant, son papa, sa maman puis les deux figurants qui viennent en aide au jeune garçon : un vacancier qui est décrit physiquement cette fois ci : "Un gros monsieur en short, avec des jambes toutes blanches et poilues" et un motard de la police. L’importance de la narration est donc fondée sur l’action elle même et non sur ses personnages.

Le lieu où se passe l’action n’est pas décrit, on sait juste qu’ils sont sur une aire d’autoroute en direction de la ville "Montélimar-nord ou sud". Il s’agit du savoir flou d’un enfant face au monde des adultes. les plaisirs comme les bonbons, la mer et les jeux sont des sujets que retiennent l’enfant et tous ceux en général à cet âge là.

Les différents sujets de la nouvelle :

- Un sujet léger :
La nouvelle se passe pendant les grandes vacances d’été : la chaleur, l’approche des vacances (aire d’autoroute) lors d’un voyage sont autant de sujets qui émerveillent les enfants et leur font penser à des souvenirs de vacances avec leur parents. Thème des vacances, du voyage : "les vacances au soleil", "pleine de mer, de matelas pneumatiques et de masques de plongée", "Montélimar", "chaleur", "sandales", "plein soleil", "qui fondaient au soleil".

- Un sujet familier :
Il s’agit d’un sujet bien connu pour les enfants : des lieux de la vie courante que les enfants pourront reconnaitre "l’autoroute", "la boutique de la station-service", "auchan, mammouth et euromarché" trois noms de grandes enseignes de supermarché pour que l’enfant reconnaisse au moins l’un de ces lieux comme celui où il va faire les courses avec les parents. L’enfant doit se sentir en harmonie avec l’histoire, il ne doit pas se demander "quel est ce lieu ?"

- Un sujet angoissant :
Celui de l’abandon de l’enfant par ses parents. Angoisse très courante chez les enfants : il est souvent le symbole d’une fantaisie magique, d’une impertinence ou d’une naïveté insouciante liée à l’enfant. La peur doit être évoquée, stimulée pour montrer à l’enfant lecteur que tout problème a ses résolutions. Thème de la peur panique, de l’angoisse d’un abandon : "J’ai cherché. j’ai couru. J’ai recherché. Et j’ai pleuré, assis sur le goudron" gradation de la peur, l’enfant commence à chercher, à s’affoler en courant puis à insister dans sa recherche et pleure en vain de ne pas aboutir. il s’agit de la peur de rester seul dans un lieu loin de tout (l’air d’autoroute est bien souvent loin du foyer) et de ses proches. "Et je me suis mis à hurler", "le cauchemar. l’abandon". Le narrateur évoque aussi l’histoire tragique du petit poucet, abandonné volontairement par ses parents. Ainsi, l’enfant sent monter l’angoisse qu’apporte ce récit. La peur de se retrouver seul face à des adultes inconnus, la perte des points de repère rentrent en jeu.

- Un sujet plein d’allegresse :
L’enfant retrouve ses parents disparus, le soulagement remplace la panique "en pleurant, en me salant tout le visage." Les pleurs de la mère et de l’enfant traduisent l’émotion que connaissent les personnages. Pleurs de tristesse au début, pleurs de joie à la fin.

- Un sujet qui se veut comparatif :
Comparaison volontaire de deux plaisirs : d’un coté un plaisir dressoir et simple, celui de la gourmandise (les nougats) et de l’autre, un sujet important dans la vie de l’enfant et de l’adulte, celui de la présence parentale (les parents.) Les deux sujets sont ainsi assimilés, lorsque le garçon perd ses parents, il perd également ses nougats fraichement achetés qui fondent au soleil. Lorsque ses parents reviennent, le père rachète une autre boite de nougats. Les deux plaisirs sont retrouvés et liés.

Les différentes parties :

1- Le sujet est mis en place : le lieu "montélimar, l’autoroute, le voyage en voiture", le personnage principal est un enfant, nous avons sa vision des choses.
Les parents sont présents.

2- Le premier désir : L’arrêt sur l’aire d’autoroute, le désir premier de l’enfant est celui d’acheter une boîte de nougat dans le dos de ses parents sur l’aire d’autoroute. Désir accompli.

3- La panique : le plaisir accompli à l’achat de la boite de nougat est remplacé par la perte des parents. Panique, angoisse nouvelle de l’abandon.

4- L’aide extérieure : le vacancier cherche à comprendre, le motard policier est rassurant et tout les vacanciers entourent l’enfant, le rassurent et se révoltent contre ses parents.

5- les retrouvailles : fin heureuse, les parents reviennent vers l’enfant, ils lui rachètent une boite de nougat, deux plaisirs retrouvés.

Objectifs de l’auteur :

A travers sa nouvelle "Les Nougats", l’auteur Claude Gutman évoque une peur bien connue chez les jeunes enfants : l’abandon des parents dans un endroit reculé de tout. L’action est bien réelle et moderne, elle se déroule sur une aire d’autoroute en France en plein été. En utilisant la première personne du singulier afin de faire parler l’enfant, l’auteur partage facilement ses émotions, ses pensées et ses craintes. Il s’agit d’un procédé courant pour tenir en haleine les enfants. Ces derniers s’inquiètent pour l’enfant protagoniste mais se rendent vite compte que les parents perdues sont retrouvés.
Il veut montrer que les peurs basiques de cet âge là : les cauchemars, les monstres sous le lit, les fantômes, les araignées ou ici l’abandon ne sont que des fantasmes ou des croyances naïves chez l’enfant. Au final la peur est différente selon les âges mais elle est tout de même partagée entre les parents et leur enfant. L’enfant a su mettre ses parents face à leur contradiction. L’interdiction de manger des nougats est bien vite levée face à une telle peur d’abandon.

La démarche pédagogique des Nougats :

La démarche pédagogique des Nougats consisterait à étudier plusieurs points fondamentaux lors d’un cours de français d’élèves âgés de 8 à 12 ans.
Tout d’abord, l’instituteur demanderait à ses élèves de lire silencieusement l’intégralité de la nouvelle avant de leur faire lire une phrase à tour de rôle et à voix haute. Ce travail effectué, l’instituteur pourrait alors les questionner sur leur ressentis et leur réaction face à cette histoire, notamment au niveau de l’angoisse d’un abandon et du soulagement ressenti par le protagoniste à la fin de la nouvelle.
De plus, une expression orale peut être mise en place afin de leur apprendre à donner une opinion personnelle sur un sujet en particulier. Les questions pourraient être : "qu’auriez-vous fait à la place de l’enfant ? Auriez-vous désobéi à vos parents afin d’acheter le nougat tant désiré ou auriez-vous attendu dans la voiture comme il était recommandé ? Etait-ce pour vous une bonne idée de désobéir ?"
Afin d’améliorer l’expression écrite des élèves ; l’instituteur proposerait plusieurs travaux comme celui de révéler les différents thèmes de la peur, de la joie, des vacances ; pour ensuite imaginer une fin différente de l’initiale. ceci permettrait de développer l’imagination littéraire de l’élève.
L’instituteur pourrait ensuite s’intéresser sur un bref passage en particulier qu’il donnerait en autodictée à ses élèves. Cela contribuerait à effectuer un travail de mémorisation de ces derniers.
Le travail final serait fondé sur un aspect plus technique, celui de la conjugaison des verbes et de la grammaire.