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Le grand méchant livre

De Catherine Leblanc et Charlotte des Ligneris

lundi 17 février 2014

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Le petit chaperon rouge est une éternelle source d’inspiration, et à lire cet album, on ne s’en lasse pas !

Un mot d’abord sur les illustrations. Réalisées aux crayons de couleur, elles ont une élégance simple et une fraîcheur qui font plaisir à l’œil. L’on imagine aisément que les enfants (et les adultes !) auront envie de sortir leurs crayons pour tenter d’en faire autant !

Quant au jeu avec le conte initial, il est, on s’en doute, permanent. À commencer par le fait que le héros, dans cette folle histoire, c’est peut-être le livre, que la petite Amélie Mélo promène avec elle. L’un des messages fort de l’album, c’est en effet que la lecture est une arme de défense. Ce thème n’est guère nouveau dans la littérature de jeunesse, mais il trouve une véritable fraîcheur dans l’album à travers l’attitude des personnages qui ne cessent de jouer et d’en jouer. Être une lectrice avertie, ça ne produit que du bon !

Pistes de travail en classe :

- Théâtraliser : partir d’un travail de l’illustration sur les expressions du loup. Il y a tout un travail à faire en classe sur le thème de l’émotion, du ressenti, qui pourrait aller jusqu’au jeu théâtral avec les enfants, tant cet album se prête à une théâtralisation. Les rencontres avec le loup sont autant de saynètes qui se prêtent bien au jeu dramatique en classe, ce qui est un excellent moyen de s’approprier la langue littéraire.

- Le langage : la petite fille en rouge est astucieuse et ingénieuse et cela se voit, entre autre, dans sa manière de s’exprimer : par ses mots, elle fait fuir le loup et le dissuade de s’emparer d’elle. Ainsi, elle lance à la figure du loup que sa grand-mère lui a donné « de la barbouillasse de cornichons et de la poissonnette d’andouillette ! » Les créations lexicales abondent dans l’album et viennent appuyer les effets du comique de situation.

- Le livre : il y a un effet de jeu et de mise en abyme entre le conte initial et cet album, effet marqué par cette main qui nous plonge dans les codes du texte que l’auteur s’est plu à inverser : c’est la petite fille qui est menaçante, c’est le loup qui s’étonne de ce qu’elle a une grande bouche, des grandes oreilles et de grands yeux. Cela peut être l’occasion de discuter avec les élèves sur ce que cela signifie être lecteur .... La mise en abyme est explicite dans certaines illustrations :

- Vers l’interprétation littéraire … Si le vrai héros, dans cette histoire, c’est le livre, en quoi est-il, comme le suggère le titre, un « grand méchant livre » ? Il serait intéressant, en classe, de débattre sur ce point dans le cadre du travail de l’oral.