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Roman

Le jeu des cent robes d’Eleanor Estes

2003

Wanda Petronski, petite fille timide, vit à Boggins Heights, un endroit pauvre d’une petite ville des états-Unis. Elle est toujours vêtue de la même robe propre mais délavée. Toutes ses camarades de classe adorent se moquer d’elle depuis qu’elle a déclaré qu’elle possède chez elle cent robes, en soie et de toutes les couleurs. Peggy et Maddie ne comprennent pas comment elle peut raconter de tels mensonges. Maddie a parfois quelques remords mais elle préfère que l’on se moque de Wanda plutôt que d’elle, qui n’est pas bien riche non plus. Lorsque Wanda gagne le concours de dessin avec ses croquis de cent robes plus magnifiques les unes que les autres, les enfants réalisent leur erreur et leur méchanceté. Mais la petite polonaise a déjà quitté la ville depuis quelques jours. Peggy et surtout Maddie, pleines de remords, essaient de la contacter. Quelques temps après, Wanda écrit à l’institutrice, lui demandant d’offrir ses dessins aux filles qui se sont tant moquées d’elle et leur pardonnant ainsi toutes leurs méchancetés passées.

Un roman bouleversant sur la pauvreté et l’intolérance.
Une écriture fine et délicate.

(notice de l’éditeur)


Ce roman permet d’aborder les thèmes de la pauvreté et de l’exclusion, qui seront le fil conducteur des activités proposées ici.
La narration fait l’objet d’un jeu complexe qui permet de nombreuses activités pédagogiques. L’objectif est de donner aux élèves les outils d’analyse et surtout de lecture du genre romanesque.


Vérifier la compréhension :

Questionnaire de lecture

1/ où se déroule l’histoire au début du roman ?

2/ Quels sont les deux personnages qui se sont aperçus de l’absence de Wanda Petronski ?

3/ Pourquoi Peggy et Maddie sont-elles en retard le matin à l’école ?

4/ Combien de paires de chaussures prétend posséder Wanda ?

5/ Pourquoi Peggy n’était-elle pas vraiment cruelle ?

6/ Pourquoi Maddie n’ose-t-elle pas dire qu’il faudrait cesser de se moquer de Wanda ?

7/ Qui a inventé « le jeu des cent robes » ?

8/ En quoi consiste-t-il ?

9/ Qui a une belle robe rouge neuve ?

10/ Quel concours est organisé à l’école de Wanda ?

11/ Qui remporte ce concours et pourquoi ?

12/ Pourquoi Wanda ne vient-elle plus à l’école ?

13/ Comment les élèves et la maîtresse apprennent-ils la nouvelle ?

14/ Quelles raisons le père de Wanda invoque-t-il pour justifier leur départ ?

15/ Pourquoi Maddie et Peggy tentent-elles de retrouver Wanda ?

16/ Quelle surprise les attend à la fin de l’année ?

Réponses

1/ à l’école
2/ l’institutrice et le gros Bill Byron
3/ parce qu’elles attendent Wanda sur le chemin de l’école.
4/ une soixantaine
5/ parce qu’elle protégeait les petits et ne supportait pas que des animaux soit maltraités.
6/ Parce qu’elle aussi est pauvre et qu’elle craint que les moqueries se retournent contre elle.
7/ Peggy
8/ il consiste à demander à Wanda combien de robes elle possède et ensuite à se moquer d’elle.
9/ Cécile
10/ un concours de dessins.
11/ Wanda parce qu’elle a dessiné cent robes superbes.
12/ parce qu’elle a déménagé


JEU de VOCABULAIRE

Trouve la signification des expressions en caractères gras

1/ wanda racontait qu’elle avait une centaine de robes. Les autres filles la laissaient alors s’emballer.

a) elles laissaient Wanda emballer ses robes dans du papier.
b) elles la laissaient raconter avec enthousiame.
c) elles la laissaient toute seule.

2/ Les filles se mettaient à ricaner d’un air railleur.

a) d’un air moqueur.
b) d’un air étonné.
c) d’un air indifférent.

3/ Elles l’entraînaient avec elles le reste du chemin, en s’arrêtant régulièrement pour lui poser d’autres questions incrédules.

a) d’autres questions difficiles.
b) d’autres questions méchantes.
c) sans croire ce que Wanda répondra.

4/ Petit à petit, le groupe se désagrégeait en riant et les filles s’éloignaient deux par deux.

a) le groupe se séparait.
b) le groupe restait à la même place.
c) le groupe faisait un bruit épouvantable.

5/ Elle revoyait Wanda et sa petite robe bleue délavée

a) mal lavée
b) aux couleurs ternes à force d’être lavée
c) trempée.

6/ Lentement, à dessein, l’institurice remonta ses lunettes.

a) volontairement
b) sans y penser
c) en dessinant

Réponses :

1/ b
2/ a
3/ c
4/ a
5/ b
6/ c


Les lieux de la pauvreté.

Dès le début du roman, deux clans se distinguent dans la classe. Les deux moitiés de la salle symbolisent une division sommaire des classes sociales entre les riches et les pauvres. Il en va de même des quartiers de la ville.

On peut donc commencer par demander aux élèves de répérer les descriptions de ces lieux.

Celle de la classe se trouve dès la première page :

« C’était le coin de la salle où se trouvaient les garçons bagarreurs qui n’obtenaient jamais de bonnes notes sur leur carnet scolaire ; le coin de la salle où se décochaient le plus de coups de pied, où les rires provoqués par la moindre plaisanterie étaient les plus sonores, où le sol était le plus sale et le plus boueux. »

Un peu plus loin, la narratrice émet l’hypothèse que les enfants occupant cette place sont ceux qui ont de la boue sur leurs chaussures, boue qu’ils ramènent des mauvais quartiers : Boggins Heights.

On peut demander à la classece qui distinguent les élèves entre eux dans le roman : un comportement qui n’est pas celui d’élèves "modèles", et de la boue aux chaussures. On poursuit ce travail avec les descriptions du quartier « Boggins Heights ». On fait relever ce qu’il y a d’inquiétant dans ces lieux, on étudie comment cette inquiétude est traduite dans les mots :

- C’est un quartier isolé qui est situé en hauteur.

- L’expression retenir son souffle p.14. Il faudra expliquer que cette expression désigne la crainte éprouvée en soulignant les manifestations physiques de cette crainte. On pourra aussi faire écrire une phrase en utilisant l’expression.

- Le personnage de Svenson : il apparaît comme un personnage inquiétant. Son portrait et la description de sa maison soulignent en fait sa pauvreté. On demande aux élèves de repérer les adjectifs qualificatifs qui le caractérisent : vieux, (saleté) repoussante, seul. Il s’agit bel et bien du vocabulaire de l’exclusion. On demande aux élèves d’expliquer l’attitude des gens face à ce personnage (voir p. 15).

Education à la citoyenneté : on peut débattre de ce problème de l’exclusion avec les élèves en leur demandant comment ils réagiraient s’ils rencontraient Wanda ou monsieur Svenson, ou s’ils étaient témoin du jeu des cent robes.


L’accord des adjectifs qualificatifs :

Rappel

L’ adjectif’ qualificatif’ s’accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.

Exemples :

1/ A l’évidence, la seule robe que possédait Wanda, c’était la bleue qu’elle portait tous les jours.

SEULE et BLEUE sont au féminin singulier car ils qualifient le nom « robe » qui est lui même un nom féminin au singulier. Pour marquer le genre féminin, on ajoute un _E à la terminaison des adjectifs.

2/ Maddie passa la main dans ses courts cheveux blonds, comme pour repousser ces pensées désagréables.

COURTS et BLONDS sont au masculin pluriel car ils qualifient le nom cheveux qui est un nom masculin ici au pluriel. Pour marquer le nombre pluriel, on ajoute un _ S à la terminaison des adjectifs.

DESAGREABLES est au pluriel. Il qualifie « pensées ». Désagréable peut être au féminin ou au masculin, il s’écrit toujours de la même manière :

Cette pensée est désagréable.
Ce chemin est désagréable.

Exercices

Accorde les adjectifs entre parenthèses comme il convient :

a) Elle était la (meilleur) amie de Peggie.
b) Les (seul) fois où elle parlait, c’était de ses cent robes, dans la cour.
c) Maddie espérait vraiment que Peggie gagne. Non seulement elle l’espérait, mais elle en était (sûr).
d) Wanda a réalisé une centaine de modèle tous (différent) et tous (magnifique).
e) Tout le monde l’écouta attentivement quand elle lut la (court) missive.
f) Elle se sentit (malheureux), regrettant l’époque où tout était (facile).

Réponses :

Meilleure ; seules ; sûre ; différents ; magnifiques ; courte ; malheureuse ; facile.


La notion de point de vue

Cette étude doit être abordée après la lecture intégrale de l’œuvre.

Au chapitre 3, Peggy tente de se rappeler le jour où le « jeu des cent robes » a commencé.

On peut proposer aux élèves de lire l’extrait p. 24 depuis « comment avait donc démarré le jeu des cent robes ? se demanda-t-elle. » jusqu’à la page 27 : « Car ce jours-là, elle avait cours de danse. »
Cet extrait est très intéressant car il est à l’image d’un procédé d’écriture récurrent dans le roman : le changement de narrateur.

(p. 26 : une image offrant un autre point de vue : celui d’un regard extérieur, correspondant au narrateur externe dans un récit.)

Repérer, observer

Il serait utile de commencer par faire observer qu’au début du chapitre 3, l’attention est focalisée sur un seul personnage, Maddie qui, assise à son bureau, « ne parvenait pas à se mettre au travail. » (p. 23) Un peu plus loin sur la même page on lit : « Et en plus elle n’arrêtait pas de penser à Wanda. » Ainsi dès la première page, le narrateur externe, celui qui sait tout sur les personnages, nous entraîne progressivement dans les souvenirs de Wanda.

Dans le passage retenu, quelles expressions annoncent que le point de vue du récit est celui de Maddie ? Concrètement, il s’agit de faire relever les phrases ou les expressions qui annoncent que la scène est décrite par Maddie :
« il était difficile de s’en souvenir »
« Ah oui. Elle s’en souvenait. »
« Brusquement, Maddie revit la scène en un éclair. »

Les deux verbes importants pour l’analyse de cet extrait sont « se souvenir » (verbe qui d’ailleurs est répété plusieurs fois) et « revoir ». Le verbe se souvenir fait référence à l’intériorité du personnage. On fera ainsi comprendre aux élèves que Maddie est en train de se souvenir, et que c’est de cette opération de l’esprit qu’il est ici question.

Le verbe revoir est de la même famille que voir. Que voit ou revoit Maddie ? On demande aux élèves de relever un passage descriptif. A la page 25, nous trouvons une longue description des robes, avec de nombreux adjectifs de couleurs. Ce que retient la petite fille, ce sont justement toutes ces couleurs, toute la magnificence des vêtements.

Il y a un personnage au centre de ce récit, c’est Cécile, la petite fille à la robe neuve. L’image de la page 26 explicite cela : Cécile est entourée par un groupe de fillettes dont les regards convergent sur elle et sa robe neuve.

Activité d’écriture

Transposer cette scène en changeant de point de vue. Le point de vue adopté pourra être celui de Cécile, racontant l’accueil que ses amie lui ont fait ; ou bien celui de Wonda, qui regarde cela extérieurement avant de s’immiscer dans le groupe.


JEU de VOCABULAIRE

Trouve la signification des expressions en caractères gras

1/ wanda racontait qu’elle avait une centaine de robes. Les autres filles la laissaient alors s’emballer.

a) elles laissaient Wanda emballer ses robes dans du papier.
b) elles la laissaient raconter avec enthousiame.
c) elles la laissaient toute seule.

2/ Les filles se mettaient à ricaner d’un air railleur.

a) d’un air moqueur.
b) d’un air étonné.
c) d’un air indifférent.

3/ Elles l’entraînaient avec elles le reste du chemin, en s’arrêtant régulièrement pour lui poser d’autres questions incrédules.

a) d’autres questions difficiles.
b) d’autres questions méchantes.
c) sans croire ce que Wanda répondra.

4/ Petit à petit, le groupe se désagrégeait en riant et les filles s’éloignaient deux par deux.

a) le groupe se séparait.
b) le groupe restait à la même place.
c) le groupe faisait un bruit épouvantable.

5/ Elle revoyait Wanda et sa petite robe bleue délavée

a) mal lavée
b) aux couleurs ternes à force d’être lavée
c) trempée.

6/ Lentement, à dessein, l’institurice remonta ses lunettes.

a) volontairement
b) sans y penser
c) en dessinant

Réponses :

1/ b
2/ a
3/ c
4/ a
5/ b
6/ c