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Le passé simple ... pas si simple !

2002

Extrait de LES BIJOUX de Maupassant.

Il chercha longtemps dans le tas de clinquant qu’elle avait laissé, car jusqu’aux derniers jours de sa vie elle en avait acheté obstinément, rapportant presque chaque soir un objet nouveau, et il se décida pour le grand collier qu’elle semblait préférer, et qui pouvait bien valoir, pensait-il, six ou huit francs, car il était vraiment d’un travail très soigné pour du faux.
Il le mit en sa poche et s’en alla vers son ministère en suivant les boulevards, cherchant une boutique de bijoutier qui lui inspirât confiance.
Il en vit une enfin et entra, un peu honteux d’étaler ainsi sa misère et de chercher à vendre une chose de si peu de prix.
- Monsieur, dit-il au marchand, je voudrais bien savoir ce que vous estimez ce morceau.
L’homme reçut l’objet, l’examina, le retourna, le soupesa, prit une loupe, appela son commis, lui fit tout bas des remarques, reposa le collier sur son comptoir et le regarda de loin pour mieux juger de l’effet.
M. Lantin, gêné par toutes ces cérémonies, ouvrait la bouche pour déclarer : "Oh ! je sais bien que cela n’a aucune valeur," - quand le bijoutier prononça :
- Monsieur, cela vaut de douze à quinze mille francs ; mais je ne pourrais l’acheter que si vous m’en faisiez connaître exactement la provenance.

Observer - le professeur guide le groupe-classe d’un bout à l’autre pour ce travail :

1- Relever les verbes qui indiquent une action : indiquer tout ce que fait le personnage dans cet extrait.

2- Conjugaison : classer les verbes au passé simple par groupes et conjuguer l’un d’eux pour chaque groupe.

3- Comparer les temps : quel est le temps des verbes de la dernière phrase ? Qu’indique la conjonction si ? Quelle est la valeur de ce temps ?

4- Relever et analyser les temps des verbes dans le dialogue. -> mettre en valeur le présent d’énonciation.

Appliquer

Réécrire le texte suivant au passé en utilisant le passé simple et l’imparfait :

Elles sont pauvres et honorables, tranquilles et douces. La jeune fille semble le type absolu de l’honnête femme à laquelle le jeune homme sage rêve de confier sa vie. Sa beauté modeste a un charme de pudeur angélique, et l’imperceptible sourire qui ne quitte point ses lèvres semble un reflet de son coeur.
Tout le monde chante ses louanges ; tous ceux qui la connaisse répétent sans fin : "Heureux celui qui la prendra. On ne pourrait trouver mieux."
M. Lantin, alors commis principal, au ministère de l’Intérieur, aux appointements annuels de trois mille cinq francs, la demande en mariage et l’épouse.
Il est avec elle invraisemblablement heureux. Elle gouverne sa maison avec une économie si adroite qu’ils semblent vivre dans le luxe.

D’après Les Bijoux de Maupassant.

Aide à la traduction :

Version espagnole

Rebuscó entre las muchas joyas de su esposa -la cual hasta los últimos días de su vida estuvo comprando, adquiriendo casi cada tarde una joya nueva-, y por fin se decidió por un hermoso collar de perlas que podía valer muy bien -a juicio de Lantín- dieciséis o diecisiete francos, pues era muy primoroso, a pesar de ser falso.

Se lo metió en el bolsillo y, de camino para el Ministerio, siguiendo los bulevares, buscó una joyería cualquiera.

Entró en una, bastante avergonzado de mostrar así su miseria, yendo a vender una cosa de tan poco precio.

- Caballero -le dijo al comerciante-, quisiera saber lo que puede valer esto.

El joven tomó el collar, lo examinó, le dio vueltas, lo tanteó, cogió una lente, llamó a otro dependiente, le hizo algunas indicaciones en voz baja, puso la joya sobre el mostrador y la miró de lejos, para observar el efecto.

Lantín, molesto por aquellas prevenciones, se disponía a exclamar : "¡Oh, ya sé que no vale nada !", cuando el comerciante dijo :

- Caballero, esto vale de doce a quince mil francos ; pero no puedo adquirirlo sin conocer su procedencia.

El viudo abrió unos ojos enormes y se quedó con la boca abierta. Por fin, balbució :

- ¿Está usted seguro ?...

El otro, atribuyendo a otra causa la sorpresa, añadió secamente :

- Puede ver si alguien se lo paga mejor ; para mí, vale sólo quince mil francos.