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Le théâtre de la tragédie

jeudi 23 janvier 2003

Le théâtre de la tragédie

De nombreuses expressions empruntées à l’univers du théâtre servent à décrire la tragédie des camps.

  • p.22 « Nous voici maintenant au deuxième acte. » ;
  • p.23 « je suis convaincu que tout cela n’est qu’une vaste mise en scène pour nous tourner en ridicule et nous humilier, après quoi c’est clair, ils nous tueront » ;
  • p.24 « Il nous semble assister à quelques drames extravagants, un de ces drames où défilent sur scènes les sorcières, l’Esprit Saint et le démon. »
  • p. 46 « …C’est fini. Le dernier wagon est passé et, comme au théâtre lorsque le rideau se lève, voici que surgissent sous nos yeux la pile de poutrelles en fonte, le Kapo debout dessus sa baguette à la main, et les silhouettes efflanquées des camarades qui vont et viennent, deux par deux. »
  • p.52 « C’est une mise en scène pour se moquer de nous. »

    Le lieu et les objets de cette tragédie ont toujours une signification. Chaque endroit et chaque objet symbolisent et rappellent une souffrance.

    La tragédie s’achève au dernier chapitre ; le Lager a des allures d’apocalypse : « il montrait déjà les signes de la décomposition. (…) des fenêtres et des portes éventrées battaient au vent, des morceaux de tôles arrachées au toit grinçaient, et les cendres de l’incendie volaient au loin très haut dans les airs. »

    Les objets :

    Les chaussures : chaque victime se voit dépossédé de ses chaussures, dans un univers marqué par une absurdité cruelle : « arrive un type avec un balai, qui pousse toutes les chaussures dehors, en tas. Il est fou, il les mélange toutes, quatre-vingt-seize paires : elles vont être dépareillées. » (p22). Voir aussi p.26 : « Ces choses-là font partie de nous presque autant que les membres de notre corps, et il n’est pas concevable en ce monde d’en être privé, qu’aussitôt nous ne trouvions à les remplacer par d’autres objets, d’autres parties de nous-mêmes qui veillent sur nos souvenirs et les font revivre. »

    Les lieux :

    Le train, c’est le signe du départ vers l’enfer, et c’est déjà un enfer en lui-même.

    L’infirmerie - le K.B. : le lieu de la prise de conscience.