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Roman

Le trésor de Cannelle d’Anne Duvert illustrée par Béatrice Giffo

2007

Publié aux Editions Buissonnières en 2006.

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Présentation du roman :

Dans ce roman, nous retrouvons Cannelle, l’héroïne de Cannelle et le lutin. Là encore, il lui arrive des aventures extraordinaires. Par hasard, la jeune fille découvre un morceau de flèche ayant appartenu au médiéval chevalier Frater. Cet objet insolite la mènera avec ses amis à la découverte d’un trésor. Mais cette découverte ne serait rien sans l’intervention de Léo, dont la personnalité attachante attire peu à peu l’attention du lecteur. En effet, Léo se démarque dès le début du roman et la romancière invite son lecteur à s’habituer peu à peu à ses curieuses manières, comme le font les autres personnages de l’histoire : « le groupe d’enfants avait l’habitude des particularités de leur copain, et veillait sur lui ». Mais qui est Léo ? Au fil du roman, nous découvrons un jeune garçon qui parle avec sérieux, n’aime pas la brusquerie, et s’échappe parfois dans son monde pour en revenir plus sérieux encore.
Léo a un grand sens de l’observation : il voit ce que les autres ne voient pas… Il marche sur les traces du chevalier Frater et perce les mystères de ses inventions. Léo a-t-il un sixième sens ? Peut-être ! En tout cas, en lisant Le trésor de Cannelle nous apprenons à découvrir un enfant autiste et à vivre avec lui. Car tout comme Cannelle, Kévin, Marie, Yaëlle et Julien, Léo participe à cette aventure entre amis qui se déroule pendant les vacances scolaires. Il y prend part à sa façon et l’enrichit, sauf pour ceux qui sont aveugles et ne s’attachent qu’aux apparences, comme ces mauvais garçons qui enferment le groupe de jeunes dans une grotte…
Léo vit mal les agressions et y fait face péniblement, dévoilant ainsi une sensibilité exacerbée et touchante. Plus nous avançons dans le roman, plus nous comprenons les réactions de cet enfant autiste. A la fin du volume, nous trouvons des explications supplémentaires sur l’autisme et nous apprenons qu’il existe différentes formes d’autisme. Le petit Léo du roman est un enfant autiste Asperger. Il communique avec son entourage, mais doit faire des efforts pour s’adapter aux règles de la vie en société. Il a aussi « une excellente mémoire, il aime la musique, les mathématiques, les sciences, la physique et la géométrie. » (page 95).

Le roman est réellement passionnant et très bien écrit. C’est une histoire pleine de mystères et de poésie qui captivera les petits et les grands lecteurs. Le monde médiéval y côtoie notre époque moderne, la féérie se frotte à la réalité et l’autisme se mêle au quotidien de l’enfance.
D’ailleurs, peut-on parler d’enfance au singulier ? La romancière, sans doute, mêle son enfance à celle des enfants qu’elle connaît et de ceux qu’elle imagine. Et c’est tout un monde qui se dévoile page après page. De la conquête de l’autonomie à la soif des découvertes, Le trésor de Cannelle nous invite à réfléchir sur ce qui est important. C’est quoi, un trésor ? A-t-on chacun le sien ? Qu’est-on prêt à faire pour le découvrir ? Se découvrir ?

Pistes pédagogiques :

  • L’étude du thème de l’autisme pourra s’intégrer à celle des autres thèmes du roman pour bien montrer que l’enfant autiste peut s’intégrer à la vie des autres si on lui fait une place. A la fin de la lecture intégrale on pourra cependant faire un bilan sur l’autisme, en relevant dans le roman les indications qui nous sont données sur le comportement de Léo, comme par exemple à la page 59 où l’agressivité des autres le bouleverse : « Un long cri rauque jaillit de sa gorge, plus pathétique que le râle d’un animal blessé, un hurlement de désespoir qui n’en finissait pas. » A la page 79, le mouvement du corps succède à la détresse de la voix : « Léo s’était figé ; seules ses mains étaient agités de tremblements nerveux. » On pourra ensuite faire une recherche documentaire avec les élèves, recherche qui pourra aboutir à des panneaux d’informations accrochés sur les murs de l’école (BCD ou CDI par exemple).
    C’est le débat à l’oral qui sera cependant privilégié pour aborder les problématiques de l’autisme, tant dans une perspective de débat philosophique que du point de vue de l’éducation civique sur le droit à l’éducation pour touts.
  • Le chevalier Frater : c’est l’occasion de parler du moyen-âge et de travailler sur les champs lexicaux médiévaux ;
  • Arts plastiques : fabriquer des rouleaux comme ceux qui sont évoqués au chapitre 7. Pour rester dans l’esprit du roman, on demandera aux élèves de rechercher dans le chapitre toutes les informations qui leur seront utiles pour confectionner les rouleaux.
  • Le thème de la violence : là encore, un débat utile à l’éducation civique pourra être mis en place. Ce sera l’occasion de montrer aux enfants qu’ils ne doivent jamais accepter d’être des victimes. D’autres ouvrages de littérature de jeunesse pourront être lus en parallèle comme par exemple Touche pas à mon copain de Philippe Barreau et Daphné Collignon aux éditions Castor Cadet Flammarion (2003), ainsi que les Droits de l’enfant.