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Les Hérétiques, histoire d’une vie

vendredi 3 mai 2013

Les Hérétiques est un roman de l’auteur français Hadrien Laroche, paru en 2006 chez Flammarion.

Hans, le narrateur, se remémore la vie tumultueuse et hérétique de son ami d’enfance Hektor Berg, évoquant ainsi dans ses souvenirs, les enjeux de la famille, de l’amitié ou encore de la mort...

"Mon enfance est toxique, je dois me débarrasser d’elle au plus vite, m’avait dit Hek. Pour moi ce furent ses derniers mots. J’entends encore son rire." Avec cette citation en quatrième de couverture, Hadrien Laroche semble se rattacher au thème de l’enfance pour conduire son récit, mais il va bien plus loin dans son écriture et amène les deux personnages principaux à une profonde réflexion sur eux-mêmes et le monde qui les entoure. C’est avant tout l’hérésie qui va conduire le parcours de Hek, Henri jr (son frère adoptif) et Marguerite (sa sœur adoptive).

Le roman d’Hadrien Laroche apparaît comme l’histoire d’une amitié, celle qui lie le narrateur à Hek, mais ce dernier a grandi dans une famille qui n’est pas la sienne, et ses repères affectifs et culturels sont flous. Sa famille adoptive semble alors lui avoir volé son enfance, ses marques, et même son identité paraît lui échapper, le fuir. "Or c’est de toutes façons que tu es recouvert de péchés semblables ; à force de se brosser les dents chaque matin avec un frère qui n’était pas son frère ; de prendre le bain avec une sœur qui n’était pas la sienne (ce n’était pas le plus désagréable il me l’a dit)". Hek, tout au long du récit, est en quête de repères auxquels s’attacher, espérer. Au dessus de ces incertitudes, Hadrien Laroche laisse alors planer la sensation et l’idée de la mort comme fil conducteur et tension continuelle dans le récit. La plume de l’auteur joue admirablement avec l’hérésie des personnages, cherchant enfin une manière de s’établir paisiblement et de pouvoir affronter la vie.

Petit à petit, il a alors construit sa personnalité, mais l’écriture de l’auteur nous fait ressentir sa position d’éternel exilé sur cette terre. A travers une écriture mélancolique, dure et profonde, les personnages s’expriment sur l’humanité et la vie en passant par de nombreuses étapes comme la découverte de la sexualité avec l’homosexualité masculine, ou encore l’inceste. Puis, alors qu’il se sait condamné par la maladie, Hek se lance dans la véritable recherche de ses origines. Cette quête, même si elle ne lui apporte pas les réponses espérées, lui permet de se laisser guider vers ses dernières heures... L’identité devient alors un soulagement, une délivrance.

La vie et la mort d’Hek, narrées par son meilleur ami, montrent alors des personnages poursuivis par leur hérésie, plein de questionnements et de méditations dans un roman très envoûtant sur le secret de ses origines et peut-être sur son secret amoureux.

Lorsque Hek meurt, Hans se retrouve alors seul face à ses souvenirs et à la mort, ce qui permet à Hadrien Laroche d’interroger subrepticement son lecteur sur des notions philosophiques telles que le destin, l’existence et leur fragilité.

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