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Les prologues des Antigone de Sophocle et Anouilh

jeudi 14 novembre 2002

Cet article a étéécrit par Estelle Edwige et Leyla Coriolles, élèves de TL au lycée la Jetée (François, Martinique, 2002)

Le prologue dans Antigone d’Anouilh et dans Antigone de Sophocle.

L’œuvre de Jean Anouilh, apporte une nouvelle vision d’Antigone de Sophocle. Ainsi, nous allons comparer le prologue d’Antigone de Sophocle et le prologue de Jean Anouilh. Notre analyse porte sur les éléments qui relèvent de « l’anti -théâtre ».

Dans Antigone d’Anouilh, le prologue annonce déjà le dénouement de la pièce. Il est à la fois un personnage et une fonction : Il est omniscient, il sait tout :

« Elle pense qu’elle va mourir », « C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure ».

Le prologue est un personnage qui présente de façon démonstrative les personnages de la pièce : « Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve... ».
« Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là -bas... », « le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle (...), c’est Hémon. ».

Il les désigne au public.

Ce prologue ne rentre pas directement dans l’action, il fait juste une description physique et morale des personnages : « Cet homme robuste, aux cheveux blancs », « Ce garçon pâle », « La maigre jeune fille noiraude et renfermée... »

Il ébauche leur rôle dans la pièce en les présentant avec une certaine hiérarchie, selon leurs rôles plus ou moins importants. D’abord, la protagoniste Antigone puis Créon.

Anouilh, à travers le prologue, identifie l’acteur à son personnage : « Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure ». Il s’approprie un style différent des prologues antiques où les informations peuvent être données par le choeur ou dans un dialogue, comme c’est le cas dans Antigone de Sophocle.

Dans le version originale, les personnages sont directement dans l’action dès le prologue : nous assistons donc à un dialogue entre Antigone et Ismène, où nous savons déjà de quoi il est question puisque Antigone pousse un cri de révolte contre la tyrannie de son oncle. Le contraste entre les deux sœurs est alors révélé.

Anouilh présente la situation présente des personnages et annonce leurs vies futures sans faire référence aux dieux de l’Olympe dans toute l’œuvre.

En fait, Antigone de Sophocle représente aux yeux d’Anouilh un prétexte pour ne pas se conformer aux règles habituelles du théâtre, ce qui est particulièrement évident dans le prologue.

on peut donc définir le prologue d’Anouilh comme étant de « l’anti-théâtre ».