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Les prologues et le personnage d’Antigone

vendredi 22 novembre 2002

Les prologues et le personnage d’Antigone

Par Stéphanie jean-Baptiste-Simonne, Mélinda Genteuil, Wanatia Marie-Magdelaine et Rodolphe Appol, élèves de termiale L au lycée du François (97)

Antigone d’Anouilh, pièce contemporaine de la Seconde Guerre Mondiale, est une réécriture d’Antigone de Sophocle . De ce fait, elles ont plusieurs points communs :Antigone défie l’autorité de Thèbes en la personne de son oncle, en voulant enterrer un de ses frères à qui on a interdit les honneurs funéraires. La malédiction d’ Œdipe poursuit ses enfants. Malgré tout cela, les deux pièces diffèrent sur de nombreux points. Nous comparerons ici les prologues des deux versions.

  • Dans le prologue d’ Anouilh, on peut remarquer qu’il y a des didascalies qui nous informent sur le décor et ce que font les personnages . « Un décor neutre. Trois portes semblables. Au lever de rideau, tous les personnages sont en scène. Ils bavardent, tricotent, jouent aux cartes. » « Le prologue se détache et s’avance. » « … les personnages sont sortis un à un. » « L’éclairage s’est modifié sur la scène. C’est maintenant une aube grise et livide dans une maison qui dort. »

    Le prologue présente les personnages un à un et les décrit physiquement.
    « Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien » « Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, c’est Créon. » « la blonde, la belle, l’heureuse Ismène » « la vieille dame qui tricote c’est Eurydice, la femme de Créon, elle est bonne digne et aimante. » « Ce garçon pâle, au fond, qui rêve, c’est le Messager » « les trois hommes rougeauds ce sont les gardes »

    Dans le prologue de Sophocle au contraire, il n y a pas de didascalies mais un levé de rideau sur un dialogue entre Antigone et Ismène.

    Les deux soeurs évoquent la malédiction d’ Œdipe qui plane sur elles et sur leurs frères. Ces derniers sont morts au combat : Etéocle a eu droit aux funérailles mais Polynice n’y a pas eu droit. Dans la pièce de Sophocle , c’est le désir d’accomplir la volonté divine qui anime Antigone alors que dans celle d’Anouilh l’héroïne ne semble pas éprouver de sentiments religieux.

    Dans ce prologue, Antigone est présentée physiquement comme « petite maigre » , « maigre jeune fille noiraude » alors que dans celui de Sophocle c’est un portrait moral qui nous est présenté : la fille d’Œdipe est décrite moralement comme « malheureuse » et « folle ».

    Quant à Ismène, elle est du coté des vivants, surtout dans la pièce d’Anouilh. Elle y est belle, heureuse, et souriante. « éblouissante » « riait aux éclats » « Ismène est bien plus belle qu’Antigone » « la blonde, la belle, l’heureuse Ismène »

    Dans la version antique du mythe, elle paraît inquiète. « Ah ! malheureuse, j’ai donc peur pour toi. »

    Créon, lui, représente l’autorité et le monde des vivants auxquels elle s’oppose.

    En conclusion, ces deux prologues de deux auteurs différents montrent clairement l’obstination de l’héroïne et son acharnement à vouloir enfreindre la loi et accomplir son destin. Ils permettent de bien cerner les personnages dès le début de la pièce.