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Album - Poésie

Les saisons du coeur de Pénélope

2007

Publié chez Gallimard, collection Giboulées, 2007.

Quand on est un petit garçon, on peut être très très amoureux, comme Romain qui, au fil des quatre saisons, joue à "attrape-cœur" avec une jolie petite fille au doux nom de Fleur...

Etude proposée par Moea Wolher (PE2)

Fleur : nom/prénom, on ne le sait qu’au fil de la lecture et ce sont les choix grammaticaux de l’auteur qui nous permettent de dire qu’il s’agit d’un prénom, d’une personne à laquelle un garçon dit son amour toute l’année.

L’album est constitué de poèmes grâce auxquels Romarin déclare son amour à Fleur. On peut penser que l’album est fait d’un seul grand poème tout comme on peut considérer qu’il est constitué de plusieurs poèmes, un par double page. Parfois un sur deux doubles pages comme par exemple :
Fleur, quand on sera grand on partira par grand vent, dans un bateau sur l’eau, à l’autre bout du monde voir si la Terre est ronde. Oh ! et puis non ! On partira en avion.

Cette forme nous laisse beaucoup de liberté pour amener l’œuvre en classe. Cet album permet de sensibiliser les élèves à la poésie. Les textes sont en effet accessibles, illustrés, et ils racontent l’histoire d’enfants de 5 et 6 ans.

L’amour et le temps qui s’écoule sont des thèmes classiques de la poésie, on touche là à des thèmes universels, voilà une occasion de s’exercer au débat philosophique.

Les illustrations sont très riches, complémentaires au texte et pleines de symboles à observer, comprendre, il pourrait être judicieux d’utiliser ces illustrations pour renforcer les apprentissages du domaine « découverte du monde » je pense aux cigales, tournesols, découverte du monde, perce-neige, champignons que les élèves rencontrerons dans la littérature et qui seront, s’ils les connaissent, autant d’indices pour une meilleure compréhension.

Pistes didactiques pour la lecture des Saisons du cœur cycle 2

Amener de la poésie à l’école n’est pas évident, la forme du texte surprendra sans doute les élèves, c’est pourquoi une entrée ludique pourrait faciliter cette approche. Avec les Saisons du cœur, on pourrait mettre les élèves en groupes de trois ou quatre et leur distribuer quatre poèmes extraits de cet album ainsi que deux ou trois autres poèmes d’un autre ou d’autres auteurs et proposer un jeu. Suite à la lecture silencieuse et personnelle des poèmes, les élèves auraient pour consigne de mettre ensemble les poèmes qui sont proches (thématiques, champs lexicaux, etc.). Selon le niveau de la classe, ou selon les différences de niveau entre les groupes même, j’envisagerai de donner ou pas les illustrations qui vont avec. Ceci faciliterait grandement la tâche, mais si je souhaite que les élèves compare les poèmes selon leur thème ou bien selon leur forme littéraire, je crois que donner les textes uniquement seraient plus intéressant.
Par exemple, je pense donner les poèmes suivant :
« Fleur, voici des pensées douces comme la mousse, qui pousse au pied des fleurs. »
« Fleur, si on était des tournesols, on danserait toute la journée, les yeux dans les yeux, comme des amoureux. »
« Fleur, mon cœur fait boum ! Pas si fort ! Boum, boum ! Tout le monde dort… »
« Fleur, ma fleurette, tu es belle comme une camionnette ! Je te donne une couronne de fruits pour toute la vie. »

Une fois que les élèves auront fait un choix, j’aurai l’occasion de le leur faire justifier. Pourquoi ces poèmes vont-ils ensemble à votre avis ? En n’ayant que le texte, c’est sur la langue que les enfants vont appuyer leurs arguments : le nom fleur, « mon cœur fait boum » avec « comme des amoureux », il fait un compliment.

***
Afin d’entrer véritablement dans l’album, je proposerai la lecture (lecture à voix haute de l’enseignant), des premiers poèmes de l’album jusqu’à la double page sur laquelle les prénoms des deux enfants sont gravés sur le tronc de l’arbre.
En s’arrêtant sur chaque illustration, je voudrais que les élèves soient plus touchés par la musique du texte que par ce qu’il dit réellement, c’est pourquoi je prendrais en charge la lecture à haute voix, pour mettre en avant la musicalité de la langue. J’aimerais qu’ils remarquent la présence des rimes différentes à chaque double page. Peut-être lirais-je plusieurs fois le poème. A la première double page, il me semble que l’intérêt est dans le double sens du mots « pensées », double sens révélé par l’illustration qui représente des fleurs. A la deuxième double page, la métaphore du poème s’éclaire également avec l’illustration, et en ce sens, illustrations et poèmes sont complémentaires. En travaillant parallèlement les deux doubles pages qui suivent, j’aurais l’occasion de faire comprendre ce toute la symbolique qui accompagne le printemps.

Le poème : « Fleur, les escargots sont en fleur, on entend les gazouillis des écureuils dans les feuilles, les lapins volent, mon cœur s’envolent… » mérite une attention particulière car il permet de comprendre que la poésie fait de la langue une magicienne.

Ainsi, après avoir lu : « Fleur, vive le printemps, on va s’embrasser tout le temps », j’expliquerai simplement ce qu’est le printemps et je tournerai la page, l’illustration est une aide précieuse puisqu’elle est la continuité du poème précédent : tous les animaux s’embrassent, l’arbre est couvert de jeunes feuilles, les fleurs sont des cœurs, bref la maîtresse et la classe peuvent prendre une grande inspiration et humer l’air du printemps à pleines narines !
Après avoir profité de l’illustration seulement je lirai le poème plusieurs fois et si les mots « font tilt » dans l’esprit des élèves, j’aurai une occasion de montrer que oui, les lapins peuvent voler dans la poésie ! Et je demanderais : « pourquoi l’auteur a-t-il écrit cela ? »
Seul le vers « on entend les gazouillis des écureuils » mériterait une explication je pense !

Je garderai pour la fin la double page sur laquelle on trouve les prénoms gravés.
L’illustration lève le voile sur le prénom « Fleur » et nous révèle l’identité du « je », du « moi », du « mon » des poèmes précédents. L’âge indiqué sur les troncs me permet également de prouver à mes élèves que les enfants sont capables de faire de la poésie et que nous allons d’ailleurs en faire, nous, en classe. Cette illustration serait sujet à discussion puisque l’on comprendrait donc la situation d’énonciation, on pourrait également comprendre pourquoi Romarin écrit tout cela à Fleur.

Viendrait ensuite la lecture du poème. Peut-être que les élèves volontaires pourraient proposer leur lecture du poème. Je demanderais deux choses :

-  Qui parle dans ce poème ?
- 
C’est le seul poème dans lequel Fleur prend la parole. On sait que l’amour de Romarin est réciproque. Il faudrait d’ailleurs expliquer ce que veut dire « Tu es mon roi ». Est-ce que Romarin est vraiment un roi ?
-  De quoi parle-t-il quand il dit : « c’est un langage secret » ?

Peut-être que le langage secret c’est tous les poèmes que Romarin écrit pour Fleur ? La poésie est donc non seulement quelque chose de magique, mais c’est aussi un langage que nous apprivoisons, un langage secret que nous partageons en classe.

***
Un autre objectif pourrait être de mettre en relief le déroulement de l’album, c’est-à-dire de montrer le déroulement des saisons, l’amour qui dure.
Corpus que je sélectionnerai :
« Fleur, vive le printemps, on va s’embrasser tout le temps ».
« Fleur, vive l’été ! on va chanter, on va danser, on va se chatouiller ! »
« Fleur, vive l’automne ! Mon cœur tourbillonne… » (joindre la chanson « colchique dans les prés…)
« Fleur, vive l’hiver ! Avec une grosse polaire ! »

En prenant en compte la place de ces poèmes dans le recueil, en remarquant leur points communs, on peut montrer qu’ils rythment l’album, que l’amour de Romarin et fleur dure toujours après une année. Peut-être serait-il intéressant de procéder de la même manière qu’à la première situation, avec un jeu dans lequel on cherche l’intrus. Un ou deux autres poèmes du même recueil seraient glissés avec ces quatre-là. Avec les mots et l’illustration, on pourra mettre en relief les caractéristiques de ces saisons qui n’existent pas en Polynésie. La littérature transportera les élèves à l’autre bout du monde.

La lecture de la dernière double page de l’album serait ensuite sujet à débat. Que dit Romarin à fleur ?

Pour écrire :

Pour faciliter la production de poèmes, on utilisera l’idée du pastiche : c’est en imitant un des poèmes de l’album que les élèves écriront.

Deux idées :
« fleur, les escargots sont en fleur, on entend les gazouillis des écureuils dans les feuilles, les lapins volent, mon cœur s’envole… ». On aura mis l’accent sur l’imagination du narrateur, sur le fait que pour décrire ce paysage de printemps il dit ce qu’il voit, ce qu’il entend et il pourrait décrire les odeurs. Il s’adresse à quelqu’un.

En utilisant ce poème, on peut donner la consigne suivante aux élèves. « Regardez par la fenêtre ou bien imaginez un paysage. Décrivez-le à la manière du poème, avec votre imagination. ». On pourrait ainsi valoriser l’imagination des élèves et l’originalité de leur description.

L’autre poème que je choisirai comme support d’écriture serait celui-ci :
« Fleur, quand on sera grands on partira par grand vent, dans un bateau sur l’eau, à l’autre bout du monde voir si la Terre est ronde. »
Je leur demanderai :
« Imaginez un poème qui commence par : « …(un prénom), quand on sera grands… ». _ Vous devez écrire des vers qui riment deux par deux comme dans le poème du livre. »
J’insisterai alors sur les rimes et l’originalité du texte produit.

Pour lire :
Je crois qu’il serait judicieux de laisser aux élèves le choix d’un poème à lire. Chacun pourrait interpréter à sa manière le poème de son choix.
Je mettrai en réseau cet album avec des haikus qui rappelleraient par leur forme et leurs thèmes (nature, temps…) ceux de l’album.

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