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Les trois singes

samedi 19 avril 2003

Les trois singes

Trois singes vivaient ensemble dans les arbres de la savane. Ils passaient leur temps à sauter et à jouer de liane en liane. Un matin, l’un d’eux refusa de grimper. Ses amis le regardèrent avec étonnement :
Quoi ? Tu ne viens pas avec nous ? C’est bien la première fois.

Le singe ne répondit pas. Son visage était grave et son regard inquiet. Il se mit soudain à faire de grands gestes incompréhensibles, puis se taisant toujours, il s’assit dans un coin en se tenant la tête.

Les deux autres singes comprirent qu’il était triste. Ils firent aussitôt plein de singeries pour lui remonter le moral. Ils sautaient, faisaient des galipettes dans tous les sens, et s’arrêtaient pour lui faire des grimaces. Rien n’y faisait. Le singe malheureux gardait un air triste et ne disait toujours rien. Pas le moindre petit sourire ne vint illuminer son visage. Ses amis le quittèrent pour réfléchir à la situation. Ils étaient très inquiets.
Ça ne lui ressemble pas de rester dans son coin, dit le premier.
D’habitude, c’est lui qui nous entraîne, dit le second.

Voilà nos deux singes bien perplexes. Ils se grattèrent la tête en essayant de trouver une solution : comment redonner le sourire à leur camarade de jeux ? Ils passèrent toute la matinée à réfléchir, et de temps en temps allaient voir leur ami. Celui-ci s’était enfermé chez lui.


J’ai une idée ! dit un des singes. Partons en voyage tous les trois ! Pour commencer, il nous faut un moyen de transport solide et durable. Un des éléphants du clan voisin fera l’affaire. Je vais chercher le plus habile. Quant à toi, tâche de faire sortir notre pauvre ami.

Après quelques pourparlers, le singe déprimé sortit enfin. Sans dire un mot, il suivit ses compagnons. Un éléphant, superbe et majestueux, les attendait pour le grand départ. Ils montèrent sur le noble pachyderme.
En route pour un grand voyage ! dit un des singes.

L’éléphant se mit en marche avec les trois singes sur son dos pour passagers. Ils entreprirent de traverser toute la savane pour distraire le malheureux. Après avoir parcouru beaucoup de kilomètres, ils firent une escale chez un troupeau de gazelles. Celles-ci se couraient après et s’ébattaient gaiement dans une clairière.
Comme elles sont gracieuses et agiles ! fit remarquer l’éléphant.

Mais leurs cabrioles n’eurent aucun succès auprès du triste singe, qui avait toujours une mine renfrognée.

A la tombée de la nuit, les voyageurs s’approchèrent d’un groupe de zèbres. On entendait ces bêtes rayées s’esclaffer de rire à des kilomètres à la ronde. Elles étaient bien connues de toute la savane pour leur bonne humeur, et en venant ici, l’éléphant espérait bien remporter un vif succès auprès du singe.

Malheureusement, leurs bonnes blagues et leurs farces joyeuses ne réussirent pas davantage à le faire sourire.
Votre ami me désespère, dit l’éléphant. Nous avons marché toute la journée. Je vous ai montré les plus beaux endroits de la savane et les animaux les plus plaisants. Je me suis donné beaucoup de mal pour lui et il n’a pas dit un mot.
Nous sommes très inquiets nous aussi, répondirent les deux singes. Passons la nuit ici, et demain nous réussirons peut-être à lui rendre le sourire et la parole.

Le lendemain matin, quand tout ce petit monde se réveilla, ce fut pour constater que le singe malheureux avait disparu. Aussitôt, ses amis l’appelèrent et le cherchèrent dans les alentours, mais en vain. L’éléphant et les deux singes étaient très tristes. Après avoir encore appelé, ils se mirent sur le chemin du retour. Le pachyderme avait à peine fait quelques pas, qu’il vit venir à lui le singe malheureux :
Mes amis ! Leur dit-il, me voici !

Fous de joie, les deux autres lui répondirent :
Tu es revenu ! Tu es guéri ! Youpi !
Que s’est-il passé demanda l’éléphant ?
Il m’est arrivé une pénible aventure. Hier, alors que je me réveillais à peine, j’ai bâillé si fort que ma mâchoire s’est coincée. J’ai forcé comme un fou pour la refermer, et j’y suis parvenu. Par malchance, elle s’est coincée à nouveau : pas moyen cette fois d’ouvrir la bouche ! C’est pour cela que je ne pouvais pas vous parler ! Voilà toute l’histoire.

Les trois singes regagnèrent leurs arbres sur le dos de l’éléphant. Ils rirent beaucoup de la mâchoire coincée du singe qui désormais fit attention à ne pas bâiller trop fort !

Fin