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Lire un portrait : LA REINE HORTENSE

2002

LA REINE HORTENSE

On l’appelait, dans Argenteuil, la reine Hortense. Personne ne sut jamais pourquoi. Peut-être parce qu’elle parlait ferme comme un officier qui commande ? Peut-être parce qu’elle était grande, osseuse, impérieuse ? Peut-être parce qu’elle gouvernait un peuple de bêtes domestiques, poules, chiens, chats, serins et perruches, de ces bêtes chères aux vieilles filles ? Mais elle n’avait pour ces animaux familiers ni gâteries, ni mot mignards, ni ces puériles tendresses qui semblent couler des lèvres des femmes sur le poil velouté du chat qui ronronne. Elle gouvernait ses bêtes avec autorité, elle régnait.
C’était une vieille fille, en effet, une de ces vieilles filles à la voix cassante, au geste sec, dont l’âme semble dure. Elle avait toujours eu de jeunes bonnes, parce que la jeunesse se plie mieux aux brusques volontés. Elle n’admettait jamais ni contradiction, ni réplique, ni hésitation, ni nonchalance, ni paresse, ni fatigue. Jamais on ne l’avait entendue se plaindre, regretter quoi que ce fût, envier n’importe qui. Elle disait "Chacun sa part" avec une conviction de fataliste.

Questions de compréhension :

1- Quelles sont les caractéristiques physiques de la Reine Hortense ?

2- Est-elle une véritable Reine ?

3- Justifier à l’aide de mots du texte le qualificatif de reine qui lui est attribué.

4- Relever et expliquer les mots, les expressions, qui appartiennent au champ lexical militaire.

Expressions à expliquer en classe :

"vieilles filles" ;
"la voix cassante"
"ni nonchalance, ni paresse, ni fatigue"

Expression écrite

Imaginez en quelques ligne le portrait d’un reine Hortense qui serait tout le contraire de celle-ci.

Aide à la traduction

Version anglaise

Queen Hortense

In Argenteuil she was called Queen Hortense. No one knew why. Perhaps it was because she had a commanding tone of voice ; perhaps because she was tall, bony, imperious ; perhaps because she governed a kingdom of servants, chickens, dogs, cats, canaries, parrots, all so dear to an old maid’s heart. But she did not spoil these familiar friends ; she had for them none of those endearing names, none of the foolish tenderness which women seem to lavish on the soft fur of a purring cat. She governed these beasts with authority ; she reigned.

She was indeed an old maid—one of those old maids with a harsh voice and angular motions, whose very soul seems to be hard. She never would stand contradiction, argument, hesitation, indifference, laziness nor fatigue. She had never been heard to complain, to regret anything, to envy anyone. She would say : "Everyone has his share," with the conviction of a fatalist.