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Monuments men

jeudi 25 septembre 2014

Une belle intention, un résultat moyen.

Monuments men

Monuments men, nouveau film de George Clooney, se sauve plus grâce au théme choisi qu’à la qualité de sa réalisation. Il nous permet, en effet, de mieux nous informer sur un fait historique dont on ne parle pas beaucoup en France : celui qui a vu ces 7 hommes passionés de l’art comme sauveurs d’une énorme partie du patrimoine artistique vers la fin de la deuxième guerre mondiale. L’intention du réalisateur est louable : celle de vouloir rendre hommage à des hommes historiquement importants, mais pas assez connus. En revanche, c’est justement à cause du fort intérêt de la thématique de ce film que son réalisateur aurait dû se douter de la hauteur des attentes que le public aurait eu à son égard. La guerre s’y est retrouvée assez banalisée dans sa violence et sa gravité, aussi à cause de l’insertion d’un pathos commercial qui, dans plus d’une scéne, n’aurait pas dû trouver sa place. L’humour utilisé est léger et plutôt prévisible, mais parfois agréable.
L’interprétation de Bill Murray (Richard Campbell) est un des rares points positifs de ce film : l’intensité de son regard dans la scéne où il prend sa douche et il entend soudainement le cd que lui a envoyé sa famille m’a transmit beaucoup d’émotion, malgrés le côté cliché de la scéne en elle-même ! Ceci parce que les moments où l’on peut vraiment capter quelque chose du caractère et du véritable ressenti des personnages ne sont pas nombreux. On passe rapidement sur leur vécu et leurs émotions, comme par crainte de perdre le côté "aventure" du film qui, en réalité, n’est vraiment retrouvable que dans la colonne sonore de celui-ci, qui est plutôt bien faite.
Il s’agit d’un film que l’on peut voir assez facilement, parfois ennuyeux, souvent tout simplement léger. C’est la richesse de materiel offerte par sa thématique, et si infimement exploitée dans sa réalisation, qui peut décevoir réellement le spectateur, car il y a des fortes chances qu’il s’attendait à un message et à un travail beaucoup plus profonds et soignés. Alors que, visiblement, en réalité le but de ce film était tout simplement celui de faire passer une soirée tranquille et émouvante (pour ceux qui ne se lassent pas du pathos commercial) à son public, et rien de plus.
Les cadrages sont bien faits, la qualité du tournage en soi est bonne, les sensations que George Clooney et le reste du casting ont voulu nous transmettre sont alors plus facilement recevables ; ce n’est pas cela qui peut nous empêcher d’entrer véritablement dans l’histoire, mais plutôt son manque de réalisme. Quand un film s’inspirant d’un livre de Robert Edsel et Bret Witter, fait en même temps guise de documentaire historique, les spectateurs s’attendent souvent à ce que l’on puisse s’identifier aux personnages et à leurs vies, mais pas seulement ; on s’attend aussi à ce que les scènes filmées soient plus crédibles que dans n’importe-quel autre genre de film. Or, je n’arrive vraiment pas à définir comme "crédible" la scène où l’ennemi qui veut tirer sur Richard Capbell (Bill Murray) et Preston Savitz (Bob Balaban), finit tout simplement par fumer une cigarette avec eux et s’en aller. Elle s’est peut-être réellement produite, mais la construction et l’interprétation de la scène en soi ne m’ont pas convaincue du tout, surtout à cause de la qualité de jeu du soldat ennemi. Et l’image extrèmement cliché donnée des françaises avec les paroles et l’actitude de Claire Simone, soit toutes des femmes faciles qui "entretiennent les soldats", est particuliérement décevante dans ce genre de film, voir même agaçante ; comme aussi le binome "beau et gentil" et "moche et méchant" (je pense particuliérement au colonel Wegner-celui qui faisait brûler les oeuvres, en suivant les ordres du Führer-avec lequel, vers la fin, Frank Stokes-George Clooney- fume sa premiére cigarette).
Le message de ce film est aussi transmit d’une maniére vraiment trop legère : "La vraie identité de l’homme, c’est son histoire et sa mémoire, et c’est pour cela qu’il faut se battre et, parfois, même mourir". Le fond de patriotisme, peut-être pas si léger que ça d’aïlleurs, n’est pas à négliger lorsque l’on décide de commencer à former sa propre opinion sur ce fait historique particulier à partir de ce film. Le seul moyen de passer un bon moment avec celui-ci est, je crois, d’arriver à ne pas trop le prendre au sérieux malgrés sa thématique, et de ne s’attendre à rien de très élaboré. Je trouve, cependant, qu’en réfléchissant rien qu’un peu au chef-d’oeuvre qu’aurait pu être réalisé à partir de cette thématique historique, on ne peut penser rien d’autre que : "C’est dommage.". On peut lui donner la moyenne, mais on s’attendait à plus, quand-même.