Accueil > Petits Lecteurs > Lire au cycle 1 > Oeuf et Oiseau d’Alex Higlett

Oeuf et Oiseau d’Alex Higlett

2007

Editeur : Kaléidoscope
Date de publication : 2006
Titre de l’ouvrage original : EGG AND BIRD
Texte traduit de l’anglais par : Élisabeth Duval

Étude proposée par Nathalie Reymondon et Pauline Sinault

Synopsis

Que peut avoir de commun la vie d’un oeuf et la vie d’un oiseau ?
« Oeuf est oeuf, Oiseau est oiseau ».
Écriture poétique et illustrations minimalistes se mêlent pour offrir à cet album une grande sensibilité. La poésie naît de la douceur des couleurs et des traits.
L’écriture, tel un cadre, souligne avec légèreté les illustrations : phrases simples, sujet-verbe-complément. Les illustrations, d’un trait de crayon expriment la sensibilité des personnages et la communique au lecteur.

Oeuf et Oiseau aurait pu s’écrire Oeuf est Oiseau. Mais chacun reste à sa place ... l’oeuf vit sur la page de gauche, l’oiseau sur la page de droite, chacun dans son univers. Au fil des pages, de ces mondes qui se font face tel un écho, le lecteur réalise peu à peu que Oiseau est adulte et que Oeuf est enfant.
L’Oeuf-enfant vit dans un univers entouré de mobile, doudou, dessins d’école. L’environnement matériel de l’Oiseau, lui, reste plus "adultes" : tableau, romans, chapeau, valise, lunettes.
Cette confrontation de deux mondes qui se font face est soulignée par la mise en page où objets et couleurs se répondent. Des couleurs gaies chez Oeuf deviennent tristes et ternes chez Oiseau. Le mobile se transforme en tableau, la télévision est remplacée par la table à repasser, représentant la contrainte rébarbative des tâches ménagères. Les couleurs changent, les repas se transforment, les occupations s’opposent : l’imagination d’un dessin d’enfant face au travail monotone dans une banque dans laquelle on compte. Ce décalage réapparaît le soir, lorsque Oeuf se plonge dans sa BD et Oiseau se lance dans le gros « pavé » de Tolstoï Guerre et Paix. Le doudou de l’univers de l’enfant disparaît sans être remplacé... Il faut bien quitter l’enfance, un jour ... un jour l’oeuf devient oiseau.

Cet album n’est pas une histoire comme les autres. Chaque double page semble indépendante des précédentes et présente des mêmes scènes de vie vécues, mises en parallèle, sortes de tableaux sublimes et poétiques. La pliure du livre, tel un axe de symétrie offre deux mondes à notre regard.

A la fin de l’album, Oeuf disparaît de l’image pour réapparaître plus tard, une page plus loin sous une autre forme : juste avant sa transformation.

On pourrait imaginer qu’au bout du livre, l’histoire recommence, tel un cycle de vie, un éternel recommencement.
Alors on le relit, par plaisir.

L’énigme finale « Oeuf est un ...? » laisse un blanc poétique que chaque lecteur remplira de son expérience.