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Présentation de la séquence

novembre 2002

Définition de l’Humanisme (Todorov, Le Jardin imparfait. La pensée humaniste en France, Livre de poche, Biblio, essais, 1998) : « Le terme « humaniste » a plusieurs sens mais on peut dire en première approximation qu’il se réfère aux doctrines selon lesquelles l’homme est le point de départ et le point d’arrivée des actions humaines ; (…) le substantif figure peut-être pour la première fois en français, dans une page de Montaigne où celui-ci s’en sert pour caractériser sa propre pratique, par opposition à celle des théologiens. Sans nullement refuser à ces derniers le droit au respect, encore moins à l’existence, il préfère séparer les deux domaines et réserver aux « humanistes » un nouveau champ, constitué par les activités ou « fantaisies » simplement humaines, par les écrits « purement humains » ; ceux-ci concernent les sujets qui sont « matière d’opinion, non matière de foi » et ils les traitent « d’une manière laïque, non cléricale » (Essais, I, 56) » (p.14)

L’humanisme, en tant que mouvement littéraire a touché tous les genres. Quatre sont ici représentés et représentatifs de cette période clé de notre histoire littéraire :

  • la réflexion philosophique dans le genre de l’essai (Montaigne) ;
  • le roman : Rabelais ;
  • Le manifeste poétique : Du Bellay ;
  • La poésie (Du Bellay).

    Justifier le choix des textes : ils sont variés et représentatifs de l’humanisme.

    Avec cet extrait des Essais, l’élève comprendra que l’humanisme est bien, comme le dit Todorov, cette doctrine centrée sur l’homme, et ici sur la découverte de l’autre, et les comparaisons qu’il permet avec notre propre société. Le texte de Rabelais se présente comme un véritable programme éducatif humaniste. Il met en valeur toute cette culture (antique, scientifique, philosophique, géographique, etc.) qui fait le bon humaniste. Le 1er texte de Du Bellay montre un aspect de la véritable révolution langagière qui s’est produite en France en 1549 avec l’ordonnance de Villers-Cotterêt. Les trois poèmes qui suivent et qui sont du même auteur, montrent une illustration des grands principes de la Pléiade et permettent au professeur d’aborder l’étude de la poésie par le biais de la forme fixe du sonnet.

    La problématique littéraire et didactique qui constituera l’axe d’étude de ce groupement sera donc la suivante : en quoi l’humanisme est-il un enrichissement de la condition humaine, tant sur les plans de la culture, de la réflexion, que sur les plans de la morale, des arts et des lettres ? En quoi la littérature du XVIème siècle est-elle significative d’une société en pleine transformation : aux guerres de religions qui menacent l’équilibre du pays, fait écho un discours qui n’a de cesse de se remettre lui-même en cause.

    Pour bâtir sa séquence, le professeur aura à sa disposition principalement l’ouvrage de Todorov, Le jardin imparfait, La pensée humaniste en France, Livre de poche, biblio essais ; mais aussi le Dictionnaire de poétique de Michèle Aquien, et les Traités de poétique et de rhétorique de la Renaissance chez le même éditeur. L’ Introduction à la rhétorique d’Olivier Reboul, aux PUF et Les Bulletins de la société des Amis de Montaigne seront aussi d’une aide précieuse.

    Cette séquence didactique sur l’humanisme et la renaissance s’appuiera sur les prérequis suivants :

    On s’attend à ce qu’un élève de Première ait étudié le genre poétique, même s’il n’a fait que l’effleurer en classe de Seconde. Il faudra que les élèves aient en tête, ne serait-ce qu’à peine ébauchée, la notion de mouvement littéraire (on leur rappellera que l’année précédente ils avaient étudié le naturalisme ou encore le romantisme. Cela permettra d’approfondir avec eux le concept d’histoire littéraire.

    Vu le nombre des prérequis et l’hétérogénéité générique des textes de notre groupement, nous situerons plutôt celui-ci au début du deuxième trimestre, après l’étude d’œuvre poétique.

    L’ordre d’étude que nous donnerons à ce groupement ne tiendra pas compte de la chronologie à travers ce siècle de la Renaissance. La perspective que nous avons choisi mettra l’Homme au centre des préoccupations humanistes. Nous montrerons avec les Essais que la découverte d’autrui entraîne des réflexions sur une société plus barbare qu’elle n’y paraît. L’extrait de Pantagruel définira le programme culturel des humanistes. Les œuvres de Du Bellay et de Ronsard feront connaître aux élèves ce qui fût sans doute l’âge d’or de la Renaissance, de 1549 à 1560, c’est à dire la Pléiade.

    Nous consacrerons deux heures au texte de Montaigne, deux heures à celui de Rabelais, une heure à la Défense et Illustration, et une heure à chaque sonnet.

    L’exercice final d’évaluation portera sur un extrait du texte de Montaigne et consistera en un commentaire. Donc en tout une séquence de huit heures sans compter la séance de rendu et correction du devoir).

    Les textes seront distribués au fur et à mesure mais avec des questions de préparation.