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Qu’est-ce que la critique littéraire ?

Approches méthodologiques

vendredi 25 janvier 2013

Messages

  • La critique littéraire regroupe deux types d’activités.

    La première consiste dans le compte-rendu de livre par le biais de la presse écrite, de la radio et de la télévision. Il s’agit ici de ce que nous appellerons la « critique journalistique ».
    La seconde activité se rapporte à l’étude des textes littéraires dans un but lié au domaine de la recherche.

    Le terme de critique journalistique se rapproche le plus du terme grec « kritic » qui signifie tri, évaluation et qui vient du verbe « krino » juger. Dans ce sens, dans le milieu de la presse, l’activité de critique journalistique consiste en une prononciation, un jugement négatif ou positif sur des ouvrages littéraires.
    Tandis que dans le domaine universitaire, on ne porte pas de jugement. La neutralité règne puisque le but est la recherche. Les chercheurs ont pour vocation de rechercher, analyser, interpréter et de toutes ses étapes, le chercheur en tire un jugement littéraire dans un but universitaire.

    Comment se compose la critique littéraire ?

    La critique littéraire journalistique se compose de la manière suivante : le titre du livre doit-être obligatoirement cité, ainsi que son titre original si l’origine du livre est étrangère. L’année de publication doit être indiqué. Il faut également indiquer le genre du livre : policier, contemporain, historique... Un résumé court mais concis doit être effectué afin que le lecteur est une idée précise du livre étudié et de quoi il traite. Le critique donne une note, généralement sur 5 à l’œuvre dont il a effectué la critique. L’auteur émet une critique relativement détaillé sur le livre qu’il a lu et étudié. Celle-ci peut-être courte et concise ou bien plus longue et élaborée suivant la personne qui a rédigé la critique. Cela peut également dépendre du livre et de l’auteur, suivant que celui-ci est un auteur productif tel Amélie Nothomb, par exemple. Dans ces cas là, la critique peut-être plus élaboré puisque ce type d’auteur à une certaine tendance à publier des livres durant des périodes allant de 6 mois à un an. Ce sont donc des auteurs qui sont forcement attendus de part les critiques littéraires. Enfin l’auteur de la critique est nommé en toute fin de l’article.

    Qui rédige les critiques littéraires ?

    Rétrospective historique

    Si nous nous replongeons dans le contexte historique, Sainte-Beuve est considéré comme le « premier critique ». Bien qu’en réalité, ce titre de « premier des critiques » soit un peu exagéré, Sainte-Beuve a permis d’instaurer une forme de discours sur la littérature.
    Mais il a surtout permis de montrer la voix à d’autres écrivains. Marcel Proust bien que décriant Sainte-Beuve dans un projet appelé « Contre Sainte-Beuve », Baudelaire, Paul Valery, Mallarmé, plus récemment Umberto Eco ou encore Forster et Henry James sont tout à la fois écrivain et critique littéraire. Cette production s’écrit en dehors de la production littéraire et se révèle tout aussi importante, particulièrement chez les modernes.

    En définitive comment la critique littéraire a-t-elle évolué et quelle place occupe-t-elle dans le monde moderne ?

    La critique littéraire s’est distingué à travers le temps à travers deux catégories bien distinctes. Pour autant, elle n’en a pas perdu son caractère universitaire, puisque nombre de critiques littéraires ont publié des ouvrages depuis ces dernières années. La critique littéraire connaît contrairement à ce que l’on aurait pu penser une évolution significative puisqu’elle celle-ci ne s’adresse désormais plus uniquement au domaine scolaire et aux professeur de lettres et aux écrivains. En effet, celle-ci par le biais de la critique journalistique a vu s’opérer une évolution majeure. Désormais, elle n’est plus uniquement le « domaine réservé » des chercheurs et des universitaires. Elle s’est ouverte au grand public par le biais des médias et plus récemment avec la révolution d’internet et des journaux en ligne, sans oublier les blogs où désormais même une personne ne possédant aucune compétences universitaires peut émettre une critique littéraire sur un ouvrage.

    La démocratisation du domaine de la littérature s’applique désormais au monde virtuel, où chacun peut donner sa propre critique d’un texte littéraire, offrant ainsi à la littérature une liberté qui ne lui était pas donné de posséder autrefois, puisqu’elle était alors uniquement réservé à une certaine élite. Nous pouvons y voir, certes, une forme de dégradation et de dégénérescence, du fait que chacun est libre d’écrire ce qu’il veut à propos d’un texte, mais aussi et surtout une forme de libéralisation de la littérature qui devient aujourd’hui accessible à tout à chacun.

  • La forme de critique qui apparaît en premier est celle de la critique grammaticale des auteurs grecs et latins. La critique consistait à réunir, au moyen, de dictionnaires, de commentaires de textes, des savoirs que l’on souhaitait conserver le plus longtemps possible.
    Dans l’étymologie de « critique »,on y trouve le mot latin cernere et le mot grec krinein : qui signifient respectivement« séparer », « distinguer ». Il s’agirait donc de voir ce qui est bon ou non dans un texte, d’en séparer les bonnes choses des moins bonnes.
    Il faut cependant, pour réaliser une bonne critique éviter les jugements subjectifs. Mais comme le dit Emile Littré dans son dictionnaire de la langue française : la critique littéraire est « l’art de juger les productions littéraires ». Nous sommes donc obligés de juger un livre en fonction de ce que l’on en a pensé ; c’est à dire, si on le trouve bon ou mauvais. Ainsi notre critique sera orientée : soit bonne ou mauvaise.
    La critique littéraire, à également pour but de reconstituer l’histoire de la vie littéraire, des écrivains, des genres, et des lecteurs. Sainte Beuve voulait faire de la critique : « une histoire naturelle littéraire ». C’est une notion qui regroupe en réalité plusieurs disciplines : les sciences humaines, la littérature, la sociologie, les sciences exactes, la linguistique, la politique. Elle n’a fait qu’évoluer au fil des temps.

    Aristote serait un précurseur de la critique, en ce sens, c’est le premier à travers ses ouvrages à avoir décrit et donner des définitions de genres littéraires, à donner une explication des genres. On pourrait également envisagé l’Art poétique d’Horace comme un ouvrage critique puisqu’il s’agit d’énoncer les règles de la poésie.

    La critique littéraire doit être vue comme un genre littéraire à part entière puisqu’elle est une « œuvre indépendante » dévouée à une autre œuvre ou forme littéraire. Aujourd’hui dès qu’une œuvre paraît, certains auteurs ou lecteurs se mettent immédiatement à donner leur avis ou émettre des commentaires sur l’œuvre. La critique est donc utile dans un monde où de nombreuses œuvres paraissent chaque jour. Elle permet de faire des choix pour les futurs lecteurs. Mais la critique peut également prendre la forme d’un avant-texte ou avant-propos, dans une œuvre. Ces avants textes, qui se veulent critiques sont bien souvent orientés en fonction de la biographie de l’auteur, du contexte historique ou sociologique par exemple et permettent une interprétation du texte selon ces points de vue.

  • Comment situez-vous la critique du roman de Jeffrey Eugénides par rapport aux défauts pointés par Pierre Brunel dans l’extrait ci-joint ?

    Pierre Brunel, dans cet extrait du Que sais-je dédié à la critique littéraire, évoque deux tendances des critiques. La première est de donner trop abruptement leur jugement en ne laissant place qu’à leur ressenti personnel et subjectif, alors que la deuxième consiste à n’exprimer que trop brièvement leur opinion et à privilégier et se perdre dans la description et les recherches de rapports éventuels de l’œuvre analysée avec d’autres textes, des évènements ou la vie de l’auteur.
    Or, la mission première d’un critique est de juger l’œuvre tout en s’appuyant sur des recherches approfondies pour comprendre le sens du texte. Il lui appartient de concilier jugement et savoir sans négliger l’une de ces deux notions.

    Alexis Liebaert, dans sa critique du roman de Jeffrey Eugénides, Le Roman du mariage, a su concilier jugement et informations sur l’œuvre. En effet, il apparaît clairement que le critique s’est livré à des recherches sur le genre et sur l’auteur. Il commence par décrire brièvement les romans antérieurs d’Eugénides pour ensuite se consacrer à une description exhaustive de l’intrigue de l’œuvre dont il fait la critique. Il étudie en détail le cadre, les personnages, tout en cherchant une ressemblance avec des personnes existantes comme l’illustre le fait que d’après lui, le personnage de Mitchell Grammaticus est un clin d’œil à Thomas Pynchon et celui de Leonard Bankhead à David Foster Wallace.
    A travers ses descriptions de l’histoire, il met en évidence le fait que le roman regroupe des caractéristiques propres au genre comme notamment « un triangle amoureux » qu’il juge « banal », l’utilisation d’un campus américain comme cadre, ce qu’il considère comme « un passage ’’presque’’ obligé de la littérature américaine » mais fait ressortir le talent de l’auteur à faire une œuvre remarquable à partir d’éléments banals et typiques.
    En effet, dans sa critique, Alexis Liebaert s’appuie sur de longues recherches, mises en parallèles et descriptions pour fonder, exprimer et justifier clairement son opinion. Il juge le premier roman de Jeffrey Eugénides, Virgin Suicides, « bouleversant », il qualifie son deuxième, Middlesex, de « feu d’artifice », et quant à son dernier, Le Roman du mariage, il juge que c’est « une réussite » et ajoute : « Mais quel souffle, quelle capacité à rendre haletantes les péripéties les plus ordinaires d’une histoire amoureuse qui elle, l’est un peu moins ! ».

    Ainsi, le critique se sert de ses recherches sur l’auteur, ses écrits précédents, ses intentions, sur le rapport entre les faits racontés et la réalité, sur le genre emprunté, pour comprendre l’œuvre dont il doit donner une critique littéraire et construire un jugement pertinent et juste. Cette critique littéraire semble illustrer la méthode appropriée pour juger une œuvre.

  • Si l’on se penche sur les diverses critiques trouvées sur des sites comme fabula.org, le Magazine Littéraire, critique-livre.fr ou encore CritiquesLibres.com, on peut remarquer que, malgré les nombreuses différences d’appréhension des textes, la structure de la critique elle-même se retrouve assez globalement. A la manière de la traditionnelle dissertation, l’amorce est de mise : elle peut être l’occasion d’exprimer une impression forte sur le livre, qui donne d’emblée au lecteur l’envie de continuer sa lecture, avec des phrases du type "Un très bon livre, une puissante histoire...", se fait plus générale, en manière de résumé rapide, de questionnement en rapport au thème du roman, ou encore plus originale, à la façon du lecteur lorsqu’il aborde l’oeuvre, en ouvrant sur l’illustration de la couverture. Après ces premières lignes, le critique nous propose un résumé plus ou moins exhaustif et détaillé de l’oeuvre, nous donnant sa thèse principale, ses problématiques et thèmes dans le cas d’une oeuvre théorique, de recherche, et mêlant synthèse de l’oeuvre et impressions personnelles dans le cas d’un roman. Le rapport est parfois fait avec d’autres auteurs ou d’autres œuvres de l’écrivain en question. Tout est ainsi réalisé pour donner une vision à la fois globale et précise de l’oeuvre au futur lecteur de celle-ci. Après ce résumé souvent teinté d’intensifs et de réactions personnelles, donc, vient la critique de l’oeuvre. On choisit alors soit de traiter l’oeuvre dans son aspect général, soit d’après certains points fondamentaux ou marquants, ou bien de mêler un peu les deux, en évoquant deux points essentiels liés au roman en général, notamment sa structure et l’écriture de l’auteur. Ici, si la subjectivité est chez certains toujours omniprésente, on peut retrouver des termes et techniques de l’analyse littéraire, qui s’inscrivent dans une analyse plus détaillée du texte, avec des sites plus "universitaires", comme Fabula. Cependant, on a le plus souvent une analyse assez superficielle et générale, soit dans une optique de rapprochement du lecteur, avec des phrases comme "C’est un livre que vous apprécierez, je pense", ou "C’est ce qui emportera l’adhésion du lecteur.", soit dans un style plus "journalistique", plus à distance du texte. Ceci influence directement la structure de la critique qui laisse alors place ou non à des paragraphes entiers d’impressions personnelles et d’adresse au lecteur. Selon le style de critique, superficielle ou détaillée, subjective ou à distance, la structure change donc et s’écarte plus ou moins de l’exercice d’écriture académique (dissertation ou commentaire), avec une délimitation plus ou moins visible des paragraphes de réflexion, une introduction et une conclusion plus ou moins marquées : la conclusion, même, est parfois absente, ou se retrouve implicitement dans la clausule, mais peut au contraire avoir un paragraphe dédié et mis en valeur dans la critique. La critique web semble donc être très libre du point de vue de sa structure, malgré certains points communs ; dans tous les cas, elle semble très différente de la critique "universitaire", que l’on retrouve dans les publications papier.

  • Comment situez-vous la critique du roman de Jeffrey Eugenides par rapport aux défauts pointés par Pierre Brunel dans l’extrait ci-joint ?

    Lorsqu’on lit la critique du roman de Jeffrey Eugenides, on s’aperçoit que ce que disait Charles le Bos à propos de la critique littéraire à savoir qu’"elle oscille entre le palmarès et la notice nécrologique" est vrai en ce cas. En effet, c’est à la fois une sorte d’"éloge" du roman d’Eugenides mais également une chronique pour relater les faits, le contexte de l’écriture du roman et de l’histoire de celui-ci. Comme le dit l’extrait, la critique "rappelle des faits qu’elle considère a priori comme devant être éclairant" ; dans celle du roman d’Eugenides le critique a choisi de rappeler les romans précédents de l’auteur et leurs impacts dans le monde littéraire et cinématographique, ainsi que de résumer le nouveau roman sans un certain jugement de sa part. C’est d’ailleurs ce que dit la définition à savoir que la critique littéraire juge et classe ; elle peut juger le style d’écriture de l’auteur, elle peut aussi juger l’Histoire même du roman ainsi que les thèmes qui y sont abordés, voire juger l’auteur lui-même mais tout restant objectif. Car c’est là le problème qui se pose au critique, c’est d’avoir un jugement objectif et non personnel. Dans la critique d’A. Liebaert, il y mélange à la fois le jugement positif et le négatif , en commençant tout en douceur pour nous montrer qu’il a creusé, cherché, et trouvé les défauts du roman ,et utilise d’ailleurs des termes dépréciatifs tels que "ordinaires", "un passage presque obligé de la littérature américaine"... A contrario il utilise des termes fortement positifs tels que "couronné", "un roman bouleversant"... La critique "se cherche" comme le dit l’extrait de définition ainsi que, comme l’évoque Claude-Edmonde Magny la critique a aussi de nombreuses déviations.

    La critique littéraire oscille donc "entre des pôles opposés", entre le jugement de l’oeuvre et la connaissance parfaite de celle-ci pour ne pas divaguer quand le critique écrit son article, tout en gardant comme nous l’avons dit un point de vue objectif et non trop personnel.

  • Comment situez-vous la critique du roman de Jeffrey Eugenides par rapport aux défauts pointés par Pierre Brunel dans Que sais-je ?

    La critique littéraire est une activité difficile à définir par sa complexité et sa variabilité. En effet, tout auteur s’appliquant à la rédaction d’une critique littéraire ne prend pas la même direction qu’un autre, le même angle d’attaque ou d’analyse. Pierre Brunel attribue cette difficulté de définition à son oscillation « entre des pôles opposés », pôles qu’il nomme ici « juger » et « savoir ». En effet, Brunel constate que les auteurs de critiques dérivent souvent vers ces extrémités qui sont ici vues comme des défauts qui l’éloignent de sa fonction première tels que retracer la vie de l’auteur dont il est question, tenter de « classer » l’ouvrage analysé dans une sorte de tiroir bien rangé, dans une catégorie ou tradition littéraire bien précise, ou encore d’attaquer directement l’œuvre présentée en prenant une position de « juge littéraire », etc...

    Dans sa critique du roman de Jeffrey Eugenides, Le Roman du mariage, Alexis Liebaert semble user de ces différents « pôles » mais demeure dans une certaine sobriété qui ne relève ni de l’étalage de savoirs ni du jugement catégorique. Ainsi, avant d’entamer l’analyse de l’ouvrage dont il s’agit ici, A. Liebaert revient sur la carrière littéraire de J. Eugenides afin de replacer Le Roman du mariage dans son oeuvre complète. Dans cette même optique, le critique apporte ses savoirs en établissant des rapprochements entre les personnages du roman et personnes réelles avec Leonard Bankhead, « dans lequel on serait tenté de reconnaître un petit frère de l’écrivain David Foster Wallace, qui s’est suicidé en 2008 », ou encore le personnage de Mitchell Grammaticus, vu comme « un clin d’œil à Thomas Pynchon ».
    D’autre part, A. Liebaert cherche également à inscrire le roman dans la tradition littéraire, de le définir dans son ensemble en le rapprochant du « roman matrimonial » et pose un certain jugement. Ainsi, il affirme que « Le Roman du mariage est une réussite », il donne son avis personnel et emploie des termes à valeur subjective tels que « banal » ainsi que l’exlamation. Tous ces éléments démontrent la subjectivité de cette critique littéraire. A. Liebart utilise tous ces éléments, qu’ils soient extérieurs au roman même ou concernant des points précis de l’ouvrage afin de mener à bien son analyse de l’oeuvre, de l’intrigue et ses personnages. Il nous livre ainsi des pistes de réflexion qui font sens et permettent d’appréhender Le Roman du mariage.

  • Comment situez-vous la critique du roman de Jeffrey Eugenides par rapport aux défauts pointés par Pierre Brunel ?

    Pierre Brunel, critique littéraire français, juge qu’il y a deux mouvances de critique. Dans un premier lieu, le critique peut se livrer à un regard subjectif, en jugeant et dévoilant son avis personnel sur le sujet qu’il traîte. La deuxième tendance évoquée, serait que l’auteur se noie sous une multitude de recherches extérieures à l’oeuvre, comme la biographie de l’auteur ou d’autres ouvrages référents à l’oeuvre étudiée. Le critique littéraire doit savoir faire la part des choses entre le jugement et le savoir pour pouvoir harmoniser ces deux tendances.
    Alexis Liebaert, fait la critique du nouveau roman de Jeffrey Eugenides, Le roman du mariage, sur le site « Magazine littéraire ». Le critique débute son article par la présentation des deux best-sellers qui ont fait le succès de l’écrivain. Puis, Liebaert se consacre exclusivement au nouvel ouvrage de ce dernier. Il dévoile dans une description plus qu’exhaustive les trames de l’histoire, l’intrigue, puis peint le portrait des personnages principaux. Le critique, décortique l’oeuvre pour en faire découvrir toute sa beauté aux lecteurs. Il se fonde également sur des réfèrences littéraires en comparant des personnages à Foster Wallace ou à Thomas Pynchon, deux écrivains américains connus. Alexis Liebaert se plait également à exprimer son avis qui est justifié et fondé. Il se montre tantôt élogieux tantôt dépreciatif, avec des mots comme « aspect trop classique », « banal »...Cependant, ses multiples recherches, sur le genre du texte et ses clichés ou encore les références littéraires, rendent son jugement légitime. Tous les faîts que retranscrit Liebaert apportent du sens et ne sont pas inutiles.
    La critique de cet auteur est donc réussie car il manie et concilie parfaitement le jugement et le savoir, les deux défauts que déplore Pierre Brunel. Finalement, n’est-ce pas cela tout l’art et la difficulté d’un critique littéraire ?

  • Pierre Brunel a écrit La critique littéraire, en 1977.
    Dans l’avant-propos, il explique que « Dans un volume précédent, paru dans l’ancienne collection « Que sais-je » ?, et sous le même titre, Daniel Madelénat, Jean-Michel Gliksohn, Daniel Couty et moi avions tout organisé autour de quatre grands actes de l’esprit : Décrire, Savoir, Juger, Comprendre. On les retrouvera aisément dans les aspects les plus apparents de la critique littéraire, dans ses grandes orientations, que j’ai tenté de dégagé ici d’une manière moins fortement synthétique mais, je l’espère, plus souple, plus ouverte aussi, et en tenant compte des deux dernières décennies du siècle ».
    Dans l’introduction, il ajoute « discernement, critique : ces mots sont de la même famille. Et si, à la manière de ces critiques grammairiens, nous remontons à l’étymon, nous trouvons le latin cernere, le grec krinein, qui signifiaient principalement « séparer », « distinguer ». Il est important de noter que le terme "discernement" possède une dimension liée au jugement. Au chapitre III, Brunel déclare : "Il ne suffit pas de dauber sur les juges ; le jugement lui-même est en question. Claude-Edmonde Magny a invité le critique à renoncer à ce qu’il prenait pour de l’objectivité, “l’universalité abstraite, la validité impersonnelle à la manière de Kant. « Depuis le 18e siècle, ajoute-t-elle, c’en est fini, théoriquement, de cette superstition que le « beau est ce qui plaît universellement sans concept”. »
    Selon Pierre Brunel, la critique littéraire « oscille entre des pôles opposés » : Juger et savoir. Afin de renforcer son propos, il cite Charles Du Bos qui affirmait que la critique « oscille toujours bizarrement entre le palmarès et la notice nécrologique ».

    La critique publiée dans Le Magazine Littéraire concernant le roman de Jeffrey Eugenides est parfaitement illustratrice du discours de Brunel.
    En effet, dans cette publication, le critique revient sur des éléments passés concernant Eugenides, et particulièrement sur sa bibliographie. Il cherche à établir un lien entre l’auteur et les lecteurs à qui il propose sa critique qui « rappelle les faits qu’elle considère a priori comme devant être éclairants ». Ces informations sont à associer au terme « savoir » évoqué par Brunel. « C’est là sans doute une caricature de la critique normative et de la critique biographique, de la critique impressionniste et de l’histoire littéraire ». Brunel élargit son propos lorsqu’il affirme qu’on a souvent rendu Sainte-Beuve responsable du « biographisme ». Marcel Proust lui reproche d’avoir demandé à la biographie de l’homme, à l’histoire de sa famille, à toutes ses particularités, l’intelligence de ses œuvres et la nature de son génie », ce que Taine appelait une « sorte d’analyse botanique pratiquée sur les individus humains ». De fait, sainte-beuve a voulu rechercher l’homme dans l’œuvre. A celà, il ajoutera « voilà peut-être la limite la plus marquée de la critique normative […] elle brise l’œuvre en la divisant, en tâchant de distinguer le bon grain de l’ivraie. En cela elle oublie qu’elle doit d’abord chercher à comprendre, et à faire comprendre ».
    Le but du critique est donc de s’informer, puis de retranscrire des faits réels, concrets, afin de discerner l’ouvrage dans le but d’en tirer un jugement le plus objectif possible. Cependant, il doit rester centré sur l’œuvre elle-même et non sur l’humanité de l’auteur, qui lui apportera seulement le savoir nécessaire afin d’écrire sur lui, et de le transmettre aux lecteurs. Ici, le critique laisse entrevoir son point de vue à travers des expressions telles que « roman bouleversant » ou encore « Mais quel souffle, quelle capacité à rendre haletantes les péripéties les plus ordinaires d’une histoire d’amour qui, elle, l’est un peu moins ! ». Il se trouve donc dans la capacité d’évoquer un avis, de la manière la plus universelle possible. C’est donc dans cette perspective que la critique se situe à mi-chemin entre le jugement et le savoir.

  • Comment situez-vous la critique du roman de Jeffrey Eugenides par rapport aux défauts pointés par Pierre Brunel dans l’extrait ci-joint ?

    Dans la critique de Pierre Brunel il est dit cela "Si la littérature est pour l’écrivain une forme satisfaisante d’expression, elle n’a que faire de la critique et peut se contenter d’introduction biographiques à des anthologies."

    En effet lors d’une critique littéraire il s’agit selon lui de juger et de savoir mais bien souvent l’un des deux prime sur l’autre ce qui fait que la critique cherche des prétextes pour ne "pas remplir sa mission". Ainsi la critique littéraire deviendrait une mission à part entière et plus simplement une forme de littérature comme peut l’être toute forme d’écrit.
    La critique littéraire ne serait donc formative et dirigée que selon des normes établies mais chaque auteur peut avoir sa propre manière de juger et d’analyser un texte selon son point de vue personnel.

    Maintenant si nous mettons en lien l’article "Retour de noces" ainsi que les défauts dont Pierre Brunel nous parle dans l’extrait de Que sais-je nous voyons qu’en effet il est question de goûts et envies de l’écrivain qui choisit ou non de suivre le chemin tout tracé de la littérature sachant que cela amennera une critique plus ou moins positive par la suite. Pour Jeffrey Eugenides il est question de prendre des risques en littérature mais cela fait qu’il doit se "mesurer aux codes et aux classiques du "roman matrimonial"". Cela montre en effet qu’un auteur qui sort des codes pré-établis de la littérature doit ensuite être prêt à être critiquer plus dans le coté "juger" dont parle Pierre Brunel que dans celui du "savoir".
    Ici la critique de son roman est sans appel, il est dit que son oeuvre concernant le suicide revient en réalité à vouloir "expliquer l’inexplicable", ainsi son roman traîterait simplement d’un sujet impossible. Pouvons nous donc dire que prendre un sujet original, entendons par cela peu utilisé, mène à coup sur l’auteur à se lancer dans quelques chose qui ne serait en réalité pas possible, puisque qu’inexplicable ? Non puisque le critique dit qu’il s’agit "simplement de raconter", l’asperct de jugement ne serait pas présent même dans un sujet tel que le suicide où l’écrivain pourrait souhaiter donner son avis. Le critique de Jeffrey Eugenides pensent donc qu’il n’auto-juge pas le propre sujet de son roman. Il s’agit "juste de faits rapportés".

    Puis il s’agit de la critique du "Roman de mariage" dans laquelle il est dit que Jeffrey Eugénides a "pour objectif de réhabiliter le très archaÏque "roman matrimonial"". Toujours selon le critique l’auteur Jeffrey Eugénides ferait un long travail sur ses textes bien que ceux-ci ne traîtent que de sujets "ordinaires". Nous pouvons donc reprendre la citation utilisée au début de ce document " Si la littérature est pour l’écrivain une forme satisfaisante d’expression, elle n’a que faire de la critique " en ajoutant que c’est le cas pour Jeffrey Eugenides, le critique dit qu’il arrive à magnifier des sujets ordinaires en "travaillant ses intriques et ses personnages" tout en les laissant dans des tons classiques, comme le cas du triangle amoureux repris maintes et maintes fois en littérature. Mais cela est pour le "respect du genre". L’écrivain n’aurait donc que faire de la critique mais devrait obéir enfin de respecter les codes propres aux genres et ainsi donc la critique le préoccupe tout de même.

    D’autres situations encore sont déjà vues à de nombreuses reprises telles que "l’homme de Dieu s’opposant à l’homme savant" mais malgré cela Jeffrey Eugenides arrive à rendre son texte "Roman de mariage" unique en précisant bien sur que son but de d"part était d’écrire "un livre utilisant cette intrigue centrale et passionnante du roman anglais traditionnel : le mariage". Il est parvenu à écrire sans se soucier de la critique qui allait suivre mais cela sans dénaturer les codes. Suite à la lecture de cette critique littéraire nous nous poserons donc la question suivante : Un auteur peut-il écrire sans se soucier totalement de la critique que pourrait subir son oeuvre ? Mais aussi : Répondre à des codes pour un écrivain revient-il à ce que ce dernier doive juger lui-même ses écrits afin d’y transmettre une forme de "savoir" pré-établi sur un sujet déjà utilisé à plusieurs reprises ou au contraire à risque puisque plus original ?"

    Nous ne savons donc pas si nous pouvons parler de défauts mais il est en effet possible de créer un lien entre les dires de Pierre Brunel et la critique concernant Jeffrey Eugenides. En effet est-il vrai de dire qu’un auteur qui prime son ressenti plutôt que les codes propres de la littérature mérite une critique plus dure et donc doit donner suite au terme de "défaut" concernant ses écrits ?

  • Introduction sur la critique littéraire

    Étymologiquement, le mot critique renvoie à deux termes : cernere venant du latin, et krinein, du grec, qui signifient respectivement « séparer » et « distinguer ». Émile Littré, dans son Dictionnaire de la langue Française (1863-1872) décrit la critique comme « l’art de juger les productions littéraires », le critique comme « celui qui juge des ouvrages d’esprit », et une critique comme « un jugement porté par un critique ». Cette définition révèle un aspect particulier de la critique : sa toute puissance. C.S Lewis commence d’ailleurs son Expérience de la critique littéraire en s’en prenant à la définition ordinaire. Pourquoi après tout ne pas « définir un bon livre comme un livre qu’on lit d’une certaine manière, et un mauvais livre comme un livre qu’on lit d’une autre manière ». En effet, « a ne vouloir que juger, la critique conduit inévitablement à une critique de jugement ».
    La critique littéraire à une histoire, mais elle peut aussi devenir une histoire de la littérature. « Elle tente de démêler l’écheveau des écrits du passé, de leur assigner un ordre et, en même temps, de suivre le jeu complexe des filiations », comme l’explique Pierre Brunel. De nombreux intellectuels se sont penchés sur la question de la critique littéraire ainsi que la façon dont il faut l’envisager. Pour ce qui est de Sainte-Beuve, la critique devait devenir une manière « d’histoire naturelle », et « établir une classification des esprits ». Selon Gustave Lanson, elle devait épouser l’érudition, « le tableau de la vie littéraire de la nation, l’histoire de la culture et de l’activité de la foule obscure, qui lisait aussi bien que des individus illustres qui écrivaient ». Marcel Proust quant à lui, a reproché à Sainte-Beuve d’avoir seulement « vu la littérature sous la catégorie du temps ». Lucien Goldmann est allé lui, dans le sens de la sociologie, et le « structuralisme génétique » pour « retrouver, dans l’univers imaginaire exprimé dans l’œuvre, les structures de la vision du monde d’un groupe social auquel l’écrivain est lié d’une certaine façon et à qui il les a emprun­tées ». Elle a tantôt voulu être science de la littérature, « une science des conditions du contenu, c’est-à-dire des formes » : une « lin­guistique du discours » et en cela « conforme à la nature ver­bale de son objet ». Tantôt, au contraire, elle est allée dans le sens d’une « critique partiale, passionnée, politique », comme le voulait Baudelaire et comme l’a voulu après lui Claude-Edmonde Magny. Jean Paulhan fait l’éloge de l’éreintement, et Paul Léautaud le pratique. Sartre affirme que la cri­tique « engage l’homme entier ». Dans les années soixante, c’est le moment des affrontements qui partagent les partisans de l’ancienne critique et les partisans de la « nouvelle critique ». Roland Barthes, dans Critique et vérité, propose de séparer la « science de la littérature » de la « critique littéraire », la première étant un « discours général dont l’objet est, non pas tel sens, mais la pluralité même des sens de l’œuvre », la seconde étant « cet autre discours qui as­sume ouvertement, à ses risques, l’intention de donner un sens particulier à l’œuvre ». Il y a beaucoup de débats, qui restent ouverts et montrent ainsi une chose certaine : aujourd’hui, la critique littéraire est en question.

    La critique et l’histoire des textes

    La critique est de nos jours, plus que jamais, une profession. La critique provoque sur l’auteur un effet d’attente, « tremblant d’être écorché, et craignant plus encore qu’on ne parle de lui ».
    La critique littéraire prend des formes différentes, selon l’angle d’analyse, comme par exemple, la critique normative.
    Cette dernière connaît des limites. En effet, « non contente de faire de sa règle la règle, elle brise l’œuvre en la divisant (…) En cela elle oublie qu’elle doit d’abord chercher à comprendre, et à faire comprendre ».
    La philologie, selon la définition du dictionnaire Larousse est l’« établissement ou étude critique de textes, par la comparaison systématique des manuscrits ou des éditions, par l’histoire ». Cette discipline vise à rétablir le contenu original de textes connus par plusieurs sources, c’est-à-dire à choisir le meilleur texte possible à partir de manuscrits. La philologie apparaît nécessaire à la critique littéraire. Elle est d’ailleurs appelée, « critique philologique ». Comme l’explique Pierre Brunel, « l’examen comparatif des variantes n’est pas un exercice d’érudition gratuit. Il se révélera bien souvent éclairant, permettant de confirmer soit une leçon, soit une lecture du texte. »
    Le critique peut aussi avoir recours à la biographie. Il faut cependant faire attention : « Faut-il ne jurer que par l’auteur, et que par sa biographie ? », demande Pierre Brunel. Sainte-Beuve a souvent été rendu responsable du « biographisme ». Ce dernier recherchait l’homme dans l’oeuvre. Le reproche qu’émet Marcel Proust à cette volonté est « d’avoir demandé à la biographie de l’homme, à l’histoire de sa famille, à toutes ses particularités, l’intelligence de ses œuvres et la nature de son génie ». Sainte-Beuve définissait le choix de ses Portraits Littéraires ainsi : « On s’enferme quinze jours avec les écrits d’un mort célèbre, poète ou philosophe ; on l’étudie, on le retourne, on l’interroge à loisir, on le fait poser devant soit (…) ; chaque trait s’ajoute à son tour et prend place de lui-même dans cette physionomie qu’on essai de reproduire. Au type vague, abstrait, général, qu’une première vue avait embrassé, se mêle et s’incorpore par degrés une réalité individuelle précise, de plus en plus accentuée et vivement scintillante ; on sent naître, on voit venir la ressemblance : et le jour, le moment où l’on a saisi le tic familier, le sourire révélateur, la gerçure indéfinissable, la ride intime et douloureuse qui se cache en vain sous les cheveux déjà – à ce moment l’analyse disparaît dans la création, le portrait parle, on a trouvé l’homme ». Pierre Brunel explique que ces « lignes disent clairement qu’il compte sur l’intuition plus que sur la recherche dans les archives pour trouver l’homme dans l’écrivain ». Aujourd’hui, l’économie biographique dans la critique est valorisée. Roland Barthes, dans Michelet par lui-même, avertissait son lecteur qu’il ne trouverait dans le livre « ni une histoire de la pensée de Michelet, ni une histoire de sa vie, encore moins une explication de l’une par l’autre ». En ce sens, il reconnaissait qu’il fallait quand même savoir quelque chose. Pour Serge Doubrovsky, un tel « mode d’emploi » est « le plus sûr moyen non d’expliquer, mais d’assassiner la littéraire ». Pierre Brunel ajoute « qu’il n’est pas inutile, pour comprendre Le Contrat Social, de savoir que Rousseau en a conçu la première idée « lorsqu’étant à Venise », il avait eu « quelque occasion de remarquer les défauts de ce gouvernements si vanté ». L’exemple vénitien nourrit sa réflexion à plusieurs reprises. Quel que soit le parti auquel on se range, ajoute Pierre Brunel, il serait imprudent de négliger des données qui ne sont pas des clefs, sans doute, mais évitent d’errer.
    La critique génétique opère à son origine un déplacement de l’objet d’étude. Il ne s’agirait plus d’étudier le texte tel qu’il est publié, mais les documents qui ont permis à son élaboration. La critique génétique met à l’honneur cet avant-texte, défini par Jean Bellemin-Noël comme « une certaine reconstruction de ce qui a précédé un texte, établie par un critique à l’aide d’une méthode spécifique, pour faire l’objet d’un lecture en continuité avec le donné définitif ». Pierre-Marc de Biasi présente la génétique des textes comme « discipline jeune et en plein essor », « l’une des principales innovations critiques des trente dernières années ». Et il ajoute : « Elle renouvelle la connaissance des textes à la lumière de leurs manuscrits de travail, en déplaçant l’analyse de l’auteur vers l’écrivain, de l’écrit vers l’écriture, de la structure vers le processus, de l’œuvre vers sa genèse ». Pierre Brunel explique que « la critique génétique ne sacrifie en rien l’analyse littéraire (…) Mais elle se veut rigoureuse, se rapprochant de plusieurs zones de recherches centrales dans les sciences d’aujourd’hui. »

    La critique littéraire occupe une situation incertaine, et par là difficile.. Elle oscille entre des pôles opposés, entre « juger » et « savoir », littérature et a-littérature, et entre objectivité et subjectivité. La critique ne cherche pas toujours à décoder, mais elle a un code de valeur : « la rigueur, l’honnêteté, la volonté de comprendre et faire comprendre, d’aimer et de faire aimer », conclu Pierre Brunel.

    Voir en ligne : Qu’est-ce que la critique littéraire ?

  • Dans les premiers chapitres de la revue Que sais je ? La critique littéraire, Pierre Brunel fait un rappel historique visant à montrer la naissance et l’évolution de la criti­que littéraire pour en arriver à ce qu’elle est aujourd’hui. Tout d’abord Pierre Brunel montre que la critique n’avait pas lieu d’être lors des premiers siècles puisque les œuvres étaient le fruit d’une collaboration. Il prend comme exemple les tribus et dit que le jugement critique n’existait pas puisque chacun avait participé à créer cette œuvre. Il évoque ensuite la naissance de la critique qu’il attribue à trois facteurs possibles. Il pense que la critique existe grâce à une volonté de juger, une volonté de classer (comme le fait Alexis Liebaert dans sa critique de Roman de Mariage d’Eugénides) à moins qu’elle ne soit le résultat d’une réflexion approfondie sur une création spontanée
    Il prend ensuite en exemple Aristote, qui, en définissant deux grands genres comme la rhétorique et la Poétique a été le précurseur du classement des œuvres par genre. Il parle ensuite d’ Horace qui s’est fait aider par un critique pour écrire Épître aux pisons ce qui tend à montrer qu’à cette époque la critique était davantage considérée comme une aide que comme un juge. Pierre Brunel évoque ensuite Boileau en le citant : « Toujours loin du droit sens vont chercher leur pensée ». Cette phrase est à rapprocher de ce que Boileau pensait des critiques. Pour lui, les critiques littéraires déformaient les œuvres en fonction de leur propres opinions. Pierre Brunel montre ainsi le statut des critiques au XVII ème siècle. Enfin, il clôt ce chapitre de rappels historiques à travers un exemple frappant. Les critiques ont en effet donné des interprétations de la poétique d’Aristote tellement diverses et nombreuses que cela a nuit à l’élaboration d’une théorie stable.

    Ensuite, Pierre Brunet s’intéresse à la critique d’aujourd’hui en expliquant qu’elle est devenue un métier à part entière qui classe les œuvres et les agrémentent de propos louangeurs ou venimeux.
    Il émet une réserve quant à l’interprétation des œuvres par les critiques puisqu’il dit que les critiques ne tiennent pas suffisamment compte des changements que l’œuvre a subi depuis sa création jusqu’à sa finalisation et regrette que les critiques n’aient pas assez recours à la biographie des auteurs car selon lui c’est un outil important pour comprendre correctement l’œuvre en question. Il déclare enfin que la critique est toujours tiraillée entre objectivité et subjectivité, entre ancienne pratique et nouvelle pratique et que ces tiraillements sont nécessaire pour qu’elle puisse exister.

    En conclusion, Pierre Brunel donne sa propre vision de la critique lorsqu’il dit à la page 100 : « elle a son code de valeurs et d’honneur : la rigueur, l’honnêteté, la volonté de comprendre et de faire comprendre, d’aimer et de faire aimer. »
    La notion de comprendre et faire comprendre tend à viser le critique qui se doit de comprendre l’œuvre et de la maîtriser avant de donner une interprétation correcte aux lecteurs. Cette notion, tout comme la notion d’aimer et faire aimer est importante dans le sens où, pour Pierre Brunel, le critique doit d’abord s’approprier l’œuvre, la comprendre et la maîtriser dans son ensemble avant de faire partager son avis aux autres lecteurs.

    Voir en ligne : Que sais-je ? Critique littéraire, de Pierre Brunel

  • Le livre étudié est « La critique littéraire » écrit par Pierre Brunel, dans la collection « Que sais-je ? » paru aux éditions Puff. Il se compose d’une page de début, d’un avant-propos et d’une introduction. Le livre se compose de sept chapitres, d’une conclusion et d’une bibliographie, d’un répertoire des principaux types de critique et des index des noms d’auteurs et des journaux et périodiques cités dans l’ouvrage.

    Le terme critique à depuis toujours une connotation péjorative, pour preuve Voltaire, a toujours eu une réputation de « négateur ». Autrefois dans la critique grammaticale entre le XVI et le XVIIIème siècle ont a vu l’apparition de la critique grammaticale grecque et latine à travers la publication de nombreux dictionnaires et Éditions Correctes et de Commentaires. Mais il faut remonter à l’étymologie latine « cernere » et le grec « krinein » qui veut dire séparer, distinguer. Au départ, la critique a pour but premier d’émettre un jugement. La critique littéraire est « l’art de juger les productions littéraires » et le critique est « celui qui juge des ouvrages d’esprit » et une critique est « un jugement porté par un critique ». Ce qui a conduit à ce que la critique deviennent uniquement une critique de jugement qui a finit par l’imiter la publication des ouvrages. La critique était alors régit par les règles instauré par Aristote et possédait des normes dogmatiques. La critique aristotélicienne est d’abord une poétique et donc une description. Elle s’est considérablement éloigné de la critique émettant un jugement.

    La critique repose sur une conception pluridisciplinaire. En effet il existe différent type de critique : biographique, cryptanalyse, existentialiste, formaliste, générative, génétique, historique, impressionniste, lacanienne, impressionniste, linguistique, marxiste, mythocritique, new criticism, normative, nouvelle, paragrammatique, phénoménologique, philologique, poétique, psychanatique, psychocritique, rhétorique, sociocritique, structuraliste, journalistique, thématique.

    Dans les années soixante, on a vu l’émergence d’affrontements entre les partisans de l’ancienne critique et les partisans de la nouvelle critique. Le débat est ouvert, mais même aujourd’hui la question de la critique littéraire est toujours d’actualité.

    La critique n’est pas quelque chose de nouveau.

    Mais qu’est-ce que « la nouvelle critique » ?

    Selon Barthes, elle possède une nature diverse et selon lui elle relève du domaine de l’existentialisme, du marxisme, de la psychanalyse et du structuralisme. Mais pourquoi lui donner le terme de nouvelle critique ? Roland Barthes dénonce la tendance historique, historicienne et dogmatique de la critique. La nouvelle critique ne s’oriente pas vers un savoir, mais plutôt vers une interprétation. Pour Barthes, pour comprendre une critique, il faut la comprendre par le biais d’une ou plusieurs lectures et non en résumant ou en paraphrasant. La nouvelle critique peut-être mise en rapport avec le nouveau roman et se rapproche de la critique structuraliste et de la critique thématique, dont elle est inséparable selon Barthes.

    La critique journalistique

    La critique est de nos jours devenue une profession en rapport avec la parution des romans. Elle met en œuvre une critique négative ou positive. Mais la critique normative oublie souvent qu’elle fait ses propres règles au risque de briser l’œuvre, alors qu’elle devrait plutôt essayer de la comprendre. La critique journalistique est ouverte sur le présent contrairement à « la nouvelle critique » qui ne jurent que par les codes du discours et que la critique n’a pas à reconstituer le message de l’œuvre, mais seulement son système. Elle est donc close et non pas ouverte. La critique journalistique se fait au jour le jour et commente l’actualité du jour. Elle est une critique d’humeur et est malheureusement soumise aux contraintes mondiales et à la domination de l’actualité politique. Le rythme de la critique journalistique est également devenu hebdomadaire au lieu de quotidien.

    Pour Barthes, la critique littéraire relève du « métalangage ». Elle est considéré comme intimidante par l’aptitude qu’elle possède à pouvoir juger et trancher sur tout. Cependant de nos jours, elle a acquis la réputation d’être plus ouverte, spontanée et plus directe dans son expression.

    En définitive, la critique littéraire ne relève pas uniquement du domaine de la littérature. Elle a considérablement évolué depuis la poétique d’Aristote où elle avait pour premier objectif d’émettre un jugement et était régit par des normes dogmatiques. Elle est devenue une discipline pluridisciplinaire et ouverte alors qu’elle avait acquise la réputation d’être close et d’émettre un jugement la plupart du temps négatif.

  • La critique ferait son apparition avec la naissance de l’écriture et serait un moyen de trier les différentes richesses orales accumulées par les sociétés. Les toutes premières proviendraient ainsi des prêtres brahmanes qui se servaient de l’écriture pour décrire leur chant. Internet, de par la variété des contenus qu’il met à disposition semble donc un terrain propice à l’épanouissement de la critique littéraire et fait de celle-ci un de ses corollaires inévitables. La parole sacrée ou "mystos" qui auparavant était dans l’action, est alors séparée du logos "discours" ou la description de cette action. Originellement a critique littéraire est donc descriptive. Ce n’est qu’à partir d’Aristote (-384/-322) qu’elle acquiert un caractère normatif ; la simple constatation, initialement dépourvue de tout jugement de valeur va devenir prescriptive. De l’analyse purement factuelle, Aristote va élaborer les principaux genres que nous reconnaissons aujourd’hui à la littérature. Il scinde celle ci en deux domaines ; la Rhétorique et la poétique. Chacune divisée en trois genres. La première se compose du délibératif, du judiciaire et de l’épidictique. La poétique, quant à elle, comprend la comédie, la tragédie et l’épopée. La simple description fait donc parvenir à une classification littéraire. Elle repose d’ailleurs elle même sur un bilan du passé ; Aristote s’inspire en effet, parmi les plus évocateurs, de Plaute, Aristophane ou encore Cratès. Mais la poétique d’Aristote n’à pas forcément vocation à la hiérarchiser comme le feront ses successeurs. Il veut trouver, de façon objective, les principes qui constituent le discours non pas pour expliquer son art au poète mais pour le faire comprendre au public. La critique littéraire devient donc une médiation, une vulgarisation de l’œuvre dès l’antiquité. C’est Horace (-65/-8) qui annonce le premier l’idée d’Art critique. Le terme d’Art implique cette fois ci de déterminer les qualités intrinsèques de l’œuvre en tant que matériaux, de la façon la plus juste. Pour lui, les talents d’un écrivain ne suffisent pas, il doit suivre des règles prescrites par les critiques. C’est par ailleurs de lui, que le critique Boileau (1636/1711), connu pour son dogmatisme, prend sa source. Sa critique est cette fois ci contigüe à l’idéal classique, assise de la centralisation culturelle de Louis XIV. Elle est alors idéologique ; Boileau se fait l’écho d’une société et d’une époque. La forme doit être la parfaite expression de son contenu, loin des extravagances du merveilleux chrétien, du courant précieux ou encore du burlesque. On retrouve cependant chez lui le même souci didactique que pour Aristote : rendre la littérature compréhensible aux honnêtes gens. Racine (1639/1699) et Fénelon (1651/1715), ses contemporains, avaient par ailleurs orienté entièrement cet exercice vers la description. A la démarche scientifique d’Aristote, s’agrègent peu à peu des prospectives plus subjectives. Scaliger (1540/1609) introduit ainsi la notion de philosophie du discours dans la critique. Par la suite, au XIX ème et au XX ème siècle, la critique littéraire se divise en trois principaux courants ; la critique de jugement, la critique interprétative, défendue par Meschonnic pour qui la critique littéraire repose avant tout sur une logique comparative entre induction (exemples) et déduction, puis les partisans de la critique descriptive, à l’exemple de Paul Valéry qui retourne aux principes aristotéliciens de la critique afin de ne s’attacher qu’à juger les fragments superposés de modèles dont l’œuvre est composée. Parmi cette mouvance, Jakobson se consacrera à étudier les œuvres d’un point de vue grammatical pour en faire ressortir le mécanisme. On peut donc constater que l’essence de la critique littéraire est duale ; elle repose à la fois sur un constat et la subjectivité du critique.

  • Ce lien dirige vers un article qui correspond plus à un billet d’humeur qu’à un véritable article de fond, il est succinct, mais il offre l’avantage de résumer la problématique principale à laquelle sont confronté les journalistes presse ; les prints devant bientôt s’essouffler, quelles problématiques rencontre le journaliste de presse écrite pour se rediriger vers le web.
    Il y a, sur le même site, une rubrique sur l’écriture Web et la littérature. Pour aller plus loin on peut aussi consulter ce lien qui renvoie aux dissensions entre le gouvernement français (à l’initiative d’Aurélie Filippetti) et Google. Normalement, la ministre de la culture avait posé un ultimatum pour fin janvier à la multinationale dans le but de faire avancer un des projet du gouvernement qui était d’établir une synthèse sur la place du numérique au sein de l’économie nationale et par rapports aux contenus culturels afin d’établir des propositions entre janvier et mars 2013.

    Voir en ligne : Quel modèle économique pour le journaliste web ?