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Qu’est-ce que le contemporain au théâtre ?

septembre 2014

Travail à destination des étudiants de L2 (promotion 2014-2015).

Vous ferez un compte rendu critique (méthodologie vue en cours) de l’article suivant, disponible sur CAIRN à partir de l’ENT :

Douzou Catherine, « Qu’est-ce que le contemporain au théâtre ? », Revue d’histoire littéraire de la France 3/ 2013 (Vol. 113), p. 569-582

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Source de l’image : blog le monde

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  • Manon Carbonnier Solène Monteau Anthony Moroy

    L’article que nous étudions, intitulé « Qu’est-ce que le contemporain au théâtre ? », est extrait de la Revue d’histoire littéraire de la France. Il est rédigé par Catherine Douzou, enseignante et chercheuse à l’université, et publié 2013. Le fil conducteur de cet article est la question du contemporain au théâtre, comme l’indique le titre. Catherine Douzou tente de définir et de cerner la globalité du sujet en s’intéressant à des cas, en étudiant des exemples précis de pièces, d’auteurs et de metteurs en scène afin de pouvoir écrire une histoire littéraire du théâtre contemporain. Catherine Douzou va donc traiter ce vaste sujet à travers trois grands thèmes, tout d’abord la notion du contemporain qu’elle va relier plus particulièrement au théâtre français, puis elle va « périodiser » le théâtre contemporain, c’est à dire tenter de dater des éléments qu’on pourrait qualifier de contemporain au théâtre, pour enfin aborder le renouvellement au théâtre, et dans toute œuvre littéraire adapté au théâtre, propre au théâtre contemporain.

    Tout d’abord, avant d’aborder spécifiquement le contemporain au théâtre français, l’auteur nous fait un rappel sur la « double nature de cet art ». En effet, le théâtre est à fois littérature et art de la scène, il est autant destiné à être lu qu’à être joué devant des spectateurs au cours d’un spectacle.
    Ensuite Catherine Douzou donne une première définition du contemporain qu’elle qualifie comme s’adressant aux vivants, il n’y aurait alors que du théâtre contemporain, car même réactualiser une pièce ancienne la rend, de ce fait, contemporaine car cette réactualisation permet de parler, de toucher les gens de notre époque.
    Le théâtre est un art international, alors l’auteur se questionne sur le théâtre contemporain français et en vient à la conclusion qu’il s’agit d’un théâtre joué en France, même si l’auteur de la pièce, la compagnie ou même la langue dans laquelle est jouée la pièce n’est pas français. Une histoire littéraire du théâtre contemporain français ne peut pas être envisagée sans mentionner et étudier des auteurs et artistes qui ne seraient pas français.

    Dans un seconde partie, Catherine Douzou s’intéresse à la périodisation du théâtre contemporain. Le critique Dominique Viart dans La Littérature au présent va même dater la notion de contemporain qui, pour lui, correspond au courant des années soixante-dix avec un « décrochage » de la littérature des années précédentes.
    Puis Catherine Douzou se réfère à d’autres professeurs, auteurs et critiques ayant déjà abordé cette question du contemporain au théâtre avant elle comme Marie-Claude Hubert ou Roger-Daniel Bensky.
    Le « renouvellement des générations » est un facteur important de la périodisation du théâtre contemporain, des auteurs disparaissent (Claudel, Cocteau, Pagnol, Jules Romains), d’autres se font connaître (Valère Novarina, Bernard-Marie Koltès, Enzo Cormann, Jean-Luc Lagarce). Mais ce renouvellement des générations n’est pas le seul facteur, il faut également prendre en compte les différentes modifications de l’écriture théâtrale comme par exemple le discours narratif de plus en plus présent au théâtre à l’instar du dialogue, si formel au théâtre. Ainsi ces deux éléments permettent l’identification d’une « nouvelle période ».
    Ensuite les années soixante vont être marquée par une « rupture » entre théâtre et littérature, comme Antonin Artaud l’avait écrit au début des années trente. En effet, le metteur en scène va se voir qualifié d’un nouveau rôle, celui de « créateur-artiste ». Un nouvelle conception du théâtre va également apparaître avec Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil, le texte littéraire théâtrale de base est modifié, remanié, coupé ce qui va impliquer que les metteurs en scène vont se tourner vers un théâtre plus classique à cause du manque de dramaturges contemporains.
    Enfin, le discours au théâtre va se voir de plus en plus amoindri avec une collaboration de celui-ci avec les arts de la scène (musique, danse), les arts plastiques et les arts visuels (vidéo, cinéma), cela va encourir une re-théâtralisation.

    En dernier lieu, nous allons nous intéresser aux mutations littéraires du théâtre contemporain. Tout d’abord , 1980 va marquer le renouement du discours avec le théâtre. En effet, il reste des auteurs adeptes d’un théâtre plus traditionnel comme par exemple Eric-Emmanuel Schmitt, Yasmina Reza ou encore Jean-Claude Grumberg.
    Ensuite Catherine Douzou s’intéresse au mélange des formes comme avec le théâtre et la poésie. Elle prend comme exemple Bernard-Marie Koltès et Jean-Pierre Siméon dont les œuvres sont très « poétisées ». La pièce de Koltès La nuit juste avant les forêts marque le début d’une nouvelle période, toujours en vigueur de nos jours, qui est le théâtre de monologues. La relation entre littérature narrative et théâtre va être de plus en plus prononcée. L’adaptation au théâtre de supports autres que des pièces, comme par exemple des romans, des nouvelles, des textes de lois ou encore des récits journalistiques, est très spécifique du théâtre contemporain. Tout est théâtre même ce qui ne relève pas spécifiquement du dialogue. La construction linéaire du drame n’est plus respectée, le principal dans la composition théâtrale contemporaine est le « montage ».
    Le théâtre contemporain est donc caractérisé par une hybridation entre les genres, les types de discours et les arts. Après des années d’expérimentation, le théâtre contemporain marque un retour aux textes et aux thèmes anciens tout en les revisitant, comme le fera le dramaturge Wajdi Mouawad.
    Enfin, le développement de thèmes spécifiques historiques, comme le fait Wajdi Mouawad dans sa trilogie Le sang des promesses, est un autre éléments permettant une périodisation du théâtre contemporain.

    Pour conclure, l’intention principale de Catherine Douzou est didactique, elle tente de faire comprendre à ses lecteurs ce qui peut être qualifié de contemporain au théâtre à l’aide de définitions et d’exemples précis. A la lecture de l’article le lecteur comprend bien la difficulté de définir précisément cette notion, l’auteur elle-même dans la conclusion de son article évoque l’aspect « lacunaire » de son dernier tableau. Il est difficile de donner une définition exact du contemporain au théâtre .

  • L’article didactique que nous avons à étudier est écrit par Catherine Douzou en 2013 pour la revue d’histoire littéraire de la France et s’intitule « Qu’est ce que le contemporain au théâtre ? ».
    Catherine Douzou s’attache à étudier la notion de contemporanéité et sa complexité en articulant son article en trois parties. Tout d’abord, elle s’interroge sur ce qu’est la notion de contemporain associée au théâtre français, pour s’intéresser ensuite à la périodisation du théâtre contemporain, et enfin traiter de quelques mutations littéraires du théâtre contemporain. Nous verrons que Catherine Douzou, dans cet article, tend à la précision du terme contemporain afin d’exposer une définition du théâtre contemporain de la fin du XXème siècle.

    Catherine Douzou, dans son introduction, dit que le mot contemporain est difficile à définir et particulièrement quand il s’agit du théâtre.
    Le texte de théâtre a une double nature, et il est un genre hybride. Le théâtre fait partie de la littérature et n’est pas seulement un art de scène. Certains auteurs font du théâtre fait pour être lu, cependant la représentation participe à l’actualisation de cet art. Le théâtre permet au public de faire appel a plusieurs de ses sens quand il est représenté. La représentation doit convenir aux gens de l’époque ou elle a lieu. Différents métiers rentrent alors en ligne de compte lorsque la pièce est représentée sur scène. Le théâtre qui n’a pas eu de succès a l’époque ou il a été écrit mais qui trouve son public dans une époque future serait peut être selon Catherine Douzou du théâtre « anticontemporain ». Cependant, elle dit que la contemporanéité peut être acceptée si le théâtre touche une minorité de gens a l’époque ou il a été écrit puisque la notion renvoie a « novateur ».
    La représentation est de toute façon contemporaine en le sens qu’elle nécessite une « réactualisation du texte ». L’une des conditions du spectacle est qu’il doit s’adapter au public qui le regarde, en adoptant et modernisant le langage du texte écrit. Elle s’interroge sur ce qu’est le théâtre français contemporain du fait que le théâtre contemporain est international. Elle dit qu’il est difficile d’attribuer une nationalité a un théâtre car cet art passe a travers les frontières. Il y a une volonté véritable d’internationaliser le théâtre et de partager les cultures de différents pays. Elle termine sa première partie en définissant le théâtre contemporain français comme théâtre joué en France pendant une époque délimitée.
    Catherine Douzou explique que contemporain peut designer la période précise qui débute des 1975. Le contemporain serait une véritable rupture avec ce qui se faisait avant. Le théâtre n’a pas échappé a cette rupture. Elle parle des nouvelles caractéristiques du théâtre et sous entend l’implication du théâtre de l’absurde. Elle explique que le théâtre va au delà du langage et implique davantage les autres arts scéniques. Avec la période contemporaine il y a une transformation delà façon d’écrire car il y a une nouvelle génération d’écrivains. Il y a une séparation entre littérature et théâtre après les années 60. Le metteur en scène a plus de pouvoir qu’avant puisqu’il se détache du texte de départ. Se réalisent alors quelques volontés d’Antonin Artaud puisque le langage n’a plus une place prépondérante. Le théâtre laisse alors s’exprimer les autres arts de la scène.
    Il y a un rapprochement du discours et du théâtre. S’opère un mélange des formes comme par exemple le mélange du théâtre et de la poésie. Il y a aussi présence du texte narratif dans le théâtre. Ce renouveau se fait avec la pièce La nuit juste avant les forets de Koltès. Le metteur en scène adapte des textes narratifs au théâtre. Le texte narratif n’est pas forcement transformé en dialogue, il peut être lu tout simplement. Même si on revient au langage, le théâtre n’a pas le même rapport avec celui ci, ce qui permet a Catherine Douzou de dire qu’il s’agit d’un théâtre différent. Elle parle de l’intertextualité qui était déjà présente avant mais qui est encore plus importante aujourd’hui’hui. Le théâtre de l’époque contemporaine s’interroge davantage sur le sens des mots, parfois l’obscurité des sens des mots laisse donc place à l’imagination ainsi qu’a l’interprétation. Catherine Douzou explique que dans le théâtre, qui débute vers 1975, certains thèmes sont récurrents, notamment les guerres du XXème siècle et le monde du travail.
    Pour conclure, Catherine Douzou dit que le théâtre est un art éphémère. Elle dit qu’elle a dégagé les points forts du théâtre contemporain sans en avoir complètement fait le tour.

    Catherine Douzou cherche a redéfinir la notion de « contemporain » dont le sens s’est peu a peu élargi jusqu’à perdre de sa précision. Sa volonté est de nous présenter le théâtre contemporain ainsi que ses différents traitements.
    Le fond comme la forme se veulent accessibles grâce à un vocabulaire plutôt simple et des exemples concrets. Son article peut donc s’adresser à un large public. Son discours est structuré grâce à des connecteurs logiques qui facilitent la compréhension de son développement. Elle adopte donc une démarche d’historienne, dont la neutralité est parfois ponctuée d’appréciations, mais dont l’ensemble relève plutôt de la démarche scientifique.

  • Introduction :
    Douzou Catherine, Professeure des Universités en Langue et littérature françaises à Tours s’est intéressé dans son article « Qu’est-ce que le contemporain au théâtre ? » paru dans « Revue d’histoire littéraire de la France » 3/ 2013 (Vol. 113), p. 569-582 à l’histoire littéraire du théâtre contemporain. Pour aborder ce thème elle s’est appliqué à répondre à cette vaste question, « Qu’est-ce que le contemporain au théâtre ? » En abordant tout d’abord « la notion de contemporain associée eu théâtre français », puis « la périodisation du théâtre contemporain » et enfin à « de quelques mutations littéraires du théâtre contemporain ».

    Développement :

    Catherine Douzou introduit son article en disant qu’il est légitime de se poser la question de savoir ce qu’est le contemporain au théâtre. C’est au fil de son article qu’elle développera la question
    Dans un premier temps, l’auteure établit que le théâtre est un genre hybride car, de fait, il est à la fois littérature et spectacle. Cet ancrage dans le spectacle en fait également un art spécifique dans le sens où il fait appelle aux divers sens.
    Par la suite, Catherine Douzou évoque la nécessité du théâtre à être joué avant de souligner la polysémie du mot « contemporain » et le fait que le théâtre, en s’inscrivant dans la présence d’un spectacle est forcément contemporain. Ensuite, l’universitaire développe l’idée que le théâtre est à voir comme un genre mobile , sans frontières et vivant.
    L’auteure parle de l’identité du théâtre en évoquant différentes recherches universitaires sur la contemporanéité du théâtre. Elle rend également compte du renouvellement des générations de dramaturges qui, en modifiant l’écriture théâtrale dans les années 1970, participent au renouvellement du genre.
    Catherine Douzou termine cette deuxième partie en rendant compte d’abord du divorce opéré dans les années 1960 entre littérature et théâtre puis, de l’arrivée des divers arts de la scène dans la pièce de théâtre.
    Dans le premier paragraphe de la troisième et dernière partie de l’article, l’universitaire annonce de quoi elle va traiter : le développement d’une nouvelle littérature théâtrale. Ce renouveau passe par une nouvelle manière d’écrire, de construire les pièces, notamment avec l’introduction massive de poésie, la didascalie qui prend la taille d’un récit ou encore l’adaptation de romans au théâtre. Actuellement, l’hybridation du théâtre évoquée en amont s’étend également au mélange des genres et des arts. Le retour au texte, au verbe, constitue lui aussi l’une des mutations du théâtre contemporain. Un nouveau rapport s’établit également entre les comédiens et le public. Effectivement, ce dernier prend part au spectacle, il est mis à contribution.
    Enfin, Catherine Douzou évoque la représentation de ce qui tient de l’événement historique comme de ce qui tient du quotidien dans le théâtre contemporain qui reste, comme le rappelle l’auteure, un « art de l’éphémère et du présent ».

    Conclusion :

    Le moins que l’on puisse dire c’est que Catherine Douzou fait le tour du sujet, elle rend parfaitement compte de la contemporanéité du théâtre dans cet article. L’auteure s’appuie sur nombre d’exemples de représentations ou de pièces pour éclairer son propos et donner autorité à ce qu’elle dit. Notons enfin que l’article est très organisé et qu’il traite le sujet de manière claire et accessible.

  • I) Introduction

    Ce texte critique intitulé « Qu’est-ce que le contemporain au théâtre ? » de genre didactique et argumentatif a été écrit par Catherine Douzou en 2003 publié dans la revue d’histoire littéraire de la France. Le sujet traité est le théâtre contemporain, sa nature, sa composition et ses caractéristiques. L’article est composé de trois parties, la première partie sur la notion de contemporain associée au théâtre français, la deuxième partie sur la périodisation du théâtre contemporain puis en dernière partie, des quelques mutations littéraires du théâtre contemporain.
    Le point de vue critique de l’auteur est basé sur un registre didactique visant à transmettre un savoir sur une conception plutôt ludique de l’écriture venant de sa part, puis sur la qualité exigeante de son style approprié porté sur la richesse de ses informations et de son contenu abondant.

    II) Résumé du texte

    Catherine Douzou commence son article par une petite introduction brève intitulée « Qu’est-ce que le théâtre contemporain ? ». Tout d’abord, elle pose la question sur ce qu’est le théâtre contemporain avant de parler de l’histoire littéraire théâtrale contemporaine jusqu’à parler de sa périodisation et de son écriture. Dans son plan, elle parlera de la notion de contemporanéité attachée au théâtre français, de la dualité de son aspect car le théâtre contemporain est à la fois littérature et spectacle puis de son actualisation qui a lieu sur scène. Elle viendra alors à se demande ensuite ce qu’est le théâtre contemporain français pour enchaîner sur un élargissement de l’internationalisation du théâtre à l’étranger. L’emploi du vocabulaire reste assez exhaustif et formel, le lexique demeure donc très soutenu grâce aux liens logiques.

    Par ses questions rhétoriques, elle problématise son article afin de mieux mettre en avant la question du problème du théâtre contemporain. Elle donne plusieurs significations de ce mot car il est en même temps actuel et novateur. Elle nuance ses propos par de nombreux connecteurs logiques en prenant soin de citer une bon nombre d’écrivains, d’auteurs critiques et de metteurs en scène dont Joël Pommerat (spécialiste des réécriture de contes comme Cendrillon ou Pinocchio) ou Michel Vinaver ( ayant écrit une pièce de théâtre portant sur les attentats du 11 septembre 2001) pour justifier ses propos. En s’appuyant sur différentes sources, elle annonce les conditions d’une représentation scénique et la nécessité d’actualiser une pièce ancienne qui doit être aménagée préalablement. Elle reste sur un ton neutre, ce qui lui permet d’exprimer d’une manière distante les faits.

    Dans la périodisation du théâtre, Catherine Douzou brosse un tableau sur une récapitulation de l’histoire du théâtre au XX siècle. Elle mentionne un renouveau avec la nouvelle génération. Elle prétend qu’il y a une forte dimension narrative dans les pièces, ce qui peut créer un dynamisme narratif. Elle étudie vraiment de près et analyse consciencieusement les enjeux définis par le théâtre contemporain et tout ce qu’il implique. Selon elle, une autre rupture est causée par le rôle privilégié du metteur en scène au détriment de la place de l’auteur. Elle fait remarquer que le théâtre moderne s’ouvre aux autres formes artistiques qui engendrent une mutation profonde qui transformera ce type de théâtre, des changements avec l’introduction de la danse, du chant, de la musique, des arts plastiques, de l’audio, la vidéo et du cinéma.

    Lorsqu’elle explique les mutations littéraires du théâtre contemporain, Cahterine Douzou revient sur le discours narrativisé des pièces et leurs auteurs (Koltès, Duras). La notion de théâtre-récit émerge. Les caractéristiques sont énumérées successivement. Elle insiste sur la caractère hybride du théâtre et de son altérité dues à ces ouvertures aux autres arts, aux multiplications des intrigues, aux différents genres et types de discours. C’est un retour du théâtre après expérimentation. Elle pense aux reprises, aux réécritures dont la langue originelle est parfois métamorphosée mais où cependant, le mystère est conservé et réside dans la pièce. C’est un théâtre actuel qui se dit performatif où l’Histoire envahit la scène pour faire une critique acérée de la société et des événements graves et sérieux qui traversent les époques.

    III) Conclusion critique

    Les intentions de l’auteur servent à un titre purement didactique et argumentatif. En effet, elle prépare une sorte de longue thèse, une argumentation afin de définir, de cerner le mieux possible la notion de théâtre contemporain qui est très complexe. Ce concept-ci est hermétique et spécifique, ce qui impose donc une construction argumentative exigeante. Cet article est argumentatif car le texte est structuré, Catherine Douzou s’appuie sur de multiples exemples dans le but d’illustrer, de justifier ses propos tenus. Il y a une cohérence logique du texte qui aménagé et aidé par l’emploi des connecteurs logiques pour suivre la progression argumentaire. Le recours aux sources est le fruit d’un long travail de recherche et de documentation. Les citations fournies on pour fonction de compléter l’article et son avancement, elle se nourrit des données pour enrichir sa démarche, ses arguments. Le langage de l’auteur produit un effet sur le lecteur qui cherche précisément de qu’est le théâtre contemporain en revanche, l’article s’adresse plus à des personnes érudits.

    L’exigence de qualité du style de la critique est soignée, formelle. L’auteur veille à analyser et à questionner tout le long du texte le sujet de l’article, elle modère ses propos et parfois remet en question son travail. Elle ne prend pas parti ou sinon, elle atténue ses idées. C’est une démarche assez ludique tout en gardant une mise à distance du lecteur. Le texte est informatif et riche dans son contenu de par sa densité. Les phrases se construisent syntaxiquement d’une manière élaborée et réfléchie. Le texte est d’une nature explicative.

  • Amélie Lecordier - Cecile Thomas - Charlotte Pierre

    Qu’est ce que le contemporain au théâtre est une critique de Cathrine Douzou publiée dans Revue d’histoire littéraire de la France. Cette critique explicative s’interroge sur les limites du théâtre contemporain face à l’évolution du genre pour tenter de donner une définition. L’auteure se charge d’abord de définir ce qu’est le théâtre contemporain Français en déterminant les limites du genre, puis elle s’intéresse à son évolution durant différents stades temporelles et enfin elle note les transformations génériques du théâtre contemporain qui se mélange à d’autres genres qui aboutit à une représentation devenu souvent hybride et complexe. Catherine Douzou cherche à expliquer et délimiter le genre du théâtre contemporain, grâce à de nombreux exemples elle cherche à faire une critique didactique et moderne malgré une écriture rigoureuse et classique.

    Dans une première partie, Catherine Douzou cherche à définir ce qu’est le théâtre contemporain et à en expliquer les limites. Tout d’abord, elle rappelle que la théâtre contemporain fait bien parti de la littérature puisque même si son but finale est la représentation il est d’abord un texte écrit que l’on peut lire. Mais elle tempère ses paroles en rappelant que la représentation éloigne le genre de la pure littérature puisqu’elle fait appel aux sens d’un public. Ce paradoxe ne suffit pourtant pas à définir le théâtre contemporain puisque cela signifierait que tous les théâtres sont contemporains. Afin d’expliquer plus précisément ce qu’est le théâtre contemporain, Catherine Douzou s’intéresse au terme du contemporain et se charge de détruire plusieurs théories pour garder une grande idée de ce qu’est la contemporanéité du théâtre : la représentation d’une scène de théâtre serait toujours contemporaine puisqu’elle nécessite une réactualisation du texte théâtrale de la part du metteur en scène. Pour finir, Catherine Douzou s’intéresse au théâtre et à son développement dans une société en pleine mondialisation. Elle commence par certifier que l’art est internationale, que des œuvres étrangères sont devenues des grands classiques en France et que ne sont pas seuls les auteurs de nationalité ou de langue Française qui peuvent toucher le public Français. Elle donne plusieurs exemples significatifs en citant notamment l’auteur hispano-argentin Rodriguo Garcia ou encore l’auteur Norvégien Jon Fosse. Elle assure donc qu’il ne faut surtout pas oublier ces auteurs étrangers qui font la culture de la France depuis la modernisation des moyens de communication et la mondialisation de l’art.
    Dans la seconde partie de son développement, Catherine Douzou s’intéresse à l’évolution du contemporain : à l’aide des critiques d’autres auteurs elle essaie de retracer le « décrochage » de la littérature des décennies précédentes. En s’appuyant sur La littérature Française au présent de Dominique Viart, elle explique que la rupture commence tout juste durant les années 70 avec l’arrivée de jeunes auteurs qui apportent un nouveau souffle au théâtre contemporain en s’intéressant plus à l’écriture du théâtre plutôt qu’à la représentation. De nombreux auteurs tel que Jean-Pierre Sarrazac, Hans-Thies Lehmann ou Peter Szondi ont travaillés sur les nombreuses formes contemporaines et leurs évolutions. Catherine Douzou fait remarquer que les transformations du théâtre contemporain sont indissociables à la naissance de nouveaux auteurs. La périodisation est marquée par le renouvellement des générations, puisque celle-ci se libère un peu des cadres traditionnels du genre. Mais cette période ou de grands auteurs tel que Cocteau ou Pagnol disparaissent et qu’apparaissent Novarina ou encore Koltès ne suffit pas à dégager une période significative. Pour Catherine Douzou, il est plus judicieux de remarquer les changements d’écritures conséquents d’auteurs s’étant déjà fait un nom dans le domaine qui explorent de nouvelles possibilités dès les années 70, en citant entre autre Marguerite Duras et Beckett. Ainsi pour Douzou, ce sont les changements d’écritures théâtrales qui se font ressentir à la fois chez les auteurs confirmés et les nouveaux qui marque une nouvelle période du théâtre contemporain. Celui-ci est notamment marqué par une dégradation du statut d’écrivain du théâtre et une amélioration de celui de metteur en scène qui se ré-théâtralise grâce à de nouveaux arts tel que la danse, la musique etc. De fait, le nombre des auteurs de théâtre contemporain diminuent ce qui créé une rupture avec la précédente période.
    Enfin, pour finir, Catherine Douzou s’intéresse aux mutations du théâtre contemporain pour en comprendre leurs fonctionnements. Elle rappelle tout d’abord que l’évolution de l’écriture du théâtre contemporain ne touche pas tous les auteurs, dont certains restent dans la tradition classique, elle cite par exemple des auteurs comme Schmitt, Reza ou Grumberg. Mais avec l’arrivée des auteurs de la nouvelle génération, le genre même évolue, se mélangeant à d’autres genres tel que la poésie, la narration etc : le texte même ne respecte plus les règles traditionnelles, les auteurs s’inspirent de textes narratifs qui peuvent aller des faits divers journalistiques aux textes tirés par exemple de procès ou d’interrogatoires. Tout devient idée pour la représentation théâtrale même si Catherine Douzou écrit tout un paragraphe sur la place de l’Histoire classique, avec des sujets d’actualité ou historiques tel que la réactualisation des mythes. Si l’écriture du théâtre contemporain et ses sujets évoluent constamment, Catherine Douzou montre que la représentation elle-même subit de nombreuses modernisations avec notamment l’utilisation de l’art dans l’art, c’est à dire la présence sur scène de la musique, de la danse, des arts plastiques … La conception même du réel change, les comédiens peuvent jouer plusieurs rôles, on remarque également le retour à la belle langue plutôt qu’au spectaculaire de la pièce jouée. Ainsi le théâtre contemporain est marquée par l’hybridation des genres, et l’utilisation plus variée des différents arts au sein même du spectacle bien que certains auteurs restent dans la tradition classique.

    Pour conclure, Catherine Douzou écrit une critique didactique qui a pour but d’expliquer ou du moins d’essayer de comprendre les limites et les évolutions du théâtre contemporain Français depuis les années 70. Elle a pour intention de relever les différentes périodes qui marquent l’évolution du genre. Elle cherche à montrer que le genre est plus large que ce qu’il paraît et qu’il ne cesse ces innovations grâce au renouvellement des générations.
    L’auteure écrit un texte très bien organisé, créé en trois grandes parties qui comporte de nombreuses sous-parties facilement identifiables. On remarque une écriture très universitaire, c’est-à-dire qui respecte la forme classique de la méthodologie universitaire. Elle a d’abord écrit une introduction dans laquelle elle explicite le but de sa critique, c’est-à-dire relever une certaine définition du théâtre contemporain. Chaque sous-partie est commencée par une ou deux phrases d’introduction et chaque fin conclue bien les parties pour commencer la suivante. Elle finit sa thèse par une petite conclusion qui sert plus d’ouverture que de récapitulation.