Navigation rapide

Accueil > Licence de Lettres > Lorenzaccio de Musset > Résumé et thèmes ... à compléter !

Résumé et thèmes ... à compléter !

jeudi 25 septembre 2014

Lorenzaccio d’Alfred de Musset, 1834.

image : 1896 : affiche de Lorenzaccio

Résumé de : Rousseau Jean-Baptiste, « Lorenzaccio : un meurtre pour exalter la vie ? », Topique 3/ 2012 (n° 120), p. 113-124
URL : www.cairn.info/revue-topique-2012-3-page-113.htm. 
DOI : 10.3917/top.120.0113

« L’intrigue de cette pièce de théâtre se déroule en 1537 à Florence qui est alors sous le contrôle du Saint-Empire romain germanique et du pape Paul III. L’empereur Charles Quint ayant installé à la tête de la ville un être débauché et tyrannique en la personne d’Alexandre de Médicis, le cousin éloigné de ce dernier, Lorenzo de Médicis, décide de s’employer à rétablir la république et à restituer aux Florentins leur liberté en assassinant le despote. Pour ce faire, et tout cela dans une atmosphère de tension politique et de conflits idéologiques entre les grandes familles de Florence, Lorenzo de Médicis se pare du masque du vice, qui lui collera finalement à la peau et devient le compagnon de débauche d’Alexandre de Médicis afin de pouvoir mieux le duper et préparer son meurtre sans éveiller les soupçons. En tuant son cousin à la fin de la pièce, Lorenzaccio semble pouvoir redevenir le jeune homme animé par de purs idéaux qu’il était dans son adolescence mais l’échec politique de son meurtre le renvoie à l’impossibilité de s’appuyer sur les autres républicains afin de transformer son acte en une véritable libération pour Florence. Côme de Médicis remplace alors Alexandre de Médicis à la tête de la ville et Lorenzaccio , accusé d’être un traître à la patrie, ayant sa tête mise à prix pour son crime et ne pouvant se résoudre à cet échec, se laisse alors tuer par le peuple dont il attendait sans doute au départ respect et reconnaissance pour son acte. »

**************************************************************

Cette pièce fait partie du cycle « comédies et proverbes », et, en effet, il est possible de repérer dans le texte plusieurs phrases à tournure aphoristique :

- « Parmi les hommes il y a plus de bons que de méchants. » (Valori au duc, I,4).
- "Une femme qui n’a peur de rien n’est pas aimable » (I, 6).
- « les mères ne se taisent que dans le silence éternel (Acte I, 6,).
« pour dormir tranquille, il faut n’avoir jamais fait certains rêves » (Acte I, 6,).
« Les rêves des artistes médiocres sont des plantes difficiles à nourrir, et qu’on arrose de larmes bien amères pour les faire bien peu prospérer. » (Acte II, 2)
« Ceux qui passent les nuits sans dormir ne meurent pas silencieux. » (Acte III, 2).
« Celui qui est mordu par un serpent n’a que faire d’un médecin ». (Acte III, 6).

La nuit, le rêve, l’illusion :

Carnaval I,2 : regard négatif sur la fête de çes "tonneaux sans vergogne" qui s’abrutissent "jusqu’à la bête féroce ". Scène 5 de l’acte I, autre mouvement de foule à la sortie de l’église.

Le carnaval et le déguisement : Rappelle la fête des fous au Moyen Âge. Cela est confirmé à la scène suivante, acte I, scène 3, par le Cardinal : « on peut respecter les choses saintes, et dans un jour de folie, prendre le costume de certains couvents, sans aucune intention hostile à la sainte église catholique. »

Acte I, 2 :
Lorenzo : Vous faites le portrait de vos rêves ? Je ferai poser pour vous quelques uns des miens.
Tebaldeo : Réaliser des rêves, voilà la vie du peintre.

Texte important pour la suite, d’autant plus que les propos de sa mère font grande impression sur Lorenzo : II, scène 4 :

Marie : Sais-tu le rêve que j’ai eu cette nuit, mon enfant ?

Lorenzo : Quel rêve ?

Marie. : Ce n’était point un rêve, car je ne dormais pas. J’étais seule dans cette grande salle ; ma lampe était loin de moi, sur cette table auprès de la fenêtre. Je songeais aux jours où j’étais heureuse, aux jours de ton enfance, mon Lorenzino. Je regardais cette nuit obscure, et je me disais : il ne rentrera qu’au jour, lui qui passait autrefois les nuits à travailler. Mes yeux se remplissaient de larmes, et je secouais la tête en les sentant couler. J’ai entendu tout d’un coup marcher lentement dans la galerie ; je me suis retournée ; un homme vêtu de noir venait à moi, un livre sous le bras : c’ était toi, Renzo : " comme tu reviens de bonne heure ! " me suis-je écriée.
Mais le spectre s’est assis auprès de la lampe sans me répondre ; il a ouvert son livre, et j’ai reconnu mon Lorenzino d’ autrefois. »

III, 3 : « je me suis réveillé de mes rêves »

Le climat politique :

Le peuple vs la cour. Les Médicis gouvernent Florence « Au moyen de leur garnison ».

Des apparences de légèreté sur le plan dramaturgique (légèreté des dialogues, carnaval : Lumière et danse) sur un fond plus sombre de tyrannie. L’on comprend que c’est un thème important de la pièce ; il revient à la scène 4 de l’acte I : Valori s’adresse au duc : « Le Pape est mal habitué à la domination absolue ; et César, à son dernier voyage, en a dit autant, je crois, à votre altesse. » Le duc répond un peu plus loin : « ils m’ont mis dans la main une espèce de sceptre qui sent la hache d’une lieu. »

Acte I, scène 5 il est question d’une émeute :
Premier bourgeois : « Il y a eu une émeute à Florence ?
deuxième bourgeois : Presque rien. - Quelques pauvres jeunes gens ont été tués sur le Vieux-Marchés.
Premier bourgeois : Quelle pitié pour les familles !

Visiblement, la vie est difficile pour la jeunesse et cela est une préoccupation qui se marque dans tous les esprits : « que voulez-vous que fasse la jeunesse sous un gouvernement comme le nôtres ? » (I,5,).

Trahison de la marquise. Cardinal sournois et ambigu.

Pouvoir des autorités religieuses et machinations : voir acte II, scène 3 : monologue du cardinal.

Extrait de l’article cité plus haut :

"Le pouvoir corrompt et il faut accepter d’être corrompu pour s’en approcher. Et cela vaut aussi pour celui qui, comme Lorenzo, entend exercer un contre-pouvoir. Soucieux de lutter avec le tyran à armes égales, il s’empêtre dans une corruption qu’il a cru choisir et dont il ne connaît pas la vraie nature. Victime du même contre-sens, Brutus, le modèle qui était censé donner grandeur et consistance à un adolescent en quête de justice, avant de se jeter sur son épée, prononça la phrase qui résumait son apprentissage : « Vertu, tu n’es qu’un nom ! »"

La ville de Florence :

Elle est vue comme un lieu de perdition : « ah ! Cette Florence ! C’est là qu’on l’a perdu ! N’ai-je pas vu briller quelquefois dans ses yeux le feu d’une noble ambition ? Sa jeunesse n’a-t-elle pas été l’aurore d’un soleil levant ? » (I, 6, p. 160).

 » Adieu, *Florence, peste de l’Italie ; adieu, mère stérile, qui n’ as plus de lait pour tes enfants. » (I,6).

Thème de la trahison : scène entre Lorenzo et Philippe (sa résolution de tuer Alexandre. Voir aussi acte IV, scène 1 : attitude de Lorenzo envers Alexandre. Allusion au vol de sa côté de maille.

Portrait de Lorenzo :

Dans la scène 4 de l’acte I, le duc fait de lui un portrait peu flatteur de Lorenzo, mais il manifeste son attachement pour lui. Quand Lorenzo arrive, le duc le désigne à la vue de tout le monde : « regardez moi ce petit corps maigre, ce lendemain d’orgie ambulant. Regardez moi ces yeux plombés, ces mains fluettes et maladives, à peine assez fermes pour soutenir un éventail, ce visage morne, qui sourit quelquefois, mais qui n’a pas la force de rire. C’est là un homme à craindre ? Allons, allons, vous vous moquez de lui. » (I,4) « la seule vue d’une épée lui fait mal ». Et effectivement, Lorenzo s’évanouit.

Il est le personnage principal, mais à l’acte premier, on le voit moins agir qu’on entend parler de lui. Ainsi, à la sixième scène de l’acte I, Marie Soderini, la mère de Lorenzo, s’inquiète à son sujet, et du fait qu’elle ait « entendu répéter cette fatale histoire de Lorenzo ». À quoi Catherine lui répond : « oh ma mère ! La lâcheté n’est point un crime, le courage n’est pas une vertu ; pourquoi la faiblesse serait-elle blâmable ? ».

L’affirmation de sa lâcheté est exprimée de façon très concrète : « quelle femme voudrait s’appuyer sur son bras pour monter à cheval ? Quel homme lui serrerait la main ? »

Sa mère fait de lui le portrait d’une jeunesse perdue : « tant de facilité, un si doux amour de la solitude ! Ce ne sera jamais un guerrier que mon Renzo, disais-je en le voyant rentrer de son collège, avec ses grands livres sous le bras ; mais un saint amour de la vérité brillait sur ses lèvres et dans ses yeux noirs ; il lui fallait s’inquiéter de tout, dire sans cesse "celui-là est pauvre, celui-là est ruiné ; comment faire ?" et cette admiration pour les grands hommes de son Plutarque ! Catherine, Catherine, que de fois je l’ai baisé au front en pensant au père de la patrie ! » voir aussi la suite p. 160.

Un autre portrait est brossé de Lorenzo par son valet, après la scène de son délire acte III, scène 1 :

« Tu as un ennemi, maître. Ne t’ai-je pas vu frapper du pied la terre, et maudire le jour de ta naissance ? N’ai-je pas des oreilles ? Et, au milieu de toutes tes fureurs, n’ai-je pas entendu résonner distinctement un petit mot bien net : la vengeance ? Tiens, maître, crois-moi, tu maigris ; -tu n’as plus le mot pour rire, comme devant ; -crois-moi, il n’ y a rien de si mauvaise digestion qu’une bonne haine. Est-ce que sur deux hommes au soleil il n’y en a pas toujours un dont l’ombre gêne l’autre ? Ton médecin est dans ma gaine ; laisse-moi te guérir. »

Lorenzo dresse son propre portrait, III, 3 :

« Tel que tu me vois, Philippe, j’ai été honnête. J’ai cru à la vertu, à la grandeur humaine, comme un
martyr croit à son dieu. J’ ai versé plus de larmes sur la pauvre Italie, que Niobé sur ses filles.

Philippe.
Eh bien, Lorenzo ?

Lorenzo.
Ma jeunesse a été pure comme l’or. Pendant vingt ans de silence, la foudre s’est amoncelée dans ma poitrine, et il faut que je sois réellement une étincelle du tonnerre, car tout-à-coup, une certaine nuit que j’étais assis dans les ruines du colysée antique, je ne sais pourquoi je me levai, je tendis vers le ciel mes bras trempés de rosée, et je jurai qu’un des tyrans de la patrie mourrait de ma main. J’étais un étudiant paisible, je ne m’ occupais alors que des arts et des sciences, et il m’est impossible de dire comment cet étrange serment s’ est fait en moi. Peut-être est-ce là ce qu’on éprouve quand on devient amoureux. (…). j’avais le coeur et les mains tranquilles ; mon nom m’appelait au trône, et je n’ avais qu’à laisser le soleil se lever et se coucher pour voir fleurir autour de moi toutes les espérances humaines. Les hommes ne m’avaient fait ni bien ni mal ; mais j’étais bon, et, pour mon malheur éternel, j’ai voulu être grand. Il faut que je l’avoue ; si la providence m’a poussé à la résolution de tuer un tyran, quel qu’il fût, l’orgueil m’y a poussé aussi. Que te dirais-je de plus ? Tous les *Césars du monde me faisaient penser à Brutus »

Extrait de l’article cité plus haut :

« Si fort est le lien malheureux qui les unit, que le meurtre d’Alexandre aura comme conséquence immédiate la mort de la mère de Lorenzo, puis celle de Lorenzo lui-même qui, apprenant son décès, sort dans la rue, sachant qu’on l’y attend pour le tuer. Autre frustration, son physique : il est plutôt chétif et féminin, face au puissant « garçon boucher » qu’est Alexandre. On l’appelle péjorativement Lorenzaccio mais aussi Lorenzetta, quand il manque de s’évanouir devant une épée. Il a perdu, avec sa moralité, la beauté qui a été la sienne. Enfin, il a été dépossédé du trône auquel il pouvait prétendre et qui est revenu au bâtard d’un pape. Sa mère s’en lamente. Lui-même revient sur sa jeunesse pour Philippe :

“J’étais heureux alors, j’avais le cœur et les mains tranquilles ; mon nom m’appelait au trône, et je n’avais qu’à laisser le soleil se lever et se coucher pour voir fleurir autour de moi toutes les espérances humaines.”
(Acte III, scène 3)

Sans doute il faut le croire quand il dit ne pas vouloir du pouvoir pour lui-même. Ce renoncement ne lui interdit évidemment pas de ressentir violemment l’injustice dont il a été victime. Tous ces éléments, pris séparément, ne constituent pas les mobiles suffisants d’un crime. Mis ensemble, ils poussent à la revendication ainsi formulée par Freud : « La vie me doit un dédommagement que je vais m’octroyer. Je revendique le droit d’être une exception, de passer sur les scrupules par lesquels d’autres se laissent arrêter. Le droit de tuer celui qui représente le pouvoir brutal, à qui je dois ma déchéance, et qui veut s’emparer d’une vierge. La vierge sera sauvée, Florence passera d’un tyran à un autre ».

Le thème de la débauche :

Il est intéressant sur le plan dramaturgique, pour plusieurs raisons.

Par exemple, quand il amène des conflits entre les personnages :
Voir par exemple au premier acte, scène 5, au sujet de Louise Strozzi :
Le prieur : Julien, je ne sais pas si tu sais que c’est de ma sœur dont tu parles.

Salviati : je le sais très bien ; toutes les femmes sont faites pour coucher avec les hommes, et ta sœur peut bien coucher avec moi.

Ou encore quand la débauche contraste avec la vertu comme le passage de la cinquième scène à la sixième de l’acte premier, où les propos licencieux de Salviati au prieur contrastent avec les exclamations religieuses de Catherine : « que le ciel est beau ! Cela est vaste et tranquille ! Comme Dieu est partout ! ».

Acte I, scène 6 : lamentations de la mère de Lorenzo qui déplore les actes de son fils Acte I : « ah ! Ne puis-je voir un seul objet qui ne m’entre une épine dans le cœur ? Ne puis-je plus ouvrir les yeux ? Hélas ! Ceci est encore l’ouvrage de Lorenzo. Tous ces pauvres bourgeois ont eu confiance en lui ; il n’en est pas un parmi tous ces pères de famille chassés de leur patrie, que mon fils n’ait trahi. Leurs lettres, signées de leur nom, sont montrées au duc. C’est ainsi qu’il fait tourner à un infâme usage jusqu’à la glorieuse mémoire de ses aïeux. »

Extrait de l’article cité plus haut :

« Il existe à coup sûr un fondement moral à l’échec de son entreprise. Le meurtre d’Alexandre est dépourvu de la seule motivation susceptible de le justifier (si un meurtre est de quelque façon justifiable) qui serait la volonté et la certitude de servir l’intérêt général. Le chemin pris par Lorenzo pour parvenir à Alexandre, gagner sa confiance et le tuer n’est pas davantage acceptable puisqu’il choisit de partager sa débauche.
Pour devenir son ami et acquérir sa confiance, il fallait baiser sur ses lèvres épaisses tous les restes de ses orgies.

"J’étais pur comme un lys et cependant je n’ai pas reculé devant cette tâche. Ce que je suis devenu à cause de cela, n’en parlons pas… Je suis devenu vicieux, lâche, un objet de honte et d’opprobre."
(Acte III, scène 3)

Lorenzaccio n’a pas su s’en tenir au jeu de la débauche, il a été victime de ce que Musset semble proposer comme un phénomène de contagion. Au contact d’un débauché, il est lui-même gagné par une corruption sociale qui le fait vivre dans l’orgie, morale – il devient délateur et entremetteur – et mentale puisqu’il sombre dans l’impiété et le cynisme. La fréquentation d’Alexandre fait naître en lui un double qu’il ne reconnaît pas et qui l’envahit, ce qui conduit le texte à évoquer des masques, des spectres, des images de l’autre qui disent sa dépossession psychique. Or toute cette perversion, due à une contagion du milieu, laisse un peu perplexe. On est tenté de croire que ne devient pas débauché qui veut. Il y faut des dispositions personnelles qui permettent à un autre toujours-déjà-là de s’épanouir dans un climat approprié. Et cet autre, Musset était payé pour le connaître. »

Le thème du mal :

Acte II, SCÈNE 1 :

« Que le bonheur des hommes ne soit qu’un rêve, cela est pourtant dur ; que le mal soit irrévocable, éternel, impossible à changer, non ! »

Acte II, SCÈNE 5 :

« On croit *Philippe Strozzi un honnête homme, parce qu’il fait le bien sans empêcher le mal ; et maintenant, moi, père, que ne donnerais-je pas pour qu’il y eût au monde un être capable de me rendre mon fils et de punir juridiquement l’insulte faite à ma fille ? Mais pourquoi empêcherait-on le mal qui m’arrive, quand je n’ai pas empêché celui qui arrive aux autres, moi qui en avais le pouvoir ? »

Acte III, SCÈNE 3 : « Le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant, il est collé à ma peau. »

Le personnage du cardinal (Malaspina).

Empoisonnement de Louise acte III, scène 7.

Messages

  • Thomas et Pierre (surtout ce dernier) veulent se venger de Louise à cause des propos tenus par Julien Salviati publiquement, Acte 2 scène 5 p 120 de l’Edition Folio Théâtre,Pierre dit : « Depuis quand se cache t-on pour avoir vengé son honneur ? » et Lorenzaccio affirme à la page 119 : « Tu es beau Pierre ; tu es grand comme la vengeance.
    Julien réclame vengeance auprès d’Alexandre pour l’agression qu’il a subit à cause des deux frères Strozzi : Acte 2 scène 7 page 127, Julien dit auprès d’Alexandre : « Les Strozzi m’on assassiné ; je vais mourir à ta porte » et Alexandre répond : « Les meurtriers passeront la nuit en prison, et on les pendra demain matin ».
    Philippe avec l’aide de sa famille réclame deux vengeances contre Alexandre : une part car se dernier a fait prisonnier ses deux fils : Acte 3 scène 7 page 172 Philippe dit : « J’ai rassemblé ma famille pour lui raconter mes chagrins, et la prier de me secourir. Soupons, et sortons ensuite l’épée à la main, pour redemander mes deux fils, si vous avez du cœur ». Et d’autre part pour avoir empoisonné Louise, la fille de Philippe mais ce n’est qu’une supposition, on ne sait pas véritablement qui l’a tuée et c’est surtout la famille qui réclame vengeance, car Philippe est choqué par la mort de sa fille : Toujours le même acte et la même scène page 177, un membre de la famille dit : « Cela crie vengeance au ciel ; sortons, et allons égorger Alexandre. »

  • Thème de la femme

    Il apporte un sens à l’histoire :

    • 1ère observation à la présentation de l’œuvre : la liste de la présentation des personnages est débutée par les noms masculins et se termine par celle des femmes de la pièce.
    Les hommes : du plus important au moins important
    Les femmes : de la moins importante à la plus importante
    Ordre voulu par l’auteur ?
    Discrimination envers les femmes ?
    Ou simplement mettre la femme la plus importante (Louise) à la fin pour que le lecteur s’en souvienne ?

    • Personnage féminin apparaissant pour la 1ère fois dans l’Acte 1, Scène 2
     3 répliques : Une « femme » quelconque, sans nom, vante les mérites de G. Martelli.
    Louise est la 2nde à apparaître ; à la fin de cette scène avec Julien Salviati lui faisant des avances déplacées, elle le fuit (p.20)
    La Marquise Cibo apparaîtra le plus souvent dans l’œuvre face à des hommes tels que le Duc ou le Cardinal.

    • Femmes vues comme émotives :
    -  Par le Cardinal (Acte 1, Scène 3) envers la Marquise « Marquise, voilà des pleurs qui sont de trop. » « Non, par le ciel ! Car les meilleures sont à l’amour » => Ne sont bonnes qu’à aimer.
    -  Catherine, Acte 1, Scène 6 : « Ma pauvre mère, vos larmes se gagnent. »
    -  Acte 4, Scène 4 : Le Marquis « Elle est évanouie. Holà ! qu’on apporte du vinaigre. »
    -  Le Marquis envers la Marquise « Mon frère, ne dites pas de mal de ces belles larmes » Acte 1, Scène 3 (Il embrasse sa femme).

    • Mère protectrice mais intelligente aux vues des circonstances
    Acte 1, Scène 6 – Acte 2, Scène 4

    • Objets de convoitises pour les hommes : p.33 – 34 Acte 1, Scène 5 – Brèves apparitions. Début de la scène 5, Acte 3 entre La Marquise et Le Cardinal
    Acte 3, Scène 6, Le Duc s’adressant à La Marquise : « Ton petit rôle de femme, et de vraie femme, te va si bien. »

    • Femmes croyantes et nobles, Acte 1, Scène 5, 6 : Catherine « Comme Dieu est partout ! » – Acte 2, Scène 3 p.52
    Acte 2, Scène 3 : La Marquise « Bénissez-moi, mon père, parce que j’ai péché. » etc.

    • Les scènes se terminent souvent par les hommes (Acte 1, Scène 6 – Acte 2, Scène 5 et d’autres…) L’acte 3, Scène 3 est consacrée à Lorenzaccio, aucune présence de femmes, à la différence des scènes qui suivent juste celle-ci.

    • Le rôle des femmes se terminent à l’Acte 4, Scène 5 avec Catherine et Lorenzo, cette dernière lui annonçant la maladie de sa mère Marie.
    Les protagonistes (Louise, Marie, Salviati, Alexandre et Lorenzo) meurent un à un tout au long de l’œuvre. On peut donc observer que les femmes jouent un rôle important au fil du texte, tout comme les hommes.

  • Le thème du masque est récurrent durant la totalité de l’œuvre, qu’il s’agisse du sens propre ou du sens figuré, cela sous-entend ruse, dissimulation, mensonge etc…

    Au sens figuré tout le long de l’œuvre également avec le personnage de Lorenzaccio. Lorenzaccio, faible jeune homme, cousin du tyrannique Alexandre de Médicis, qui se sent mal devant celui-ci à la vue d’une épée mais qui prévoit pourtant, dans son dos de l’assassiner. Le personnage principal porte un masque, qui va lui permettre de tromper les personnages. Le lecteur/spectateur est le seul à connaître le stratagème du personnage.

    La 1ère scène de l’acte 1 aborde le thème des apparences et de la vérité. Il y a un paradoxe de l’intérieur et l’extérieur dans cette réplique de Lorenzo :

    "Nous n’avons avancé que moitié. Je réponds de la petite. Deux grands yeux languissants, cela ne trompe pas. Quoi de plus curieux pour le connaisseur que la débauche à la mamelle ? Voir dans une enfant de quinze ans la rouée à venir ; étudier, ensemencer, infiltrer paternellement le filon mystérieux du vice dans un conseil d’ami, dans une caresse au menton — tout dire et ne rien dire, selon le caractère des parents — habituer doucement l’imagination qui se développe à donner des corps à ses fantômes, à toucher ce qui l’effraie, à mépriser ce qui la protège ! Cela va plus vite qu’on ne pense ; le vrai mérite est de frapper juste. Et quel trésor que celle-ci ! tout ce qui peut faire passer une nuit délicieuse à votre altesse ! Tant de pudeur ! Une jeune chatte qui veut bien des confitures, mais qui ne veut pas se salir la patte. Proprette comme une Flamande ! La médiocrité bourgeoise en personne. D’ailleurs, fille de bonnes gens, à qui leur peu de fortune n’a pas permis une éducation solide ; point de fond dans les principes, rien qu’un léger vernis ; mais quel flot violent d’un fleuve magnifique sous cette couche de glace fragile, qui craque à chaque pas ! jamais arbuste en fleurs n’a promis de fruits plus rares, jamais je n’ai humé dans une atmosphère enfantine plus exquise odeur de courtisanerie."

    Dans la scène 2 de l’acte 1 c’est le masque au sens propre que Musset immisce dans les didascalies : « Plusieurs masques sortent d’une maison illuminée. » Il s’agit probablement là de masques de carnaval. Paradoxalement, ces masques font l’objet d’une admiration par la femme d’un bourgeois du peuple : « regarde donc le joli masque ! ».

    Dans la scène 4 de l’acte 1, on nous fait le portrait de Lorenzo comme celui d’un débauché libertin qui ne vit que pour le duc, alors que sa véritable nature cache un futur assassin : « Il se moque de tout » p137. Vu par le duc comme je cite : « Renzo, un homme à craindre ! le plus fieffé poltron ! une femmelette, l’ombre d’un ruffian énervé ! un rêveur qui marche nuit et jour sans épée de peur d’en apercevoir l’ombre à son côté ! d’ailleurs un philosophe, un gratteur de papier, un méchant poète qui ne sait seulement pas faire un sonnet !Non, non, je n’ai pas encore peur des ombres ! » p137.138.

    Dans l’Acte 3 scène 3 Philippe Strozzi compare le meurtre à une libération « alors tu jetteras ce déguisement hideux qui te défigure ». Lorenzo se démasque alors pour la première fois. Ce qui se reproduira au moment du meurtre, Acte 4 scène 11, le duc fait semblant de dormir « je veux faire semblant de dormir ; ce sera peut-être cavalier, mais ce sera commode. » : on peut alors dire que le duc choisit de porter un masque, et c’est à ce moment-là que Lorenzo perd le sien « C’est toi, Renzo ? » et il affirme sa véritable identité « Seigneur, n’en doutez pas. » p301.

    Le masque dissimule donc la vérité, et toute l’intrigue est construite autour de cela. La véritable nature de Lorenzaccio ne sera dévoilée qu’à la fin de la pièce. Le protagoniste finira lui-même par se perdre dans ses facettes, dans ce masque.

  • Avant tout définissons le terme « drame romantique » : ce n’est ni une comédie, ni une tragédie, le drame romantique mêle le sérieux et le grotesque. Les intrigues s’inspirent de l’Histoire française et européenne et non plus de la mythologie classique, trop éloignée des spectateurs du XIXème siècle.

    Lorenzaccio se déroule dans la Florence de la Renaissance au XVIème siècle. Musset choisit cette période car la situation en Italie ressemble beaucoup à celle que connaît la France au moment où il écrit sa pièce en 1834. Des républicains tentent de renverser le Duc de Médicis en Italie mais en vain. Les français quant à eux traversent en 1810 l’apogée de la puissance napoléonienne, puis la restauration, la monarchie constitutionnelle sous Louis XVIII jusqu’en 1824, s’en suit le règne de Charles X qui suspend la liberté de la presse, puis la monarchie de juillet de 1830 à 1848 avec le règne de Louis-Philippe. En février 1848 le peuple parisien chasse Louis-Philippe et la république naît. Malheureusement le 2 décembre 1851, le président Louis-Napoléon se proclame empereur, c’est donc le retour de l’Empire de 1852 à 1870. Musset fait donc une comparaison de ses deux pays qui n’ont pas réussit à renverser le pouvoir. (Acte V scène II p .314)

    Continuons avec le héros du drame romantique : c’est un passionné en rupture avec la société dont il ne respecte pas les codes. Lorenzaccio en est l’exemple même. Cousin du Duc de Médicis, il ne supporte pas son règne tyrannique et décide de mettre en œuvre l’assassinat de son cousin éloigné. Lorenzo est le héros romantique par excellence. Exalté, tourmenté, révolté et condamné, il est présenté au milieu d’une foule de personnages variés qui représentent la diversité sociale. Il est caractérisé par différents noms qui évoquent les différents masques du personnage.
    - D’abord appelé Lorenzo de Médicis ( Acte I, scène 4) par son cousin. « Paix ! Tu oublies que Lorenzo de Médicis est cousin d’Alexandre. », c’est un nom prestigieux.
    - Dans la scène qui suit, le duc le nomme Lorenzetta qui fait référence à l’être efféminé. « Allons, chère Lorenzetta, fait -toi emporter chez ta mère ».
    - Il sera ensuite appelé Lorenzo, par sa mère (Acte II, scène 4), qui après quelques recherches évoque une appellation tendre pour l’enfant d’autrefois.
    - Puis Renzino par le duc, dans le même passage, « En vérité, Renzino ? », surnom donné au personnage de débauche.
    - Enfin il est nommé Lorenzaccio, et fait office du titre de l’œuvre éponyme. Ce nom fait encore une fois référence à la débauche.

    Poursuivons avec le refus des trois unités : fin des unités de temps, de lieu et d’action. Nous avons donc des décors multiples et une œuvre qui dure plus de vingt-quatre heures. Ce refus des trois unités et des règles classiques conduit à une « unité d’ensemble » qui assure à elle seule la cohésion de l’intrigue principale ( Entre le Duc de Médicis et Lorenzaccio) et des intrigues secondaires ( D’une part avec le marquise Cibo, son frère le cardinal, et d’autre part la confrontation entre Julien Salviati et Léon Strozzi à propos de sa sœur Louise).

    Finissons donc sur la fin des bienséances : dans la pièce de Musset on se bat sur scène, et on meurt sur scène (Acte III, scène VII ; « Louise : Je vais mourir, je vais mourir. » Elle meurt) Même si la pièce de Musset a été écrite pour être lu et non pour être jouée, elle n’en reste pas moins une pièce de théâtre et devait répondre aux règles de bienséances, or Musset en a décidé autrement. De cette manière il prône donc le principe de libération des genres.
    La fin de l’œuvre est tragique, nous faisons face à un dénouement malheureux : la mort de Lorenzo. ( Acte V, scène VI « Monseigneur, Lorenzo est mort »). C’est un thème typique du drame romantique.

  • Thème du meurtre

    ⦁ Plusieurs meurtres -> meurtre du duc = enjeu principal de la pièce mais
    d’autres meurtres ont lieu.
    - Premier meurtre raté des Strozzi contre Salviati, qui est au final seulement blessé, suite à l’insulte de Salviati envers Louise => déception chez le lecteur-spectateur. Echec des Strozzi qui pensaient avoir réussi cf. acte II, scène 5 : "C’est fait ; Salviati est mort." mais meurtre démenti à la scène 2 de l’acte III.
    - Deuxième meurtre, réussi cette fois de Louise Strozzi, en conséquence de la tentative de meurtre sur Salviati qui l’a fait empoisonner cf. acte III, scène 7 "Pauvre jeune fille ! Elle est morte." / "C’est du poison des Médicis."
    - Puis vient l’assassinat du duc de Médicis par Lorenzaccio cf. acte IV, dernière scène.
    - Un étudiant est également tué acte V, scène 6
    - Meurtre de Lorenzo acte V, scène 8 "Monseigneur, Lorenzo est mort."

    ⦁ Plusieurs causes des meurtres -> vengeance de Salviati à l’égard des Strozzi qui
    décide de faire empoisonner Louise ce qui divise la Florence, les Médicis d’un côté et les Strozzi de l’autre ; aristocrates contre républicains. Meurtres renvoient à la politique -> meurtres politiques / mort du duc = tyrannicide.

    ⦁ Meurtres inutiles -> conséquence négative de la mort de Louis qui renforce la
    haine des deux familles ; meurtre de Lorenzo est sans effet puisqu’il a déjà accompli son plan et tuer le duc => le meurtre de Lorenzo n’est que vengeance de la part des Médicis et Florence reste inchangée après la mort du duc hormis le nouveau duc, qui reste un Médicis.

    ⦁ Représentation du meurtre d’Alexandre sobre + juste trois répliques
    paradoxalement au plan de Lorenzo établies tout au long de la pièce, très organisé.
    "LE DUC - C’est toi, Renzo ?
    LORENZO - Seigneur, n’en doutez pas. (lI le frappe de nouveau. - Entre Scoronconcolo.)
    SCORONCONCOLO - Est-Ce fait ?
    LORENZO - Regarde, il m’a mordu au doigt. Je garderai jusqu’à la mort cette bague sanglante, inestimable diamant."
    Il fait même une répétition du meurtre avec Scoronconcolo acte III, scène 1 + meurtre de Lorenzo qui est un spectacle offert à la foule -> à sa mort le peuple se rue sur lui pour jeter son cadavre dans la lagune acte V, scène 7 " Ne voyez-vous pas tout ce monde ? Le peuple s’est jeté sur lui. Dieu de miséricorde ! on le pousse dans la lagune."

    ⦁ Côté sauvage et bestial du duc -> Lorenzo répète le meurtre, son discours
    connote l’idée qu’il égorge un animal cf. acte III, scène 1 "Meurs, Infâme ! Je te saignerai, pourceau, je te saignerai. Au coeur, au coeur ! Il est éventré. Crie donc, frappe donc, tue donc ! Ouvre-lui les entrailles ! Coupons-le par morceaux et mangeons, mangeons ! J’en ai jusqu’au coude. Fouille dans la gorge, roule-le, roule ! Mordons, mordons, et mangeons !" / Le duc est qualifié d’homme sans pitié et violent par plusieurs personnages, cf. acte I, scène 2 "un bâtard, une moitié de Médicis, un putor que le ciel avait fait pour être garçon boucher ou valet de charrue, couche dans le lit de nos filles, boit nos bouteilles, casse nos vitres."

    ⦁ Catharsis du meurtre d’Alexandre pour le spectateur qui est un sacrifice
    personnel de Lorenzo au profit du peuple car il assume le masque de l’homme débauché pour duper Alexandre et ainsi atteindre son but, le tuer. Sa mère Marie et sa tante Catherine en sont aussi victimes lorsqu’il se perd lui-même à travers ses différentes facettes, à tel point que Marie ne le reconnaît plus.
    "Ah ! cette Florence ! c’est là qu’on l’a perdu. N’ai-je vu briller quelquefois dans ses yeux le feu d’une noble ambition ? Sa jeunesse n’a-t-elle pas été l’aurore d’un soleil levant ? Et souvent encore aujourd’hui il me semble qu’un éclair rapide... - je me dis malgré moi que tout n’est pas mort en lui."
    Il veut même "offrir" sa tante au Duc cf. acte IV, scène 5 "Oui, de la déclaration d’Alexandre. Qu’en pense ce petit cœur innocent ?"

  • Le nom et la question de l’identité chez Lorenzo :

    Dans ce thème nous allons étudier le nom, le prénom ainsi que les surnoms de notre personnage principal Lorenzo de Médicis, ce qui nous permettra de nous intéresser à son identité et plus particulièrement à son intériorité. Dans les œuvres littéraires, le nom des personnages est souvent choisi avec soin par les auteurs qui souhaitent que le nom et le prénom soient signifiants, révélateurs de leurs personnages. Un problème se pose alors à nous, il s’agit des prénoms et noms des personnages de Lorenzaccio, ce sont des personnages historiques de ce fait leurs noms sont imposés, il n’y a donc pas d’onomastique symbolique à première vue. Nous allons donc voir par quels moyens Musset va jouer sur le nom de son personnage.

    Lorenzo possède une multitudes de surnoms qui soulignent bien évidemment les ambiguïtés de ce personnage. Nous allons à présent voir en détails les surnoms de Lorenzo :

    Lorenzaccio : C’est le titre donné par Musset à sa pièce, on peut donc dire que c’est le surnom le plus important de Lorenzo et donc celui qui cache une des facettes la plus importante de ce personnage. Il faut savoir que le suffixe « -accio » est péjoratif et montre le mépris que peuvent avoir les gens pour lui. On remarque aussi que seuls les personnages secondaires le nomment ainsi. Par exemple dans l’acte I scène 2, le provéditeur dit : « Lorenzaccio, le diable soit de toi ! Tu as blessé mon cheval ».

    Renzo et Lorenzino : Ces deux surnoms expriment la tendresse maternelle, l’affection. Il sont donc seulement utilisés par la mère de Lorenzo, par Marie et par Alexandre les seules personnes vraiment attachées à lui soit parce qu’elles l’ont connu avant avec un caractère différent soit parce qu’il est un cousin et un fidèle compagnon de débauche. Par exemple dans l’acte I scène 6 Marie dit : « Ce ne sera jamais un guerrier que mon Renzo, disais-je en le voyant rentrer de son collège, avec ses gros livres sous le bras ». De plus, pour accentuer le côté affectif, ces surnoms sont souvent précédés du déterminant possessif « mon ». Ces surnoms peuvent aussi souligner un caractère homosexuel chez Lorenzo, c’est dans ce sens là que ces surnoms sont employés par Alexandre. On voit cela dans l’acte I scène 4 : « Renzo, un homme à craindre ! Le plus fieffé poltron ! Une femmelette, l’ombre d’un ruffian énervé ! Un rêveur qui marche nuit et jour sans épée, de peur d’en apercevoir l’ombre à son côté ! ».

    Lorenzetta : C’est le surnom le plus dévalorisant de Lorenzo, qui souligne avec un humour particulier le caractère lâche et efféminé de Lorenzo. C’est Alexandre qui le surnomme ainsi la première fois dans l’acte I scène 4 quand Lorenzo fait un malaise à la suite de la vue d’une épée : « Allons, chère Lorenzetta, fais-toi emporter chez ta mère ».

    Renzinaccio : C’est un mélange entre deux surnoms : celui de Renzo et celui de Lorenzaccio. On peut dire qu’il s’agit d’une apocope qui mélange l’affectueux et le péjoratif, ce qui nous montre bien la difficulté qu’ont les personnages à connaître et à juger réellement Lorenzo. Ce surnom apparaît une seule fois dans toute la pièce et plus précisément à l’acte IV scène 7, quand Lorenzo prévient Alamanno qu’il va assassiner le duc : « C’est toi Renzinaccio ? Eh ! Entre donc souper avec de bons vivants qui sont dans mon salon ».

    Dans l’œuvre de Musset, nous avons tous pu constater qu’on ne sait pas qui est exactement Lorenzo dans son intériorité propre. En effet, à force de dissimuler son identité derrière des masques celle-ci semble complètement dissoute. D’ailleurs, les autres personnages non plus ne savent plus qui est Lorenzo et Lorenzo lui-même n’est plus certain de le savoir. C’est ainsi, que Lorenzo se pose de nombreuses questions sur qui il est, par exemple dans l’acte III scène 3 : « Suis-je un Satan ? » et dans l’acte IV scène 3 dans son monologue Lorenzo demande : « Suis-je le bras de Dieu ? ». De plus, Lorenzo est à plusieurs reprises comparé à un autre personnage historique qui est Brutus. Cela sème encore plus le trouble autour de ce personnage, on remarque cela dans l’acte II scène 4 : « Brutus était un fou, un monomane, rien de plus » ; dans l’acte III scène 3 Philippe s’adresse à Lorenzo en lui disant : « Tu es notre Brutus, si tu dis vrai » et Lorenzo lui répond : « Je me suis cru un Brutus ». Dans l’histoire nous connaissons deux Brutus mais ici il est fait référence à Brutus qui se vengea du roi Tarquin qui avait massacré sa famille en faisant soulever la peuple contre ce roi.
    Ensuite, comme nous le savons Lorenzo est un Médicis, cependant la personne qu’il est n’est pas toujours en cohésion avec son patronyme. En effet, les Médicis sont une grande famille qui représente le courage, toutefois Lorenzo par sa lâcheté n’est pas toujours digne de ce nom. C’est ce que souligne Alexandre dans l’acte I scène 4 : « Tu trembles, cousin ? Fi donc ! Tu fais honte au nom des Médicis. Je ne suis qu’un bâtard, et pourtant je le porterais mieux que toi, qui es légitime ».
    Enfin, nous découvrons le vrai Lorenzo dans l’acte IV scène 11 qui est la scène du meurtre d’Alexandre par Lorenzo. D’ailleurs, Alexandre lui-même découvre la vraie identité de son cousin. On peut donc parler de scène de reconnaissance.

  • Le thème de l’ambiguïté sexuelle entre Lorenzo et le Duc :

    Le thème de l’ambiguïté sexuelle entre Lorenzo et le Duc apporte un sens à l’histoire et notamment à l’intrigue principale qui est celle du meurtre d’Alexandre. En effet, ce thème met en valeur l’ambiguïté du personnage de Lorenzo tout en interrogeant les causes du meurtre qu’il projette.

    L’ambiguïté sexuelle de Lorenzo était très explicite chez Varchi comme l’explique Marie-Claude Schapira dans « Autopsie d’un meurtre ». Elle cite Varchi : « Il (Lorenzo) se passait toutes ses envies, surtout en affaires d’amour, sans égard pour le sexe, l’âge et la condition des personnes. Il caressait tout le monde, et, au fond, méprisait tous les hommes ». Elle ajoute : « Dans ce texte seulement, se trouve une allusion non-équivoque à une possible homosexualité de Lorenzo ». L’ambiguïté sexuelle de Lorenzo dans le texte de Musset ne semble donc pas dénuée de tout fondement.

    On peut voir dès le début que la relation entre le Duc et Lorenzo est ambiguë à la scène IV de l’acte I qui correspond à la première scène où Lorenzo apparaît. Dans ce passage, le Duc exprime son inclination pour son cousin : « J’aime Lorenzo, moi, et, par la mort de Dieu ! Il restera ici » l76. Cependant, on peut très vite avoir un doute quant à cette inclination puisqu’un peut plus loin, toujours dans la même scène le Duc humilie publiquement Lorenzo « Allons chère Lorenzetta, fais-toi emporter chez ta mère » l154-155.

    L’ambiguïté se manifeste aussi dans les surnoms que le Duc donne à Lorenzo : « Renzo » acte I, scène IV, « Renzino » acte II, scène VI mais surtout « mignon » acte II, scène IV, surnom que Lorenzo utilise aussi pour désigner le duc « Une autre fois, mignon – à l’heure qu’il est je n’ai pas de temps à perdre – il faut que j’aille chez le Strozzi. » toujours au même acte. A l’époque des Médicis un mignon est un favoris du prince et il a le privilège de dormir dans la chambre de ce dernier. Au départ, le terme « mignon » n’a pas forcément une connotation sexuelle mais au fil de l’histoire, le mot « mignon » renvoi de plus en plus à l’homosexualité. Alors même que Lorenzo va le tuer, le Duc l’appelle toujours « mignon » à l’acte IV, scène XI « Eh bien mignon, qu’est-ce que tu fais donc ? » l2 ce qui accentue le « jour des noces » que Lorenzo évoque à l’Acte III, scène III avec Philippe Strozzi « J’observais... comme un amant observe sa fiancée, en attendant le jour des noces !... » l396-397 . Ce qui est renforcé après la mort du Duc par « Regarde, il m’a mordu au doigt. Je garderais jusqu’à la mort cette bague sanglante, inestimable diamant ». l35-36

    L’ambiguïté est bien expliquée par Marie-Claude Schapira dans « Autopsie d’un meurtre » :
    « C’est une attraction sourde et mal définie qui unit les deux cousins. Alexandre paraît avoir une certaine inclination pour Lorenzo dont il se sert mais qu’il n’humilie pas, ce que ce dernier reconnaît volontiers : « Il a fait du mal aux autres, mais il m’a fait du bien, du moins à sa manière » (Acte IV, scène 3). […] Il est évident que Lorenzo éprouve une attraction-répulsion fascinée pour un soudard dont la beauté vulgaire triomphe des plus inaccessibles – comme la Marquise Cibo qui se donne à lui pour des raisons patriotiques qui trouvent leur rétribution dans un compromis à la Lucrèce témoignant des capacités de séduction de celui qu’elle renoncera à vaincre. [...] Alexandre, porteur d’une promesse de vie ou de mort, est l’objet d’un investissement colossal de la part de Lorenzo. Comme entremetteur, celui-ci lui procure la jouissance tout en s’abstenant de jouir lui-même et en refrénant son désir jusqu’au moment ultime qu’il nomme « le jour de ses noces » – « Ô jour de sang, jour de mes noces » (Acte III, scène 1). Comme il est montré explicitement dans les textes de Varchi et de Sand, et beaucoup plus discrètement dans le texte de Musset, au moment du meurtre, dans le huis clos d’une chambre à coucher, les rapports de domination s’inversent. Puissance et viol basculent du côté de Lorenzo. C’est lui qui terrasse Alexandre sur son lit, c’est lui aussi qui garde de leur copulation symbolique la trace inamovible de la morsure au doigt : « Regarde, il m’a mordu au doigt. Je garderai jusqu’à la mort cette bague sanglante, inestimable diamant. » acte IV, scène 11.

    Cette ambiguïté entre Lorenzo et le Duc est donc présente dans le texte mais aussi dans les mises en scène. Dans la mise en scène de Daniel Mesguich en 1986 Lorenzo et le Duc peuvent directement être identifiés comme homosexuels tout d’abord par les costumes qui sont très « clichés » avec des pantalons en cuir, des grandes cuissardes... Dans cette mise en scène Tebaldeo est aussi présenté comme un androgyne ce qui accentue encore plus le parti-pris de Mesguich en ce qui concerne la sexualité du Duc et de Lorenzo. C’est le cas aussi dans la mise en scène de Georges Lavaudant en 1989 où ce dernier a pris au pied de la lettre l’expression « jour de noces » dans le texte en habillant Lorenzo en mariée lorsqu’il tue le Duc dans l’acte IV, scène XI. Dans la mise en scène d’Yves Beaunesne en 2009, il montre sur scène le Duc et Lorenzo en train de prendre un bain ensemble.

    Tous ces indices concernant l’ambiguïté sexuelle entre le Duc et Lorenzo accentue le contraste de ce dernier, il n’en devient que plus complexe et plus intéressant à la fois.

  • Thème de la parole :

    La parole a une place prépondérante dans ce drame romantique. Elle est à la fois une arme de manipulation, de pouvoir, de séduction, d’offense, mais est aussi perçue comme dangereuse. Elle est au centre de la pièce, circulant en chacun des personnages, qui l’utilisent selon leur caractère, besoin, projet, motivation plus ou moins avouable.

    La parole sous méfiance : Attention les murs ont des oreilles, et le régime tyrannique du Duc rend la parole dangereuse.
    Acte premier, Scène II : Discutions entre le marchand, qui peste contre les Médicis : « Ils nous dévorent comme une excroissance vénéneuse dévore un estomac malade » et l’orfèvre. L’orfèvre : « il ne ferait pas bon de dire cela dans toute les oreilles, voisin Mondella ».
    Acte premier, scène V : un bourgeois à l’orfèvre : « Le pape est l’empereur sont accouchés d’un bâtard qui a droit de vie et de mort sur nos enfants, et qui ne pourrait pas nommer sa mère ». L’orfèvre s’approchant : « Vous parlez en patriote, ami ; je vous conseille de prendre garde ce matin à ce flandrin ». Une didascalie nous indique qu’à ce moment précis un officier allemand passe. Cet échange démontre bien que la parole, n’est pas libre, qu’il faut l’utiliser avec prudence.

    La parole comme acte de chantage :
    Acte IV scène IV : Le Cardinal Cibo à la Marquise : « Allez ce soir chez le duc, où vous êtes perdue ». La Marquise : « Perdue ? Et comment ? » Le cardinal : « Ton mari saura tout ». La Marquise : « Faites-le, faites, je me tuerai ». Le Cardinal : « menace de femme ! Écoutez-moi. Que vous m’ayez compris bien où mal, allez ce soir chez le Duc ».

    La parole comme arme de séduction et d’offense au cœur de l’acte dramatique :
    Acte premier, scène II : Salviati à Louise : « La jolie jambe, chère fille ! Tu es un rayon de soleil, et tu as brûlé la moelle de mes os ». Louise : « Seigneur ce n’est pas là le langage d’un cavalier ».
    Louise « lâche mon pied Salviati ». Salviati : « Non, par le corps de Bacchus ! Jusqu’à ce que tu m’aies dit quand nous coucherons ensemble ».
    Acte premier, scène V : Salviati dans la rue en public. Juste à côté le prieur frère de Louise avec ses amis. Salviati : « Voilà une jolie femme qui passe. –Où diable l’ai-je donc vue ?- Ah ! Parbleu, c’est dans mon lit ». Un bourgeois à l’orfèvre : « Comme ce Salviati à une mauvaise langue » Salviati qui voit passer Louise : « J’ai rencontré cette Louise la nuit dernière au bal des Nasi. Elle à ma foi, une jolie jambe, et nous devons coucher ensemble au premier jour. ». Le prieur à Salviati : « Julien, je ne sais pas si tu sais que c’est de ma sœur dont tu parles. »Salviati : « Je le sais très bien ; toutes les femmes sont faites pour coucher avec les hommes, et ta sœur peut bien coucher avec moi. »

    La parole sournoise et intéressée :
    Acte premier scène III : Le Cardinal Cibo à la marquise, qui espère grâce à la confession, en savoir plus sur les intentions de la marquise qui entretien une relation adultère avec Alexandre : « N’est-ce pas aujourd’hui que vous m’avez demandé d’entendre votre confession, marquise ? ».

    Les joutes oratoires teintées d’humour noir :
    Acte premier, scène IV : lorsqu’Alexandre de Médicis dit à Lorenzo que Sire Maurice et le Cardinal Valori présent disent qu’il est un homme dangereux. Lorenzo au Cardinal Valori : « Pour qui éminence ? Pour les filles de joie, ou pour les saints du paradis ? » . Le Cardinal : « Les chiens de cour peuvent être pris de la rage comme les autres chiens ». Lorenzo : « Une insulte de prêtre doit se faire en Latin ». Sire Maurice lui répond : « Il s’en fait en toscan, auxquelles on peut répondre ».Lorenzo : « Sire Maurice, je ne vous voyais pas ; excusez-moi, j’avais le soleil dans les yeux ; mais vous semblez un bon visage, et votre habit me parait neuf ». Sire Maurice : « Comme votre esprit ; je l’ai fait faire d’un vieux pourpoint de mon grand-père ».

    La parole humiliante :
    Acte premier, scène IV : Le duc Alexandre qui a voulu que Lorenzo prenne en public l’épée pour se battre contre sire Valori : « regardez Renzo je vous en prie ; ses genoux tremblent, il serait devenu pâle, s’il pouvait le devenir…/…Quelle contenance, juste Dieu ! Je crois qu’il va tomber. ». Didascalie qui indique que Lorenzo chancelle. De nouveau le Duc, riant aux éclats : « Quand je vous le disais ! Personne ne le sait mieux que moi ; la seule vue d’une épée le fait trouver mal. Allons chère Lorenzetta, fait toi emporté chez ta mère »

    La parole pour commenter ou approuver :
    Acte V, scène 3 : L’Orfèvre : « Il y en a qui voulaient, comme vous dites, mais il n’y en a pas qui aient agi. » Le peuple commente ce qui est fait (ou pas fait, justement) par les puissants.
    Acte V, scène 1 : « Pauvre peuple ! Quel badaud on fait de toi ! »
    Acte III, scène 7 : Les convives Strozzi approuvent ce que dit Philippe comme un choeur ; ils l’appuient par leur nombre.

    La parole comme outil annonçant la suite de la pièce :
    Acte IV, scène 9 : Lorenzo : « Eh, mignon, eh, mignon ! mettez vos gants neufs, un plus bel habit que cela, tra la la ! faites-vous beau, la mariée est belle. Mais, je vous le dis à l’oreille, prenez garde à son petit couteau. » Par la parole, Lorenzo se prépare au meurtre.

    La parole pour rendre compte de la dimension romantique de la pièce et du personnage romantique qu’est Lorenzo :
    Acte III, scène 3 : Lorenzo : « Il est trop tard – je me suis fait à mon métier […] ce meurtre est le seul brin d’herbe où j’aie pu cramponner mes ongles », « ce meurtre c’est tout ce qui me reste de ma vertu »
    Acte V, scène 7 : Philippe à Lorenzo : « Votre gaieté est triste comme la nuit. »

    La parole appelle l’action mais ne la fait pas :
    Acte III, scène 3 : Philippe : « agir, agir, agir »
    Acte IV, scène 9 : « Ah ! Les mots, les mots, les éternelles paroles. »

    La parole revêt dans cette œuvre toute une dimension théâtrale mais surtout dramatique, puisqu’elle sera porteuse de bien de maux. Notons par exemple le bannissement de Maffio qui devait faire silence mais qui n’a pu se taire concernant le fait que sa sœur Gabrielle avait été « débauché » par le Duc. La parole commente l’action la provoque ou l’appelle. Mais, étant donné que Lorenzo commettra « un meurtre pour rien » (un second tyran venant remplacer le premier), on peut en venir à se demander si la parole n’est pas le poisson rouge de la pièce : un élément tournant en rond, émettant des petites bulles mais, finalement, n’aboutissant à rien.

  • Lorenzo n’est pas le seul à être débauché et vicieux. Pour lui c’est plus un masque qu’il doit assumer d’abord comme dans l’acte III scène 3 « Le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant, il est collé à ma peau. » mais qui l’empoisonne de plus en plus comme on peut le voir quand il veut corrompre sa sœur Catherine à l’acte IV scène 5 p. 282 Lorenzo apprend que sa mère est malade par sa faute mais il essaye de garder son masque de vices « Le Vice , comme la robe de Déjanire, s’est-il si profondément incorporé à mes fibres, que je ne puisse plus répondre de ma langue , et que l’air qui sort de mes lèvres se fasse ruffian malgré moi ? J’allais corrompre Catherine »

    L’autre personnage principalement vicieux dans cette pièce est le Cardinal Malaspina qui se joue de la Marquise de Cibo grâce à l’adultère de cette dernière. Cela commence à l’acte I scène 3 p.133 Malaspina se moque de l’hypocrisie de la marquise envers son mari et Florence alors qu’elle essaye de raisonner le duc pendant cette liaison. « Cela est comique d’entendre les rumeurs de cette pauvre marquise , et de la voir courir à un rendez-vous d’amour avec le cher tyran, toute baignée de larmes républicaines » puis acte III scène 6 p.247, la marquise sent la pression de Malaspina opère sur elle, à lire ses courriers intimes et à la surprendre à tout moment. « Quels cercles décrit donc autour de moi ce vautour à tête chauve, pour que je le trouve sans cesse derrière moi quand je me retourne ? » se lamente-t-elle, et, enfin acte IV scène 4 p.279 Malaspina fait chanter la marquise mais celle-ci prend les devants en avouant à son mari sa tromperie puis en concluant par « Voilà un prêtre qui veut m’en faire jouer un plus vil encore ; il me propose des horreurs pour m’assurer le titre de maîtresse du duc, et le tourner à son profil »

    Le complot principal a pour but de débarrasser Florence du tyran le duc Alexandre de Médicis. L’acte II scène 4 est un tournant de la pièce en ce sens : à l’acte II scène 4 P.187 : Bindo cherche à savoir où en sont les manipulations de son neveu Lorenzo sur le duc : « Vous nous avez dit quelquefois que cette confiance extrême que le duc vous témoigne n’était qu’un piège de votre part. Cela est-il vrai ou faux ? » ce qui est bien sûr le cas, puisque la scène 7 de l’acte II p.207 Giomo soupçonne Lorenzo d’avoir jeté la cotte de maille du duc dans le puit, ce qu’il a réellement fait pour pouvoir tuer le duc plus facilement. « Bah ! Un Lorenzaccio ! La cotte est sous quelque fauteuil."

    Si le complot pour la mort du duc et la libération de Florence est le fil conducteur de la pièce, il en existe bien d’autres. Nous avons vu que le Cardinal Malaspina avait essayé de faire chanter la Marquise de Cibo, mais d’autres personnages moins vils peuvent toute fois orchestrer des chantages. Par exemple, les maisons Strozzi et Salviati se font la guerre. Acte III scène 7 p.255 Philippe Strozzi dit à ses convives « Pierre est Thomas ont tué Salviati. » pour venger leur sœur Louise de l’humiliation publique causée par Julien Salviati à l’acte I scène 3 p.126 « Louise : -Lâche mon pied Saviati. Julien : -Non par le corps de Bacchus ! Jusqu’à ce que tu m’aies dit quand nous coucherons ensemble » La scène 7 de l’acte III est aussi la mort de Louise, p 259, les convives soupçonne alors un serviteur des Salviati, obéissant eux même à Alexandre de Médicis, mais Philippe, père terrassé, ne répond pas à l’appel de la vengeance.

    Certains personnages resterons intouchables du début à la fin de l’œuvre mais d’autres se voient punis de quelques maux qu’ils auraient pu causés. Revenons d’abord sur la cas de la Marquise. Son adultère se révélera inutile, le duc ne l’écoute pas, du plus, elle est espionnée par son beau-frère le cardinal et à la fin de son histoire, son secret éclate au grand jour. Mais avant cela elle éprouve des remords dès l’acte III scène 6 p.254 : La marquise est déçue de son entretient avec le duc, « Tu ne pressera plus sur ta cuirasse un cœur digne du tien ; ce sera un main tremblante qui t’apportera ton repas du soir quand tu rentreras de la chasse » déclare-t-elle en regardant le portrait de son mari.

    L’autre personnage qui se voit puni est Philippe Strozzi, avant la mort de sa fille Louise, il voit ses deux fils dont son premier-né partir en prison pour une vengeance qu’il a tenté d’empêcher. C’est là que débute sa plainte : « On croit Philippe Strozzi un honnête homme, parce qu’il fait le bien sans empêcher le mal ; et maintenant, moi, père, que ne donnerais-je pas pour qu’il y eût au monde un être capable de me rendre mon fils et de punir juridiquement l’insulte faite à ma fille ? Mais pourquoi empêcherait-on le mal qui m’arrive, quand je n’ai pas empêché celui qui arrive aux autres, moi qui en avais le pouvoir ? » acte II scène 5

  • LA REPRESENTATION DE LA VILLE DE FLORENCE

    Florence est une cité universelle, considérée comme le berceau de la Renaissance. Dans Lorenzaccio, Florence est représentée comme une femme, elle est donc personnifiée, humanisée tout au long de la pièce par différents personnages. Elle se présente comme un ville ambivalente avec un fort contraste, un opposé qui constituent une autre dualité entre la richesse culturelle de la ville et son image dégradée, saccagée. Cette dualité est typique dans l’oeuvre de Musset.

    * Une représentation positive et méliorative

    Les scènes se passent dans les lieux prestigieux de Florence, marqués par le luxe, la richesse historique mais aussi par l’architecture, les monuments de la Renaissance. Cette cité a un passé mythique. C’est aussi l’image d’une mère maternelle.

    Exemples =

    - Le palais des Strozzi
    - Le palais du duc ( la cour, la terrasse)
    - Le Ponte Vecchio
    - La cathédrale duomo
    - Le bord de l’Arno

    Figures de style =

    - « fleur divine »
    - « ma mère Florence », métaphore maternelle du peintre Tebaldeo (Acte II, scène II).
    Le peintre figure une vision de Florence encore fraîche et idéalisée de Florence, elle devient une source d’inspiration pour l’artiste, c’est une ville poétique et romantique.
    - « bonne maison bien bâtie », métaphore architecturale.

    * Représentation négative et péjorative

    Florence est une ville en décadence, en déclin, en chute libre, cette mauvaise vision de la ville est gâchée par une image ternie. Cet aspect négatif de la ville italienne prend le dessus. Elle fait alors l’objet de vives critiques, de diatribes injurieuses dans les discours tenus par les personnages.

    1) Florence, une ville pervertie et corrompue

    La prostitution donne une mauvaise image de Florence de même que certaines liaisons adultères entre les personnages. C’est un lieu de fête et et de débauche où le vice domine tel des orgies romaines. Les bannis méprisent plus que tout Florence, ils mentionnent Florence en des termes violents et négatifs.

    - « un mauvais lieu »
    - « ta mère n’est qu’une catin » Lorenzo (Acte II, scène II)
    - « une courtisane »
    - « ce maudit trou »
    - « Florence la bâtarde ». personnifications (Acte I, scène 6)
    - « Florence, peste de l’Italie ; adieu, mère stérile, qui n’as plus de lait pour tes enfants. » Personnifications par les bannis (Acte I, scène 6)
    - « fange sans nom » (Acte I, scène 6)
    - « si le duc ne sait pas que sa ville est une forêt pleine de bandits et de filles déshonorées »
    - « Que tu es belle, Florence, mais que tu es triste ! » par la Marquise (Acte II, scène III)
    - « spectre hideux de l’antique Florence », référence au thème du double de Lorenzo avec le spectre.

    Par conséquent, la ville perd absolument toutes ses valeurs (morales, esthétiques, politiques...) et devient un lieu de perdition. C’est une cité perdue, violente tombant en ruine dans la dégradation et la dépravation à l’image de l’action des personnages.

    Sa perte est déplorée sur un registre pathétique, la présence d’exclamations et d’apostrophes :

    « Pauvre ville ! », « Pauvre patrie ! » (Acte II, scène V)
    « Pauvre Florence, pauvre Florence ! » Lorenzo (Acte V, scène 7)
    « Ah ! Cette Florence ! C’est là qu’on l’a perdu ! » Catherine (Acte I, scène 6)

    Ces déplorations soulignent l’attachement de la ville à ses habitants. L’adjectif « pauvre » est récurrent, il marque donc une lamentation, une plainte sur ce qu’est devenue la ville.

    La ville de Florence est représentative de la France dans les années, elle est une métaphore de la capitale Paris et de ses événements. Musset critique indirectement la société française de son époque. Comme à Paris, Florence est l’emblème de la tyrannie. Il y a des assassinats, des meurtres, des bannissements, des relations douteuses... Parallèlement aux deux villes, des frondes et des révoltes ont lieu comme dans la période des 3 Glorieuses, les 3 jours d’émeutes à Paris. La pièce Lorenzaccio est donc représentative de son temps.

    LE THEME DE LA DEBAUCHE

    Puisque Florence est en proie à la lèpre du mal, ce sont les personnages qui peuplent cette ville qui la transforme par des orgies, des bacchanales, des fêtes, des excès, de la folie... dans un régime corrompu sous la terreur et la dictature d’Alexandre de Médicis. La décadence politique et morale exacerbe le mal et la tension d’une rivalité et d’une conspiration sombre.
    Quant aux femmes, elles sont les victimes des hommes, il est possible de les associer à une figure qui parcourt l’œuvre, celle de Lucrèce : pureté bafouée, objet sexuel, victime sacrifiée, symbole de l’innocence et de la dignité.

    Acte I, scène II « La jolie jambe, chère fille ! », « Le joli pied à déchausser ! » Julien Salviati
    « Lâche mon pied, Saliviati » Louise Strozzi.

    Louise est un objet de convoitise par Saliviati, seul le registre corporel est retenu par les hommes. Elles sont soumises à leur désir.

    Acte I, scène 5 « Julien, je ne sais pas si tu sais que c’est de ma sœur dont tu parles. » Le Prieur.
    « Je le sais très bien ; toutes les femmes sont faites pour coucher avec les hommes, et ta sœur peut bien coucher avec moi » Julien Salviati.

    Ces propos misogynes et sexistes tenus par Salviati sont choquants. La pièce est composée d’éléments disparates pour créer un effet hétéroclite car l’immoralité des hommes contraste avec la vertu et la pureté des femmes.

    Acte I, scène VI « Quelle femme voudrait s’appuyer sur son bras pour monter à cheval ? Quel homme lui serrerait la main ? »
    Acte I, scène VII « Tous ses pauvres bourgeois ont eu confiance en lui ; » Marie.

    Les flétrissures de Lorenzo sont le déshonneur de sa mère, Marie, porte la honte de son fils. Il est l’opprobre de sa famille à qui il donne une mauvaise réputation. Marie perd toute sa dignité, sa fonction est de souligner le martyre de Lorenzo et son humiliation. Elle est avilie par son comportement. Elle subit, elle aussi les événements dans une ville où le libertinage, l’abus, la prise de pouvoir, la souillure et où la déchéance règnent.

    Acte I, scène I « Quoi de plus curieux pour le connaisseur que la débauche à la mamelle ? ».

    Acte III, scène 3 « Il est trop tard, je me suis fait à mon métier. Le vice a été pour moi un vêtement, maintenant il est collé à ma peau ».

    L’imprégnation, la pénétration du rôle est très forte chez Lorenzo. La fréquentation de Lorenzo auprès d’Alexandre le contamine, l’influence grandement et goûte aux plaisirs du camp ennemi qu’il est censé détruire. Le duc assombri Lorenzo qui semble se prêter au jeu facilement. Il n’a pas su résister à la tentation du mal et des péchés. Il s’est laissé avoir, il s’est prendre dans son propre jeu, dans son propre piège malgré le but de son plan. C’est une cruelle ironie du sort même si il avait des penchants, des prédispositions au mal pour prendre autant de goût à ce jeu délicat.

    Le fait est qu’il ne sait même plus qui il est réellement, c’est une des raisons susceptibles de répondre à la problématique de ce personnage énigmatique : pourquoi une telle hétérogénéité de doubles, de masques, spectres, de projections astrales ? Il n’est plus que l’ombre et le fantôme de lui-même. Il perd son identité dissoluble, il a une personnalité complètement éclatée, décuplée et multiple. Il se perd lui-même dans sa destinée et se substitue à lui-même. Sa psychologie est incroyablement riche et complexe car il est rongé de l’intérieur plus que le spectateur ne le pense.

    Acte IV, scène 3 « Le vice, comme la robe de Déjanire, s’est-il si profondément incorporé à mes fibres, que je ne puisse plus répondre à ma langue ».

    La robe de Déjanire ou plutôt la tunique de Nessus dans la mythologie grecque était un habit empoisonné et tua le héros Héraclès. Ce vêtement était destiné à lui brûler la peau et à le tuer. Musset réalise un autre parallélisme avec l’histoire antique grecque cette fois-ci. Cette comparaison mythique témoigne la grande souffrance dont est victime Lorenzo et par le fait, elle peut faire pressentir au lecteur-spectateur la mort prochaine de Lorenzo. La gravité et l’enjeu de son double-rôle font prendre conscience au lecteur son mal-être et l’issue fatale de ce sort.

    LA NUIT, LE REVE, L’ILLUSION

    La pièce Lorenzaccio est un théâtre d’illusion et de tromperies.

    a) Sortie de la torpeur de Lorenzo

    Acte III, scène III « Je me suis réveillé de mes rêves » Lorenzo.
    « je tendis vers le ciel mes bras trempés de rosée, et je jurai qu’un des tyrans de ma patrie mourrait de ma main ».

    Cette ciration sonne comme une révélation à Lorenzo car il a en réalité une vision très noire et cynique de la vie. Ses rêves appartiennent au passé lorsqu’il était encore un étudiant fraîchement studieux plongé dans la science, la poésie et les études. Depuis qu’il joue le rôle des débauchés, il s’est confronté à la dure réalité qui l’a ramené sur terre d’où son « réveil ».
    Il est comme souillé par la réalité de la vie brute. L’optimisme de Philippe lui rappelle ses vieux rêves d’étudiant travailleur, à présent, Lornezo est pessimiste et désenchanté. Le coup de foudre de sa soudaine révélation du fait qu’il va tuer une personne le réveillera de ses songeries, de sa méconnaissance d’un autre monde jusque là incconnu pour lui. L’analepse de ce retour vers le passé est mis en évidence par le côté mystique de sa révélation.

    b) La dramaturgie de Musset

    Une analogie se présente par une mise en abyme comprenant une système d’inclusion. Un double atout spectaculaire ressort. Par exemple, le jeu de Lorenzo, son évanouissement, le caraval ou encore la scène de répétition avec Scoronconcolo « maître du jeu ».

    Toute la pièce de Lorenzaccio est une pièce de théâtre en générale avec :

    - Le peuple de Florence est un cœur antique théâtral, il assiste, observe et commente ce qui se passe.
    - La scène car Florence toute entière est un lieu de théâtre.
    - L’acteur principal est Lorenzo qui fait semblant, qui feint la plaisanterie.

    La pièce est spectaculaire car il y a une visualisation d’une possible mise en scène.
    Notons l’alternance des décors intérieurs/extérieurs, les décors mouvants, changements réguliers de lieux, défilé d’une cinquantaine de personnages sur scène. Il y a des scènes de théâtre dans le théâtre, de miroir.

    Un défilé carnavaliste est relatif à la fête, à la nuit animée et vivante, à la vie nocturne de Florence.
    La didascalie « Les masques sortent de tous côtés. » apparaît dès la scène 2 du premier acte. Un bal est donné faisant encore référence à la fête des fous, au carnaval masqué.

    Acte I, scène III « on peut respecter les choses saintes, et dans un jour de folie, prendre le costume de certains couvents, sans aucune intention hostile à la sainte église. »

    Le duc est habillé en none, en bonne sœur. La fête des Innocents pouvait être liturgique, elle était une pratique courante en France dans une ambiance festive de charivari. Le peuple avait le droit de faire ce que le règlement interdisait, le peuple bénéficiait de privilèges exceptionnels pendant une journée entière appartenant normalement aux institutions et instances ecclésiastiques supérieures.

  • les deux sens du mot « double »

    sens propre : avec des personnages semblables

    sens figuré : qui joue un double jeu, qui montre un double visage

    sens propre

    les deux Lorenzo

    S’oppose à chaque fois, deux facettes de Lorenzo, la première paire est la différence entre le Lorenzo d’avant et celui d’aujourd’hui. L’ancien Lorenzo est évoqué dans l’acte I et dans l’acte II, avec les souvenirs de Marie acte I scène 6 : « ce ne sera jamais un guerrier que mon Renzo, disais-je en le voyant rentrer de son collège, avec ses gros livres sous le bras ; mais un saint amour de la vérité brillait sur ses lèvres et dans ses yeux noirs » on le voit donc solitaire, doux et sérieux. Contrairement à celui d’aujourd’hui cynique et débauché. Opposition même entre le nom de « Lorenzo » et « Lorenzetta ». Il s’agit là d’une double identité sexuelle qui fait alterner deux côtés de Lorenzaccio : audace/ lâcheté, domination/ soumission.

    Lorenzo, double de Musset

    Le Lorenzo évoqué par Marie que l’on a vu précédemment est décrit comme un élève sérieux tout comme l’était Musset étant jeune ce que l’on peut voir avec sa biographie : lycéen brillant, le futur poète reçoit un grand nombre de récompenses dont les prix d’honneur au Collège Henri IV en 1827 et le deuxième prix d’honneur au concours général la même année. On observe également la quête d’un père fait par Lorenzo qu’il tente de trouver envers le personnage de Philippe Strozzi ; ce qui nous rappelle la souffrance de Musset suite à la mort de son propre père en 1832. La ressemblance entre Lorenzo et Musset se retrouve également avec leurs comportements envers les filles et l’alcool, la double personnalité de Lorenzo se traduit aussi par les crises hallucinatoire de Musset.

    Sens figuré

    masque et duplicité

    le double peut être à l’intérieur même d’un personnage à travers le motif du masque
    Par exemple Lorenzo qui se dissimule sous un masque de débauché.
    Lorenzo parle de masque dans l’acte III scène 3 : « J’avais commencé à dire tout haut que mes vingts années de vertu étaient un masque étouffant -ô Philippe ! J’entrai alors dans la vie, et je vis que mon approche du monde en faisait autant que moi ; tous les masques tombaient devant mon regard ; l’Humanité souleva sa robe et me montra, comme à un adepte digne d’elle, sa monstrueuse nudité ».

    Tuer son double

    mort symbolique : Lorenzo fait disparaître son double pur et innocent, il ne peut plus être lui-même il devient le Lorenzo débauché. L’aspect même de Lorenzo évoque la mort avec acte I scène 4 : « ces yeux plombés, ces mains fluettes et maladives […] ce visage morne ».
    mort réelle : en tuant Alexandre c’est comme s’il tuait son double, il se ressemble de part leur comportement (envers l’alcool et les filles).
    La seule manière pour Lorenzo de pouvoir tuer son double c’est de se tuer lui-même.

  • LE CAPITAINE Elise - PEYRAMAURE Camille - BARRE Emmmanuel

    •Les femmes : une présence discrète :

    La présence des femmes dans l’œuvre est assez discrète, leurs paroles et leurs apparitions sont rares. Elles ne font que passer, sont seulement des objets du regard et de la parole des hommes.
    Elles ont une position de victimes, elles sont objet sexuel et se définissent par leur subordination à un homme.
    Elles ont un destin misérable : Gabrielle devient courtisane, Marie meurt et Louise est empoisonnée.

    •La mort :

    Nous sommes dans une ville mortifère où il y a des meurtres qui nous sont rapportés (Tentative de meurtre de Salviati [II, 7], mort de Marie [V, 7], Mort de Lorenzo [V, 8]) et des meurtres qui nous sont montrés (celui de Louise [III, 7], le tyrannicide [IV, 11] ou encore l’étudiant tué [V, 6]).
    La mort a plusieurs fonctions :
    Une fonction expressive, car elle crée de l’émotion.
    Une fonction dramaturgique : le meurtre est un ressort capital de l’action qui culmine avec la scène tyrannicide.
    Une fonction politique : mettre en évidence l’atmosphère délétère de Florence.

    •Fin de l’Idéalisme :

    Nous distinguons deux aspects :
    - La mort de l’idéal libéral : incapacité de la marquise Cibo à influencer la politique enée par Alexandre, inaction des républicains, renoncement de Philippe et inutilité du tyrannicide.
    - La fin de la pureté : Louise est l’allégorie de la virginité, et elle est tuée. Gabrielle cède à la débauche, elle fait le deuil de son innocence, symbolisée par Tebaldeo, jeune artiste idéaliste qui va se compromettre en acceptant de devenir peintre de cour pour Alexandre et en devenant complice (involontairement) du tyrannicide.
    - la fin de l’espérance : Come arrive au pouvoir, Lorenzo disparaît, meurt sans laisser de trace, sans avoir atteint la reconnaissance qu’il en espérait, c’est une mort pathétique "Quoi ! Pas même un tombeau ?" [V, 6].

    •Le théâtre dans le théâtre :

    Nous avons en effet des "spectacles" dans Lorenzaccio :
    - Le bal des Nasi [I, 2] : Les personnages sont déguisés (didascalie :"le duc sort, vêtu en religieuse, avec Julien Salviati vêtu de même, tous deux masqués"). Le peuple est spectateur : "Regarde donc le joli masque. Ah ! La belle robe !".
    - L’évanouissement de Lorenzo [I, 4] :
    Un acteur principal : Lorenzo est mis en valeur, c’est sa première apparition sur scène.
    Une scène : La terrasse.
    Un public : Le duc convoque le public "Pages, montez ici ; toute la cour le verra, et je voudrais que Florence entière y fut". Le duc réagit en spectateur (dans la didascalie "riant au éclats").
    - La mort de Louise : Une tragédie [III, 7]
    Nous avons une exposition, un coup de théâtre (l’empoisonnement de Louise), ainsi que des spectateurs : les quarante Strozzi.

    •Les objets dans Lorenzaccio :

    Différents types d’objets au théâtre :
    - Eléments du décor : Pièces de soie [I, 2], le banc [III, 3], le sofa [II, 5].
    - Accessoires manipulés par les comédiens : Les lettres [I, 3][III, 4], elles se multiplient.
    - Les objets à valeur symbolique : Epée [I, 4] en symbole phallique.
    - Objets utilitaires, praticables : Les portes [I, 2], les fenêtres [I, 2][II, 6][II,4][IV, 11], les rideaux [I, 3], les balcons, les terrasses, escaliers, estrades...
    Il y a plusieurs niveaux de jeu, c’est une représentation symbolique d’une hiérarchie => Come sur une estrade, le peuple est dans la cour ou dans la rue.

    •Le masque :

    Au centre de la pièce, c’est un objet réal : masque à la sortie du Bal des Nasi. Mais il ne cache personne, il marque une appartenance à la classe qui s’amuse.
    Le masque de Lorenzo : le masque de la débauche, qu’il porte jusqu’à la scène 3 de l’acte III. C’est un masque difficile à ôter "Le vice, comme la robe de Déjanire, s’est-il si profondément incorporé à mes fibres [...]".
    La conception qu’il a de la société est liée au masque. [III, 3] "tous les masques tombaient devant mon regard : l’Humanité souleva sa robe", [IV, 5] "Moi qui n’ai voulu prendre qu’un masque pareil à leurs visages [...]".

    •Hypocrisie et lâcheté :

    - Le Cardinal Cibo : Incarnation de l’hypocrite, c’est un homme fourbe et sans scrupules, qui se cache sous sa robe d’homme d’Eglise. La Marquise le désigne comme une "ombre impériale" qui se "promène affublée d’une robe rouge" [IV, 4].
    - Lâcheté des républicains, qui parlent mais n’agissent pas [III, 7].
    - Lorenzo : Hypocrisie envers Alexandre.

    •Philippe, le patriarche révolutionnaire :

    Philippe représente le Républicain révolutionnaire, le chef de troupes qui, sans lui, ne feront pas de révolution.
    Il est également le prêtre, car c’est "Dieu qui [l]’a fait père" [III, 7]. Il est celui qui veut rendre la justice en lieu et place de ceux qui doivent la rendre, les huit.
    C’est un idéaliste qui symbolise la liberté et la morale politique, il est une statue antique, à la fois symbole de vertu, mais également, à l’instar d’une statue, symbole d’inaction.

  • Thème de l’individu face à l’ histoire :

    Face à l’histoire, l’attitude de individu se caractérise par le retrait , par la compromission ou bien encore par une implication démesurée, voire désespérée .

    L’ inaction du Duc Alexandre et de Philippe Strozzi .

    Commençons par Le duc Alexandre : bien que les affaires publiques soient métonymiquement représentées par lui, il s’en désintéresse totalement ; il mène en effet une politique de dénégation et de déni ; frivolité, libertinage et débauche sont ses compagnons de vie. Dès le début de la pièce nous constatons, Acte I scène 1, qu’il est partisan de « la débauche à la mamelle » . Acte II scène 4, se référant à la Marquise il déclare : « elle ne fait pas l’amour en latin » et à la scène 6 acte III, dans un moment d’intimité, la Marquise tente une conversation sérieuse avec lui sur l’avenir de Florence, mais il profère : « je me soucie de l’impôt ; pourvu qu’on le paye peu m’importe » et se plaint aussitôt : « pourquoi diable aussi te mêles-tu de politique ? » . Quant à Philippe, totalement convaincu de la nécessité de changement , il souhaite agir « ce soir, allons d’abord délivrer nos fils ; demain nous irons tous ensemble, l’épée nue, à la porte de toutes les grandes familles » mais il bat pourtant en retraite scène 7 acte III « j’en ai assez…j’en ai assez je m’en vais d’ici », ce qui dévoile son inertie et son incapacité à participer aux événements de l’ Histoire ; l’assassinat de sa fille aurait pu être un moteur déclencheur, mais non il refuse l’amalgame de vengeance égale révolution.

    La compromission : le monologue du Cardinal dans la scène 3 de l’acte II , nous dévoile sa promptitude à compromettre le mariage de son frère pour des raisons politiques : « je serai l’anneau invisible qui l’attachera ; pieds et poings liés, à la chaîne de fer dont Rome et Cézar tiennent les deux bouts … » . La Marquise, se fourvoie et se déshonore ainsi dans une relation adultérine encouragée par le Cardinal. Par la suite menacée et désavouée : scène 4 acte IV : « à ce soir chez le duc ou vous êtes perdue », « ton mari saura tout » ; elle avoue tout à son mari : « scène 4 acte IV : « Laurent pendant que vous étiez à Massa, je me suis livrée, sachant qui il était, et quel rôle j’allais jouer ». le terme le plus important à retenir ici , c’est bien sûr : « sachant qui il était ».

    « Glissant comme une anguille », Lorenzo est la base de la compromission, l’axe symétrique du triangle isocèle formé par lui , les républicains,et Alexandre. Tour à tour il donne des informations au Duc et aux Strozzi : acte I scène 4 : « tout ce que je sais des damnés bannis, des républicains … c’est par Lorenzo que je le sais » dit Alexandre . Puis d’un autre côté à acte III scène 3, il dévoile ses intentions à Philippe : « je te fais cette gageuse, je vais tuer Alexandre », ce à quoi répond Philippe : « tu es notre Brutus si tu dis vrai »Alors que sa « jeunesse a été pur comme l’or », qu’il a « cru à la vertu à la grandeur humaine » il avoue aussi à Philippe sa descente aux enfers : « mais moi, pendant ce temps là, j’ ai plongé, je me suis enfoncé dans cette mer houleuse de la vie, j’en ai parcouru toutes les profondeurs… j’ai vu les débris, des naufrages, les ossements les Léviathans ». Cette hypotypose ophélisée, est le prélude et l’ image d’une implication forte, qui l’a mené à une action démesurée : le meurtre de son cousin Alexandre et sa propre perte .

  • Deux Brutus sont restés célèbres dans l’histoire romaine.

    Le premier tue Tarquin le Superbe en simulant la folie pour ensuite renverser les Tarquins et établir la République en 509 avant J.-C.

    Le second Brutus, afin de sauver la République, participe en -44 à l’assassinat de Jules César qui s’était proclamé dictateur à vie. Pourtant César l’aimait comme un fils, d’où la fameuse réplique « Tu quoque, mi fili ! ». Jugeant indigne d’être arrêté pour meurtre, Brutus se suicide.

    Les références à Brutus sont récurrentes dans Lorenzaccio car elles rappellent l’acte politique que Lorenzo désire accomplir, c’est-à-dire tuer le duc. Devenir Brutus est l’objectif de Lorenzo : « Il faut que je sois un Brutus » (acte III scène 3), et il est reconnu comme tel par Philippe qui lui dit « tu es notre Brutus » (acte III scène III), « Oh notre nouveau Brutus » (acte V scène 2), « Vive la liberté ! » (acte III scène 7), « Mon Brutus ! Mon grand Lorenzo ! » (Acte V scène II). Les deux Brutus ont libéré le peuple d’un tyran. Ainsi, Lorenzo n’a pas choisi de tuer Alexandre parce qu’il est un tyran, mais il décide de tuer un tyran, donc Alexandre. Il veut être un Brutus, car être un Brutus = tuer un tyran. Mais est-ce être réellement un sauveur ou le simple auteur d’un geste fou ? « Brutus a fait le fou pour tuer Tarquin et ce qui m’étonne, c’est qu’il n’y ait pas laissé sa raison » (acte III, scène 3). Les références aux deux Brutus tendent souvent à se superposer, à se confondre. Nous pouvons alors voir deux notions : celle éternelle de la tyrannie, et celle de la folie au service du juste qui bascule et qui se perd.

  • Lorenzaccio : thème de la mort

    Le thème de la mort est présent tout au long de la pièce. En effet, plusieurs tentatives et plusieurs meurtres ont été effectués au sein de la ville de Florence. L’enjeu principal de cette pièce est le meurtre d’Alexandre que veut commettre Lorenzo, son cousin.

    - A l’Acte II, scène 2, nous apprenons par Tebaldeo qu’un meurtre peut être commit à tout moment dans la ville de Florence, puis Lorenzo rajoute que le duc tuait par plaisir : « - TEBALDEO : […] Je sais qu’un citoyen peut être assassiné en plein jour et en pleine nuit rue, selon le caprice de ceux qui la gouvernent […]. - LORENZO : Frapperas-tu le duc si le duc te frappait, comme il lui est arrivé souvent de commettre, par partie de plaisir, des meurtres facétieux ? » (Page 71 de l’édition Larousse, petits classiques).
    - Acte II, scène 5, Pierre Strozzi sort tuer Salviati suite à une insulte lancée envers sa sœur, Louise. Celui-ci pense alors l’avoir tué « - PIERRE : C’est fait ; Salviati est mort » (Page 91) or ce n’est pas le cas, sa tentative de meurtre a alors échoué puisque dans l’Acte II, scène 7, Salviati se trouve devant la fenêtre du duc pour crier « Les Strozzi m’ont assassiné ; je vais mourir à ta porte. » (Page 98) et l’on apprend ensuite que le duc veut faire passer la nuit en prison à ceux-ci.
    - Acte II, scène 6, au début se trouve Giomo avec le duc parlant tous deux de meurtre « [chanson de Giomo], - LE DUC : Je savais bien que j’avais quelque chose à te demander. Dis-moi, Hongrois, que t’avais donc fait ce garçon que je t’ai vu bâtonner tantôt d’une si joyeuse manière ? - GIOMO : Ma foi, je ne saurais le dire, ni lui non plus. – LE DUC : Pourquoi ? Est-ce qu’il est mort ? – GIOMO : C’est un gamin d’une maison voisine ; tout à l’heure, en passant, il m’a semblé qu’on l’enterrait. – LE DUC : Quand mon Giomo frappe, il frappe ferme. – GIOMO : Cela vous plaît à dire ; je vous ai vu tuer un homme d’un coup plus d’une fois. – LE DUC : Tu crois ! J’étais donc gris ? Quand je suis en pointe de gaieté, tous mes moindres coups sont mortels. » (Page 93)

    - A l’Acte III, scène 1, Lorenzo « s’exerce » à tuer avec Scoronconcolo (pour réaliser le meurtre d’Alexandre) « -LORENZO : Non, crie plus fort. Tiens, pare celle-ci ! tiens, meurs ! tiens, misérables ! –SCORONCONCOLO : A l’assassin ! on me tue ! on me coupe la gorge ! – LORENZO : Meurs ! meurs ! meurs ! Frappe donc du pied. – SCORONCONCOLO : A moi, mes archers ! au secours ! on me tue ! Lorenzo de l’enfer ! –LORENZO : Meurs, infâme ! Je te saignerai, pourceau, je te saignerai ! Au cœur, au cœur ! il est éventré. –Cries donc, frappe donc, tue donc ! Ouvre-lui les entrailles ! Coupons-le par morceaux, et mangeons, mangeons ! J’en ai jusqu’au coude. Fouille dans la gorge, roule-le, roule ! Mordons, mordons, et mangeons ! » (Page 101), nous voyons encore ici que le thème de la mort/du meurtre reste très présent. Dans cette même scène, Scoronconcolo dit à son maître Lorenzo que s’il a un ennemi, il s’en débarrasserait pour lui « Maître, si tu as un ennemi, dis-le, je t’en débarrasserai sans qu’il y paraisse autrement » (Page 102).
    - Acte III, scène 3, on apprend que Lorenzo a déjà voulu tuer auparavant mais que cela n’avait pu se faire « J’ai voulu d’abord tuer Clément VII. Je n’ai pu le faire, parce qu’on m’a banni de Rome avant le temps. J’ai recommencé mon ouvrage avec Alexandre » (Page 118), puis il dit qu’Alexandre viendra quelque part d’où il ne sortira pas vivant « Alexandre viendra bientôt dans un certain lieu, d’où il ne sortira pas debout » (Page 119)
    - Acte III, scène 7, les convives souhaitent que les Médicis meurent suite à l’arrestation de Pierre et Thomas Strozzi « -LES CONVIVES : Meurent les Médicis ! » (Page 137). Puis, dans la même scène, après avoir bu suite au discours de son père, Louise annonce qu’elle va mourir en posant son verre « Ah ! je vais mourir. » (Page 139) « Je vais mourir, je vais mourir » (Page 137), on apprend alors que Louise a été empoisonné par les Médicis et qu’elle est morte suite à cela « -LE MEDECIN : Pauvre jeune fille ! elle est morte. […] -UN DES CONVIVES : C’est du poison des Médicis » (Page 140). Ce meurtre est alors mené à son terme provocant le désir de tuer Alexandre des convives présents dans la salle.

    - A l’Acte IV, scène 7, Lorenzo vient prévenir Alamanno que le duc doit être tué durant la nuit par lui-même « -LORENZO : Je viens vous avertir que le duc doit être tué cette nuit. […] –ALAMANNO : Par qui doit être tué Alexandre ? – LORENZO : Par Lorenzo de Médicis » (Page 163)
    Acte IV, scène 11, Lorenzo assassine le duc afin de libérer Florence « [Lorenzo rentre l’épée à la main] –LORENZO : Dormez-vous, seigneur ? [Il le frappe] –LE DUC : C’est toi, Renzo ? –LORENZO : Seigneur, n’en doutez pas. [Il le frappe de nouveau – Entre Scoroncondolo.] – SCORONCONDOLO : Est-ce fait ? –LORENZO : Regarde, il m’a mordu au doigt. Je garderai jusqu’à la mort cette bague sanglante, inestimable diamant. » (Page 173)

    - A l’Acte V, scène 6, on apprend que la mère de Lorenzo est morte « -LORENZO : Voilà une lettre qui m’apprend que ma mère est morte » (Page 195), puis dans cette même scène nous apprenons la mort de Lorenzo lui-même sortant pour faire un tour au Ponto Rialto mais le peuple l’attendait dans la rue pour le tuer « Monseigneur, Lorenzo est mort. Un homme était caché derrière la porte, qui l’a frappé par-derrière, comme il sortait » (Page 197)

    Nous pouvons donc observer que la mort est présente tout au long de la pièce sous plusieurs formes. Nous l’avons vu sous la forme de vengeance, avec le meurtre de Louise, mais aussi par plaisir avec le duc. Aussi, la mort de maladie avec la mort de Lorenzo et enfin la mort « quasi-suicidaire » de Lorenzo, qui est sorti sachant qu’il était attendu dans les rues afin d’être tué.

  • La nuit le rêve et l’illusion
    La pièce s’ouvre sur un clair de lune scène 1 acte 1 « « un jardin. Clair de lune… »
    « Il s’est levé d’un air mélancolique et s’est effacé comme une vapeur du matin »
    Evocation du rêve acte 4 scène 3 « de quel tigre a rêvé ma mère enceinte de moi » importance du rêve et de la prédestination lors de la naissance ?
    Acte 4 scène 3 « le spectre de ma jeunesse se lève devant moi en frissonnant » remémoration de sa jeunesse, sorte de réveil « dieu pourquoi ce seul mot : à ce soir »
    Importance de la nuit vers la fin e la pièce le complot et le meurtre se passe de nuit « rentre chez toi et ne manque pas de venir à minuit » (acte 4 scène 3) « voilà le soleil qui se couche je n’ai pas de temps à perdre » acte 4 scène 7
    Acte 4 scène 7 « je viens vous dire que le duc sera tué cette nuit »
    Le climat politique
    Climat tendu, à son apogée lors du meurtre de louise. Acte 2 scène 4 volonté hypocrite de bindo de réagir « de quel droit laisserions-nous s’élever paisiblement cette famille orgueilleuse sur les ruines de nos privilèges »
    Climat politique sombre dans lequel la femme n’a pas sa place » pourquoi diable t’occupe tu de la politique… ton rôle de femme te va si bien » (acte 3 scène 6) « nous vous laissons puissiez-vous réussir (acte 2 scène 4)
    Ville de florence :
    Florence est vue comme la métaphore de la ville mère
    Triangulation classique. Thème de la femme mère (florence) déshonoré par un usurpateur (le duc) et que veut venger son fils (Lorenzo)
    Florence comme tableau pour représenter la société de 1830 éclairer le présent avec le passé.
    Scène de la rue. Le drame romantique ne situe plus l’action historique dans un palais (ou du moins pas uniquement) mais au cœur même de la ville et de la population
    Le portrait de Lorenzo
    Personnage ambigu, double. Homme d’action vs homme spirituel (acte 2 scène 4 ‘J’ai vu mon Lorenzo d’autrefois... »
    Manipulateur, il fait tomber les masques et met les gens en face de leurs mensonges et leur incapacité à réagir
    Manipulateur hypocrite par rapport au duc et au Strozzi il joue un rôle il est changeant porte des masques.
    Personnage à multiples facettes. Personnages ambiguë. C’est à la fois l’homme seul isolé en manque de soutien mais aussi celui qui veut agir.

     Thème de la débauche :
    Acte 1 scène 1 « la débauche à la mamelle » métaphore très péjorative.
    Dégradation de l’image de la femme
    Acte 2 scène 4 « elle ne fait pas l’amour en latin »  femme vue ici par le duc comme un pur objet sexuel
    L’infidélité de la marquise cibo pour essayer de remettre dans le droit chemin le duc qui malheureusement échoue.
    Thème du mal :
    Evocation récurrente du diable et de l’enfer chez le duc acte 1 scène 1 « un froid de tous les diables » acte 2 scène 7 « que le diable t’emportes » scène 6 acte 3 « tu as l’air sombre comme l’enfer, pourquoi diable aussi te mêles tu de politique ? » acte 3 scène 6 « que diable est ce que cela vous fait ? »
    Evocation récurrente aussi de termes péjoratif et de menaces chez le duc « peste » acte 2 scène 4 acte 3 scène 6 « malheur à toi si tu joues avec ma colère »
    Le duc : Personnage sombre ; aussi hypocrite et manipulateur que sombre dans sa façon d’être et de parler.
    Philippe Strozzi « anti-mal » acte 3 scène 7 « je prends dieu à témoin que c’est la violence qui me force… […] que je n’ai jamais fait de mal à qui que ce soit »
     Mort de louise : apogée du mal de la pièce et retardement par rapport à la fin de la pièce.

    Strozzi inactif par rapport au mal autour de lui à la mort de sa fille etc… il croit qu’il est responsable du mal qui l’entoure. « Quand ma fenêtre sera fermée […] si elle reste ouverte je m’en vais vous voir tomber tous les uns après les autres.. »

    Le duc est un être vénal lorsqu’il apprend la mort de louise « j’aurai voulu être là.. » puis « me voilà délivré de ce vieillard insupportable » il se réjouit de la mort de louise. Preuve de son côté vénal et malsain.

    Les menaces du cardinal : acte 4 scène 4 « à ce soir chez le duc ou vous êtes perdue » « ton mari saura tout »

    Prêtre vil « il me propose des horreurs pour m’assurer le titre de maitresse du duc et le tourner à son profit » personnages tous imbibé d’intérêt et de vilénie

  • Thème de la politique :

    Il est possible de s’intéresser dans un premier temps au différentes figures que revêt le pourvoir :

    Avec bien sur le Duc, en la personne d’Alexandre de Médicis qui est vu comme un véritable débauché, immoral, au pouvoir discutable puisque ce dernier est illégitime, étant donné qu’il serait l’enfant du pape Clément, d’ailleurs sa condition de bâtard s’applique également à la ville qui est nommé dans l’acte I scène 6 « Florence, la bâtarde ».
    Mais l’inconstance politique du Duc se fait aussi sentir dans l’application qu’il fait de la justice,
    « Les meurtriers passeront la nuit en prison, et on les pendra demain matin » décide-t-il cruellement dans l’acte II scène 7 sans même évoquer un procès.
    La pièce de Musset recèle également des tyrans cachés car le Duc aussi préoccupé par son propre plaisir qu’il soit n’est pas le véritable maître de Florence. Il s’agit du Pape et de l’empereur Charles Quint qui sont les tyrans dissimulés tirant les ficelle d’une Florence corrompue, on le constate lorsque le cardinal Cibo, dans l’acte III scène 3, admet agir sous les ordres du Pape.
    Et si, ni le Duc, ni même l’empereur et le pape sont en mesure de proposer un modèle politique sein il semblerait que Musset n’apporte aucunes réponses lui non plus puisque même si Lorenzo à la volonté de changer les choses cela est pour lui bien plus moral que politique.

    On peut donc observer dans un second temps les contestations politiques :

    Ceci à travers, tout d’abord, la rumeur populaire qui occupe une place importante. On peut d’ailleurs noter que dans l’acte I scène 2 mais aussi dans l’acte V scène 5 et 6 l’action se déroule en pleines rues ainsi que dans un marché tel que dans l’acte I, scène 5.
    Le peuple est donc très présent puisque l’action se déroule à son contact, hélas il commente plus qu’il n’agit à l’image de l’orfèvre qui dénonce l’occupation de florence dans la scène 5 de l’acte I ou encore le bourgeois qui critique la politique du pape et de l’empereur, dans cette même scène.
    Et cela peut s’expliquer par la dangerosité d’exprimer simplement ces critiques, l’orfèvre exprime ainsi dans la scène 2 de l’acte I « Et quand on me bannirait comme tant d’autres ! On vit à Rome aussi bien qu’ici » qui montre bien les menaces qui pèsent sur la population quant à leurs opinions politiques.
    On peut cependant souligner la volonté d’un soulèvement collectif comme lorsque le groupe des bannis en quittant la ville à la fin de l’acte I disent attendre « une armée ».
    On rapporte également des émeutes réprimées dans l’acte I, scène 5 à l’instar du manifestant tué par un soldat après la mort du Duc dans la scène 6 de l’acte 5 qui appuie encore une fois la continuité de l’aspect totalitaire du pouvoir en place et à venir.
    Il ne semble donc pas y voir d’aspects positifs du gouvernement de Florence.

    C’est pour cela que dans un troisième temps nous allons évoquer la vision pessimiste de la politique florentine :

    Puisque entre la volonté de Lorenzo d’agir seul « je ne voulais pas soulever les masses » acte III, scène 3 et l’individualisme de personnages égoïstes qui privilégient leurs propres intérêts il ne peut y avoir de véritable action commune.
    En effet le marchand apprécie les politiciens puisque ce sont eux qui lui achètent ses marchandises ce qui fait aussi écho aux artistes « eux seuls [les Princes] peuvent faire entreprendre de grands travaux » (acte I, scène 5).
    C’est donc un subtile mélange de crainte et d’appât du gain qui engendre une telle situation d’inaction qui perdura même après l’acte de Lorenzo, le tyrannicide, puisque ni les républicains ni le peuple ne saisissent l’occasion d’établir un système politique correct.
    Le geste de Lorenzo semble alors vain puisque c’est encore une fois une politique corrompue qui est mise en place.

  • Florence, image de la déchéance sociétale - Lecordier Amélie - Charlotte Pierre - Cécile Thomas

    Florence est le lieu de l’action de Lorenzaccio, l’action théâtrale se déroule dans plusieurs lieux de Florence ce qui montre la vision multiple de la ville. On peut en effet relever des scènes se déroulant dans la rue, dans des jardins, sur le parvis d’une église … Cette mise en place d’une couleur locale marque le désir de Musset d’une représentation de la réalité de Florence afin de créer une véritable dimension sociétale. On note en effet la présence de différentes classes sociales au sein de Lorenzaccio et chacune d’elles sont représentées que ce soit les aristocrates, les marchands, les bourgeois, les bannis … Il faut également rappeler que la fragmentation de Florence en différents lieux et l’une des difficultés de représentation de la pièce puisqu’on compte par moins de 17 lieux différents.
    Sans pouvoir parler de personnage à part entière, on peut dire que la ville de Florence est explicitement personnifiée par Musset : représentée souvent sous le portrait d’une femme, d’une mère. Tebaldeo est celui qui garde une vision idéalisée de sa patrie, une vision protectrice : « j’aime ma mère Florence ; c’est pourquoi je reste chez elle ». Mais Florence a en générale une image plus négative, les bannis par exemple la voient comme « une mère stérile, qui n’as plus de lait pour ses enfants ». Cette vision reste encore assez nuancée alors que le reste des personnages, sous la voix de Musset, donne une vision érotisée de la ville qui est notamment décrite comme une prostituée. Par exemple lorsqu’il demande à Tebaldeo qui est sa mère et qu’il répond Florence, Lorenzaccio lui dit : « alors tu n’est qu’un bâtard, car ta mère n’est qu’une catin ». Et le thème de la prostitution est particulièrement présent dans Lorenzaccio puisque c’est l’une des preuves de la déchéance de Florence : dès la première scène, Alexandre tente de corrompre une jeune fille de 15 ans quant au peuple il ironise en disant qu’au palais « il en danse plus d’une qui n’est pas payée ; ce sont celles-là qu’on arrose de vin et qu’on frotte sur les murailles avec le moins de regret.
    Et en effet, la ville apparaît comme ayant perdu toutes valeurs, tous principes et les personnages oscillent contre un patriotisme sans faille et une déception contre sa politique et sa société : « Que tu es belle, Florence, mais que tu es triste ! Il y a là plus d’une maison où Alexandre est entré la nuit, couvert de son manteau ; c’est un libertin, je le sais. – Et pourquoi est-ce que tu te mêles à tout cela, toi, Florence ? Qui est-ce donc que j’aime ? Est-ce toi ? Est-ce lui ? ». Et en effet, la ville de Florence, sous l’image d’Alexandre apparaît comme dépravée, sans valeur, qui se prostitue et se prosterne devant la tyrannie, plus rien n’a de vertu, « point de fond dans les principes, rien qu’un léger vernis ». L’Eglise elle-même, symbolisée par le Cardinal montre le manque de valeur qui travail au service de la corruption et du plaisir : « on peut respecter les choses saintes, et dans un jour de folie, prendre le costume de certains couvents, sans aucune intention hostile à la sainte église catholique. »
    La déchéance de la ville est, à l’instar de Lorenzo, cachée sous un masque et un déguisement. Elle donne un visage d’elle même qu’elle veut festive et détendue. Dès le premier acte se déroule un carnaval : « regarde tout ce monde autour de la porte ; en voilà des chevaux, des pages et des livrées ! Tout cela va et vient […] et le soir on dit à l’atelier : J’ai une terrible envie de dormir, j’ai passé la nuit au bal chez les prince Aldobrandini , chez le comte Salviati ; le prince était habillé de telle façon, la princesse de telle autre ». Au vu de tous elle apparaît comme une ville de plaisir, festive pourtant elle est le lieu de violents affrontements, de critiques violentes comme le certifie l’une des didascalies de la scène VI de l’acte V : « les étudiants attaquent les soldats ; ils sortent en se battant »
    Aussi, Florence dans l’oeuvre de Musset apparaît sous un masque qui finira par se lever sous le règne corrompu d’Alexandre. Apparaissant négativement tout au long de la pièce, elle est le miroir de la déchéance de la société, montrée comme une prostituée ou une mère déchue. Personnifiée par Musset, elle apparaît toujours sous des traits féminins, accablant « ses enfants ».

  • DUCATILLON Laura & MEMIN LOYSEAU Tiphaine

    Lorenzaccio : les différentes interprétations théâtrales

    Spectacle dans un fauteuil : Musset a rendu la représentation théâtrale difficile mais pas impossible.
    pourquoi difficile : beaucoup de personnages et il faut une troupe de théâtre avec beaucoup d’acteurs. Aussi il y a la longueur des monologues, très difficile à retenir
    mais pas impossible → grande faculté d’adaptation (peu de didascalies), contient des éléments pour qu’elle soit jouées (costumes, décors, objets...)

    ● 1ère représentation : En 1896
    Sarah Bernhardt (très célèbre) interpréte Lorenzo. Rôle travesti : une femme joue Lorenzo
    L’adaptation : pièce en 6 tableaux, acte V supprimé, beaucoup de coupures et de réductions de dialogues → grand succès au Théâtre de la Renaissance (71 représentations).
    Une représentation donc bénéfique mais aussi néfaste pour la pièce (la pièce est trop coupée, trop « trahie » )
    note : Sarah Bernhardt a rejoué Lorenzaccio en 1912, en interprétant Lorenzo avec une jambe de bois.

    ● 1933 : première fois que la pièce est jouée par un homme

    ● En 1952, au Festival d’Avignon puis à Paris
    Metteur en scène : Jean Vilar
    Lorenzo : Gérard Philippe (quelqu’un de très populaire à l’époque, membre de la Comédie Française)
    1er grand acteur (masculin) à jouer Lorenzo
    La scène est légérement coupée mais reste fidèle
    dispositif scènique : scène nue
    costumes : costumes éclatants de la Renaissance
    Mise en scène d’une pièce romantique avec un aspect politique

    ● En 2000 (Nanterre, Marseille, Avignon)
    metteur en scène : Jean-Pierre Vincent
    Lorenzo : Jérôme Kircher, joue un Lorenzo fragile (il boite, il est pâle, désinvolte et attachant)
    Il coupe quelques passages mais reste fidèle
    Décor vaste et sobre
    Costumes : Lorenzo est en robe de mariée pour le tyrannicide + costumes de l’époque de Musset
    Mise en scène : grand jeu de lumière, sans arrêt des personnages qui marchent derrière, et la mort de Lorenzo est matérialisée avec un mannequin

    ● Aussi, en 2009, Yves Beaunesne a choisi, en plus des dix comédiens pour les rôles principaux et certains rôles secondaires, de représenter tous les autres personnages par de grandes marionnettes en bois, animées par les acteurs vêtus de noir. De plus, alors que l’homosexualité de Lorenzaccio n’est que suggéré chez Musset, ici elle est portée sur scène à travers des scènes de nus entre Lorenzo et le Duc.

    Lorenzaccio a aussi été joué à l’étranger, a été adapté au cinéma, à l’opéra, dans la bande dessinée...
    A noter aussi cette bande annonce pour une représentation théâtrale de 2013, version très moderne, version film sur la mafia : https://www.youtube.com/watch?v=NdOluGxwHGg

    En conclusion :
    La pièce peut être considérée comme difficile à mettre en scène (à cause des longs monologues, des nombreux décors, et des nombreux personnages). Mais au final il y a eu une grande diversité d’interprétations théâtrales. Au début les scènes qui font référence a l’Allemagne sont coupées, tout comme l’Acte V mais peu à peu, la pièce est représentée dans son intégralité. Cette pièce est régulièrement adaptée et jouée (pièce intemporelle).

  • Thème de la mort :
    - L’empoisonnement de Louise Strozzi : Acte III, scène 7 : “Louise, posant son verre. - Ah ! Je vais mourir. - Qu’as-tu, ma fille, mon enfant bien-aimée ? Qu’as-tu, mon Dieu ! Que t’arrive-t-il ! Mon Dieu, mon Dieu, comme tu pâlis ! Parle, qu’as-tu ? Parle à ton père. Au secours ! Au secours ! Un médecin ! Vite, vite, il n’est plus temps. Elle meurt.”, “Un des convives – C’est du poison des Médicis”. Elle a été assassinée par un émissaire des Salvati. Sa vie n’a été sacrifiée que pour assouvir une vengeance.
    - L’assassinat du Duc par Lorenzo (Acte IV, scène 11) : c’est un meurtre qui a été calculé, prémédité. Lorenzo s’entraîne chaque jour dans sa chambre au combat (Acte III, scène 1). Scoronconcolo lui suggère de continuer à le faire car ainsi, ses voisins, habitués au bruit, ne s’inquiéteront pas le jour du meurtre : “Depuis que nous trépignons dans cette chambre, et nous y mettons tout à l’envers, ils doivent être bien accoutumés à notre tapage. Je crois que tu pourrais égorger trente hommes dans ce corridor et les rouler sur ton plancher, sans qu’on s’aperçoive dans la maison qu’il y a du nouveau.” Les raisons qui motivent Lorenzo à commettre ce tyrannicide ne sont pas politiques mais personnelles. Par ce meurtre il cherche à retrouver sa vertu passé mais également à se venger de l’humiliation qu’il a subit pendant ces deux ans auprès d’Alexandre. Il le fait également par orgueil. Cette mort cependant ne satisfera pas Lorenzaccio et se traduit par un échec au niveau politique pour la ville de Florence contrariant ainsi les espérances de Philippe Strozzi (Acte III, scène 3).
    - L’assassinat d’un étudiant par un soldat (Acte V, scène 6) : il est la preuve d’un régime oppressif et tyrannique et montre que malgré la mort du Duc, les choses n’ont pas changées.
    - La condamnation à mort de Lorenzo : Son meurtre est annoncé à Philippe Strozzi par Pippo (Acte V, scène 7), c’est un meurtre inutile puisque la ville de Florence en restera politiquement inchangée, il part uniquement d’une envie de vengeance de la part des Médicis.
    - La mort de Marie Soderini : elle meurt de mort naturelle, détruite par le chagrin face au changement de son fils Lorenzo. Sa mort est annoncée dans une lettre destinée à Lorenzaccio : “Voilà une lettre qui m’apprend que ma mère est morte” (Acte V, scène 7).
    Même si parfois il n’y a pas meurtre, on retrouve l’idée d’une mort menaçante suite au climat tendu et à l’atmosphère violente qui règne dans Florence. En effet Pierre Strozzi pense avoir tué Julien Salviati et l’annonce à son père : “C’est fait ; Salviati est mort” (Acte II, scène 5). De plus, Pierre et Thomas Strozzi manquent de se faire exécuter sur ordre du Duc, le soldat chargé de les evoyer en prison, face à leur résistance, tire son épée (Acte III, scène 3).

  • Thème : les femmes posées en victimes dans lorenzaccio

    Nous avons au sein de lorenzaccio , des personnages et une intrigue principalement masculine , toutefois certain personnages féminins se démarquent. C’est à dire Marie Soderini en tant que mère qui préserve des illusions quant au devenir de son fils et qui va finir par en mourir . Catherine qui elle est mise en avant par une position inférieure , elle est l’objet des vues du duc et l’on n’entends parler d’elle que dans ce cas là. La marquise Cibo qui est ici posée en victime de par le chantage du cardinal Cibo mais aussi car elle préserve de vains espoirs quant à l’avenir de Florence et enfin la dernière victime , Louise strozzi victime de toute cette tension politique.

    Les femmes sont tout d’abord un objet de désir et d’échange monétaire au sein de l’œuvre dès la première scène on perçoit la vision du duc à l’égard des femmes , elles sont ici pour satisfaire les envies de chair « toutes les femmes sont faites pour coucher avec des hommes » (acte 1,5) on notera a son actif plusieurs femmes , Gabrielle , la Cibo , Catherine et « bien d’autres » . Certaines sont donc l’objet d’échange monétaire telle Gabrielle qui coûte « milles ducats » ou encore la Cibo qui elle est la dans un but d’avantage psychologique qui est donc de changer le duc pour changer la Florence qui déplait tant .

    On a ensuite l’image de la mère de Lorenzo quelque peu pathétique , elle n’apparaît que pour parler de Lorenzo ou bien lorsque le personnage est présent dans la scène. C’est donc l’image de la mère en souffrance qui en découle. Le lecteur vit sa désillusion puisqu’elle avait fondé de grands espoirs sur lui et qu’elle en vient à faire des cauchemars « spectre ». Chaque fois qu’elle voit son fils elle souffre , c’est un(1,6.) « spectre hideux qui vous tue en vous appelant du nom mère », elle fini par mourir de honte à cause des actions de son fils , ironiquement elle décède juste avant que son fils tue le duc Alexandre.

    Enfin nous avons le personnage de la Cibo , image de la femme adultère , elle trompe son mari qu’elle aime mais tout cela pour sauver Florence c’est donc dans un cadre patriotique. On la découvre donc tout d’abord en tant qu’épouse aimante et attentionnée ; mère d’un jeune enfant puis on note sa relation paradoxale avec le duc . Il est tyrannique, elle est républicaine ,il est libertin elle est elle fidèle à son mari malgré la parenthèse Alexandre. La seule raison qui pourrait expliquer ses actes , c’est alors son amour pour Florence , tout comme Lorenzo elle se rêve héroïne mais ne pouvant tuer le duc elle joue de ses charmes « qui est ce donc que j’aime , est ce toi florence est ce toi (Alexandre) » ?(2,3) elle finit par s’excuser et tout avouer au près de son mari , elle a longtemps voulu arrêter cette relation mais le cardinal l’a menaçait ; Par son aveu , elle finit par recouvrer sa vertu et son honneur d’une telle façon que c’est finalement la seule femme qui survit aux méfaits de Florence.

    On a donc au sein de lorenzaccio une mise en avant de la femme dans sa position de victime , elles agissent ici comme des personnages « objets politique » , de plaisir ou encore comme éléments émotionnel pour influencer les émotions du lecteur.

  • le thème du mal :

    Dans cette œuvre, le thème du mal est l’un des thèmes majeurs à travers plusieurs aspects :


    le mal dans l’action politique : 

    La ville de Florence apparait comme un repère à bandits (sous entendus les politiciens) comme est dit dès la scène 1 ou le personnage de Mafio dit « foret pleine de bandits, pleine d’empoisonneurs.. ». 
    Contrairement à la politique actuelle, tous les politiciens travaillent de façon solitaire et ne veulent pas se mélanger avec les autres. Chaque personnage veut asseoir son pouvoir sur les autres, comme à la scène 4 de l’acte I quand Valori dit au Duc « le pape est mal habitué à la domination absolue.. ».
    Ils se tirent entre eux comme lorsque les autres personnages traitent le duc de ‘batard’, pour eux c’est une façon de se rassurer. Intérêt personnel donc.

    Notamment le principal exemple est le personnage de Lorenzo, l’héritier du trône de Florence : « il n’a qu’à laisser le soleil se lever et se coucher pour voir fleurir autour de lui toutes les espérances humaines. » Cette situation ne lui d’ailleurs pas, il ne peut se satisfaire pas de cette royauté finalement anonyme, puisque n’importe quel autre héritier ferait l’affaire. Bien au contraire, il veut une gloire personnelle :
    J’étais bon, et pour mon malheur éternel, j’ai voulu être grand.

    Ainsi, la politique n’est pas en faveur du peuple mais en faveur des intérêts personnels des politiciens. Le peuple VS la cour. 
    Machinations et complots sont les maitres mots de cette politique menée à Florence, comme avec le monologue du personnage du cardinal à la scène 3 de l’acte II « Qu’il épuise sa force contre des ombres d’hommes gonflés d’une ombre de puissance, je serai l’anneau invisible qui l’attachera, pieds et poings liés, à la chaine de fer dont Rome et césar tiennent les deux bouts. ». La religion est donc au service du pouvoir et tout comme celui ci, elle est manipulatrice et corruptible. 


    le mal à travers les personnages :

    Les personnages sont généralement méchants et représentent à eux seuls le mal. Ils basculent dans le péché et le vice et usent de manipulations et mensonges.

    Le personnage de Lorenzo a une double facette, puisqu’il apparaît comme un homme courageux, poète, idéaliste etc.. mais apparaît également comme un homme lâche, débauché, méchant..Il représente à lui seul le mal. Il est manipulateur et menteur puisqu’il joue deux facettes ; l’une pour sa patrie « n’en doutez pas un seul instant ; l’amour de la patrie respire dans mes vêtements les plus cachés » l’autre pour le compte du duc « il n’est pas dans Florence un seul homme qui puisse soutenir la comparaison avec lui, dès qu’il s’agit du dévouement et du respect qu’on doit aux Médicis ».
    Il aspire au mal, comme dans le dialogue avec tebaldeo, acte II, scène II « c’est à dire qu’un peuple malheureux fait les grands artistes. Je me ferais volontiers l’alchimiste de ton alambic, les larmes des peuples y retombent en perles. Par la mort du diable ! tu me plais. Les familles peuvent se désoler, les nations mourir de misère, cela échauffe la cervelle de monsieur . Admirable poète ! comment arranges tu tout cela avec ta piété ? »
    Lorenzo est un personnage tyrannique, et mauvais, il le reconnaît d’ailleurs lui-même comme à la scène 3 de l’acte III « j’étais pur comme un lis, et cependant je n’ai pas reculé devant cette tache. Ce que je suis devenu à cause de cela, n’en parlons pas. (…) Je suis devenu vicieux, lâche, un objet de honte et d’opprobre, qu’importe ? » ou encore « le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant il est collé à ma peau ».

    Le personnage du duc Alexandre est un prédateur et un corrupteur, il aime également la débauche, il aime les femmes comme à l’acte II, scène IV dialogue avec Lorenzo « dis donc, mignon, quelle est donc cette belle femme qui arrange ces fleurs sur cette fenêtre ? voilà longtemps que je la vois sans cesse en passant » « oh ce n’est rien » « rien ? appelle-tu rien ces bras-là ? quelle vénus, entrailles du diable ! » « tu as une tante qui me revient »
    C’est un prince qui ne sait pas gouverner. Les conséquences sont alors désastreuses pour la société. Avec lui comme duc, le mal triomphe :

    Le Duc Alexandre est là pour montrer la face cachée de Lorenzo car sans Alexandre, on ne pourrait pas de primabord déceler le pouvoir de manipulation de Lorenzo. Cela signifie que ce personnage qui apparaît tyranique permet également de révéler le mal qui se trouve chez les autres personnages notamment Lorenzo.

    Tous ces personnages incarnent le mal à proprement parlé, ils sont tous mauvais, corrupteurs, tyranniques, menteurs etc…

    le mal à travers les crimes : 

    Dans cette oeuvre, tout est complot, toujours dans l’intérêt personnel des personnages. Lorenzo veut tuer le duc Alexandre comme à l’acte II, scène III « rentrez chez vous, tachez de délivrer vos enfants, si vous ne le pouvez pas, laissez leur subir une légère punition, je sais pertinemment qu’il n’y a pas d’autres dangers pour eux, et je vous répète que, d’ici à quelques jours, il n’y aura pas plus d’Alexandre de Médicis à Florence, qu’il n’y a de soleil à minuit ». 
    Il exprime son ressenti après cet acte cruel, comme à l’acte IV, scène XI « regarde, il m’a mordu au doigt. Je garderai jusqu’à a mort cette bague sanglante, inestimable diamant ».
    Il y a également le meurtre de Louise ou plutôt son empoissonnement à l’acte III , scène 7 : « elle s’en va, mes amis, elle s’en va ! un médecin ! ma fille est empoisonnée ! » . 
    On comprends dès lors que ce meurtre fut organisée par les gouverneurs eux-mêmes avec la citation suivante « c’est du poison de Médicis » ce qui rappel le domaine politique de Florence évoqué plus haut. Le crime apparaît donc comme un des thèmes central de cette oeuvre. 


    Conclusion :

    le thème du mal dans Lorenzaccio se trouve être le cœur de la pièce : il est présent à travers la politique, les crimes et également les personnages eux-mêmes. Même si il semble implicite à certains moment ou caché par certaines facettes des personnages et certaines actions, il est toujours révélé aux yeux du lecteur et du spectateur qui entrevoient désormais la gangrénation et la progression du mal dans cette ville de Florence.