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Stendhal ou Monsieur Moi-même de Michel Crouzet (extrait)

dimanche 26 janvier 2003

Stendhal ou Monsieur Moi-même De Michel Crouzet, édition Flammarion, 1990,p.51.

Croyons donc Stendhal quand dans La vie de Henry Brulard il fait remonter à ces lectures interdites, à cette fièvre de désirs et de chimères, sa vocation littéraire ; écrire à son tour, écrire ce qu’il nomme des comédies, comme un nouveau Molière, ou comme Destouches, l’auteur de l’homme singulier, pièce à laquelle il attribue aussi sa vocation (c’est l’histoire d’un maniaque d’originalité rousseauiste converti à l’amour ; le titre contient un dès mots clés de Stendhal : singulier). Cette frénésie érotique ne conduisait pas seulement Henri à l’attente passionnée d’une « maîtresse réelle », mais au-delà, vers la vision de la femme fictive et idéale, et, encore au-delà, vers la fiction elle-même ; le don de l’insatisfaction prouve la capacité idéale. Croyons-le encore quand il fait naître ses goûts artistiques de son érotisme d’enfant-adolescent ; pour Henri, tout ce qui est de l’ordre des sens est indifféremment sensuel et esthétique. Voir, entendre, c’est encore désirer. La messe, parce qu’elle est spectacle, musique, parfum, il en subit profondément l’emprise. C’était « la première forme » de sa passion pour la musique, le ballet, la peinture.