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Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland

dimanche 6 avril 2003

Toutes les familles sont psychotiques de Douglas Coupland, éditions "Au Diable Vauvert", 2002.

Ce sont les aventures d’une famille complètement farfelue que nous raconte Douglas Coupland. Le personnage principal, c’est Janet, une femme de la soixantaine, mère de trois enfants : deux garçons complètement paumés et une fille très douée, cosmonaute à la NASA ! Ses trois enfants, elle les a eu avec Ted, un Américain dont elle a fini par divorcer. Toute la famille, se retrouve en Floride pour admirer le départ de la fusée emportant la fille prodige. Cette région des Etats-Unis est aussi l’un des personnages du roman tant elle apparaît avec force, humour et ironie :

"Wade essayait d’imaginer la Floride avant l’avènement de l’humanité, mais en vain. Le paysage semblait trop intégralement colonisé - caravanes, magasins d’usines et baraques à cocktails foisonnaient dans le monde d’en bas. Si l’être humain prenait possession de la lune, il se contenterait sans doute de la transformer en Floride. C’était probablement la meilleure chose qu’elle soit hors de portée."

Les personnages sont attachants, leurs aventures sont délirantes. Tout se passe très vite, comme dans un film, une comédie mêlant humour et action. On part à la recherche d’objets saugrenus et de fuyards. Mais il y aussi l’autre versant du roman, l’autre versant de la vie, plus sombre, plus tragique :

"Tu vois, le plus grand changement, c’est que j’ai cessé de croire en l’avenir. En fait, je ne pense plus à l’avenir comme à un lieu, comme Paris ou l’Australie. Un endroit où on puisse aller. J’ai commencé à me dire que nous ne faisions tous qu’avancer, sans cesse, mais qu’il n’y avait pas de ville ou d’espace précis au bout. Nous avançons. Voilà tout."

Il faut dire qu’il y a de nombreux rebondissements, d’événements et de personnages inattendus qui surprennentle lecteur au fil des pages. Wade, le fils de Janet, finit bien par réaliser ce qui leur arrive :

"Wade était conscient du fait que sa famille baignait dans un univers de pourriture, de turpitude et d’illégalité, d’où elle pourrait ne plus jamais émerger."

Au milieu de tous ces êtres déchus, il y a Sarah, la fille prodige comme nous l’avons dit, qui résume à elle seule les interrogations que soulèvent le titre du roman :

"Même après toutes ses études sur la génétique, elle n’était jamais arrivée à comprendre comment elle avait pu naître parmi eux."