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Un après midi au Chantier des Francos

dimanche 6 avril 2014

Le festival des Francofolies fête ses 30 ans cette année. On pourrait croire à l’apogée de la musique francophone, alors que Gérard Pont, directeur du festival, a réussi à exporter son évènement jusqu’à New York l’an passé. Afin d’en connaître plus sur ce panache de musique, nous avons rencontré Emilie Yakich, responsable du Chantier des Francos et des Francos Educ, qui nous donne rendez-vous dans la maison Deman.

« C’EST QUOI CE CHANTIER ? »

Tout prêt de l’esplanade Saint-Jean d’Acre où les lumières et les décibels fusent une semaine par an, Emilie Yakich, responsable du Chantier des Francos et des Francos Educ nous rejoint dans la maison Deman, destinée à la résidence des artistes du Chantier, pour nous présenter ce projet fou.
Douze artistes, une dizaine d’intervenants et deux semaines de résidences suffisent pour faire naître de futurs grands noms de la chanson française. Depuis seize ans, Le Chantier des Francofolies accueillent une poignée d’artistes, ou groupes, afin de les guider et les conseiller dans leur carrière. Se revendiquant « accélérateur de talent », le Chantier choisit de promouvoir de jeunes artistes, encore dans l’ombre des plus grands, pour les faire ressortir plus forts dans cette jungle qu’est le monde du spectacle. Parmi les artistes du Chantier, certains ont marqué les esprits : Cali, Bensé, Carmen Maria Vega, Theodore, Paul & Gabriel ou encore Rover qui enflamment aujourd’hui les salles françaises. Un pari plus ou moins risqué d’une année à l’autre, mais toujours renouvelé grâce à une équipe motivée, en harmonie avec le « Papa » des Francofolies, grâce à qui ces rendez-vous musicaux existent…

« LES FRANCOS-FOULQUIER »

Homme de la nuit et de la chanson, Jean-Louis Foulquier commence sa carrière à Paris. Ce noctambule débute au plus bas de l’échelle : standardiste chez Radio France. Puis, d’années en années, il prend des responsabilités, passant de présentateurs de courtes émissions à chroniqueur musique d’une véritable émission de nuit, puis sur une heure de grande écoute, après avoir animé les nuits des auditeurs. Jean-Louis, comme on l’appelle amicalement dans la famille des Francofolies, est bien plus qu’un chroniqueur radio, il crée des ambiances, des atmosphères dans son studio, en fonction des artistes qu’il reçoit. Artistes, ou on devrait plutôt dire amis ! Jean-Louis Foulquier était un amoureux de la musique au point d’en faire une sphère, une famille et un moment de partage.
Pour lui, la chanson, c’est avant tout des relations, des amitiés et surtout pas une histoire de notoriété. Voilà pourquoi il aimait à recevoir des artistes connus ou non. Mettant sur un pied d’égalité les petits et grands noms de la chanson. C’est ainsi que dans son émission de télévision, Captain Café, le Taratata d’hier, il dévoile au grand jour des personnalités du monde de la musique.
Au début des années 80, un voyage au Québec lui fait découvrir l’extravagance des festivals musicaux d’outre atlantique. L’idée des Francofolies commence donc à germer dans sa tête. Soutenu par Michel Crépeau, Jean-Louis se lance dans l’idée folle de mettre en place un festival à La Rochelle. Petit à petit, le festival prend formes et les amis musicos de Jean-Louis viendront avec plaisir pour animer les premières éditions.
Depuis 30 ans maintenant, les huit scènes ont vu défilé des artistes de tous les horizons, de notoriété différentes et de tous les styles, mettant des artistes à l’honneur, ou relevant des défis des plus farfelus : un millier de tournesols pour Higelin, ou ce même artiste arrivant sur un bateau, l’épopée Reebok ou encore le bicentenaire en 1989.

Galerie

Messages

  • 1 – 2 - 3 – 4 - 5 – 6- : Les MmMmMm, six bretons qui seront présents au prochain festival des Francofolies. Créé il y a trente ans par Jean-Louis Foulquier, ce festival rochelais rassemble chaque année de nombreux artistes à la fois connus ou moins célèbres, afin d’offrir des concerts musicaux à un public toujours plus nombreux. C’est aussi l’occasion pour de nouveaux groupes encore méconnu de se montrer et de se faire un nom. C’est d’ailleurs ce qui fait la spécificité de ce festival qui mélangent tous les artistes.
    Découvert au festival des Jeunes Charrues en Bretagne en 2012, le groupe des MmMmMm s’entraine actuellement au chantier des francos à La Rochelle pour se préparer à figurer au festival devant un nouveau public. Ce chantier est important pour eux car il leurs permet de poser les bases de leurs musiques et d’être confrontés aux critiques, positives comme négatives, d’un metteur en scène et d’une professeur de chant. Ces six jeunes hommes, chanteurs et musiciens, batteurs et guitaristes, échangent leurs rôles au fil des 21 minutes de concert qu’ils présenteront en juillet prochain. Tous ensemble, ils offrent des musiques rythmées et joyeuses qui mélangent chansons d’amours... Sur la petite scène où les instruments se mélangent les uns aux autres au milieu des partitions, dans ce bordel « organisé » comme ils le qualifient, c’est avec leur voix grave et ténor qu’ils s’époumonnent dans quatre langues différentes. Il est possible, en ne l’ayant entendu qu’une fois, de fredonner tout une après-midi le refrain « eins, zwei, drei, wir sind... » sans jamais changer ni de rythme, ni de mélodie.
    Leur participation aux Francofolies est très attendue pour leurs fans et qui sait, peut-être que la chance leur sourira comme à Cali, lui-même découvert aux Francofolies.

  • Le chantier des Franco ou la face cachée d’un évènement de grande ampleur.
    En effet, le spectacle des Francofolies de La Rochelle rassemble chaque année des milliers de fans de musique faisant de cet évènement un spectacle connu et reconnu dans toute la France mais aussi et surtout reconnu dans le monde de la musique. Beaucoup d’artistes s’y sont produits à leur début (On pense notamment à Cali) et beaucoup d’artistes déjà célèbres aiment à se retrouver dans cette ambiance particulière que sont les Francofolies. Mais n’oublions pas le travail que demande ce grand évènement, travail de préparation de toute une année. Emilie Yakich nous en parle. Elle est la responsable de ce que l’on appelle, le chantier des Francos. Comme son nom l’indique ce "vaste" chantier réunis les artistes ou groupes encore méconnus des grandes scènes françaises. Le chantier des Francos est donc l’envers du décor des Francofolies, les groupes et artistes s’y succèdent chaque semaine et Emilie Yakich leur offrent la possibilité de travailler de façon intensive pour être opérationnels le jour de leur prestation. Réel tremplin pour jeunes talents on comprend que ce festival accompagne les nouveaux artistes durant toute l’année qui précède et a pour objectif des les immerger dans le milieu aussi tôt que possible. La ville de La Rochelle met alors à disposition une maison qui accueille ces artistes (La maison Deman) et met aussi à disposition un lieu adéquat pour travailler efficacement. Le chantier des Francos offre toute l’année des représentations que l’on pourrait qualifier d’avant goût des Francos. Ainsi l’on a pu voir débarquer à La Rochelle en début d’année le groupe Jabberwocky (jeunes artistes poitevins qui montent) ou encore les MmMmMM six bretons à la musique décalée. Les Francofolies ce n’est pas seulement un festivals que l’on retrouve une fois par an durant quelques jours, non, c’est aussi le fruit d’un travail de toute une année de préparation mains dans la main avec artistes et responsables de ce grand projet. Voilà pourquoi le festival est aujourd’hui reconnu dans toute la France grâce à ce travail, à cette envie. Nous pourrons finir cet article en remerciant celui sans qui tout ceci n’aurait jamais vu le jour, Jean-Louis Foulquier aujourd’hui disparu. Et l’on souhaite au nouveau directeur Gérard Pont que ce succès dure encore très longtemps.