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Vive nos vieux jours de Quentin Blake

2008

Vivre nos vieux jours de Quentin Blake publié chez Gallimard Jeunesse.

Etude de l’album réalisée par André Aurélie et Moreau Jérémy.

Cet album original de Quentin Blake est composé d’une préface et de huit parties comportant des illustrations de la famille à travers différentes générations et différents moments de la vie.
Les personnages principaux sont les personnes âgées, ce qui est assez inhabituel en littérature de jeunesse. Le titre est d’ailleurs très explicite et nous guide sur le thème de la vieillesse vue par Blake. Pour lui, les personnes âgées font partager leur expériences aux autres générations et elles jouent souvent rôle de guide grâce à leur dynamisme. Les personnes âgées de l’ouvrage ont une certaine légèreté d’esprit et ce même si leur corps a perdu de sa souplesse. Mais le trait de crayon de Blake leur rend bien toute leur dextérité !

Le lecteur peut s’identifier aux membres de la famille. Les personnes âgées constituent les papis et mamies idéaux pour les enfants lecteurs.

La préface :

Lors de cette préface Quentin Blake se présente comme auteur de littérature de jeunesse. Il aborde le paradoxe de ce livre, en effet il se permet, par humour, de modifier le nom de la maison d’édition : « Gallimard jeunesse » devenant « Gallimard vieillesse » ! l’album est donc un livre à mettre entre toutes mains, qu’elles soient petites et potelées ou grandes et ridées !
L’auteur présente la genèse de ce livre, dont il a eu l’idée suite à un projet de dessins muraux pour un grand hôpital londonien. Il s’oppose aux pensées des « autres éditeurs » qui, selon lui, considèrent les personnes de 60 ans et plus comme étant en fin de cycle. Le terme « à partir de ... » évoque bien ce stade que franchissent les Hommes à 60 ans.
Blake s’oppose à tout cela. Il cite Philippe Dumas avec cette maxime : « A partir de 60 ans l’essentiel est de rajeunir tous les jours. » Bien entendu il sait que cette citation est utopique ! Mais pourquoi les personnes ne peuvent-elles pas rajeunir dans leur esprit et surtout avoir toute leur place dans notre société ? Par ses illustrations il va essayer de faire apparaître la vivacité d’esprit de nos anciens par les mouvements improbables que réalisent ces derniers dans l’ouvrage. Et ses illustrations sont toute en finesse et en poésie.

Les illustrations :

Toutes les illustrations de l’album sont réalisées au pastel. L’utilisation de ce procédé permet de donner au sujet abordé une vision onirique, douce, poétique. Le lecteur s’immisce alors dans la tête de l’auteur et rêve avec lui de nos aïeuls, nous donnant un regard neuf sur nos anciens !

Les personnages de l’album sont effet tous en mouvements. Cette impression de mouvement est perçue grâce au contour des éléments des dessins qui donnent l’impression d’être effleurés par la magie du crayon de Blake. De plus les vêtements des personnages ne sont pas droits et stricts, au contraire ils sont ondulés comme pris au vent.

La quasi totalité des personnages sont souriants ce qui une nouvelle fois va à l’opposé de nos représentations. Pour Blake une personne âgée a le droit d’être heureuse et elle apporte du bonheur autour d’elle, si nous savons la regarder avec un regard neuf, tendre et poètiquement Blake !

Le fait de placer les personnages sur les branches d’un arbre et de les mettre souvent en balancement peut être interprété comme tel : les personnes âgées ont beau être au sommet de nos arbres généalogiques, ce n’est pas pour autant qu’elles doivent rester immobiles comme les racines, au contraire elles peuvent vivre et être heureuses comme les « jeunes branches » que nous sommes. Cette métaphore picturale est une sorte de pied de nez à l’expression « vieille branche » !

Les personnes âgées vues par Quentin Blake :

En résumé, pour Blake, les personnes âgées sont dynamiques, toujours en mouvement et pleines de gaieté.
Elles font partager au fil de l’album leurs expériences aux autres générations. Leur légèreté d’esprit fait qu’ils semblent toujours jeunes tout en étant loin du culte actuel du jeunisme. Elles n’imposent rien : cet album n’a pas de textes, et c’est à nous de l’inventer, de donner voix à ces corps. On devine d’ailleurs tout le bonheur que des petits-enfants auront à feuilletter le livre avec leurs grands-parents.