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Accueil > Petits Lecteurs > Lire au cycle 3 > Alexandre et les chats volants d’Ursula K. Le Guin

Roman

Alexandre et les chats volants d’Ursula K. Le Guin

2007

Roman publié en février 2007 par Gallimard Jeunesse dans la collection Folio Cadet.

Présentation de l’éditeur :

Alexandre est un chat qui n’a peur de rien.
Décidé à prouver son courage, il s’aventure seul, par un matin d’hiver, dans le vaste monde.
Terrifié par deux chiens féroces, il trouve bientôt refuge en haut d’un arbre.
Alexandre se demande comment redescendre quand une petite chatte noire dotée d’une paire d’ailes vient lui porter secours. Elle le présente à ses frères et soeurs, les chats volants...

Retrouvez les chats volants dans une histoire tendre et chaleureuse où le merveilleux se mêle au quotidien.

Autres titres parus dans la même série : Les chats voalnts et Le retour des chats volants.

Analyse du début du roman :

I - Sur le plan littéraire :

Les enfants vont facilement s’attacher au personnage principal d’Alexandre et les chats volants,jeune chat indépendant et téméraire qui quitte sa famille et part à la découverte du vaste monde. Cette thématique, la quête initiatique, est d’ailleurs récurrente en littérature.

Alexandre, dans ce premier chapitre passera du statut de chaton un peu casse-cou et coquin avec ses soeurs, choyé et aimé de ses maîtres à celui de pauvre petite bête perché au sommet d’un pin en plein hiver ! Et cela en quelques pages seulement. c’est dire si le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer !

En effet, le style de ce premier chapitre est ramassé et efficace. Le décor est rapidement planté, aidé en cela de l’illustration. Les événements s’enchaînent vite : le lecteur est véritablement plongé dans l’action, et comme Alexandre n’a pas le temps de se retourner. De plus, à la fin de ce premier chapitre, le lecteur quitte notre jeune héros en fort mauvaise posture et reste donc sur sa faim… donnant envie de lire la suite : l’auteure, Ursula K. Le Guin sait tenir son lecteur en haleine !

Le personnage du chat, animal familier apprécié des enfants, permettra une mise en réseau autour d’autres oeuvres littéraires qui pourront permettre de définir la figure du chat dans la littérature : Le chat et la mouette de Luis Sépulveda, Le journal d’un chat assassin d’Anne Fine, Machin Chouette de Philippe Corentin mais aussi l’étude de poèmes de Baudelaire et de Prévert.

II - Pistes didactiques :

  • Lire :
    -  Lecture à haute voix du premier chapitre par l’enseignant afin de le théâtraliser, de mettre l’accent sur les moments clés et de permettre à chaque élève de la classe, quel que soit son niveau de lecture, d’entrer dans le roman ;

    -  Lecture feuilleton pour le reste de l’œuvre.

  • Ecrire

    -  Demander de rédiger la suite : A votre avis que va-t-il arriver à Alexandre ? Comment va-t-il se sortir de ce mauvais pas ?
    -  Raconter ce premier chapitre d’un autre point de vue : celui de la mère, du père ou d’une des sœurs d’Alexandre.
    -  Faire le portrait moral d’Alexandre.

  • O.R.L.
    -  Les substituts du nom.
    -  Les temps du récit.

    Par Soazik DUBOIS-LE GALL (PE2, IUFM du Pacifique).


    Alexandre et les chats volants peut être lu en deux fois : le monde protégé d’Alexandre, puis la confrontation de sa vision au monde réel.

    -  présentation du personnage central : Alexandre (son environnement, son caractère, son « monde »). Milieu protégé, chat « gâté », admiré, qui a un sentiment de toute puissance ;

    -  présentation des personnages secondaires : les parents, les frères et sœurs, le maître, sa femme et la gardienne. Les chats sont personnalisés comme des humains (M. et mme Furby sont les parents du chat, qui a par ailleurs un prénom humain) ; faire relever aux élèves les indications qui personnalisent les animaux (« la famille Furby »…)

    La Situation initiale : le décor et la famille

    Belle maison, confortable, bon repas, jouets (poupée : souris en chiffon). Les chats sont présentés comme une famille bourgeoise :

    -  le père qui mange trop (embonpoint) et qui dort beaucoup : le pacha.

    -  la mère descendant d’une famille noble (chat persan) distinguée (robe d’une exceptionnelle beauté, longue et soyeuse).

    -  les enfants turbulents et gros. Alexandre semble être le seul garçon de cette famille de chats. En ce premier chapitre, on ne lui connaît que des sœurs.

    -  Alexandre bat tous les records : il est le plus grand, le plus fort, le plus bruyant, il domine ses sœurs (« tyran domestique »), il embête les visiteurs (le caniche) et tout le monde l’admire. C’est l’enfant roi : "Alexandre le Magnifique". Il a la grosse tête !

    Le début des ennuis d’Alexandre :

    Alexandre veut prouver sa valeur au monde et part confiant de chez lui, intimement convaincu de ce que disent ses parents.

    Mais il va rapidement déchanter (dès la barrière du jardin)...

    en effet, il va être confronté à un monde totalement inconnu, sans en connaître les règles de fonctionnement : le lecteur voit le monde avec le regard du chat, ce qui génère un comique de situation :

    -  des vaches : il n’en a jamais vu et ce sont des « étrangères noir et blanc d’une taille impressionnante » ! Elles font du bruit « un meuh sonore ». et Alexandre de leur donner une leçon : « vous devriez dire miaou » !

    -  les camions : le chat le prend pour des lions : il a entendu son père parler de « redoutables fauves » au « rugissement sauvage » et il prend d’abord les phares pour de « terribles yeux braqués sur lui »… Ce sont des animaux qui chargent (les yeux). Cette fois-ci, il a peur et subit : il est balayé par le souffle d’air dans le gravier. Le vocabulaire indique l’état d’esprit du chat : « malheureux », « chaton », « fut roulé et roulé », « meurtri et à demi aveuglé », « en chancelant » etc.… Il finit en piteux état, meurtri pour avoir été traîné par le souffle puissant des camions. Après tout, il n’est qu’un chaton ... Assurément, le lecteur suit les malheurs d’Alexandre et tremble avec lui.

    -  les chiens : il pense les connaître (un coup de griffe suffit à effrayer le caniche de la maison) mais en croisant deux gros chiens dans la forêt il est obligé de prendre la fuite et grimpe sur le plus haut des pins de la forêt, « sans même savoir comment ». Le voici humilié : les chiens le traite de « stupide bébé chat »...

    -  le noir : la nuit tombe, le froid s’installe. Le chaton a peur et froid. il a le « poil hérissé », l’« œil rond » (il scrute l’obscurité) l’« oreille aux aguets » et « s’agrippait (…) de toutes ses petites griffes ». Il cherche à se rassurer, convaincu qu’on viendra le chercher. Mais la situation se dégrade : le danger augmente car il peut tomber à tout moment et il panique lorsque l’arbre se balance avec le vent. il finit par appeler à l’aide en miaulant le plus fort qu’il peut.

    -  la chouette, animal inquiétant elle a de gros yeux, vole autour de lui, « forme impressionnante » qui semble dangereuse (bec, et redoutables serres que l’illustration montre parfaitement). Alexandre est faible mais fier, et, seul face au dange, il retrouve ses instincts de chat : le voici qui hérisse le poil pour être le plus impressionnant possible ! La chouette n’a pas du tout peur de lui : elle rit et s’en va. Alexandre devra donc passer la nuit au sommet de l’arbre... Comment faire pour ne pas tomber malgré le froid et la fatigue ?

    Par Nathalie Videau et Johann Sandford (PE2, IUFM du Pacifique).